Vincent, François, Paul et les autres
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Jipis
Jipis

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4,5
Publiée le 5 juin 2012
Le logiciel de la cinquantaine déploie allégrement ses angoisses sur cette bande de copains unis autour d’un gigot dominical à risques devant certains reproches à peine déguisés. Quelques allusions malsaines sur des envolées de jeunesses non exploités dans le temps jettent un froid heureusement temporaire.

Le temps a passé, certains couples à bout de souffle périclitent, d’autres se renforcent, l’argent manque, le monde se transforme. La connection aux projets devient de plus en plus ardue, compliquée, coûteuse. Prospérité et déconfiture se divertissent des humains, l’un va bien, l’autre pas.

Les femmes accusent certains maris distants, protégés, lâches au contact de la déveine de compagnons de toujours. L’adhésion générale se glane uniquement dans la convivialité du jeu improvisé en pleine nature ou de la farce de collégien, ça vole bas mais le courant passe, par contre si l’un des composants exprime timidement ses ennuis financiers, la collectivité déstabilisée se protège en adoptant la politique de l’autruche.

« Les Dettes quand ça arrivent c’est le désert ».

La vie continue avec ses remises en questions, ses optimismes surgonflés afin de conserver son aura sur les autres. Les femmes lassées s’en vont, la solitude extrêmement redoutée draine sur le terrain toutes les combinatoires pour l’éviter. Soudain tout devient flou et l’on s’effondre.

« Tu n’à plus vingt ans, nous n’avons plus vingt ans »

Dans ces conditions il faut regarder transpirer la génération montante sur un ring, l’encourager dans un dynamisme serein, maîtrisé. Ces quelques lucidités n’empêchent pas quelques gamineries forestières basculant dans la joie et l’insouciance quelques corps dans la marre.

La « cuisine « Claude Sautet est ici à son pic avec ses ingrédients de base, des numéros de séductions en trompe l’œil montrant maladroitement à l’autre que l’on existe, la femme se révolte, claque la porte en accusant l’homme de ne penser qu’a lui.

Reproches et encouragements sont distillés dans des endroits conviviaux, bruyants. Chacun montre à l’autre une force de composition, un comportement théâtral basé sur le verbe haut et l’abus du geste. Tout le monde fait semblant de faire semblant.

Un groupe dompte ses amertumes dans le bruit, la cigarette et la bière. Des endroits enfumés de décompression permettant de souffler quelques instants en confiant ses désarrois à une faune plus polie qu’intéressée. On se livre pour rien mais ça soulage.

Claude Sautet filme adroitement l'indifférence, le paradoxe d’un égoïsme indélébile ayant besoin de temps en temps de se tisser temporairement dans un groupe battant à l’unisson. Un potentiel virtuel d'amour à offrir. La conclusion reste encourageante, le groupe malgré ses différences reste soudé.
Julien D

1 337 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 janvier 2014
Les repas hebdomadaires des quatre amis interprétés par Yves Montant, Michel Piccoli, Serge Reggiani et Gérard Depardieu forment la structure d’un film qui traite de bien plus que des hauts et des bas de leur relation. Vincent, François, Paul et les autres est avant tout l’occasion pour Claude Sautet d’observer la classe moyenne des années soixante-dix sous toutes les coutures, donnant autant d’importance aux problèmes de couple de chacun de ses personnages qu’aux tensions que va inéluctablement posé entre eux leurs ennuis d’argent et de travail. Le film de « potes cinquantenaires » devient dès lors une chronique sociale florissante et très juste que la qualité des dialogues et du jeu des acteurs a su, à juste titre, hisser au rang des grands classiques du cinéma hexagonal.
Alain D.

734 abonnés 3 445 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 mars 2016
Cette comédie dramatique de Claude Sautet a obtenu le Prix Jean Cocteau 1974. Le Scénario de Claude Sautet et JL Dabadie nous conte une belle histoire intimiste. Le rythme du film est un peu lent mais le casting est inouï : Yves Montand (dans le rôle de Vincent) nous fait du Montand : tour à tour fantasque et pitoyable, toujours émouvant et romantique. Les actrices aussi sont très brillantes : Marie Dubois dans le rôle de Lucie, la femme de François, et Stéphane Audran qui joue la femme de Vincent.
Le pitch : Vincent a des ennuis : problème de couple : il est en instance de divorce et problèmes de trésorerie dans sa société. Heureusement, Vincent n’est pas seul, il a ses amis : François le docteur joué par Michel Piccoli, Paul l’écrivain interprété par Serge Reggiani et Jean le jeune boxeur incarné par Gérard Depardieu…
Akamaru

