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Christel N.
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4,5
Publiée le 7 mars 2015
Asia Argento est décidément un redoutable génie du cinéma devant et derrière la caméra. Elle dresse le portrait d'une enfance brisée par l'ignorance et la cruauté du monde moderne. Une vision très sombre de la société et des hommes où l'innocence n'a aucune chance. Une critique de la religion, des services sociaux et de la justice. Les images y sont très dures, filmées en plans serrés, alternant scènes de la vie quotidienne et fantasmes cauchemardesques et bibliques : bras coupés qui rappellent Marc 9:43 "Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la ; mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie", Phénix rouge écarlate en référence à Job 29:18 "Je mourrai dans mon nid, et je vivrai aussi longtemps que le phénix",spoiler: pétales déchirés de la "Rose pure, rose d'innocence, rose nouvelle et sans épine, rose épanouie et féconde" pour signifier l'inceste...
"Le livre de Jérémie" est un film subversif et dévastateur, un bijou de réalisation et de prestation des jumeaux Sprouse et d'Asia Argento auquel se joint un casting non moins exceptionnel : Ornella Muti, Michael Pitt, Jeremy Renner, Peter Fonda, Marilyn Manson et Winona Ryder.
La fille de Dario Argento - bon sang ne saurait mentir - nous donne une œuvre fascinante, difficile d’accès où les citations de la Bible foisonnent tout au long de dialogues dont l’apparence est souvent trompeuse. Un film surprenant de la première à la dernière image dont le contenu reste très difficile à analyser. Il me semble en tout cas que l’on peut en dire au moins deux choses : premièrement, l’analyse psychologique tient sacrément le coup (notamment au niveau des rapports plus qu’équivoques entre la mère et le fils) et deuxièmement, on peut en penser ce qu’on veut, mais c’est du sacré cinéma !
Après avoir vu son dernier film ("Incompresa") que j ai trouvé plutôt original, je me suis laissé tenter par la première réalisation de Miss Argento. Malheureusement, c est une déception à tous les niveaux pour moi: L Interprétation tout d abord même si le petit garçon est plutôt attachant, l ensemble n est pas vraiment convaincant voire surjoué.... Mais le plus gênant c est avec la mise en scène que j ai trouvé carrément brouillon: ça va dans tous les sens, l image est vraiment moche... Tout ça dans un scénario qui n est pas des plus convaincants, trop extrême pour rester crédible : Il ne pouvait rien arriver de pire à ce petit! Même si l histoire est plus ou moins tirée d une histoire vraie, j ai trouvé le truc trop exagéré par moments ce qui m a vraiment dérangé pour rester accroché et intéressé par le sort de cette mère irresponsable qui finit par agacer plus que de toucher le spectateur... Bref, je n'ai tout simplement pas aimé le premier film de Miss Argento. Même si je m'attendais à quelque chose d'atypique de sa part, le résultat est un poil trop "grunge"" pour moi mais peut être pas pour vous, il faut tenter!
On craint d’abord le pire, ce qu’il y a de plus glauque et racoleur dans l’évocation des bas fonds trashs de l’Amérique profonde, dans le sillage de tout un cinéma « indépendant« (Clarck, Araki…). En fait c’est bien cela et autre chose de mieux en même temps. On a par moment l’impression que le film pousse sur la caricature jusqu’à la parodie. Mais surtout, au fur et à mesure, il décolle vers quelque chose d’irréel, une sorte de cauchemar initiatique, de conte de fée noir. A la fin on pense aux concepts de la psychanalyste Mélanie Klein sur la mauvaise mère (avec même le « mauvais sein« ou « mauvais lait« . Le personnage de Sarah a l’ambivalence de la mère-sorcière, entre fascination et maléfice. Le film est un peu déséquilibré par le fait que la réalisatrice est en même temps l’interprète (excessive, du fait du personnage même) d’une mère qui, du coup vole un peu trop la vedette. Un film surprenant et intrigant.
Une sacré claque de la part d'Asia Argento dont je suis bien content d'avoir découvert ce passage derrière la caméra! J'avais déjà beaucoup d'admiration pour cette excellente actrice et elle ne m'a pas déçu en adaptant ce roman qui colle parfaitement à ses goûts et ses intentions que je lui portais. Un film dur, glauque et qui fait très mal à la découverte de l'enfance difficile qu'a dû subir cet(te) auteur pour écrire ce drame qui ne doit pas être accessible à tout bon lecteur. Ce qui impressionne d'entrée dans la mise en scène d'Asia, c'est la direction du petit Jimmy Bennett dont l'interprétation est remarquable notamment la scène où il chante les Sex Pistols. Mais tout le reste du casting est excellent et je les félicite vivement d'avoir eu le courage de participer à cette oeuvre car certains n'ont pas hésité à mettre leur image en danger dans certaines scènes assez sordides. La réalisation est impeccable avec pleins de p'tites idées délirantes d'Asia pour illustrer cet univers du sexe et de la drogue avec une BO qui défonce tout. Je n'en dirai pas plus, si vous avez (eu) l'esprit punk vous devriez grandement apprécier cette descente aux enfers, si c'est plutôt l'univers de Disney qui vous électrise, passez votre chemin...
