Le seul petit reproche que l'on pourrait faire à ce film serait le côté gnangnan des dialogues entre Amont et Annabella, sinon tout est bon, une musique de Maurice Jaubert bien adaptée, une photographie éblouissante, des dialogues et des répliques d'anthologie (signés Henri Jeanson et non pas Jacques Prévert comme on le croit généralement) Jouvet et Arletty au top niveau, un décor de studio tellement bien reconstitué qu'on se croirait vraiment au bord du canal Saint-Martin. A souligner le rôle incarné par Arletty, celui d'une prostituée de caractère, parfaitement intégrée et ne sombrant jamais dans le misérabilisme convenu. De ce point de vue Jouvet à moins de chance, mais le scénario à l'intelligence d'insister sur l'aspect humain du personnage. Chef d'œuvre !
Malgré des dialogues très bien écrits où les répliques savoureuses fusent (dont le fameux 'atmosphère' d'Arletti), le film s'éparpille trop sur les personnages secondaires. Même si cela ne perturbe pas la cohérence de l'ensemble, cela crée de nombreuses ruptures de rythme. Il est dommage de ne pas avoir resserré l'histoire autour des trois principaux protagonistes, et en particulier des excellents personnages joués par Arletti et Jouvet.
Très écrit ce drame à l'atmosphère de film noir verse dans l'artificialité, instaurant une froide distance avec les personnages malgré une entrée en matière dînatoire intrigante. Tandis que Louis Jouvet incarne parfaitement le flegme désabusé tandis qu'Arletty joue de sa gouaille parisienne dans une atmosphère réaliste, les états d'âmes du couple suicidaire semblent fort théâtraux, ébréchant notre potentiel intérêt au fur et à mesure. Désuet.
Après Drôle de drame et Le Quai des brumes, Marcel Carné offre une fois de plus un classique du cinéma français (le plus impressionnant étant de constater la vitesse à laquelle ceux-ci s’enchainaient et celle qui séparait les fins de tournages de leurs sorties). Adaptant très librement le roman d’Eugène Dabit (dont les parents étaient les propriétaires du véritable Hôtel du Nord), Marcel Carné réunit un casting incroyable (Annabella, Louis Jouvet, Arletty, Paulette Dubost ou encore Bernard Blier) dont le charisme peut arriver parfois à rendre sympathiques des personnages pouvant avoir des comportements détestablesspoiler: (on comprend par exemple que le personnage de Louis Jouvet frappe celui d’Arletty) . Ces grands comédiens réussissent à offrir des performances mémorables en partie car ils doivent jouer des dialogues savoureux signés Henri Jeanson (qui ne connait pas le célèbre "Atmosphère ! Atmosphère ! Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ?"). En outre on apprécie que le scénario de Jean Aurenche et du même Jeanson possède un aspect de film choral qui arrive à présenter la vie à la fois autant sous ses aspects dramatiques que comiques (en grande partie grâce à ses phrases cultes). Ainsi, Hôtel du Nord est un pur plaisir de cinéphile et d’amoureux du cinéma de cette époque (un public plus jeune pouvant trouver le jeu un peu théâtral) qui pourront se régaler du début à la fin (la dernière séquence débutant avec la réplique "Le jour se lève" qui est le titre du film suivant de Carné et se terminant par "Maintenant, c’est fini. – Quoi donc ? – L’Hôtel du Nord").
L’hôtel du nord de Marcel Carné. C’est le dernier grand film français avant la seconde guerre mondiale. Il y a d’immenses d’acteurs et actrices de l’époque, Arletty et Louis Juvet. Mais il y a aussi des jeunes premiers, comme Bernard Blier et François Périer, deux acteurs qui ont débuté avant la guerre. Bernard Blier a vingt deux ans et semble en avoir quarante. Arletty et sa célèbre phrase sur le pont du canal Saint-Martin. Mais il y a tout le reste, cette ambiance de Paris d’avant-guerre. Cette précarité et cette fête perpétuelle. Le Paris facile et insouciante. Il y a aussi l’actrice Annabella, dont toute la finalité du film tient sur ses épaules. C’est un film réfléchit et magnifiquement bien réalisé. Un chef d’œuvre du génie humain. Un film à voir.
