Avis : Vincent, François, Paul et les autres - Page 5
Vincent, François, Paul et les autres
Note moyenne
3,8
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101 critiques spectateurs
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RitchieGueko
29 abonnés
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4,0
Publiée le 22 mars 2025
Vincent, François, Paul et les Autres est un film de Claude Sautet sorti en 1974. Cette chronique sociale d'un groupe de quinquagénaires dans les années 1970 est saisissante. Sautet a le don de filmer des histoires simples, du quotidien, à hauteur des personnages, ses derniers se révélant d'une richesse et d'une profondeur énormes (la faute à un scénario bien construit par Sautet et Dabadie sur la base d'un roman de Claude Néron). Il s'entoure d'un casting 5 étoiles : les rolls Montand, Piccoli et Reggiani, le presque débutant Depardieu, les magnétiques Stéphane Audran et Marie Dubois etc. Les thèmes sont variés, propres aux tracas de l'existence (la maladie, l'âge avançant, les problèmes d'argent, l'avancée du couple etc.), et sont doublés d'une réflexion intéressante sur la manière d'aborder la cinquantaine dans un monde en perpétuel mouvement (et donc l'idée de se sentir dépassé dans un monde qui avance plus vite que nous). Le seul vrai regret réside dans le déséquilibre dans le traitement des personnages principaux (Paul étant plus en retrait, laissant la place à Depardieu spoiler: dans une scène de boxe d'anthologie ). Ce film mérite son statut de culte, certaines scènes restant dans l'inconscient collectif (spoiler: le repas autour du gigot, la scène de combat de boxe, les retrouvailles au café entre Vincent et son ex-femme etc. ). Un très bon Sautet.
Claude Sautet ausculte la société française des années 70, à travers les mésaventures de trois amis d'enfance à l'orée de la cinquantaine. Il y a là Vincent (Yves Montand), le chef d'entreprise séparé de sa femme et qui connaît des difficultés financières, François (Michel Piccoli), le médecin autrefois idéaliste devenu frustré et colérique, et Paul (Serge Reggiani), écrivain raté qui se console avec la bibine et l'amour maternel que lui porte son épouse. Ces trois-là (tous des acteurs issus de l'immigration italienne, au passage) se retrouvent avec d'autres pour prolonger leurs jeunes années autour d'un bon repas ou d'un week-end à la campagne, voire d'un combat de boxe de leur jeune camarade Jean (Depardieu)... Le film date de 1974, et on constate avec intérêt le parallèle entre la trajectoire déclinante des trois amis (santé, finances, couple...) et celle de la situation de la France, avec la fin des Trente Glorieuses qui s'amorce avec le premier choc pétrolier. Plus ou moins consciemment, Claude Sautet a bien senti l'air du temps et perçu la tournure des évènements. "Vincent, Paul, François et les autres..." ne raconte rien d'autre, se bornant à mettre en scène la vie quotidienne, ses petites joies et ses grandes déceptions. Cette dimension narrative assez mince et diluée, qui ne raconte pas grand-chose, risque de déconcerter une partie du public, mais c'est le principe de ce film, voire du cinéma de Claude Sautet, toujours joliment dialogué par Jean-Loup Dabadie. C'est une œuvre qui fait la part belle aux acteurs, et chacun d'entre eux bénéficie de moments de bravoure (à l'image du combat de Depardieu), à l'inverse du casting féminin, qui ici ne joue que les utilités, à l'instar de Stéphane Audran, simple regard (empreint de tristesse et de tendresse) posé sur les malheurs de son ancien amour Montand. "Vincent, Paul, François et les autres..." restera un film rare, devenu culte pour de nombreux spectateurs l'ayant vu à sa sortie, témoignage d'un époque à jamais révolue.
Ah.. les amis, les amours, les bars, les cigarettes, la pluie, la boue....tous les clichés de Sautet qui constituent un témoignage social de la vie en France dans les seventies.
