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Un visiteur
1,0
Publiée le 23 novembre 2008
Certainement novateur à son époque, montrant une enquête de police de manière réaliste, la dérive des actionnaires et les ravages de la drogue. Malheureusement aujourd'hui il reste surtout l'ennui ou éventuellement l'aspect technique.
Le film est en trois parties bien distinctes et celui-ci tranche véritablement des films en costume auxquels on était habitué. Ici c’est un film noir plutôt tendu. J’avoue avoir été davantage intéressé par la première partie. Presque en huis-clos. Le moment où il partent de la maison, le ciel donc pour rejoindre l’enfer qui devient plus social et plus noir. Il faut s’habituer à voir son acteur fétiche sans son sabre de samouraï !!!
Film voulant dénoncer la vague de kidnappings qui sévissait au Japon dans les années 60 et dont un des amis du cinéaste avait été victime (il aurait en partie contribué à la réforme du Code pénal japonais de 1964 mais également été responsable d’une hausse du nombre d’enlèvements dans ce pays), Entre le ciel et l’enfer est une œuvre qui pourrait décontenancer un public moderne. En effet, le film d’Akira Kurosawa possède un rythme plutôt lent notamment dans sa première partie assez théâtrale, étant est essentiellement constituée de longs plans larges et tournée en huis-clos, et possède une narration assez originale puisque celui qui était clairement le personnage central de la première moitié devient presque secondaire dans la seconde. Une fois ce rythme accepté, cette adaptation de Rançon sur un thème mineur d’Ed McBain marque par la maitrise absolue du cadrage dont fait preuve le cinéaste. Celui-ci utilise ainsi à merveille son Tohoscope et offre un sublime noir et blanc (même si la couleur fera une brève apparition à l’intérieur de quelques plans) mais développe également une histoire à la fois prenante et représentative de la société dans laquelle elle est tournée (lutte entre le capitalisme à tout prix et le désir du travail bien fait, le conflit entre l’égoïsme et la solidarité, la jalousie causé par le déclassement social…). Ainsi, malgré son rythme lent dans la première partie, Entre le ciel et l’enfer n’ennuie jamais et montre une fois de plus le talent plastique évident d’Akira Kurosawa.
Un film au rythme extrêmement lent avec une forme de nonchalance et de platitude plus que fortes. Pourtant tout commençait bien avec une introduction sous couvert de bras de fer entre des grosses pointures de l'argent. Mais ensuite l'oeuvre se perd à travers des idées scénaristiques allant dans tous les sens. L'enquête, représentant, une grande partie du film s'avère sans souffle avec de longues scènes ennuyantes. Pour au final un film qui malgré des idées sur la guerre des classes et sur le patronat n'arrive pas à se donner de sens.
Excellent film , que je n'avais encore jamais vu , d'Akira Kurosawa brillamment mis en scène , écrit et interprété cette réalisation est une une excellente réflexion sur les enjeux d’un kidnapping, mais c’est avant tout un Thriller Policier réaliste et sophistiqué !
Excellent thriller de Kurosawa, qui a très bien vieilli. Film en deux parties, tout d'abord le cas de conscience sur le chantage dans un huis clos puis l'enquête à l'extérieur. C'est un peu le Chinatown de Kuro. Dommage que le film soit en noir et blanc, même si ce noir et blanc, est magnifique, car on aurait aimé voires couleurs du Japon de ces années 70.
Film remarquablement maîtrisé. Le rapt d'un enfant contre rançon est l'occasion pour le réalisateur de questionner, à travers trois parties distinctes, la société japonaise. Dans un premier acte, l'enfant d'un dirigeant d'entreprise opulent est la cible d'un ravisseur. Mais ce dernier s'est trompé : il a en fait enlevé le fils du domestique ! Le kidnapping déstabilise une famille aisée où tout était très codifié : pater familias, épouse soumise, domestique effacé... Le chef de famille va-t-il accepter de payer l'énorme rançon pour sauver la vie du fils de son domestique ? Toshiro Mifune excelle à nous montrer le conflit intérieur qui le travaille, sous la pression de ses proches et des policiers. La deuxième partie centrée sur l'enquête est également passionnante. Le dernier acte est le plus noir. Nous suivons l'errance du ravisseur dans les lieux en perdition du Japon où règne la misère, la maladie, le non-droit... L'ultime confrontation entre le chef d'entreprise et le ravisseur parachève cette polarisation entre une société qui réussit et qui ne s'encombre pas des conséquences sociales de ses décisions, et une société en marge, qui n'a que des miettes et qui nourrit une haine refoulée pour ceux qui ont réussi.
