Avant-dernière adaptation d'une œuvre d'Edgar Allan Poe par le brillant Roger Corman, Le Masque de la Mort Rouge s'éloigne des précédentes œuvres gothiques pour instaurer un style clairement baroque, aux décors vastes et colorés, mais toujours empreints de cette atmosphère lugubre et théâtrale. Étirant la nouvelle éponyme à travers un long-métrage complet, nous y suivons ici un tyran satanique du Moyen-Âge reclus dans son riche château, amusant et humiliant sa cour alors que la peste commence lentement à ravager les alentours... Pris d'affection pour une paysanne chrétienne, il va tenter de l'éduquer aux joies du satanisme en lui sermonnant sans cesse les défauts de sa religion, dévoilant peu à peu son horrible cruauté envers la race humaine. Ce prince tyrannique sans aucune pitié ni morale est campé par l'imposant Vincent Price, fidèle à Corman depuis La Chute de la Maison Usher, qui incarne ici l'un de ses rôles les plus méprisables, son personnage dégageant un tel dégoût et une telle haine qu'il en devient quasiment mystique. Tuant ses amis sans sourciller, rabaissant sa cour à ramper comme des animaux, s'adonnant à des jeux sadiques et corrompant sans vergogne de jeunes demoiselles, le Prince Prospero est l'incarnation même du mal absolu à visage humain. Roger Corman nous propose donc un film horrifique prenant, hypnotisant, où le côté fantastique se fait finalement rare et n'apparaît que lors du dénouement final, terrifiant. Mais c'est surtout lors de séquences de sadisme et de tortures que le long-métrage effraie le plus, comme lors de l'assassinat de villageois en face de leur enfant, le jeu du suicide pour ses deux prisonniers ou encore la danse macabre finale. Ces séquences constituant globalement le film rendent ce dernier déroutant, instaurant un malaise chez le spectateur tout en le confinant dans une certaine fascination. La mise en scène maîtrisée, la musique langoureuse de David Lee ainsi que les nombreux costumes et décors réussis que nous offre Corman se joignent à un scénario diabolique du bel effet qui font du Masque de la Mort Rouge une magnifique adaptation.
Il ne se passe pas grand-chose, c'est surtout un film d'ambiance, mais quelle ambiance, une caméra en folie, un déluge de couleurs et de costumes, le tout construit autour d'un Vincent Price habité par le rôle, un vrai méchant de film d'horreur, cruel et sadique. (Pas comme Dracula qui ne tue les gens que pour survivre, et puis on l'aime bien Dracula, d'ailleurs il ressuscite tout le temps) et sans aucun scrupule, mais Corman y a ajouté une petite touche (juste un doigt) d'humanité qui n'existe pas dans la courte nouvelle de Poe. Les deux rôles féminins, Hazel Court et Jane Asher (la petite amie de McCartney à l'époque). sont agréables et plutôt bien tenus, on regrettera juste le rôle mineur mais raté (et limite absurde) de Gino. Un grand Corman et un grand film fantastique.
Oeuvre importante dans le cycle Corman-Poe, "Le Masque de la mort rouge" est il est vrai intéressant à bien des égards. Même si on peut trouver parfois un peu excessive l'utilisation des couleurs et certains moments vraiment déroutants, reste que l'oeuvre est au final assez fascinante. Corman semble avoir été captivé par l'oeuvre de Poe, et en respecte brillamment l'esprit, que ce soit dans sa manière de narrer l'histoire, ou dans les thématiques assez brillamment exposés (la mort, le pouvoir, la frivolitré de l'ame humaine... Le film brille également par sa représenttion de l'ame humaine, parfois terrifiante, beaucoup plus terrifiante au final que la mort rouge, qui ne fait que "son" travail. A noter une scène inoubliable : celle ou Hazel Court passez de salle en salle et se retrouve à chaque dans une pièce encore plus incroyable esthétiquement que la première. Ajoutez à cela une interprétation toujours aussi magistral de Vincent Price, et vous obtenez une oeuvre certes parfois surprenante, mais au final au combien captivante. Une vraie belle réussite.
Un très beau film très bien interprété. Roger Corman, Vincent Price et tous les autres acteurs nous offrent un des fleurons du cinéma fantastique qui est basé sur une nouvelle de Poe. Magistral. A voir absolument
Visuellement splendide, cette adaptation de la célèbre histoire d'Edgar Allan Poe se suit avec beaucoup d'intérêt d'autant que la mise en scène de Roger Corman nous propose quelques moments bien angoissants et que Vincent Price s'avère totalement à son aise dans le rôle d'un prince adorateur de Satan. Une excellente réussite qui fait de ce long-métrage l'un des plus réussi chez ce réalisateur.
Le Masque de la mort rouge est clairement le meilleur film de la période épouvante gothique de Corman comme pour la plupart c'est encore une fois adapté de Poe. Bien qu'il y ait quelques relents de série B (des moments un peu maladroit comme la séquence du bal) Le Masque de la mort rouge est certainement le plus abouti de ses films (travail sur les couleurs), s'il s'occupe soigneusement de ses ambiances pour ce genre ici cela l'est encore plus, c'est aussi son film le plus sombre voire désespéré du genre. Pessimiste sur la nature humaine Le Masque de la mort rouge est un beau récit gothique comme on en voit plus de nos jours au cinéma.