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2,5
Publiée le 23 octobre 2011
Avec "Le livre de Jèrèmie", Asia Argento livre une version trash du roman culte et autobiographique de J.T Leroy! L'actrice-rèalisatrice montre une mère entraînant sa progèniture dans son sillage, jusqu'aux trèfonds de l'enfer, avant de lui exprimer son amour! Une fiction christique pour une distribution chic et choc (Wynona Ryder, Marilyn Manson...). Seul petit hic, Argento en fait un peu trop dans le rôle de cette mère qui se prostitue pour des routiers et une comèdienne comme l'envoûtante Anna Thomson aurait pu changer la donne! On est cependant fascinè par le jeu fulgurant du prometteur Jimmy Bennett et de certaines scènes que l'on reçoit comme un coup aux tripes, au coeur, à l'âme! Une chose est sûre, "Le livre de Jèrèmie" est à ne pas mettre entre toutes les mains, puisqu'on assiste impuissant à une vèritable descente aux enfers pour ce gosse à l'enfance dèchirèe...
Seconde réalisation pour la fille du célèbre réalisateur Italien Dario Argento. Après plusieurs courts-métrages et un premier film en 2000 avec Scarlet Diva, elle adapte à l’écran le roman autobiographique de J.T. Leroy, où elle incarne le premier rôle, celui d’une jeune mère/junkie qui se prostitue sur les aires d'autoroute, avec son enfant de huit ans sous le bras. Tandis que celui-ci doit supporter les frasques de sa mère, sa vulgarité et ses nombreuses nuits interminables, il va devoir aussi faire face aux nombreux maris violents et portés autant sur l’alcool que sur la drogue. Jérémie qui venait de quitter sa famille d’adoption (bien sous tout rapport), se retrouve du jour au lendemain, propulsé dans une vie qui ne lui correspond pas, surtout pour un enfant de son âge. Baignant si jeune dans la luxure (à force de voir sa mère dans de piteux états), entre la vulgarité, la violence et la drogue, Jérémie n’aura au final, pas eu l’enfance rêvée, son enfance ayant été stoppée net lorsqu’il s’est vu attribuer un rôle d’adulte auprès de sa mère, bien avant l’âge et encore si jeune dans sa tête. Asia Argento, une actrice qui aura toujours su marquer sa présence par des rôles assez space ou borderline ne nous déçoit pas ici. Elle réalise une œuvre chaotique et impressionnante, nous laissant perplexe à de nombreux moments. L’avantage même du film, c’est que l’on a le propre point de vue de l’enfant face à nous, durant toute la durée du film, on subit avec lui ses peines et ses douleurs. Les acteurs quand à eux sont sidérants, que ce soit Asia Argento ou Cole & Dylan Sprouse et l’impressionnant Jimmy Bennett (qui à eux trois interprètent Jérémie à différents âges), même chose pour les autres acteurs en second plan, avec Peter Fonda, Ornella Muti, Michael Pitt, Marilyn Manson, Winona Ryder et enfin Ben Foster. Une œuvre psychologique et démentielle, déroutante et dérangeante, passionnante mais violente, bref, Asia Argento confirme ses talents une fois de plus, no comment !
Autant le premier film dAsia Argento, « Scarlet Diva », nous avait laissé sur notre faim car, malgré ses qualités, cétait encore un brouillon post-punk un peu bordélique, autant son second, « Le Livre de Jérémie », est un petit bijou. Asia y est à la fois réalisatrice et actrice principale ; il faut dire quelle possède un véritable corps de cinéma et quil serait dommage de ne pas lutiliser. Dans cette adaptation dun roman de J.T. Leroy, elle sest confiée le rôle dune jeune mère droguée, toxicomane, hystérique et instable qui vient récupérer son jeune fils jusqualors placé dans une famille daccueil. Lenfant, apeuré, na dautre choix que daccompagner cette femme qui le terrorise. Passant dhomme en homme, tous plus dégénérés les uns que les autres, dappartement insalubre en maison délabrée, de coma éthylique à surcharge dhéroïne, elle va faire vivre un enfer à ce gosse qui, après un séjour tout aussi traumatisant chez des grands parents stricts et puritains, va finalement retrouver sa mère et apprendre à laimer, avec toutes les ambiguïtés que ce mot peut contenir, des tentations incestueuses à la destruction romantique. Sur un sujet aussi difficile que celui-ci, la touche à tout Asia Argento sen tire avec brio. Elle réalise un grand film, dans la lignée des grands road-movies 70s à la Monte Hellman, et prouve quelle est bien plus que la fille de son père. Avec une myriade dacteurs saisissants (dont plusieurs guest-stars que les plus mélomanes apprécieront : Lydia Lunch, Marilyn Manson ), une mise en scène brute et pensée, une vision de la société noire au possible, Asia Argento saffiche clairement ici comme lune des cinéastes avec laquelle il va falloir désormais compter ! Et ce nest pas nous qui allons nous en plaindre.
tour à tour poignant, émouvant, glauque, déconcertant, créatif, le dernier film d'ASIA argento s'affirme comme étant un chef d'oeuvre. Réalisation épatante avec parfois un petit côté Lynchien, c'est dire le talent de la réalisatrice, fille du célèbre dario argento. Servi par un casting impressionant, le film est incroyablement dérangeant : a voir absolument... oubliez scarlett diva et allez voir le livre de jérémie très très bon film!