"Atmosphère, atmosphère, Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère", réplique célèbre !! "Hotel du nord" de Marcel Carné est sortit en 1938 au cinéma peu avant la seconde guerre mondiale. C'est un film choral ou l'on croise d'excellents comédiens de l'époque comme Louis Jouvet, Annabella, Arletty, Bernard Blier, François Périer ou Jean-Pierre Aumont pour citer les plus célèbres. Ce long métrage a était monter en studio avec de beaux décors et un canal qui flotte à coté de "L'hotel du nord" avec un escalier qui remonte sur le pont, c'est merveilleusement bien écrit et mis en scène et les personnages sont vivants. L'histoire se passe autour de l'hotel et plus ancré sur trois personnages , l'un veut tuer sa copine, prison, la fille tombe bas et se retrouve dans les bras du propriétaire. Un beau film à voir et revoir.
Forcément culte avec sa réplique "Atmosphère, atmosphère est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère" mais le film va bien au-delà avec ses histoire de passions, ses histoire d'amours, ses tragédies, et sa vie de quartier dans les années 30, des dialogues souvent caustiques mais parfois exagérés qui donnent un charme unique et inoubliable à ce film marquant.
Chef-d’œuvre du cinéaste Marcel Carné – et chef-d’œuvre tout court – Hôtel du Nord est l’un des plus grands films français du XXème siècle. Adaptation du roman de l’écrivain prolétarien Eugène Dabit, dont les parents furent un temps gérants du lieu, Hôtel du Nord est un condensé de l’âme et de la gouaille du Paris des années 30. Dans cet hôtel où vivent à la semaine des ouvriers et des petits marginaux, Carné et ses scénaristes Jean Aurenche et Henri Jeanson nous offrent des tranches de vie mythiques, oscillant avec bonheur de la comédie au drame et du drame à la comédie. C’est qu’il faudrait une vie pour raconter tout ce que portent en eux Mme Raymonde, M. Edmond, Pierre, Renée, Prosper, Ginette, Adrien, interprétés par les extraordinaires Arletty, Louis Jouvet, Annabella, Jean-Pierre Aumont, Paulette Dubost, Bernard Blier, François Périer… pour ne citer qu’eux. Au-delà de la réplique culte Atmosphère, atmosphère, est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ? prononcée aux abords du canal Saint-Martin, au-delà de ses dialogues magnifiques et de sa mise en scène superbe, au-delà de sa représentation d’un Paris à la fois révolu et éternel, Hôtel du Nord appartient tout simplement au patrimoine cinématographique mondial.
L'hôtel du Nord est comme une pension de famille; les gens qui y passent semblent s'y fixer en attendant des jours meilleurs ou un nouveau départ qui reste le plus souvent à l'état de velléité. C'est là, au bord du canal Saint-Martin (contre-symbole de la sédentarité), que se noue le drame de Renée et Pierre, jeune couple d'amoureux que le mal de vivre pousse à une vaine tentative de suicide. spoiler: A défaut d'y laisser la vie, Renée travaille désormais dans l'hôtel du Nord.
Le récit de Marcel Carné tourne autour de l'existence de deux couples; l'un est celui des jeunes amants accablés et bientôt désunis, l'autre liant une prostituée et son "homme", plus oisif que proxénète. Et il faut bien dire que le couple de légende formé par Arletty et Jouvet éclipse celui, très romantique et douloureux, composé par Annabella et Jean-Pierre Aumont. Les deux premiers, figures éminemment populaires et parisiennes bénéficiant des dialogues excellents et drôles de Jeanson, sont irrésistibles. Arletty fait un numéro inoubliable , tout en accent et en argot de Paname, et ses scènes de ménage avec Jouvet, relèvent malgré les nuances des deux rôles (et un machisme brutal qui ne passerait plus aujourd'hui) de la comédie. La force de la mise en scène de Carné est de préserver, à côté des deux acteurs charismatiques, l'existence des autres personnages et le fil dramatique de l'histoire. Carné crée l'atmosphère (celle que, précisément, Jouvet dit à Arletty vouloir quitter...) d'un quartier parisien d'un autre temps, d'un autre cinéma.
