Le Dernier des hommes
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soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 novembre 2017
"Le dernier des hommes" est assurément un des joyaux de la filmographie de Friedrich Wilhelm Murnau même s'il est aujourd'hui un peu oublié au profit d'autres chefs d'œuvre du maitre comme "Nosferatu" (1922), "Faust" (1926) ou "L'aurore" (1927). Murnau qui est alors un des réalisateurs importants de la UFA aux côtés de Fritz Lang, Ernst Lubitsch ou Georg Wilhelm Pabst se voit offrir des moyens sans précédent pour donner vie au scénario de Carl Meyer déjà à l'ouvrage sur "Le cabinet du docteur Caligari" (Robert Wiene en 1920). Le réalisateur réussit une synthèse parfaite entre l'intimisme du kammerspiel ("film de chambre" en français) de Max Reinhardt et la démesure de l'expressionnisme cinématographique dont il est un des principaux représentants. L'Allemagne panse ses plaies suite à la défaite de 1918 et à l'humiliation du traité de Versailles qui en fut la conséquence. La visée expansionniste à l'origine de la guerre de 1870 avec le désir de revanche qu'elle a fait naître, s'est avérée désastreuse. Via leur héros qui ne peut se réaliser qu'à travers le port de son habit de lumière de liftier d'un grand hôtel, Murnau et Mayer dénoncent le prestige démesuré de l'uniforme qui a conduit leur pays dans l'ornière où il se trouve au milieu des années 20. Mais comme le fera Chaplin dans "Les temps modernes"en 1936, Murnau s'inquiète aussi des dérives déjà bien visibles du système capitaliste redevenues la règle depuis l'avènement de la mondialisation. "Aujourd'hui, tu es le premier estimé de tous, un ministre, un général, peut-être même un prince. Sais-tu ce que tu seras demain ?". C'est par cet unique intertitre que s'ouvre le film, posant clairement les enjeux qui se font jour derrière le destin individuel du liftier joué par Emil Jannings. Fondé uniquement sur le profit, le capitalisme ne s'embarrasse d'aucun sentiment humain et toute son organisation est bâtie pour en supprimer une expression concrète qui pourrait être gênante à sa bonne marche voire conduire à une possible remise en question de ses bases fondées sur les injustices qu'il génère. Ainsi aucune position ne doit-être considérée comme acquise. Malheur à ceux qui l'oublient comme le portier de l'hôtel Majestic, fidèle serviteur du système jusqu'à ce que cette fameuse position dont il tirait parti au sein de son quartier où son aura est immense lui soit retirée en raison d'une baisse de rendement due à son âge. De nos jours c'est peut-être armé d'un fusil que le portier viendrait régler son compte à ce petit chef qui l'a viré sans ménagement aucun. Mais en ce début de XXème siècle où les conquêtes sociales sont encore à venir, l'employé servile va boire le calice jusqu'à la lie, subissant sans broncher l'humiliation qui lui est imposée quand il se voit dépecé de sa seconde peau comme un militaire dégradé en place publique. Murnau s'interroge aussi sur l'homme animal social qui se réalise un peu trop à travers le regard des autres. Dès lors l'obsession du vieil homme sera de récupérer le précieux uniforme pour ne pas perdre la face dans son quartier où l'attend le mariage de sa fille. Naturellement le subterfuge ne durera qu'un temps et la perte d'estime de soi sera totale quand le nouvel emploi de préposé aux toilettes devenu vacant sera devenu la seule issue. Cette comédie humaine d'une lucidité impitoyable est remarquablement illustrée par Murnau qui utilise à merveille l'art de la pantomime exigée par le muet pour traduire les sentiments qui animent le vieil homme dans sa descente aux enfers. Avec l'aide de Karl Freund son chef opérateur, le réalisateur innove sur bien des points grâce au recours à la "caméra déchaînée" qui lui permet des prises de vue inédites notamment dans la fameuse scène du porte-tourniquet de l'hôtel où le portier déchu qui ne le sait pas encore découvre son remplaçant qui s'apprête à prendre son service à sa place. Il ne faut pas s'arrêter à l'emphase du jeu quelques fois outré du grand Emil Jannings et se rappeler qu'en rien le cinéma de Murnau ne cherche à être réaliste et que la grandiloquence de sa mise en scène n'est là que pour exprimer toute la complexité des sentiments humains. Facétieux, Murnau offre au spectateur un happy end comme les aiment Hollywood qu'il s'apprête à rejoindre mais celui-ci n'est qu'un trompe l'œil car le cinéaste glisse aussitôt son deuxième intertitre pour prévenir que dans la vraie vie le portier serait resté dans les toilettes du grand hôtel jusqu'à ce que la mort vienne le chercher. Depuis le tragique accident de la route qui brisé sa carrière américaine en 1931 juste avant la première de "Tabou", Friedrich Wilhelm Murnau trône au panthéon des réalisateurs de génie où contrairement à son liftier personne ne viendra l'en déloger.