Cela commence comme un conte moyenâgeux sur les croyances et la sorcellerie et cela évolue en espèce de film satanique sur des hallucinations et des transformations. On entre alors doucement dans un film d'horreur utilisant ce prétexte pour tous les morts qui égrènent le film.
Nous immergeant dans une atmosphère pestilentielle de la Mort rouge en un pauvre village aux fastes gothiques (jusqu'à une mémorable danse macabre!) du château chatoyant d'un cruel sataniste (formidable Vincent Price, inquiétant et fascinant), cette adaptation bigarrée d'un court texte de Poe présente la dépravation burlesque (kitsch?) d'aristocrates enfermés dans une tour d'ivoire qu'Eros et Thanatos peuvent toutefois attaquer... Dans un romantisme noir provocateur, l'intrigue place en miroir la pureté d'une foi naïve et la corruption d'une vénération perverse, deux faces d'un même absolu entre lesquels l'âme oscille. Each man creates his own God for himself, his own Heaven, his own Hell...
Autant visuellement, c'est plutôt pas mal, autant scénaristiquement c'est assez pauvre. C'est une bonne histoire pour un livre, pour une nouvelle mais pour un film, c'est faiblard et ça se ressent lors du visionnage. On s'ennuie avant même la première demi-heure parce qu'il ne se passe pas grand-chose, il faut vraiment attendre le final pour que le rythme augmente et que ça devienne intéressant !!
Corman est capable du meilleur comme du pire. Voici sa cinquième et avant-dernière adaptation des nouvelles d'Edgar Poe. C'est sans doute la meilleure: la noirceur de l'intrigue et le chatoiement des couleurs nous invitent à un voyage symbolique comportant plusieurs niveaux de lecture. Il est donc vivement conseillé d'avoir lu la nouvelle originale pour mieux comprendre, et ce d'autant plus que Corman s'est permis de nombreuses libertés vis à vis de l'histoire.
Roger Corman poursuit son cycle d'adaptations d'Edgar Allan Poe, avec cette fois une histoire tournant autour d'un château tenu par un seigneur sataniste, organisateur d'orgies et de débauches. Le film n'a pas réellement d'intrigue (on suit simplement les allées et venues d'une prisonnière), néanmoins son ambiance est suffisamment bien construite pour captiver, malgré quelques longueurs. D'une part, Vincent Price est excellent dans ce rôle de noble perfide et cruel, qui semble beaucoup l'amuser. D'autre part, le film bénéficie d'une photographie soignée et de superbes décors, jouant sur les couleurs vives de manière très esthétique. On gardera également en tête quelques passages notable, telle que la danse macabre finale. Enfin, le scénario évoque la foi, et la bassesse dont est capable l'âme humaine, que seule la mort peut alors ramener à la raison. Un bon film fantastique.
Une des plus grandes réussites de Corman. Le fond comme la forme, le mystère et le fantastique forment un ensemble cohérent. Avec une économie de moyens et un Vincent Price toujours aussi inspiré, avec une interprétation pour le moins unique. Et une part de mystère qui finit par prendre le pas sur le côté kitsch de l'ensemble.
Une oeuvre impressionnante, mélange de gothique et baroque flamboyant avec un Vincent Price toujours effrayant et à la mine patibulaire. Ce qui marque surtout dans ce film, c'est l'ambiance apocalyptique s'abattant sur le monde dans une période troublée de l'Histoire, au Moyen Age en Italie. Ce qui trouble les esprits c'est la maladie, la peste personnifiée par la Mort Rouge. Si on pense au Septième Sceau c'est à cause de la forme du film : sorte de fable macabre ponctuée de réflexions sur une possible illusion divine et une suprématie du Mal. C'est sombre, cruel, envoûtant (bien que quelques longueurs perturbent le rythme) et pour cela c'est à voir.
L’adaptation est moins fidèle, plus débordante de l’esprit de Poe que « La Chute de la maison Uscher« , mais avec les moyens d‘éviter les misères de la série B. La fable de Moyen age de danse macabre a la profondeur qui fait penser au «Septième sceau » de Bergman. L’inventivité visuelle de la mise en scène (mais il faut bien le dire aussi, l’emphase par moment), l’intelligence du scénario, sont au niveau du meilleur cinéma gothique britannique et italien de l‘époque. Le film joue d’une manière peut-être simple et spectaculaire, mais pas ridicule du tout, avec satanisme, libertinage et sadisme. Il y a enfin une glorification de l’innocence et de la volonté émancipatrice sympathiques et assez dans l ‘esprit des années 60. Corman est justement fier du «Masque de la mort rouge », c’est dans ce qu’il a fait de plus original et réussi artistiquement.
un film culte avec l'immense vincent price dans une de ses interprétations démesurées à la hauteur du personnage.Une histoire et une atmosphère sombre ainsi qu'une photographie magnifique(très gothique) font de ce film une oeuvre fantastique incroyable. Adapté de poe par roger corman c'est une véritable réussite!!!