En 1974, Claude Sautet réalise un film sombre sur les doutes et les déboires de trois amis approchant la cinquantaine. Le fait que le portrait de ces hommes (Yves Montand, Michel Piccoli et Serge Reggiani) soit d’inégale profondeur dans leur traitement, rend le long-métrage un peu poussif. Seul le personnage d’Yves Montand présente véritablement un intérêt. On retiendra également la participation convaincante de Gérard Depardieu. Côté féminin, les actrices restent en retrait à l’exception de Stéphane Audran. Bref, une histoire de mœurs sans grande émotion et au rythme lent.
Claude Sautet avait le chic pour dépeindre avec justesse et simplicité les rapports entre êtres humains. "Vincent, François, Paul et les autres" n'en déroge pas. On prend plaisir à suivre le formidable quatuor d'acteurs que sont Yves Montant, Serge Reggiani, Michel Piccoli et le jeune Gérard Depardieu au gré de leurs déjeuners dominicaux, de leurs prises de bec, de leurs rabibochages, de leurs problèmes, de leurs réflexions ... On sent déjà que la période faste des Trente Glorieuses touche à sa fin et avec elle tout un wagon d'illusions perdues que nos joyeux cinquantenaires prend en pleine face. Mais détrompez-vous, ici pas de voyeurisme malsain. Juste des fragments de vie d'individus lambdas. Comme vous et moi.
Dans la filmographie de Claude Sautet, Vincent, François, Paul... et les autres réalisé en 1974 est le film qui jouit de la plus grande notoriété tant auprès du public que des critiques. Ce constat est probablement lié, en partie, à l’impressionnant casting réuni : Michel Piccoli, Yves Montand, Serge Reggiani, Gérard Depardieu, Stéphane Audran, Marie Dubois… Un film choral excellemment servi par ses acteurs et dont ressort, à nos yeux, l’interprétation sans faille de Michel Piccoli, d’une justesse rare dans de multiples registres. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/2020/05/19/vincent-francois-paul-et-les-autres/
Une brochette d'acteurs formidables (Montand, Piccoli, Reggiani, Depardieu), un réalisateur exceptionnel qui signe ici un de ses plus grands films. Splendide vision de la France des années 70, belle variation sur le thème de l'amitié, la vraie.
6 214 abonnés
18 103 critiques
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3,5
Publiée le 24 décembre 2020
Le cinéaste français Claude Sautet a été salué comme un sociologue important dans l'histoire du cinéma français. La plupart de ses films portent sur la classe moyenne française qu'il a peinte sous ses vraies couleurs. Vincent, François, Paul et les autres est un film important dans sa carrière productive. Il combine des éléments de gaieté avec ceux de la crise de la quarantaine. Le ton général du film est léger avec des moments occasionnels de problèmes qui perturbent le bien-être des protagonistes. Une grande partie de l'espace à l'écran est partagé par ces protagonistes qui trouvent une solution à leurs problèmes personnels notamment ceux liés à l'argent qui a une incidence directe sur la santé, la décision de participer à un match de boxe contre un rival coriace ou la façon de traiter leurs femmes. Comme ces émotions sont montrées dans une perspective purement masculine la présence de personnages féminins n'a pas été fortement développée. Les acteurs Yves Montand, Michel Piccoli, Serge Reggiani et Gérard Depardieu ajoutent une vie supplémentaire dans leurs rôles ce sont des personnes troublées qui n'ont pas du tout peur de révéler leurs véritables sentiments. Enfin il est important d'observer la manière dont chacun comprend que des solutions doivent être trouvées car la vie doit se poursuivre à tout prix...