py314159
py314159

2 abonnés 144 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 28 mars 2017
Drame social sur la déchéance d'un vieil homme qui perd son emploi. Le film a pris un sacré coup de vieux.
Joëlle Roubine
Joëlle Roubine

5 abonnés 30 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 janvier 2017
"Le Dernier des hommes" est le type de film que je crains de revoir tant je veux en garder le vertige qu'il m'a donné lorsque je l'ai découvert.. jusqu'à ce qu'il se remontre à l'affiche d'une bonne salle ! Mais si j'ai eu la même sensation avec "L'Aurore", si je vais le revoir, si j'en ressors aussi tourneboulée que la première fois, alors il n'y a pas de raison que cela n'en soit pas de même avec "Le Dernier des hommes". Je suis en avance, il fait très froid dehors, je vais me réchauffer chez le libraire voisin et j'en ressors avec un livre de mathématiques et puis c'est l'heure.
Ah, Murnau ! Je t'imagine revenant parmi les hommes juste le temps que l'on t'ovationne, que l'on te dise combien tu es un maître. Je te demanderais si c'est exprès que le crâne du portier de l'Atlantic est chauve sous son couvre-chef, si c'est par ce détail que tu as voulu montrer toute une vie de loyaux services ? J'ai envie de répondre par l'affirmative car oui, tu es un maître.
Daniel C.
Daniel C.

172 abonnés 732 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 janvier 2017
Qu'un film muet puisse être aussi captivant, c'est un régal ! Seul le jeu de l'acteur, notamment au travers de ses mimiques, avec bien entendu la manière dont la caméra s'approche du visage, nous restitue l'intensité des émotions, qui traversent les personnages. Cet homme, qui n'est que portier d'un hôtel de luxe, en tire un prestige et une reconnaissance de son voisinage. Son rôle principal consiste à saluer sur un mode assez militaire, à héler au moyen de son sifflet les taxis et à protéger les clients de la pluie à l'aide d'un parapluie. Cet homme est grandiose et d'autant plus majestueux que le personnel de l'hôtel est nombreux et extrêmement hiérarchisé. Il suffit d'une malle trop lourde, nécessitant chez ce vieil homme un temps de récupération, pour qu'il déchoit de sa position. Effectivement, un temps, il paraît vieux et exténué. Ce sera alors la descente aux enfers pour cet homme. Aucun sous-titre, juste deux courts textes au début et avant l'épilogue, tout le reste n'est qu'accompagnement musical. Du grand septième art !
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 janvier 2017
Le portier d'un grand hôtel tire fierté de son travail et aborde toujours sa livrée comme un uniforme, ce qui lui doit une certaine réputation dans son quartier. Mais la direction de son hôtel, le jugeant trop vieux, lui donne l'emploi de préposé aux toilettes. Pour ne pas perdre la face dans son voisinage, il décide de voler la livrée et de la garder. Fable cruelle sur la vieillesse et ses illusions, "Le dernier des hommes" impressionne surtout aujourd'hui par sa technique. Alors que l'histoire est très simple, voire simpliste, se terminant même par un épilogue longuet invraisemblable mais assumé par le réalisateur, c'est vraiment la réalisation qui prime et qui se démarque. En 1924, Murnau rend sa caméra mobile, se permet d'impressionnants travellings et oscille sans cesse entre réalisme et expressionnisme pour mieux traduire le désarroi de son personnage principal, incarné par le truculent et cabotin Emil Jannings. Si le propos est un peu lourd, on peut saluer sa fluidité alors que le film se passe quasiment d'intertitres et qu'il n'a pas besoin d'en faire des caisses pour faire passer son message. Ce n'est certes pas le meilleur film de Murnau mais chaque plan est un vrai régal pour les yeux, impressionnants et travaillés avec une fluidité qui forcent l'admiration.
