429 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
55 critiques spectateurs
5
21 critiques
4
14 critiques
3
14 critiques
2
5 critiques
1
1 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
pitch22
200 abonnés
692 critiques
Suivre son activité
2,5
Publiée le 29 juin 2009
F.W. Murnau nous offre une autre belle réussite du cinéma allemand, avec ici un film de chambre, par conséquent à thématique sociale. Certes, l'histoire manque d'un certain dynamisme mais le conte, qui porte sur la perte de dignité liée au déclassement et sur l'ironie du sort, reste finement traité et agréablement tourné. Dommage que ça ne marque guère l'esprit, contrairement à L'Aurore.
Heureusement que Murnau est là pour sauver un scénario pathos et une interprétation qui en fait des tonnes. La mise en scène, elle, est magistrale (mais bon c'est Murnau...)
Chef d'oeuvre d'inventivité signé Murnau, Le dernier des hommes restera dans les annales pour être l'un des deux films muets sans intertitres (avec La nuit de la Saint-Sylvestre, 1923). Le réalisateur nous conte donc son histoire sur la vieillesse et sur le chômage, par le biais d'un vieux portier brillament joué par Emil Jannings, le tout uniquement par les moyens visuels offerts par une caméra. Il redouble donc de créativité ; tout y passe : travellings audacieux (celui sur le trompettiste, notamment), effets de subjectivité pour exprimer l'ivresse, l'oppression ou la paranoïa, séquences de rêve, cris des comères qui s'adressent la parole d'un étage à l'autre... Seule la fin, qui pourrait être interpretée comme un rêve elle-aussi, vient baisser le niveau à mon goût.
L'œuvre de Murnau est encore d'une brûlante actualité et la vision de ses films procure toujours un immense plaisir. Le portrait de cet homme dont la réalité sociale est exprimée par son uniforme est poignant et profondément actuel. Murnau propose deux fins dépendant de facteurs échappant à la volonté de cet homme. Il y a là une approche sociale plaçant celui ci comme le jouet d'une réalité échappant à sa volonté. Il est à craindre que le nom de Murnau soit totalement ignoré des prochaines générations.
Je n'ai rien contre les films muets ou en noir et blanc, mais je suis pas fan des films de type « burlesque », ou je ne sais pas comment il faut appeler ça. Peut être ne faut-il pas regarder ce genre de film comme je le fais, mais ce film-caricature (bah oui, car ça en est bien un quand même) ne me fait pas rire, ni sourire, et voir les mésaventures de cet ex-portier m'aurait peut être plus intéressé si le tout était resté un peu moins caricatural, où cet homme qui veut encore porter des valises dès qu'il en voit une quasiment, mais qui est trop vieux etc... Pourtant, l'idée d'un homme qui au début est dans une position sociale dont il est fier, et qu'ensuite il la perd, etc... aurait pu être bien, mais le surjeu m'a vraiment déplu. Encore que, tout ceci n'est rien comparé à la fin ridicule que laisse le film. Rassurez vous, on continue dans la caricature avec une happy end encore plus ahurissante que dans les films hollywoodiens de nos jours, happy-end qui traîne considérablement en longueur. Ce n'est pas parce que c'est en noir et blanc et muet que c'est nul, on est d'accord, mais c'est pas pour autant non plus que c'est bien.
« Aujourd’hui tu es le premier, estimé de tous, un ministre, un général, peut-être un prince. Sais-tu ce que tu seras demain ? » Ce premier intertitre lance idéalement Le dernier des hommes (1924) car il installe d’entrée le ton du quinzième film de Friedrich Wilhelm Murnau. Et, derrière un récit dramatique, c’est toute la virtuosité et la maîtrise technique du cinéaste qui éclatent à l’écran, comme une évidence. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com
"Le Dernier des hommes" montre l'immensité de l'hypocrisie humaine : un portier célèbre dans son quartier et au travail, se voit réduit à travailler dans les toilettes pour tendre des serviettes aux clients, ce qu'il ne supporte pas ; il sera moqué pour son travail, jusqu'au jour où la situation changera... et il sera acclamé, salué bassement, complimenté... Ce film montre à quel point la valeur d'une personne se définit par l'argent qu'il a dans son portefeuille ou son compte en banque. Toutefois, même si cela est symptomatique des films muets, l'intrigue est légère, ce qui donne une relative longueur au film. Loin du chef d'oeuvre tant promis...
