Lorsque Francis Ford Coppola s'attaque à une adaptation du roman de Bram Stoker, il y avait de quoi se lécher les canines (mwahahahaha! Ok... J'arrête avec mes jeux de mots vaseux...). "Dracula" version Coppola laisse prévoir le futur "Twixt", dans lequel le réalisateur du "Parrain" utilise les mêmes effets gothiques. Quoi que, si comparaison il doit y avoir, "Dracula" est largement supérieur à "Twixt". Réalisé après "Le Parrain 3", Coppola revisite intégralement le mythe pour en livrer une vision personnelle et intelligente. Pour ainsi dire, ce "Dracula" met l'ambivalence envers le personnage du comte, ni salopard avide de sang, ni gentil vampire en manque d'amour. Ce dernier, recherchant dans les limbes du temps à retrouver la réincarnation de sa bien aimée, est à la fois un protagoniste torturé mais aussi une victime. Victime de sa souffrance éternelle liée à la perte de sa dulcinée. Et c'est là que ce "Dracula" fait la différence avec les autres films du célèbre vampire, en particulier ceux de la Hammer. Au lieu de mettre pleinement l'accent sur l'aspect horrifique du récit, Coppola parvient à en tirer le juste milieu, en mélangeant les aspects épouvantables avec les aspects amoureux. Car, plus qu'un simple film d'horreur visant à faire trembler les chaumières, ce "Dracula" est avant tout une histoire d'amour gothique et macabre. Celui d'un homme perdu, qui, ayant renié sa foi, erre dans les ténèbres dans le but d'espérer retrouver son ancienne femme. Coppola nous sert une nouvelle fois une réalisation magistrale, avec son lot de mystères. Le scénario en lui-même est réussi, la vision de Coppola concernant Dracula est certes à des années lumières de ce qu'a écrit Stoker, mais cette relecture apporte un regard nouveau sur le vampire des Carpates. Servi par un casting cinq étoiles (le surprenant Gary Oldman qui prouve ici qu'il est un grand acteur mais aussi Anthony Hopkins, Winona Ryder ainsi que Keanu Reeves), "Dracula" est un excellent film, à l'esthétique et à la mise en scène parfaite, qui tient en haleine le spectateur de bout en bout. Coppola fait une nouvelle fois de l'excellent travail.