A la faveur de la rétrospective Sautet proposée par Arte, j’ai vu et revu certains grands films de Sautet. Enfant des années 90, les films de Sautet sont pour moi comme certains films de Pialat : des témoignages du temps (même le titre est 70’s). Non seulement Sautet film les années 70 avec une habileté très française et auteuriste, sans fioriture, mais il propose également des sujets sur le temps qui passe, la vie, l’amour, l’argent. La nostalgie est le premier élément qui marque chez Sautet. Dans Vincent, François, Paul et les autres, Claude Sautet s’attache à dépeindre le portrait de la petite bourgeoisie provinciale. Un médecin généraliste méprisant et sans passion dont le couple se délite, un écrivain qui ne parvient plus à écrire, un jeune boxeur qui peine à croire en lui, et un chef d’entreprise qui souffre de la séparation d’avec sa femme et qui se réjouit de la séparation d’avec son entreprise suite à de gros problèmes d’argent. Sautet peint, semble laisser une grande liberté à son équipe incroyable d’acteurs, et maîtrise un film-fleuve nostalgique et introspectif. On voit affleurer ici et là, la misogynie, la colère, les problèmes et les réconforts, le passé –toujours présent et renforcé par une voix off qui a la même utilité que dans Barry Lyndon de Kubrick- et l’avenir qui se dessine, au milieu de volutes de fumée de cigarette que tous fument allègrement, et c’est là tout le génie de Sautet.
Film d'ambiance (70's) et de génération (50aine) dans lequel excellent les Piccoli, Depardieu, Montant et Reggiani. Mais le scenario manque de brio et de tension dramatique, et la musique (Sarde) apparait étonnement insipide.
C'est magique, cette façon de filmer des êtres mouvants alors que je les perçois comme des portraits photographiques, car presque figés, comme pour peindre des tableaux de tranches de vie, mouvants, et émouvants... Certes le film a vieilli car ça fume vraiment beaucoup, trop, et les rôles de genre et de classe sont bien marqués, caricaturaux à présent, mais l'essentiel est là, sans que j'arrive pourtant à pouvoir le définir! C'est pas l'histoire, ce ne sont pas les acteurs non plus même si ils sont excellents, c'est cette façon de filmer qui me touche, les images, la caméra qui passe au travers des regards ou l'inverse, ou quoi d'autre, ce film qui me traverse et ...le besoin de l’écrire, même mal!
« Vincent, François, Paul… et les autres » est une très bonne comédie dramatique réalisée par Claude Sautet en 1974 avec un casting « 5 étoiles » : Yves Montand, Michel Piccoli, Serge Reggiani, Gérard Depardieu, Marie Dubois et Stéphane Audran. Le film raconte l'histoire d'un groupe 3 amis d'enfance : Vincent (Yves Montand), François (Michel Piccoli) et Paul (Serge Reggiani), tous approchant ou ayant atteint la cinquantaine. Tous les dimanches, ils se retrouvent à la campagne avec d'autres amis, notamment Jean (Gérard Depardieu) un jeune boxeur, pour un rituel d'amitié, de repas et de football. Chacun des 3 amis traverse une mauvaise passe. L'entreprise de Vincent est au bord de la faillite, de plus sa femme Catherine (Stéphane Audran) l'a quitté. Le mariage de François avec Lucie (Marie Dubois) est en déclin et seul l'argent le motive dans son métier de médecin. Paul est un écrivain qui a perdu son inspiration et bloque devant sa page blanche, au contraire de ses 2 autres amis il forme un couple uni avec Julia (Antonella Lualdi). La scène du combat de boxe de Jean est culte ainsi que celle du repas avec la dispute à propos du gigot. La musique de Philippe Sarde donne au film une atmosphère mélancolique et nostalgique comme le voulait Claude Sautet. Jean-Loup Dabadie est toujours à l'écriture du scénario avec Claude Sautet et Claude Néron, l'auteur du roman dont le film est une adaptation.
On peut presque dire qu'il s'agit de l'ancêtre du film "le Coeur des hommes". Beaucoup de similitudes mais il scénario bien différent. Une très bonne comédie à voir.