Je ne suis pas un grand fan de Claude Sautet, tout simplement parce que malgré la qualité de sa mise en scène je n’accroche pas à ce qu’il raconte. Les choses de la vie est un film qui a des qualités que je ne nie pas et qui ont fait que s’il ne m’a pas emballé je l’ai suivi sans déplaisir. Il y a dans ce film un amour des acteurs qui transpire de partout, ce sont eux qui ont la part belle et la caméra de Sautet les magnifie dans les moments de force ou de faiblesse. On suit Michel Piccoli et Romy Schneider à un moment charnière d’une relation qui peut s’écrouler ou se solidifier. Il s’instaure entre eux une sorte de je t’aime moi non plus au milieu d’un nuage de fumée de cigarettes, car ces derniers fument au point de faire tomber dans les pommes n’importe quel cancérologue. Un petit mot sur la scène de l’accident de voiture qui est vraiment remarquable. Comme je le disais, ce n’est pas vraiment ma came mais c’est parfaitement maîtrisé.
Les choses de la vie, comme tant d'autres films français des années 70 est un film qui a mal vieilli. Difficile de ressentir les atermoiements de ce cinquantenaire en crise existentielle, qui hésite sur l'amour a tenir. Reste une jolie mélodie et surtout un sacré aperçu de ce que pouvait être la consommation de clopes à cette époque (au moins une par scène pour chaque personnages!). 03/2018
Je découvre ce film en 2018. Une claque... une vrai. Un film grandiose et magistrale. 2 grands acteurs au sommets de leurs arts. Claude Sautet fige définitivement les années 70 dans ce film. Du GRAND cinéma
Je viens de le revoir. Quel chef d'oeuvre ! La musique envoûtante de Georges Delerue, l'humanité du récit, l'ambiguïté d'un homme entre deux vies, le jeu du flash back et le glissement entre rêve et réalité, un point d'orgue dramatique où chacune ne pourra que regretter celui, qui pensent elles toutes deux, allait les rejoindre. Si la nouvelle génération n'y est malheureusement plus sensible car trop imprégnée de spectaculaire et d'effet spéciaux, ce récit est un des sommets de cette génération d'avant internet, d'avant la vidéo,et l'égalitarisme des genres, une époque où les sentiments, le charisme des acteurs, la force des intrigues formaient la toile du cinéma français...
Je n'ai pas été aussi touché par ce film que j'aurai dû. En fait je trouve tout le début du film juste parfait, l'accident de voiture qui annonce déjà la fatalité et l'issue tragique du film, le temps qui semble s'inverser pour que l'on puisse découvrir ce qui l'a causé. S'en suit des moments tendres entre Schneider et Piccoli, où l'on voit Schneider allongée lascivement totalement nue... ça vaut le détour...
Et j'ai beaucoup aimé le personnage de Schneider qui se réjouit de partir avec l'eau quelle aime à Tunis, qui ne veut pas partir à l'île de Ré car elle a déjà servi... Souillée par une autre femme. Cela semble être un amour quelque peu irrationnel mais vraiment fort et pur, puis vient le trouble. Et même là je trouve ça encore vraiment bien géré puisque l'on voit le visage de Schneider se décomposer...
Mais une fois que le duo se retrouve physiquement séparé ça fonctionne moins bien je trouve, ce que fait Piccoli je m'en tamponne un peu et finalement les moments où j'ai été captivé à nouveau par le film sont les souvenirs de Piccoli, les souvenirs du début de la relation avec Schneider...
La fin est très belle aussi, mais j'ai vraiment trouvé la demi-heure du milieu longue, qu'elle ne fait pas forcément avancer l'histoire et elle paraît forcément plus terne vu qu'elle ne brille ni par la passion ni par le tragique.
Ceci-dit ça reste un film que j'ai apprécié, mais je suis déçu car je garde encore un excellent souvenir d'un cœur en hiver, même si j'ai un avis plus mitigé sur César et Rosalie.
Bah oué le gars qui roule à 100 sur une petite départementale de merde, voire même bien plus et p'têt' ben 120, va savoir... faut voir si c'était une Veloce pa's'qu'une Veloce ça tapait le 180 quand même mais quelle idée d'avoiner sur une petite route avec une Alfa des années 50 et ses pneus de vélo ! y avait pas d'ABS et même pas d'anti-patinage, tu te rends compte...
