Avis : Vincent, François, Paul et les autres - Page 6
Vincent, François, Paul et les autres
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CrystalEagle
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2,5
Publiée le 31 août 2026
Il y a ce moment où la vie s'arrête et présente l'addition. Vincent liquide son couple et son entreprise, François ses idéaux de médecin devenu cynique, Paul cette plume qui ne vient plus. On pourrait croire à une crise intime, façon film choral sur la quarantaine qui déraille. Sauf que Sautet vise plus large : toute une génération change de régime. On est en 1974, le premier choc pétrolier vient à peine de refermer les Trente Glorieuses, et ça transpire dans chaque geste, chaque silence gêné autour d'une table. Ce qui frappe surtout, c'est que sous ces postures viriles, ce sont les femmes qui tiennent le film debout. Leur présence (ou leur absence) renvoie sans cesse ces hommes à leur propre lâcheté. Il y a aussi, en creux, tout l'après-68 : ces femmes désormais libres de choisir l'engagement ou l'indépendance sentimentale, qui mettent ces types, sans le vouloir, face à leur immobilisme. Sautet ne les juge pourtant jamais. Il filme leur générosité entre eux, leur faiblesse avec elles, avec la même tendresse. Un peu comme un ami qui refuserait de trancher.
Là où ça coince un peu, c'est le scénario. Presque désossé par moments, comme si le film hésitait sur l'enjeu réel de cette amitié. Le rythme traîne, la voix off tombe parfois sans prévenir (on se demande d'où elle sort), et j'avoue avoir retrouvé, avec une pointe de lassitude, un Sautet assez identique à lui-même. En revanche à l'image, aucune esbroufe. Pas de plan-signature, pas de démonstration : juste une caméra qui observe et laisse les silences parler plus fort que les dialogues. Une sobriété qui sonne juste, même si sur la longueur elle finit par user un peu la patience.
Le casting, lui, ne faiblit jamais. Piccoli est d'une justesse presque douloureuse en médecin vidé de ses idéaux. Reggiani sauve à lui seul un rôle sous-écrit, rien qu'avec son magnétisme. Montand, dans la dernière partie, est carrément éblouissant : un homme qui se raccroche à un sourire auquel plus personne ne croit, lui le premier. Et puis il y a Depardieu. Encore inconnu du grand public à l'époque, et qui crève déjà l'écran face à ces monstres sacrés, avec ce mélange de force et de fragilité qui deviendra sa signature. Seul vrai regret : ces femmes belles, intelligentes, magnétiques, restent en surface. Jamais creusées comme le sont leurs hommes, un angle mort d'époque plus qu'un choix de mise en scène je pense. Au final le film ressemble beaucoup à ses personnages : fatigué, un peu englouti, mais tenu debout par l'amitié qui les unit.
Film d'atmosphère et de dialogues. Il ne passe au final pas grand chose même si on s'attache peu à peu aux personnages. Esthétique impeccable, acteurs magnétiques. Mais le film manque d'ampleur et de mordant. Le rôle de certains personnages est difficile à cerner (l'écrivain par exemple). A peine 2 ans plus tard, un éléphant ca trompe donnera un rythme plus soutenu à un film similaire de copains. Il y perdra cependant en romantisme.
Vincent, François, Paul et les autres se sont adaptés à vivre avec leur temps, avec leur société, alors Sautet s'adapte à eux et capte ce que peu de cinéastes ont su déceler avec magie: les gestes, les non-dits, les regards et les silences entre les êtres. Puis chez Sautet, il y a ces fabuleuses scènes de nuits dans la voiture, scènes de l'ombre, scènes de l'instant d'après, ces genres de moments où à deux dans une voiture on livre la vérité, où l'on ne peut se mentir dans la pénombre car c'est bien connu la nuit tombée, on arrête de faire semblant. Ces scènes magistrales hantent le cinéma de Sautet, de Vincent, François, Paul et les autres au magnifique César et Rosalie, elles sont présentes et épatantes de sincérité. Les phares des voitures d'en face venant éclairer les personnages crée par le cinéaste. Claude Sautet excelle dans les hautes sphères du réalisme sociale. Portrait à la fois doux et amer d'un société française sous l'ère Pompidou. Tableau tout en finesse des êtres façonnés par cette société de consommation. Oeuvre majestueuse par son humanisme et sa capacité à intéragir sur la propre vie du spectateur, le cinéma de Claude Sautet constitue une pièce majeure du cinéma français, qui n'est pas prête de perdre de sa valeur.
Même si les images , la photo et les scènes de boxe sont dépassées, il n'en reste pas moins que ce film est le testament d'une époque.Un summum du 7ème art à la française. Pas de forfanterie ici, ni de superflu mais le mot juste, le geste juste. Une direction d'acteurs inégalée dont Claude Sautet sait tirer la quintessence. Un cinéaste qui sait nous parler des choses de la vie avec pudeur et sensibilité pour toucher ce qu'il y a de plus profond en nous.