3 503 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 décembre 2010
Les amis,les amours,les emmerdes par Claude Sautet.Si tous les films de cet auteur accompli furent des bijous de tranches de vie quotidiennes,"Vincent,François,Paul et les autres"(1974)en fut la quintessence.Sautet livre un portrait convivial et très juste d'une bande d'amis quadragénaires issus de la classe moyenne.Chacun arrive à un tournant de sa vie,et doit faire face à des problèmes personnels,professionnels et même de santé,l'occasion de faire le point et d'opérer un retour aux vraies valeurs,celles impérissables de l'amitié et du partage.La mise en scène,volontairement discrète de Sautet et la composition musicale mélancolique de Philippe Sarde accompagnent subtilement cette chronique vivante et vibrante,qui bénéficie d'un quatuor d'acteurs au diapason.Yves Montand en petit chef industriel,mal remis d'une rupture douloureuse et d'une force mentale évaporée.Michel Piccoli en médecin froidement cynique,qui prend conscience du temps et des occasions perdues.Serge Reggiani en écrivain au syndrome de la page blanche,épicurien et accueillant.Et Gérard Depardieu(presque débutant)en boxeur amateur au comportement impulsif.Les hommes montrés dans toute leur complexité intérieure,au-delà des stéréotypes.Vulnérables,capricieux, faillibles,seulement humains,comme nous...
VodkaMartini
VodkaMartini

63 abonnés 410 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Montand fébrile, dans un café, incapable de formuler ce qu'il veut dire à la femme qu'il aime encore, magnifique Stéphane Audran submergée par l'émotion, pour une des scènes les plus touchantes du cinéma. Sautet, toujours aussi discret et élégant, humaniste non "militant", regarde ses personnages avec tant de tendresse qu'on ne peut s'empecher de le suivre. On s'aime un peu plus les uns les autres grâce à ce grand monsieur.
TTNOUGAT

699 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 février 2015
Un beau document sur une partie de la société française du début des années 70, on y fume beaucoup, on conduit n'importe comment, on commence à négliger ses enfants et on pense de plus en plus à soi-même, les personnages sont presque tous peu sympathiques. Coté Cinéma, c'est moyen sans plus, il y a peu à retenir, Sautet à mis de la distance entre ses personnages masculins et lui même. Les personnages féminins sont traités avec plus de profondeur, les premières contestations apparaissent et surtout les premiers divorces. Ce film a eut à son époque le même succès que ceux qui aujourd'hui montrent au grand public ce qu'il attend. Il n'y a aucune raison de le citer aux cinéphiles, c'est avant tout de la sociologie et du bon journalisme. Yves Montant est carrément insupportable tant il tient un rôle, il est si loin du naturel que cela saute aux yeux, Piccoli ne semble pas aimer le cardiologue qu'il représente et on le comprend, Reggiani et Depardieu sont comme d'habitude : très bons. Une séquence sort de l'ordinaire, c'est le match de boxe qui est celui que j'ai le plus aimé au cinéma. Il est mieux filmé que le reste, Jo Catano le boxeur est impressionnant et Depardieu qui n'est pas doublé combat bien.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 727 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 août 2015
Le divorce,la maladie, les soucis d’argent. La vie quoi. Celle que nous raconte Sautet, c’est celle de tous les jours. Parmi les films de "potes", et avec conjoncture actuelle, on ne retrouve plus ce genre d'autrefois, plutôt pessimiste, presque sans espoir, où la tristesse se fige sur chaque personnage. Assez nostalgique et douloureux.
Hubert Guillaud
Hubert Guillaud