Dans la thématique du double, largement développée ici (rien que le titre …) Kurosawa joue beaucoup sur l’assimilation entre la victime et le coupable qui bien souvent dans son approche scénique ne font qu’une seule et même personne. Il propose aussi deux parties bien distinctes qui du ciel retient la demeure luxueuse de la famille Gondo plongée dans le drame d’un enlèvement d’enfant. En bas, dans la ville, le ravisseur hante les bas-fonds d’une société qui en silence maudit secrètement la richesse des nantis. C’est l’enfer d’un monde que Kurosawa dépeint avec un manichéisme teinté parfois de naïveté, peinture sans rature d’un Japon alors gangréné par l’argent et la drogue. Le policier en charge de l’enquête est incarné par un acteur phare de Kurosawa, Tatsuya Nakadai, tandis que Gondo est joué par Toshirô Mifune autre figure légendaire du cinéaste. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
La ressortie en salles de six titres de Akira Kurosawa permet de revenir sur " entre le ciel et l'enfer" considéré généralement comme un titre secondaire de la période reine du cinéaste ( année année 50 et 60).
On a beaucoup évoqué à sa sortie en premiere exclusivité en France, en 1976 soit treize ans après sa réalisation, le caractère mineur de " entre le ciel et l'enfer" au sein de la filmographie de AK.
Tiré d'un roman noir de Ed Mac Bain, cette analyse de la société japonaise, presque deux décennies après la fin de la seconde guerre mondiale s'est pourtant ( de mon point de vue) largement bonifiée le temps passant.
Il faut dire que la maîtrise de la réalisation, la photo en scope noir et blanc, l'interprétation conduite par Toshiro Mifune mais où la présence de Tatsuya Nakadai complète avec brio la distribution, les dialogues et le découpage réussi entre trois parties au ton différent, valent sa reconsidération.
Regard sur la lutte des classes, la part du ressentiment dans l'Histoire (cf l'ouvrage de l'historien Marc Ferro), la perversité de certains et du système ( autrement dit des règles sociales dissimulées qui ont remisé l'éthique au placard), la folie destructice ( l'organisateur du drame veut se venger des riches en n'hésitant pas à sacrifier des malheureux et à s'en prendre à un fils de prolétaire).
Beaucoup plus intéressant au plan politique et philosophique que dans sa partie polar ( elle devient presque un prétexte pour exposer tout le reste), " entre le ciel et l'enfer" n' est, malgré ses qualités, certes pas le chef d'œuvre de son auteur.
Cependant, son standard est tel qu'il mérite largement d'être connu, même s'il n'est pas non plus, un des titres les plus grand public d'un des maîtres du cinéma nippon et même tout simplement du septième art.
Un film qui peut postuler au titre de meilleur polar de tous les temps... Et pourtant un film très théâtrale (la première moitié ne se passe que dans une seule pièce). Mais une pièce de théâtre magistralement mise en scène et incroyablement bien filmé! On est en haleine attendant chaque coup de fil du ravisseur! Une tension qui existe universellement par la mise en scène parce que les acteurs, dans leur tradition japonaise, surjouent! Un scénario intelligent aux rebondissements, bien que nombreux, crédibles (les scénaristes d'aujourd'hui devrait prendre exemple sur ce film)! Un film avec un message aussi fort humaniste et généreux aux couleurs de son auteur Kurosawa! Un auteur et quel auteur! Une fable morale sur le bien et le mal, l'importance d'aider son prochain et l'égoisme de ne pas gâcher sa vie... Un film sur les différences sociales fortes et donc un message délivré avec justesse et sans encombres!
Akira Kurosawa signe encore un des plus grands films noirs qui soit doublé d'une riche aspiration philosophique. A travers un récit richissime construit en 3 actes, il nous plonge dans son histoire d'une force incroyable. La situation mise en place par le début du premier acte est aussi terrible que jouissif, un homme face à dilemme cornélien: choisir entre garder sa fortune pour pouvoir asseoir son pouvoir dans son entreprise ou l'abandonner pour sauver un enfant qui n'est pas le sien. Ensuite vient l'investigation policière, palpitante et extrêmement bien construit, avec une rigueur de l'action à travers une multitude de court flashback. Le dernier acte est d'une grande noirceur et coule l'heureux dénouement par un constat amer sur le clivage riche / pauvre qui laisse pessimiste. Armé d'acteurs grandioses, Kurosawa tisse une toile fascinante dans lequel ses personnages englués s'ébattent vainement.