"Atmosphère, atmosphère, est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ?" Inimitable et indémodable réplique d'Arletty (avec sa voix, comment dire, très stridente !) dans ce film culte des années 30. Mais il n'y a bien évidemment pas que cela à retenir de ce film. Tout d'abord, je dirais que "Hotel du Nord" est une ambiance à part, une ambiance singulière en quelque sorte : tout d'abord familiale (le repas dans le hall de l'hotel), puis criminelle (le couple Annabella-Aumont dans la chambre), puis malsaine (crime loupé, cocufiage) et enfin le triomphe de l'amour et de la vie sur la mort à la fin. Tout est là, Marcel Carné a réunit tous les ingrédients dans un même film. Sa mise en scène et ses dialogues soignés rendent l'ensemble très savoureux. Et le charisme de Louis Jouvet et d'Arletty, sans oublier la magnifique Annabella, apporte un rendu très intelligent et très propre à ce film.
Il ne faut quand même pas omettre que du haut de ses 75 ans, "Hotel du Nord" n'est pas non plus tout jeune et que par moment il a pris un petit coup de vieux. Mais le film se laisse regarder sans que l'on y pense vraiment.
Très marqué par son époque, Hôtel du Nord est rempli de toute la gouaille parisienne des années 30, et d'une galerie de personnages hauts en couleur. Chronique mélancolique d'une désespérance rampante, entre des jeunes amoureux suicidaires et des moins jeunes désabusés, le film est un festival de répliques à la mitraillette, servies notamment par Jouvet et Arletty, et dissèque un milieu où le bonheur semble difficile à obtenir. Le style est évidemment très daté, mais fait quand même son petit effet.
L'un des films les plus notoires de la filmographie de Marcel Carné... Mais curieusement, c'est pas un de ses meilleurs films. C'est un film assez agréable et divertissant, les dialogues sont excellent, l'histoire intéressante et les acteurs tres bien choisis et jouant merveilleusement bien (Et plus particulierement monsieur Louis Jouvet, Arletty et Bernard Blier) ! Cependant, le scenario et l'ambiance en général, sans jamais être lassants, ne sont pas exceptionnels... Un bon film tout de même.
Un monument du cinéma français porté par la grâce d'Annabella et la noirceur de Louis Jouvet. Mais au-delà des simples performances d'acteur (ils sont tous fantastiques !), il y a la poésie de Marcel Carné, cet art de laisser divaguer sa caméra au gré de ses humeurs. Son oeil danse au-dessus des acteurs, une symphonie dramatique qui s'empare peu à peu de ses êtres pour n'être plus qu'à leur tour les notes de cette musique mélodramatique. En prime, les décors et les lumières sont extraordinaires de vérité et de nuances. Que dire enfin du scénario, de ces répliques passées depuis à la postérité, de cette flânerie mélancolique et parfois drôle qui file le long du canal... Magique.
Dans la série je découvre les classiques aujourd’hui: Hôtel du Nord. Et je le dis sans détour : je n’ai pas accroché plus que cela. Les personnages m’ont intéressés de manière vraiment inégal, de plus l’interprétation pour certains fait un peu datée, trop sur jouée, trop expansive. Ce qui m’a intéressé par contre c’est la plongée dans cette ambiance année 30, ces bancs publics, vin rouge et gauloises, une France laborieuse qui s’amuse au bal du 14 juillet, cette gouaille typique symbolisée notamment par Arletty déclamant une des répliques les plus célèbres du cinéma français. Mais si je fait le bilan même si je lui reconnais des qualités ça ne m’a pas touché.
Une belle reconstitution, des dialogues bien sentis et de grands acteurs (Jouvet surtout). Mais Hôtel du Nord, n'est pas pour autant le chef-d'oeuvre auquel je m'attendais. La faute principalement à la platitude de la romance du couple des amants suicidaires.