137 abonnés 126 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 juin 2020
Entre bonheur et mélancolie, Sautet raconte un morceau de vie de quelques quinquagénaires, dont les illusions sont en train de passer. Mais surtout, il raconte dans ce portrait d'une époque polyphonique, une amitié océanique, campée par des personnages puissants, attachants et uniques, dont Sautet dévoile les représentations et fait céder l'intimité. Un film empathique et plein d'humanité. Majestueusement banal.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 29 novembre 2014
Sur ma lancée Claude Sautet, "Vincent, François, Paul et les autres" fait partie du cinéma des 70's ancré dans toutes les mémoires de cinéphiles. Comment parler d'un film choral sur la société sans citer "Vincent, François..." ? Au sujet des problèmes de la quarantaine, comment ne pas évoquer les drames de la vie à travers "Vincent, François..." ? Sur les problèmes sociétaux donc, "Vincent, François..." fait ainsi partie d'une culture cinématographique immanquable et incontournable, car rarement ces amours brisées n'ont été superbement mises en scène.
Film ancré dans la mémoire populaire aussi car, succès au box-office français aidant (2,8 millions de spectateurs en 1974), Claude Sautet pointe du doigt les degrés de liberté de la femme (droit de mariage, de libertinage...) et de la politique post soixante-huitarde en général.
Pour toutes ces qualités, "Vincent, François, Paul et les autres" fait office de référence d'un point de vue scénaristique, et de retrouver pour la troisième fois Claude Néron (après "César..." et "Max..." et Dabadie (présent depuis "Les choses de la vie") aux commandes d'une histoire écrite et chapeauté par Sautet lui-même. Le point d'orgue de "Vincent, François..." qui permet à Claude Sautet de se considérer comme étant le raconteur de la société.
Les compères jouant le médecin désavoué (Piccoli), l'industriel dévastateur cloporte (Montand), l'écrivain-journaliste en manque d'inspiration (Reggiani) et le boxeur à moitié perdu (Depardieu) servent, avec une précision radicale, l'atmosphère du scénario brillamment retranscrite par l'esprit de camaraderie qui anime ce film de bout en bout. Une interprétation générale sans faille jamais dominé par un acteur ou une actrice en particulier au cours du film. L'envie de Sautet de jouer sur la carte du sentimentalisme de la société ? Oui et non. D'un côté, on a les acteurs, tous bons, et de l'autre, l'ambiance générale retranscrite par un Sautet qui s’acoquine de ce quatuor d'acteurs pour nous dépeindre cette société grisée. Un peu à la "Max et les ferrailleurs", Sautet nous embarque dans son œuvre empruntée de réalisme mais sans nous convier forcément à ses repas du dimanche. De ce fait, on oscille sans arrêt entre film d'auteur et film de divertissement. Dommage pour Claude Sautet qui atteint ici les sommets d'un film choral maîtrisé à la perfection.
Pour revenir côté casting, nous sommes en plein divertissement, assurément ! On retrouve Yves Montand (dans sa période Costa Gavras : "Z", "L'aveu", "Etat de siège"...), Michel Piccoli (il a joué pour Ferreri dans "La grande bouffe" l'année précédente), Serge Reggiani (remarqué chez Cayatte ("Les amants de Vérone") et Becker père ("Casque d'or")), Gérard Depardieu (il joue la même année dans "Stavisky" et "Les valseuses" : rien que ça !!), Stéphane Audran (gagnant des galons grâce aux "Cousins", elle deviendra Madame Chabrol à la ville), Catherine Allégret (fille d'Yves et mère d'un présentateur fétiche de la première chaîne française, on l'a vue aux côtés de Johnny dans "L'aventure, c'est l'aventure" parmi tant d'autres), Marie Dubois la "Grande vadrouilleuse", Ludmila Mikaël (alors au début de sa carrière) et Antonella Lualdi (elle est consacrée par Claude Autan-Lara dans "Le rouge et le noir"). Du beau monde en quelque sorte.
Toujours à la barre, Philippe Sarde nous compose des partitions languissantes au possible qui ont l'art d'accompagner nos tristes compagnons de route sur la voie de la vie et d'une possible renaissance.
Pour conclure, ce septième long-métrage de Claude Sautet se délecte d'une façon bien particulière, celui de s'ancrer dans le contexte des 70's, à n'en pas douter !. Je reste juste surpris de ne pas avoir reçu la claque à laquelle je m'attendais de la part du metteur en scène de "César et Rosalie". Indéniablement,un immanquable Sautet.
Spectateurs, à vos Marlboro !
chrischambers86

