Film horrifique et fantastique réalisé par Francis Ford Coppola, Dracula est un excellent long-métrage. L'histoire se déroule en 1897, quatre siècles après que le comte Vlad Dracula, un chevalier roumain parti en guerre contre les Turcs, fou de douleur après avoir perdu sa femme, soit devenu un vampire, et nous fait suivre Jonathan Harker, un jeune clerc de notaire envoyé en Transylvanie afin de succéder à son collègue Renfield, devenu fou, pour conclure la vente de l'Abbaye de Carfax à un mystérieux comte qui n'est autre que Dracula. Seulement, après avoir découvert le portrait de Mina, la fiancée de Jonathan, semblable en tous points à sa défunte épouse Elisabeta, Dracula décide d'aller la retrouver à Londres, laissant Harker prisonnier des femmes vampires du comte. Ce scénario, adapté du roman de l'auteur Bram Stoker, paru en 1897, s'avère passionnant à visionner tout du long de sa durée d'un peu plus de deux heures. Une durée qu'on ne ressent pas passer et nécessaire afin de raconter l'une des œuvres les plus célèbres de la littérature britannique. Et cette intrigue est assez fidèle à son modèle même si elle présente son personnage principal iconique plutôt comme la victime d'une malédiction que comme un monstre. On assiste donc à une chasse au vampire par un petit groupe pendant que les femmes tombent sous le charme du buveur de sang. Et ces deux éléments que sont la chair et le sang sont très présents dans cette version. Il se dégage très souvent un érotisme bestial et l'hémoglobine coule dans les corps assoiffés. De très nombreuses scènes impriment ainsi la rétine. Le ton se voulant dramatique fonctionne très bien tout comme l'ambiance effrayante. L'ensemble est porté par des personnages intéressants, à commencer par celui donnant son titre au film. Dracula est incarné par un Gary Oldman convaincant, aux multiples visages et aux multiples formes qui rendent sa présence imprévisible. Il est entouré par Winona Ryder, Anthony Hopkins en Van Helsing, Keanu Reeves, Richard E. Grant, Sadie Frost, Cary Elwes, Billy Campbell, Tom Waits, Jay Robinson ou encore Monica Bellucci. Tous ces individus entretiennent des rapports procurant quelques émotions. Des échanges soutenus par des dialogues de bonne facture. Si le fond reprend efficacement le script originel, le métrage se démarque avant tout pour sa forme. En effet, la réalisation du cinéaste américain est tout simplement incroyable. Sa mise en scène est inventive, déborde d'idées et nous gratifie de superbes transitions. La direction artistique est superbe.. Elle parvient à changer d'atmosphère esthétique d'une scène à l'autre à la faveur de la colorimétrie changeante. Et pour couronner le tout, elle évolue au sein de magnifiques décors variés d'époque et les protagonistes portent des costumes tout aussi remarquables. Les effets spéciaux sont quant à eux convaincants. Ce visuel aussi beau qu'exemplaire est accompagné par une bonne bande originale signée Wojciech Kilar. Le musicien polonais nous gratifie de compositions aux envolées s'accordant parfaitement à l'action et aux images, renforçant ainsi grandement l'atmosphère par leur puissance. Reste une fin à la hauteur du reste de la narration, venant mettre un terme à Dracula qui, en conclusion, est une œuvre cinématographique méritant grandement d'être admirée.