Tupois Blagueur
Tupois Blagueur

75 abonnés 1 162 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 mai 2015
Probablement en raison de cet épilogue (à mon sens inutile) rajouté à la fin du film, je n'ai pas autant apprécié "Le Dernier des hommes" que je l'aurai voulu. Si on prend le long-métrage pour ce qu'il est, on s'aperçoit immédiatement de la modernité tant formelle que scénaristique dont fait preuve en 1924 Friedrich Wilhelm Murnau : aux cadrages serrés (novateurs pour certains à l'époque), aux expressions des personnages (plus étudiées et travaillées que d'habitude), à la mise en scène soigneusement orchestrée et à l'écoute de la musique (parfois en quasi osmose avec la scène en cours), on sent que le metteur en scène allemand s'est donné du mal, comme sur chacun de ses films d'ailleurs, pour expérimenter et essayer de nouvelles techniques. Cela se voit pour l'histoire, sombre, tranchant avec le ton résolument plus léger de la grande majorité des films des années 20, qui montrent des aventures, des farces et des romanes en guise de faire-valoir. La scène finale en est la plus belle preuve et une des plus pessimistes que j'ai vues dans un film de cette décennie. Cela aurait donc été très bien si il n'y avait pas eu cet épilogue qui a tout gâché en réinventant la fin pour lui donner une tournure heureuse, nullement crédible et expédiée comme si le réalisateur n'avait pas voulu trop transgresser les codes. Dommage.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 15 novembre 2014
Un film de Murnau intéressant comme souvent mais qui pêche par un rythme plus lent et par une histoire sympathique mais moins profonde que ses chefs d'œuvres.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 6 mars 2014
Film très symbolique, où chaque scène peut être analysée pendant des heures. spoiler: D'abord, les jeux de lumière sont omniprésents, et accompagnent la descente aux enfers du portier, qui passe littéralement de la lumière à l'ombre. La symbolique de l'uniforme est omniprésente: plus qu'une position sociale, en le perdant, il perd sa peau. D'autant plus que le portier est totalement hanté par le regard des autres, il ne vit que par lui. Plus le temps passe, et plus on se demande comment il aurait pu faire autrement que voler son uniforme pour sauver les apparences. Le mariage n'arrange rien à l'affaire. Le moment crucial arrive lorsque la belle mère découvre la supercherie. Les deux visages s'affrontent: l'un crie de surprise, l'autre est paralysé par la peur. Alors qu'elle rebrousse chemin en courant, lui qui est au fond du trou ne peut plus fuir. Alors qu'il devrait accepter son destin, non! il revient chez lui encore en uniforme. Ultime tentative pour sauver les apparences, dérisoire lorsqu'on sait que tout son immeuble est au courant de sa déchéance. Les portes sont très travaillées: la première est un tourniquet, qui enveloppe, la seconde est la porte du maître d'hôtel, quadrillée comme une fenêtre de prison, la troisième est battante, pour mieux gifler le protagoniste. L'expressionnisme est assez absent des décors, qui sont droits et réalistes, sauf à quelques moments, lorsque l'hôtel lui tombe dessus par exemple. En revanche, les acteurs ont des expressions très travaillées, la gestuelle est très importante: le corps du portier se courbe de plus en plus à mesure qu'il est dégradé. La technique de Murnau, novatrice de par son utilisation de la caméra déchaînée qui a nécessité de réécrire le scénario pour tenir compte de cette liberté de mouvement accrue et des possibilités offertes par le travelling, consiste en une utilisation minimaliste des intertitres (2 en tout, même pas nécessaires), et une façon de filmer le décor avant le personnage. C'est particulièrement flagrant dans les 2 premiers plans. Il y a une vie à côté de celle du portier, qui n'est finalement qu'un homme parmi d'autres. Enfin, le scénario en fait un film engagé, réalisé après la crise de 1923, proche du Kammerspiel.