16 164 abonnés 13 120 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 décembre 2025
Mais pourquoi diable ce sentiment gènèral qu'il faisait mieux vivre en France il y a cinquante ans de cela ? Tout simplement parce que le vrai bonheur, c'ètait de savoir apprècier les choses simples et belles! Claude Sautet l'avait bien compris en 1974 parce qu'il remettait en place les valeurs quasi-oublièes de la vie. "Vincent, François, Paul et les autres" s'inscrit donc dans un genre qui l'intèresse particulièrement : la comèdie dramatique chaleureuse et intimiste! Et quand Sautet donne la parole aux hommes, cela donne une radiographie absolument parfaite de la sociètè des seventies! Sa gènèrositè, sa chaleur humaine et la densitè psychologique de ses personnages font mouche à chaque sèquence! Yves Montand, Michel Piccoli, Serge Regianni et Gèrard Depardieu forment quant à eux un quatuor d'acteurs d'exception, rendant avec brio le moindre de ses sautes d'humeur! Venez jouer une partie de foot et mangez une cuisine gourmande en leur compagnie, la merveilleuse musique de Philippe Sarde s'occupe du reste entre èclats de rire, crise de nerfs (le gigot s'en souvient encore), espoirs et dèsillusions...
this is my movies

822 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 décembre 2016
Film référence d'une génération et régulièrement cité en exemple par les cinéphiles. On comprend assez vite pourquoi d'ailleurs. En plus d'un casting plus que brillant, nous avons là un film qui traite de thèmes universels (ce qui lui a permis de bien traverser l'épreuve du temps) au milieu d'un scénario assez brillant et parfaitement mené. Derrière la caméra, C. Sautet dirige à la perfection ses "cracks", monstres de cinéma parfaitement canalisés (la sérénité de Sautet se sent vraiment, elle enveloppe complètement le film). Tous livrent de magnifiques prestations, aidés par des dialogues bien construits et par des scènes qui distillent une émotion subtile. Je regrette tout de fois une image assez laide (le temps a fait son oeuvre à ce niveau là), un scénario qui ne s'attache qu'à un seul personnage par moments (Vincent, dommage pour un film choral), une voix off surgit de nul part au milieu du film, le personnage de M. Piccoli qui ne m'a provoqué aucune sympathie et l'on peut voir ce film comme une pub d'1h 55 pour les cigarettes (elles sont de quasiment tous les plans). La mise en scène de Sautet se distingue notamment lors d'un match de boxe tendu, violent et assez virtuose ou lors de ses fameuses scènes de bistrot (avec un arrière-plan très vivant et réaliste). A voir absolument. D'autres critiques sur
Marc G
Marc G

4 abonnés 126 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 novembre 2013
Film typique des années 70s , surement un des films les plus réaliste de Claude Sautet même si je suis loin de les avoir tous vu... c'est presque un docufiction...il n'y a pas de moment impressionnant dans ce film...on essaye pas "d'en montrer" ...c'est le contraire du cinéma show...ce n'est pas du cinéma "qui en jette" quoi...même si ça n'empêche pas la presque panique ou la moutarde de monter à certains personnages (Montand & Piccoli).

On peut voir ce film presque comme un document sur une époque , les relations hommes-femmes, les anciens idéaux abandonné avec l'âge, le milieu économique et les premiers relents de la crise pétrolière de fin 1973...on sent bien dans ce film là que les "30 glorieuses" sont entrain de se terminer en queue de poisson...des temps plus difficiles s'annoncent déjà ...et une certaine nostalgie habite bon nombres des personnages... ils croyaient leur vie écrite déjà sur du papier à musique...mais c'était sans compter sur les imprévus de la vie...une plus grande liberté féminine affaiblis déjà les assises du trône du mâle...IL devient moins sur de qui il est...

Mais tant bien que mal la vie doit continuer, ici ou ailleurs, c'est un film touchant , parce qu'on a l'impression que Sautet y filme la France de l'époque, il ne filme pas des "stars", il filme la vraie vie et des vraies gens lambda...ou presque...c'est un film qui fait honneur aux citoyens, comme un cadeau qui leurs est fait sans fanfare...
totoro35
totoro35