Un film assez touchant sur un enfant, abandonné puis récupéré par sa mère génétique, laquelle est en pleine descente aux enfers. Prostitution, drogues, folie... Elle entraine dans sa chute son fils qui ne va pas être ménagé.
Attention film culte ! Après le délirant et si personnel "Scarlet diva", Asia Argento confirme ici son goût pour un cinéma marginal et totalement underground. Ici, on peut même parler d'un vrai film trash. La preuve : la moitié de la salle est sortie avant la fin. Ce n'est pas un film à mettre devant tous les yeux puisque la furie goth ose tout et dérange forcément. Elle ose montrer un enfant se faire battre, violer et droguer. Mais, au passage, elle dénonce également l'éducation religieuse rigide que reçoivent bon nombre d'américains. Dès lors, on s'étonne moins de trouver au générique du film un certain Marilyn Manson (pourfendeur d'une certaine Amérique puritaine). L'ensemble est bien sûr inégal et bourré de défauts, mais on ne peut pas reprocher à la réalisatrice de ne pas avoir un point de vue sur le monde et sur le cinéma. Elle se range définitivement aux côtés des expérimentateurs fous, au risque de tomber dans la provoc' facile et réalise une oeuvre décalée, qui ne ressemble à rien d'autre qu'à elle-même. Pour amateurs de sordides vomissures et d'hystéries déjantées. On en redemande.
Glauque, choquant, révoltant, Le Livre De Jérémie est une descente aux enfers qui en marquera plus d'un. La mise en scène est sombre au possible, l'impressionnant casting (Foster, Manson, Michael Pitt...) est irréprochable et le propos ne fait à aucun moment fausse route. Une œuvre d'une rare puissance qui nous prouve que Daria argento est bien plus impressionnante derrière la caméra que devant.
Asia Argento est une actrice-réalisatrice ne laissant dans l'ensemble pas indifférent. D'aucuns la jugent prétentieuse au point d'en être insupportable, d'autres comme moi préfèrent se concentrer sur la qualité de ses prestations devant et ici derrière la caméra. Pour son second long-métrage en tant que tel, elle décide de s'attaquer à une enfance déchirée qui est en quelque sorte une manière d'amener différemment le film-trash avec sex, drug and violence puisque cet univers est ici dépeint par les yeux d'un enfant. La miss Argento n'a pas l'air de vivre dans le même monde que nous, c'est en tout cas l'impression qu'elle donne à travers ses créations. Complètement déjanté, son film est avant tout une descente aux enfers inédite à l'impact fort, tantôt émouvant, tantôt assez délirant. J'ai par ailleurs plus qu'apprécié la façon dont il détournait largement les codes aussi bien narratifs que visuels. Narratifs tout d'abord car on ne sait jamais bien où se situent les frontières d'une histoire aux apparences linéaires trompeuses, mélangeant aspirations et réel sans que l'on puisse déterminer précisément de quoi résultent plusieurs scènes troublantes. Les points de vue des personnages ont en outre tendance à quelquefois se confondre en nous déroutant (sans nous larguer) un peu plus. Visuels ensuite parce que si énormément d'effets de style sont utilisés, on ne tombe jamais dans la bêtise "clip" : Argento use avec brio des techniques à sa disposition pour brillamment s'imposer avec une réalisation vive et inventive. L'interprétation est excellente, à commencer par la réalisatrice elle-même qui parvient à jouer avec excès une prostituée-junkie sombrant dans la folie sans jamais rien montrer. Explicite dans les idées, "Le Livre de Jérémie" ne l'est en revanche pas dans ses images et évite la vulgarité lui tendant les bras. Cru c'est certain mais également touchant, ne nous laissant à aucun moment reprendre notre respiration, le tout avec un sens de l'humour dévastateur.
J'avais découvert "Le livre de Jérémie" il y a une dizaine d'années au cinéma et j'en avais gardé un très bon souvenir. Je l'ai revu hier et je n'ai pas changé d'avis. "Film punk" très sombre voire glauque, violent, assez explicite. Il choque. Les acteurs sont excellents, de la belle Asia Argento à Jimmy Bennett (l'enfant) en passant par des artistes assez rares au cinéma comme Marilyn Manson. La BO est très cool. Après le sympathique "Scarlet Diva", Asia Argento nous montre son vrai talent de réalisatrice.