En 1966, dans un monde en proie à un nouveau bouillonnement artistique et culturel, Luis Bunuel réalisait "Belle de Jour", adapté du roman de Joseph Kessel. Oeuvre au sujet ardu, le long-métrage met en scène Séverine, jeune bourgeoise mariée, insatisfaite sexuellement et sentimentalement, qui choisit de travailler dans une maison de rendez-vous. Fort de sa mise en scène sèche et épurée, le film, mêlant rêve et réalité, lorgnant même du côté des plaisirs sado-masochistes, se présente comme un perçant conte de fée moderne baignant dans le fantasme. Démontrant un puissance de persuasion implacable, le cinéaste en distille plusieurs interrogations : peut-on livrer son corps sans états d'âme et y trouver du plaisir ? Peut-on se vendre tout en restant fidèle ? Et là où d'autres auraient choisi la provocation, Bunuel lui, préfère la grâce et la délicatesse. Contrairement aux attentes, préfère ne rien montrer, laissant au spectateur la place au désarroi et à la spéculation. Tout est dans la suggestion et c'est certain, la force du film est bel et bien là. Avec l'éternelle critique de la bourgeoisie en toile de fond, voici donc une passionnante et brillante réflexion autour des affres de la perversité qui même aujourd'hui, n'a rien perdu de son âpreté.
Pas mal, mais vraiment pas passionnant. En fait, il ne se passe pas grand chose. On s'ennuie terriblement on attend impatiemment le mot "fin". Entre rêve et réalité on est complètement perdu. En plus, les acteurs jouent mal. Donc on ne rentre pas dans le film. Vraiment décevant.
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3,0
Publiée le 5 juin 2011
"Belle de jour" est adaptè du roman homonyme de Joseph Kessel! Ce dernier l'apprècia, bien que Luis Bunuel, ait pris certaines libertès avec son histoire! Particulièrement troublante, Catherine Deneuve trouve l'un de ses grands rôles en petite femme bourgeoise qui s'ennuie et qui dècide de se prostituer l'après-midi pour assouvrir ses dèsirs; elle-même, autant que les clients de la "maison" dans laquelle elle va travailler, sont des produits types d'une sociètè à bien des ègards dècadente! Bunuel n'hèsite pas à èvoquer la sadomasochisme et signe un film poètique et très provoquant pour l'èpoque! Le cinèaste sait jouer de cette perversion, où son hèroïne apparaît nue sous un voile noir dans un cercueil! A savoir que "Belle de jour" a reçu le prestigieux Lion d'or de la Biennale de Venise en 1967 et que les magnifiques tenues de Deneuve sont signèes par le couturier Yves Saint Laurent! Fascinant...
L'an dernier on avait reparlé de ce film à cause de la sortie de Jeune et jolie, je voulais voir le Bunuel avant, car j'adore Bunuel et pour me faire un bon moyen de comparaison pour cracher sur le Ozon (je suis comme ça). Cependant je ne l'ai pas fait et ça ne m'avait pas empêché de détester le Ozon.
Mais je suis déçu de Belle de jour. Disons que j'attendais un chef d'oeuvre et que je n'ai vu qu'un bon film. En fait j'ai retrouvé tout ce que j'aime chez Bunuel, c'est un peu étrange, c'est assez sulfureux malgré tout, mais surtout il y a un propos qui serait difficile à tenir aujourd'hui. Parce que son film parle quand même d'une bourgeoise qui n'a comme seul désir de se faire tringler (je caricature à peine). Et je trouve ça bien.
Enfin un réalisateur qui comprend le désir des femmes, leurs fantasmes, leur insatisfaction, leur envie de se donner. Je pourrai revenir sur l'envie de pénis tout à fait freudienne.
Ce que j'ai beaucoup aimé c'était ces petites digressions, ces petits rêves qu'elle peut faire, tout à coup on ne sait plus où on est, avec qui on est, quand on est, et puis rappel à la réalité. Comme un vrai rêve. Et avec ces procédés il dit tout sans trop en faire sur l'état de Séverine.
Du coup même moi qui suis un homme est capable de la comprendre et ça c'est beau.
Après le film a quelques défauts, c'est malheureusement un peu plat (une scène sur deux je dirai), je veux dire par là qu'il y a une séquence avec des trouvailles absolument fascinantes et puis la scène d'après tourne peut-être un peu en rond.
Par contre la fin est superbement bien trouvée et quelque part, après avoir vu le film, ça ne devait se finir comme ça.
Un film imparfait mais qui n'en demeure pas moins bon et intéressant et qui finalement n'a pas tant perdu que ça son aspect sulfureux et on a droit à une belle Deneuve nue de dos (c'est déjà ça).
L’approche du rapport entre fantasmes sexuels et cloisonnement moral a toujours été, depuis L’âge d’or, un vecteur thématique majeur de l’œuvre de Luis Buñuel. Le personnage de Séverine, incarnée par une Catherine Deneuve dans un des rôles les plus importants de sa longue carrière, est le support à une réflexion aboutie sur le sujet. Les regrets de cette femme aux mœurs libres nous donnent une leçon en matière de mise en image des méandres psychologiques d’une âme tourmentée tandis que les splendides scènes de rêve font preuve d’un pouvoir symbolique remarquable. L’image de la sexualité, à travers le plaisir que ressent cette femme de s’extraire de ses carcans bourgeois en se prostituant, est filmée avec une subtilité et une véracité qui font de la chose un véritable enjeu existentiel. Ce film grave et politiquement incorrect est toutefois ponctué de quelques touches d’humour, apportées notamment par le personnage interprété par Francis Blanche. Même s’il a vieilli sur le plan visuel, l’intelligence avec laquelle est traitée la libéralisation des mœurs du point de vue féminin fait de Belle de jour un chef d’œuvre intemporel.
