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Un visiteur
4,0
Publiée le 16 août 2010
Trés bon film de Bunuel qui aborde le sujet des fantasmes et des dangers qui sont engendrés lorsqu'on veut les accomplir. Pas de scénes surréalistes mais uniquement des petites touches étranges qui apportent des réponses supplémentaires.Telles que des scènes de masochisme qui exposent les fantasmes de l'héroine. Je n'étais pas fan de Catherine Deneuve, mais ici je découvre pourquoi elle est tant ventée.
Belle de Jour (1967) est une libre adaptation du roman homonyme de Joseph Kessel, dans laquelle Luis Buñuel traite à la fois de sexualité et de fantasmes. Plutôt surprenant pour une œuvre Franco/Italienne des années 60. L’histoire nous plonge au cœur des incertitudes d’une jeune femme insatisfaite aux côtés de son époux. Si bien qu’un jour, avec courage et détermination, elle décide de se rendre, sur un coup de tête, dans une maison close afin de s’essayer à cette pratique qui lui est totalement inconnue. De la part du réalisateur, on ne sera pas surpris d’avoir affaire ici à une mise en scène très intrigante et originale, le cour de l’histoire alternant sans cesse entre rêves (fantasmes) et réalité. Catherine Deneuve (23 ans à l’époque du tournage) dans le rôle principal est des plus surprenante, sans aucun complexe, elle illumine de sa présence, aux côtés de Michel Piccoli & Jean Sorel. On se souviendra longtemps de la séquence du Professeur Henri (Marcel Charvey). Lion d'Or au Festival de Venise, Luis Buñuel séduit avec une œuvre si particulière et sobre à la fois.
Très grand film. Dès l'introduction, bluffante, d'une grande violence et d'un érotisme génial, Bunuel donne toutes les clés du film, qui oscille entre fantasme et réalité. Le film capte l'attention constamment, mettant des enjeux passionnants et terribles à la fois. Deneuve s'impose comme une des plus grandes actrices de l'histoire du cinéma, à l'aise dans des scènes très différentes et jouant à merveille le malaise. D'une grande intelligence d'écriture, à base de dialogues intéressants, jouant avec des ellipses d'une inventivité incroyable et troublante, le film est scotchant et complexe. Le suspense sentimental est très précis. La fin est géniale et marque les esprits. Ca donne envie de découvrir Bunuel.
L'oeuvre la plus connue de Luis Bunuel a extrêmement mal vieillie.Démodée rapidement car trop ancrée dans son époque entre 2 eaux,"Belle de jour" ne restitue que partiellement l'atmosphère du roman de Joseph Kessel,autrement plus onirique.De plus,il s'enferme dans une pudibonderie qui ne sied guère au sujet.C'était très peu de temps(en 1966)avant la libération sexuelle de la femme et ça se sent.Catherine Deneuve est évidemment superbe en bourgeoise frigide qui,à la suite de rêveries sexuelles fantasmées,décide de pousser la porte d'une maison close pour y devenir l'une des hôtesses.Timide puis décomplexée,toujours à la découverte de son désir.Icone intemporelle,Deneuve offre sa grâce naturelle et sa beauté sophistiquée.On ne voit rien d'osé,mais on imagine les demandes de clients sadomasochistes. Cependant,cet érotisme chaste finit rapidement par lasser.En 40 ans,la perception du sexe et du désir a tellement évoluée qu'on est ébahi de cette vision si anachronique.Les effets hallucinatoires sont grossiers,et Bunuel semble attiré par le fait de salir l'image diaphane de Deneuve,tout en la rendant encore plus belle et inaccessible.Voilà à quoi mène le désoeuvrement bourgeois!Très belle prestation de Michel Piccolo en homme faisant office de révélateur.Mais un film beaucoup trop réducteur.
Pas mal, mais vraiment pas passionnant. En fait, il ne se passe pas grand chose. On s'ennuie terriblement on attend impatiemment le mot "fin". Entre rêve et réalité on est complètement perdu. En plus, les acteurs jouent mal. Donc on ne rentre pas dans le film. Vraiment décevant.