Le film met des plombes à se mettre en place, puis on a le droit à des scènes de suspens bien travaillées pour au final retomber sur une filature interminable qui aboutit à une conclusion décevante. Inégal, "Entre le ciel et l'enfer" n'est clairement pas le meilleur film de Kurosawa... Malgré une réalisation moderne pour l'époque, les rebondissements se font maigres.
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Après le film noir en 1958 ("Les salauds dorment en paix"), Kurosawa tâte du policier en adaptant "Rançon sur un thème mineur" d'Ed McBain. Le thème du jeune homme qui se venge d'une frustration sociale en commettant un meurtre est récurrent dans la littérature et le cinéma de genre. En 1955 Gerd Oswald s'était brillamment approprié le propos avec "Baiser Mortel" tiré du premier roman d'Ira Levin. Il est intéressant de voir ce que Kurosawa retient des leçons des grands maîtres américains et surtout comment il les détourne à son profit. Clairement il divise son film en quatre actes d'inégales longueurs,. Le premier prend la forme d’un long huis clos de 53 minutes qui permet à Kurosawa de présenter le personnage principal joué par Toshiro Mifune à travers sa fonction d’entrepreneur pour mieux éclairer par la suite tout l’enjeu du dilemme qui s’impose à lui. Durant ce long prologue, Kurosawa affirme sa maîtrise du cinémascope principalement utilisé à Hollywood pour les films à grand spectacle dans la lutte qui l'oppose à la télévision triomphante. Par le jeu des décors, Kurosawa démontre que le procédé peut-être efficient pour mettre en valeur le jeu des acteurs dans un appartement. Le deuxième acte dédié à l’enquête se veut un hommage aux films policiers de Jules Dassin (« La cité sans voiles » 1948) et de d'Anthony Mann (« Il marchait dans la nuit » 1948) véritables odes aux mérites de la police américaine. La scène de la remise de la rançon à l’intérieur d’un train est tout simplement prodigieuse de virtuosité et d’inventivité. Le troisième acte préfigure les polars et thriller des années 70 avec un ravisseur au look très actuel qui s’écarte ouvertement de l’archétype du malfrat véhiculé à l’époque par le cinéma. Enfin la confrontation finale confirme la motivation sociale du délit que l’on pressentait grâce aux indices disséminés habilement par Kurosawa qui a œuvré avec quatre complices à la rédaction du scénario. Un film admirable et captivant où le grand metteur en scène japonais montre sa capacité à digérer toutes les influences pour les faire siennes par une audace dans ses choix tant scénaristiques que de réalisation. Un must à conseiller à tous ceux qui veulent aborder le cinéma du maître japonais dans ce qu’il a de plus accessible.
Entre le Ciel et l'Enfer est à mes yeux un des films de Kurosawa les plus palpitants ! Comme j'ai pu l'écrire dans d'autres critiques c'est dans le registre Policier qu'il me bluffe le plus particulièrement, celui-ci n'échappe pas à cette règle. Il rejoint L'Ange Ivre et Chien Enragé avec aisance aux rang de mes longs métrages fétiches ! Autre particularité de cette création, son découpage proche de Vivre, autre film que j'avais beaucoup aimé. A l'inverse de ledit film mentionné celui-là commence par un huit-clos et se termine par une traque, le rythme étant sans arrêt bousculé on ne peut qu’être happé par cet intrigue. Le casting est tout autant inspiré, Toshiro Mifune et ces collègues sont renversants, l'ultime séquence m'a spécialement marqué ... Autre point d'emballement, la musique. Jamais une composition musicale chez le cinéaste Japonnais ne m'avais fait autant d'effet, elle s'intègre à ravir dans l'ambiance chaotique de ce long métrage. J'avais fait une petite pause avec les films de Kurosawa après être passé en deçà avec Sanjuro, me voilà pleinement remotivé pour découvrir les quatre derniers films de ma collection à savoir Barberousse, Dodes'kaden, Kagemusha et Ran ! Un sacrée programme.