M'enfin en 1970, une Giulietta Sprint ça valait quoi... et encore... c'est maintenant que ça vaut du pognon ! ah si t'avais su, t'aurais pas venu. Même si c'était pas très joli comme voiture, faut dire. Elle m'a toujours fait penser à un petit crapaud, un vilain petit crapaud tout cracra.
Et puis bon, en 1970 le temps que les secours arrivent... bah ouais plus de 15000 morts par an à c't'époque, tu te rends compte ! Et évidemment, pas de téléphone portable, alors le temps d'aller à la ferme la plus proche pour trouver un téléfon ! Là, t'as juste un motard et puis bien plus tard, enfin une ambulance... la gueule de l'ambulance, je te dis pas ! une DS ! break évidemment.
Alors, le temps qu'on l'amène à l'hosto et tout ça, le gars il a toutes les chances de caner, c'est mort quoi.
Et donc... "Les Choses de la vie" c'est un film ça ? ah non, pas vu de film, juste... rien en fait. Quel film ?
Dommage pour Romy et son visage teutonique (et le reste) si fascinant et hypnotique. Bon, y a quand même l'accident assez bien relaté aussi. Quand même. Et c'est tout. Le reste, c'est du vent. Une sorte de courant d'air cinématographique.
Un film splendide sur ces petits riens qui font le sel de la vie mais aussi sur l'envers mélancolique de la vie, où l'on voit un homme hésiter entre son ancienne vie et sa nouvelle, entre deux femmes, un homme miné par un mal de vivre inexplicable. D'un point de vue structurel et du point de vue du découpage, c'est un film très inventif, très vif, loin de l'image de cinéaste giscardien pépère qui trop longtemps collé à Sautet pour des raisons purement idéologiques. Un des grands films français des années 1970. Voir ma critique complète sur mon blog :
Avec "Les Choses de la vie", Sautet trouve son cinéma et signe un premier chef d’œuvre, d’une puissance romanesque absolue. Les bribes de l’accident (dont l’impact visuel et le réalisme demeurent intact) sont dissimulés avec maestria au cours du film et lui donnent à la fois une dimension mentale propice à une construction audacieuse, tout en ellipses, qui transcendent le naturalisme ; elles lui confèrent aussi une dimension tragique qui élève l’intensité du réel à un degré rare. Les comédiens sont en état de grâce (résurrection de Romy Schneider, redécouverte de Piccoli) et la caméra virtuose de Sautet organise un ballet de la vie et de la mort, une peinture des sentiments d’une infinie délicatesse. Cette capacité qu’a le cinéaste de faire subitement sourde le tragique de l’ordinaire, de percer l’épaisseur de la classe sociale pour parvenir à saisir l’homme face à lui-même, d’extraire la sève des choses de la vie, va devenir sa marque pour d’autres grandes oeuvres à venir.
Les choses de la vie, prix Louis Delluc en 1970, est probablement le film le plus emblématique de Claude Sautet. Le cinéaste se livre à un exercice de style tant formel que narratif qui interpelle au regard de ses autres réalisations. C’est à travers les souvenirs du personnage incarné par Michel Piccoli, indécis dans sa vie double entre son ex-épouse interprétée par Lea Massari et sa maîtresse sous les traits de Romy Schneider, que Les choses de la vie se matérialise, atemporel. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/2020/05/22/les-choses-de-la-vie/
Le meilleur de Claude Sautet , vous l'avez devant vous et même s' il reste très marqué dans les 70's , ce film reste indémodable avec les aléas de la vie d'un homme et quand tout du scénario au casting en passant par la musique et le réalisateur frôle la perfection , on est face une oeuvre majeure du cinéma Français .
Un des chefs d’œuvres de Sautet..... le meilleur pour décrire la vie de la bourgeoisie des années 70. Les choses de la vie décrivent tous les sentiments et plus encore.... c'est éblouissant, poignant, inoubliable et lumineux comme les actrices et acteurs de cette histoire de sentiments amoureux sur une musique magnifique de Philippe Sarde.....