Catherine Deneuve joue très bien, Michel Picoli joue très bien ..... pour le reste c'est plutôt triste à voir. Film dans l'ensemble très ennuyeux, je n'aurais peut-être pas du l'aborder comme un film culte, c'est sans doute la cause de ma deception. il n'y a pas grand chose à dire d'autre sur Belle De Jour, GROsse Deception !!!!
L’approche du rapport entre fantasmes sexuels et cloisonnement moral a toujours été, depuis L’âge d’or, un vecteur thématique majeur de l’œuvre de Luis Buñuel. Le personnage de Séverine, incarnée par une Catherine Deneuve dans un des rôles les plus importants de sa longue carrière, est le support à une réflexion aboutie sur le sujet. Les regrets de cette femme aux mœurs libres nous donnent une leçon en matière de mise en image des méandres psychologiques d’une âme tourmentée tandis que les splendides scènes de rêve font preuve d’un pouvoir symbolique remarquable. L’image de la sexualité, à travers le plaisir que ressent cette femme de s’extraire de ses carcans bourgeois en se prostituant, est filmée avec une subtilité et une véracité qui font de la chose un véritable enjeu existentiel. Ce film grave et politiquement incorrect est toutefois ponctué de quelques touches d’humour, apportées notamment par le personnage interprété par Francis Blanche. Même s’il a vieilli sur le plan visuel, l’intelligence avec laquelle est traitée la libéralisation des mœurs du point de vue féminin fait de Belle de jour un chef d’œuvre intemporel.
Je viens de rentrer pour la première fois dans l'univers de Luis Bunuel avec "Belle de Jour" et je ne suis absolument pas déçu. Atmosphère étrange ou réalité et fantasmes se mélangent très simplement avec une Catherine Deneuve magistrale.
Simplement un des classiques du film à connaître obligatoirement pour évoquer toute notion de cinéma ( le maître espagnol faisant voler en éclats les clichés puritains et démontrant bien l'impossibilité totale pour des bourgeois vivants dans leur bulle d'être beau & élégant en permanence - à l'instar , d'ailleurs & encore +, que pour 1 playboy ! - ) ; Quoique le caractère un peu désuet de l'histoire puisse faire un peu sourire aujourd'hui...
Le talent des scénaristes (J.-C. Carrière inclus donc) est à saluer : les scènes passent des registres du réalisme à l’onirisme avec beaucoup de finesse et de subtilité. Le mariage, la vie bourgeoise sont désignés comme fauteurs de frustration féminine. Avec l’évolution des mœurs des quatre dernières décennies on peut se demander si par cet aspect le film n’a pas vieilli. Les comédiens sont formidables, Bunuel filme Deneuve avec une sensualité inégalée.
Avec ce film je découvre le Bunuel plus récent, français, en couleur. Pourtant rien n’a changé, j’ai tout de suite reconnu la patte du cinéaste. Cette obsession pour les corps, les parties du corps, ici les jambes, les mains, le dos, les cheveux plus particulièrement. La répétition des sons de cloche évoquant la boîte musicale de « Ensayo de un crimen », le personnage qui tombe amoureux de Séverine rappelle un côté El Jaibo dans « Los Olvidados »…etc. Nombreuses sont les évocations, sans oublier évidemment ces images fantasmées, ses métaphores amplifiées comme c’est aussi le cas dans « Le journal d’un curé de campagne ». Et l’histoire, celle d’une femme friquée mais paumée qui pour s’échapper de sa vie conjugale qu’elle trouve morne et routinière se voit entrer dans ces maisons où l’on satisfait les hommes. Séverine, devenue Belle de jour entre 2 et 5, vit dans le fantasme masochiste de la découverte de ses actes par son mari. Le fouet, les insultes, le jet de boue, sont autant d’instants effectifs à son infidélité régulière. Mais tout cela se passe évidemment dans sa tête. Une fois de plus avec Buñuel, c’est un chef d’œuvre.
Un film pendant lequel je ne me suis pas ennuyé une seconde, non pas grâce à de spectaculaires scènes d'action, mais grâce à une formidable Catherine Deneuve Mme Bovary épanouissant ses désirs les plus enfouis dans la prostitution. Michel Piccoli est admirable, Catherine Deneuve joue un de ses meilleurs rôles de femme froide et néanmoins psychologiquement mouvementée. Chapeau Bunuel!