Le chef-d'oeuvre du génie Murnau. Moi qui suis péssimiste et qui aime le péssimisme, j'ai été servie. Nosferatu et L'Aurore sont des chef-d'oeuvres sa ne fait aucun doute, mais quelques années avant L'Aurore, Murnau avait déjà atteint la perfection, le sublime. Rien que le premier plan de caméra, elle est placé dans l'ascenseur, est d'un modernisme tel, que pendant une seconde je me suis cru sur un film de moins de trente ans. La mise en scène est parfaite, la direction d'acteur est rarement égalé dans sa filmographie, le scénario est exellent et la musique est tellement bonne quelle reste dans la mémoire. Le happy-end ne gène pas plus que ça(ahhh, la production, quesque vous voulait y faire)et peu même rajouté du péssimisme au film. Jannings est superbe. Rien à redire, à par peut-être que c'est un bijou cinématographique qu'il faut s'empresser de voir.
Un film de Murnau intéressant comme souvent mais qui pêche par un rythme plus lent et par une histoire sympathique mais moins profonde que ses chefs d'œuvres.
Murnau atteint une nouvelle fois le sommet grace à ce film puissant, portrait d'une déchéance, mais que Murnau filme toujours avec une grande humanité et une saisissante maitrise technique. Comme à son habitude, le génie allemand nous offre un jeu de lumières des plus ahurissants, porté en plus par une performance poids lourd du grand comédien Emil Jannigns. Au final, un nouveau grand film du cinéaste, qui n'aura cessé de briller durant la période du meut. Très fort.
"Le Dernier des hommes" est le type de film que je crains de revoir tant je veux en garder le vertige qu'il m'a donné lorsque je l'ai découvert.. jusqu'à ce qu'il se remontre à l'affiche d'une bonne salle ! Mais si j'ai eu la même sensation avec "L'Aurore", si je vais le revoir, si j'en ressors aussi tourneboulée que la première fois, alors il n'y a pas de raison que cela n'en soit pas de même avec "Le Dernier des hommes". Je suis en avance, il fait très froid dehors, je vais me réchauffer chez le libraire voisin et j'en ressors avec un livre de mathématiques et puis c'est l'heure. Ah, Murnau ! Je t'imagine revenant parmi les hommes juste le temps que l'on t'ovationne, que l'on te dise combien tu es un maître. Je te demanderais si c'est exprès que le crâne du portier de l'Atlantic est chauve sous son couvre-chef, si c'est par ce détail que tu as voulu montrer toute une vie de loyaux services ? J'ai envie de répondre par l'affirmative car oui, tu es un maître.
Si l'on excepte le happy-end ridicule imposé par l'UFA et annoncé par un carton (le seul du long métrage) ironique, «Le Dernier des Hommes» demeure l'un des plus grands films de Murnau. Par la seule force des images il a su donner vie à son film et à ses personnages, sans que soit jamais prononcé un seul mot. Difficile d'approcher davantage l'essence même du cinématographe, il est d'ailleurs étonnant (et fort dommage) qu'aussi peu de films muets se soient risqués à ne pas submerger le spectateur de cartons, altérant par la même occasion le pouvoir suggestif de l'image. Pour revenir au «Dernier des Hommes», il prouve une fois de plus l'importance de Murnau quant à l'histoire du cinéma et son évolution artistique. Il fut l'un des plus grands maîtres du muet, et une fois de plus il a réussi à approfondir le langage cinématographique à coups de travellings et autres mouvements de caméra géniaux. Car en effet, autant le dire tout de suite, l'histoire, bien que remarquablement traitée et interprétée, n'est qu'un prétexte pour les expérimentations du cinéaste allemand. La caméra semble dotée d'une vie propre tant elle se déplace avec grâce, et si l'on ajoute la multitude d'autres techniques employées par Murnau (surimpressions, distorsions, montage alterné, etc.) on ne peut qu'être impressionné par la virtuosité et la modernité certaine du long métrage. Sans parler de la beauté de la mise en scène et de la photographie, une constante chez Murnau. Un chef-d'oeuvre quelque peu oublié à redécouvrir! [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Incroyable! Concentré d'émotion, relevé par une musique aux cordes virtuoses, Murnau réalise l'impossible: crée une merveille cinématographique sans paroles. Tout naît de gestes, de faciès, de plans géniaux, pour le plaisir des yeux. Mais les oreilles ne sont pas lésées pour autant. Seulement, je regrette un peu l'épilogue, même si onirique, cassant complètement ce sentiment de tristesse, pitié. Mais bon, Murnau est un maître.