Il y a juste une seule chose qui m'a gênée dans ce long métrage de Bunuel! L'intonation de voix des acteurs! Non mais honnêtement est-ce qu'une intonation toute robotisée vous donne réellement envi de s'accrocher aux dialogues?! Bah moi non pas spécialement désolé! Et ce ton de voix monocorde, donne l'impression que les acteurs jouent mal, qu'ils sont totalement blasés, et qu'ils n'ont aucun talent, alors que ce n'est évidemment pas le cas! Peut être était-ce voulu par Bûnuel pour une raison ou une autre mais en tout cas ça m'a agacé!
Une des plus célèbres œuvres de Luis Bunuel, assez représentative de son style (cependant tres vaste) en certains points, et notamment dans la critique des mœurs bourgeoises mise en parallèle avec certaines réflexions tres pertinentes sur le bien et le mal, des questions sur l'amour, la fidélité... Avec un centre de tout cela un personnage centrale (superbement interprété par Catherine Deneuve) se laissant aller au bovarysme, personnage tres intéréssant, a la psychologie complexe et fascinante, laissant le spectateur se perdre entre ses fantasmes et la réalité.
Luis Bunuel fait là un film dans la plus pure tradition Nouvelle Vague : une histoire aux introspections psychologiques, des dialogues calculés à la virgule et aux messages virulents. Au final "Belle de jour" est le conte onirique d'une femme traditionelle des années 60 qui refoule une émancipation pourtant tant souhaitée. Ce refoulement explique les visions et les rêves sado-masochiste de la femme. Elle se voit humiliée, fouettée, utilisée, veuve... Derrière son visage et son caractére timide, le personnage de Catherine Deneuve est en fait une devérgondée qui n'a pas peur des expériences. Le film souffre cependant d'instants trop confut. Le cheminement cyclique qu'il nous affiche à la fin, nous laisse pantois et victime de question encore à vif à la fin du film. Cependant ce mystére filmique fait de "Belle de jour" un bon film de la Nouvelle Vague qui se regarde avec plaisir et avec intelligence. Bunuel ne prend pas son public pour un débile et lui propose un voyage dans les méandres infinis d'une femme au foyer. En conclusion : on aime parce que l'histoire se suit avec aisance et garde cette part de mystére qui fait qu'on a envie de le revoir.
L'âge de ce film : 50 ans, et, franchement, ça se voit, ce film ayant terriblement vieilli, tant au niveau du thème que de la réalisation. En plus, le jeu des comédien.ne.s ne joue pas en faveur du film, le seul à tirer son épingle du jeu étant Michel Piccoli.
Il y a des films qui ne peuvent plus qu'intéresser des cinéphiles avertis, prêts à aller voir une œuvre uniquement pour ce qu'elle représente. Belle de jour est de ceux-ci. Non seulement la subversion de l'oeuvre paraît bien désuette de nos jours, mais c'est sutout dans l'interprétation très littéraire que le spectateur contemporain ne peut plus se retrouver. Aucune once de réalisme dans les fausses colères, fausses réticences, faux étonnements des personnages, tout glisse sur eux comme sur des poupées de cire. Un objet historique à regarder par passion de cinéma, mais devant lequel on ne peut plus rien ressentir.
L'expression "chef-d'œuvre" est vraiment subjective. En voilà une nouvelle illustration avec ce drame, plus lent que sulfureux, où Catherine Deneuve est égale à elle-même, on aime (ou pas).
Très grand film. Dès l'introduction, bluffante, d'une grande violence et d'un érotisme génial, Bunuel donne toutes les clés du film, qui oscille entre fantasme et réalité. Le film capte l'attention constamment, mettant des enjeux passionnants et terribles à la fois. Deneuve s'impose comme une des plus grandes actrices de l'histoire du cinéma, à l'aise dans des scènes très différentes et jouant à merveille le malaise. D'une grande intelligence d'écriture, à base de dialogues intéressants, jouant avec des ellipses d'une inventivité incroyable et troublante, le film est scotchant et complexe. Le suspense sentimental est très précis. La fin est géniale et marque les esprits. Ca donne envie de découvrir Bunuel.
"Belle de jour" est de ces films qui vieillissent extrêmement mal. Chronique d'une bourgeoise qui, lasse de sa vie rangée se prostue et se noie dans la débauche, le film n'est aujourd'hui plus dérangeant pour un sou et ennuie seulement. Bunuel, intemporel dans ses oeuvres surréalistes, est extrêmement poussiéreux dans cette création antimoraliste.
j'ai revu ce film et je l'ai trouvé toujours aussi ennuyeux qu'à sa sortie. On ne peut donc même pas dire qu'il a mal vieilli. A l'exception de Pierre Arditi les acteurs sont très mauvais ; ceci est du en grande partie aux dialogues pseudo-littéraires trop longs. Dommage d'avoir si mal représenté l'oeuvre de Kessel. ç'aurait pu être sulfureux c'est à peine érotique (même à ll'époque de sa sortie). En fait ce film boursouflé était déjà démodé lors de sa sortie. Je pense que Bunuel a cherché à se faire plaisir.