La fin permet au spectateur de ne pas aller se pendre après le film, parce que c'est pas très gai. D'ailleurs, la traduction anglaise du titre est: le dernier rire.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 5 février 2014
Réalisé en 1924, "Le Dernier des hommes" est, en apparence, un Murnau mineur. Pourtant, à y voir de plus près, le film est en réalité bien en avance sur son temps. Grâce à la technique de la "caméra déchaînée" (caméra fixée à un harnais qui permet de filmer n'importe ou, une sorte d'ancêtre de la Louma en gros), la mise en scène du "Dernier des hommes" est révolutionnaire, Murnau filmant par ailleurs des scènes de toute beauté. Pourtant, si le film de par son aspect technique est irréprochable, l'histoire m'a toujours moins captivé que "L'Aurore" et "Nosferatu" (ou je sais, je suis lourd avec ces comparaisons, surtout que ces films n'ont rien à voir), un peu plus que "Tabou" (mais ça c'est très subjectif). J'ai trouvé que "Le Dernier des hommes" très bon durant le premier quart d'heure, puis après, lorsque le vieil homme se retrouve viré de son métier lui apportant le respect auprès de ses pairs, je ne sais pas mais j'ai moins cru à l'histoire. Attention, ça ne veut pas dire que l'histoire est mauvaise, loin de là. Mais j'ai trouvé le scénario sympathique, mais pas transcendant non plus. Toutefois, petit bémol en ce qui concerne l'épilogue. Le fait que Murnau prenne pitié de son personnage principal est inutile en soit et apporte une résonance fausse dans ce drame, ou l'hypocrisie humaine est mise au premier plan. J'accorde que cet épilogue sert à faire le contrepoint quant au comportement de l'être humain en général, mais j'aurai préféré que Murnau continue à puiser le dramatique, la coupure s'effectuant ici sans transition passant du larmoyant à la joie et au rire en un clin d'oeil. "Le Dernier des hommes" est un bon Murnau, auquel j'ai, certes, été moins emballé en comparaison de ses autres films, mais qui reste de bonne facture, si ce n'est la fin qui est complètement en deçà du reste du long-métrage.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 22 août 2012
Dés les premiers instants du film, Emil Jannnings semble tout droit sorti d'un dessin animé avec sa bonhomie sympathique et ses imposants favoris. La figure récurrente de la porte vitrée qui laisse entrevoir une foule sous la pluie battante met une distance entre nous et ce personnage imposant et respectable, une bien belle vitrine... Jusqu'à ce que la caméra la traverse (plan semblable au plongées de Citizen Kane) jusqu'à cet homme, pathétique et intime (grâce à la caméra subjective), sans pitié, Murnau s’emploie à un réalisme sociale implacable et cruelle. Plus que jamais le "travelling est affaire de morale". L’expressionnisme caractéristique de l'artiste, par surimpression oniriques, ensemble de gros plans moqueurs et scènes floutées enfonce le clou de la subjectivité et de l'identification dans la chute. Un oeuvre profondément sceptique dont la fin secondaire se décridibilise par le changement radicale de ton radicale.