THE film chorale par excellence. Souvent imité, jamais égalé. Et puis la colére de Piccoli le jour du gigot à la campagne! L'amitié, la vie, l'amour, la magie d'un cinéma disparu...
Alors, je dois l’admettre : j’ai été positivement surprise par ”Vincent, François, Paul et les autres”. On part pourtant d’un scénario ultra simple: une bande d’amis, leurs galères du quotidien, et la façon dont ils s’en sortent (ou pas). Pourtant, on s’attache rapidement à ces personnages et à leurs histoires. Le film s’inscrit dans la même veine que «Les Petits Mouchoirs», mais avec plus d’authenticité. Ici, les enjeux sont plus tangibles, les émotions plus palpables, et l’ensemble gagne en crédibilité. Les acteurs, tous excellents, donnent vie à des personnages profondément humains, avec leurs forces et leurs faiblesses. En somme, ”Vincent, François, Paul et les autres” est un portrait touchant et réaliste de la vie adulte, avec ses joies, ses doutes et ses petits bonheurs.
Le film qu'aurait dû voir Guillaume Canet avant de réaliser "les petits mouchoirs". Le meilleur Sautet avec "les choses de la vie". Plein de cette tendresse pour les hommes et leurs compagnes, amantes, maitresses et ex... Serge Reggiani y est bouleversant, Piccoli en animal blessé par les femmes devient presque beau, Yves Montand laisse percer ses failles et ses petitesses tandis que Depardieu dans un de ses premiers rôles impose son calme simple et minéral... Une musique, un ton, des hommes qui fument, qui crient, qui rient dans des cafés tabagiques alors que la pluie brouille l'image de cette société pompidollienne, voilà le cinéma de Sautet. Du pointillisme pur, des touches de couleur par ci par là pour donner une fois achevée une peinture figurative de quadras, quinquas au bord de l'amitié et des larmes... Beau et bon à la fois...
Déjà 40 ans... Claude Sautet avait déjà pressenti la fin des années d'insouciance, des 30 glorieuses sans chômage et j'avais 23 ans... Film mélancolique et nostalgique sur le temps qui passe, les illusions qui s'effilochent et les femmes qui s'en vont... Un chef-d'oeuvre
On revoit avec délectation cette comédie humaine des années 70. On apprécie ses personnages, leurs amitiés, leurs failles, leurs déconvenues. Une fresque réussie.
Film culte/ Sautet/ Des hommes si beaux et si éloignés des standards d'aujourd'hui: Depardieu bien sur, mais aussi quoique plus vieux Piccoli et Montant / et cette scène avec cette tirade de Reggiani constituant son plus haut fait d'arme d'acteur/ et surtout Piccoli, ah Piccoli : "non, mais je ne vais pas entendre des conneries toute ma vie…. recevoir des leçons imbéciles jusqu'à la fin des temps….. écouter un écrivain qui n'écrit rien..; un boxeur qui ne veut pas boxer… des bonnes femmes qui couchent avec n'importe quoi…"
un chef d'oeuvre au casting magique genialissime Montand et Reggiani, il n'y a rien a jeter dans ce film, j'envie les specttaeurs qui le decouvrirons pour le 1ere fois. Sautet au sommet de son art
Chronique sociale de 1974 qui sonne juste, mais je n'ai pas été non plus totalement emballé – en tout cas pas autant que l’enthousiasme général qui enture ce film de Claude Sautet, bien accueilli à sa sortie en salles : 2,4 millions d’entrées et une bonne critique jusqu’à aujourd’hui encore. Scénario plutôt sympa et fin : du Sautet. Acteurs bons, belle représentation sociale post-soixante huitarde avec ses questions de fond sur la réussite dans la vie, et un beau jeu de rôles croisés, entre Montand, Piccoli, Reggiani et Depardieu, l’apparence sociale, la libération des femmes, la liberté au sein du couple, etc. Mais je reste sur ma fin avec une impression de ‘manque d’amplitude’, de rythme dans la réalisation, mis à part ce beau match de boxe, qui enfin nous accroche mais presqu’en marge de cette fresque par ailleurs bien sympa. 3/5
C'est du claude sautet. Une chronique de la vie. Cette fois d'une bande d'ami de la cinquantaine qui leur arrive les malheur comme on peut en avoir. Problème de travail, probléme de couple. Le film est très contemplatif, il y a pas vraiment de ligne avec un scénario a rebondissement.
Un chef d’œuvre bien français un symbole pour tout ceux qui veulent passer de bons week end entre amis à la campagne oublier le quotidien. Et quand celui ci le rattrape on fume on boit on invite les copains et on est des êtres humains (pas comme dans les films américains ou le tabac à disparu pour faire place à de nouveau héros qui picolent comme des trous ) en gros un film typiquement français ou la vie était tellement belle avant sans oublier les malheurs humains bref un pur chef doeuvre