Film très ennuyeux, suffisamment bien fait pour être regardable; mais totalement sans intérêt. Romy Schneider est toujours agréable à regarder, mais Piccoli donne envie de vomir à force de fumer des clopes, et quand il agonise au bord de la route on à presque envie de la voir se relever en zombie pour bouffer tout le monde, histoire de mettre l'ambiance.
Pour certains, Claude Sautet est né réalisateur avec « Les choses de la vie » où enfin il a pu être en phase avec une conception du cinéma qui le fuyait depuis ses débuts en 1955 où il réalisa une comédie opérette « Bonjour sourire » qu’il s’est empressé de renier par la suite. Pendant les quinze ans qui se sont écoulés après, Sautet a mis en scène seulement deux films policiers de bonne facture mais assez impersonnels. Il a surtout œuvré en qualité de scénariste, pas toujours crédité au générique. Quand se présente le projet d’adaptation du livre de Paul Guimard, « L’arme à gauche » date déjà de cinq ans et Sautet âgé de 45 ans se demande si son heure de réalisateur n’est pas définitivement passée. La première collaboration avec Jean-Loup Dabadie va faire merveille et porter le film très haut dans l’estime du public et de la critique réunis (Prix Louis-Delluc en 1969). « Les choses de la vie » porte bien son nom qui nous parle à travers les derniers moments d’un homme victime d’un accident de la route, des transports amoureux avec leurs lots d’embrasement, mais aussi de renoncements et de petite lâcheté qui jalonnent nos existences d’êtres de chair et de sang. Pierre (Michel Piccoli), architecte reconnu aborde le cap de la cinquantaine sous les meilleurs auspices. A la réussite sociale, gage de bonheur très prisé sous l’ère pompidolienne, s’ajoute l’épanouissement sentimental avec Hélène (Romy Schneider) sa nouvelle compagne avec laquelle il a fondé le projet de s’expatrier. Mais voilà, Pierre a aussi une ex-épouse (Léa Massari), mère de son fils qu’il ne parvient pas à oublier, l’empêchant de goûter pleinement le bonheur qui s’offre à lui. L’incapacité de l’homme à tirer définitivement un trait sur son passé sentimental parle forcément à chacun d’entre nous quel que soit son sexe. Sautet de la même génération que Piccoli a donc pu facilement s’identifier à l’acteur qui comme Montand sera un peu son alter ego à l’écran. Le propos n’est pas soutenu par une solide narration rythmée par des rebondissements mais plutôt par les divagations embrumées de Pierre mourant qui inconscient de son état réel se penche avec regrets sur ses atermoiements qui l’ont éloigné d’Hélène. C’est l’accident lui-même, filmé à différentes vitesses qui tient lieu de fil d’Ariane dans la psyché labyrinthique de Pierre, rappelant au spectateur la fragilité de l’existence par une implication sensorielle très innovante pour l’époque qui a grandement contribué à la renommée du film. spoiler: Les deux femmes rivales dans la vie de Pierre vont se rejoindre dans une union informelle et non dite après sa mort grâce à Catherine qui sans le savoir exauce avec une grande délicatesse le souhait de Pierre de déchirer la lettre de rupture qu’il avait écrite à Hélène sans pouvoir se raviser comme il s’apprêtait à le faire, gisant inerte près de sa voiture . Bien sûr en parfaite osmose avec son réalisateur, Piccoli est immense, aussi impressionnant que chez Marco Ferreri deux ans auparavant dans « Dillinger est mort » étant un des rares acteurs français à savoir occuper l’espace grâce à l’économie de mouvement distinctive des plus grands. Romy Schneider démontre après la « Piscine » (Jacques Deray en 1968) que Sissy n’était pas une fin en soi mais bien une étape vers les sommets. Cette longue rêverie ancrée dans le concret permet à Sautet d’être enfin raccord avec ce qu’il est vraiment, un homme fasciné plus que tout par les rapports humains que sont l’amitié et la rupture amoureuse qu’il va désormais pouvoir décliner à loisir grâce au succès du film. Il était enfin temps avant qu’un des plus grands réalisateurs français de la fin du XXème siècle ne reste inconnu. Un grand merci donc aux « Choses de la vie ».
Superbe film très fort en émotion. Avec un procédé très original, parfois appuyé mais toujours en rapport avec le tourment du personnage qui voit sa vie basculer. Une superbe histoire avec deux acteurs monstres