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 avril 2017
Si l'on excepte le happy-end ridicule imposé par l'UFA et annoncé par un carton (le seul du long métrage) ironique, «Le Dernier des Hommes» demeure l'un des plus grands films de Murnau. Par la seule force des images il a su donner vie à son film et à ses personnages, sans que soit jamais prononcé un seul mot. Difficile d'approcher davantage l'essence même du cinématographe, il est d'ailleurs étonnant (et fort dommage) qu'aussi peu de films muets se soient risqués à ne pas submerger le spectateur de cartons, altérant par la même occasion le pouvoir suggestif de l'image. Pour revenir au «Dernier des Hommes», il prouve une fois de plus l'importance de Murnau quant à l'histoire du cinéma et son évolution artistique. Il fut l'un des plus grands maîtres du muet, et une fois de plus il a réussi à approfondir le langage cinématographique à coups de travellings et autres mouvements de caméra géniaux. Car en effet, autant le dire tout de suite, l'histoire, bien que remarquablement traitée et interprétée, n'est qu'un prétexte pour les expérimentations du cinéaste allemand. La caméra semble dotée d'une vie propre tant elle se déplace avec grâce, et si l'on ajoute la multitude d'autres techniques employées par Murnau (surimpressions, distorsions, montage alterné, etc.) on ne peut qu'être impressionné par la virtuosité et la modernité certaine du long métrage. Sans parler de la beauté de la mise en scène et de la photographie, une constante chez Murnau. Un chef-d'oeuvre quelque peu oublié à redécouvrir! [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
stebbins

563 abonnés 1 747 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 février 2012
Ce grand classique - modèle de mise en scène indiscutable - prouve à quel point les charges commerciales sont capables de changer ce qui aurait pu être un véritable chef d'oeuvre en guimauve insipide et ridicule. Le Dernier des Hommes n'est de fait rien de moins qu'un immense gâchis, un film dont le dernier quart d'heure discrédite entièrement l'ampleur émotionnelle jusqu'alors obtenue. Car si une majeure partie du film de Murnau témoigne d'une élégante tristesse approfondissant le personnage joué par Emil Jannings le rajout du happy-end est - en plus d'être extrêmement maladroit - terriblement plat quand on le compare au registre des 80 premières minutes. Fort heureusement la réalisation reste totalement impressionnante, largement supérieure à celle de Nosferatu pour ma part ( ce dernier souffrait d'une utilisation pléthorique de l'intertitre qui désamorçait la puissance visuelle de l'intrigue ; ici Murnau réalise un film muet sans pratiquement aucun panneau ). En ce sens les premiers plans très mobiles du Dernier des Hommes font figures de prouesse technique redoutable, et la séquence dans laquelle le portier se fait remercier est un sommet d'élégie cinématographique. A noter également un très bel accompagnement musical... Tentons d'oublier cet affreux dénouement pour mieux contempler ce qui le précède, à savoir un grand film du cinéma muet particulièrement abouti. A voir absolument.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 26 décembre 2011
D'une grande beauté, l'un des meilleurs films de Murnau.
Yohan Marques
Yohan Marques

26 abonnés 64 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 décembre 2011
Même s'il n'est pas le plus connu des films de son auteur, Le Dernier des Hommes tient une place fondamental dans sa filmographie : véritable laboratoire d'experimentations visuelles, ce mélodrame sans intertitre préfigure "L'aurore" mis en scène trois ans plus tard, une oeuvre considérée à juste titre comme l'un des meilleurs films de tous les temps. Le style virtuose de Murnau est d'ors et déjà éclatant : à la fois aérien et mélancolique. La photo et la lumière constituent par ailleurs un sommet d'expressionnisme : jeu sur le clair-obscur, la lumière et les contrastes, attention portée aux lignes et perspectives archictecturales... A tout cela, il ajoute des innovations personnelles qui feront date dans l'histoire du cinéma : l'utilisation inédite de la caméra subjective en est l'une des trouvailles les plus spectaculaires...
Matthieu F.
Matthieu F.

24 abonnés 153 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 décembre 2011
"Le Dernier des hommes" montre l'immensité de l'hypocrisie humaine : un portier célèbre dans son quartier et au travail, se voit réduit à travailler dans les toilettes pour tendre des serviettes aux clients, ce qu'il ne supporte pas ; il sera moqué pour son travail, jusqu'au jour où la situation changera... et il sera acclamé, salué bassement, complimenté... Ce film montre à quel point la valeur d'une personne se définit par l'argent qu'il a dans son portefeuille ou son compte en banque.
Toutefois, même si cela est symptomatique des films muets, l'intrigue est légère, ce qui donne une relative longueur au film. Loin du chef d'oeuvre tant promis...
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