122 abonnés 1 787 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 31 mai 2010
Un film typique de Sautet: très épuré, axé sur le quotidien (presque) ordinaire de personnages ordinaires et joué avec naturel par un casting royal. En gros, on aime ou pas, perso c'est pas trop ma came.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 336 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 août 2015
"Vincent, François, Paul et les autres" symbolise sans doute le mieux aujourd'hui ce qui fait réputation du cinéma de Claude Sautet. La difficulté d'être un homme dans une société construite par et pour lui mais qui imperceptiblement vacille sur ses bases sous les coups de boutoirs de la révolution féministe . Voilà sans doute ce qu'exprime le mieux les films de Sautet des "Choses de la vie" à "Une histoire simple". S'agrègent autour de cette thématique centrale, l'amitié virile, la peur du temps qui passe, la crise économique durable qui guette, le doute sur l'idéal bourgeois matérialiste de l'après guerre et la difficulté de vivre en couple. Certains films de cette période féconde comme "Max et les ferrailleurs" (1971) ou "Mado" (1976) s'appuient sur une trame empruntée au film de genre édifiant une colonne vertébrale rassurante au scénario. Rien de tout cela dans "Vincent, François, Paul et les autres" sorte de travail d'équilibriste bâti sur la chronique toute simple de la vie d'un petit groupe d'amis constitué par les trois prénoms du titre du film au sein duquel de manière un peu utopique les plus jeunes et les moins fortunés trouvent leur place. La cinquantaine est l'heure des bilans et des interrogations sur la suite à donner à une vie dont immanquablement le rayon d'action va se réduire. Les trois amis n'abordent pas la période au mieux de leur forme. spoiler: Vincent (Yves Montand), industriel charismatique et hâbleur qui refuse de vieillir s'affiche au bras d'une très jeune femme (Ludmilla Mikaël) et voit les difficultés financières de son entreprise assombrir la verve et l'assurance qui faisaient l'admiration du groupe. Paul (Serge Reggiani), écrivain en panne d'inspiration, soutenu sans faille par son épouse (Antonella Lualdi) semble avoir renoncé à toute possibilité de se réinventer. François (Michel Piccoli), riche médecin d'une clientèle huppée a le sentiment diffus d'avoir trahi depuis trop longtemps ses idéaux politiques de jeunesse qui lui faisait rêver d'ouvrir des dispensaires en banlieue. Il tente de cacher son trouble en écrasant les autres de sa supériorité
. Dans cette période morose, l'amitié est tout ce qui leur reste. Malgré les mises à l'épreuve parfois brutales qu'elle va subir en raison du mal-être de chacun, elle permettra à ces trois mousquetaires de rester unis et de garder la tête hors de l'eau. La fidélité en amitié plus souvent fantasmée que réelle était le crédo de Claude Sautet dont les emportements légendaires étaient à la hauteur des déceptions ressenties à chaque coup de canif supposé dans le contrat. Fortement égocentriques, les hommes de Sautet se rachètent par leur fragilité qui les amène souvent à s'en remettre aux femmes bien plus fortes et équilibrées que ces grands enfants qui croient trop longtemps qu'ils vont pouvoir prolonger indéfiniment leur adolescence, l'épouse compréhensive remplaçant docilement la mère aimante. A ce sujet la scène entre Paul et son ex femme (Stéphan Audran) alors qu'il est au fond du trou est particulièrement éclairante. Comme Robert Altman qu'il admirait, Sautet aime diriger les scènes de groupes en mouvement où l'attention doit être portée sur le moindre détail qui pourrait fait jouer faux l'orchestre. Tel Karajan ou Furtwängler à la tête de leur philarmonique, Sautet dirige en virtuose l'ensemble de ses acteurs, des premiers violons aux remarquables solistes que sont Piccoli, Montand et Reggiani tous les trois au sommet de leur art. Sautet ne pouvait sans doute pas aller beaucoup plus loin dans cette quête de "saisir sur le vif la vie des hommes quarantenaires". Juste après "Mado" (1976) il offrira à Romy Schneider son film de femmes puis entamera avec "Un mauvais fils" (1980) son cycle consacré à l'incommunicabilité entre les êtres, autre particularité humaine qui le fascinait. Chaque nouvelle vision de "Vincent, François, Paul et les autres" apporte son lot de surprises et la joie renouvelée de voir tous ses acteurs se renvoyer la balle comme dans la vie . A ce jeu là, le tout jeune Depardieu à peine sorti des "Valseuses" (Bertrand Blier en 1973) montre qu'il n'est pas manchot, on connait la suite.
cylon86

2 833 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 septembre 2011
Claude Sautet, fin observateur de la société de son époque, livre ici un portrait subtil de la classe moyenne des années 70 en mettant en scènes ces amis, leurs amours et leurs emmerdes. Le jeu des acteurs est très fin, tout est dans les regards, les gestes, les non-dits et on peut percevoir le désespoir d'Yves Montand ou la solitude de Michel Piccoli. Sautet sait décidément bien filmer ces petites choses qui font la vie.
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