"Vincent, François, Paul et les autres" est un vrai film sur l'amitié; il est bien au dessus des autres que l'on peut voir depuis quelques années sur le même thème, et rempli de sincérité, d'émotions, avec ses joies et ses peines. Un film brillamment réalisé par Claude Sautet qui réunit ici une pléiade d'acteurs: Piccoli, Montand, Reggiani, Allégret, Depardieu, ... Une ode à l'amitié avec en fond le charme des années 70.
Déjà 40 ans... Claude Sautet avait déjà pressenti la fin des années d'insouciance, des 30 glorieuses sans chômage et j'avais 23 ans... Film mélancolique et nostalgique sur le temps qui passe, les illusions qui s'effilochent et les femmes qui s'en vont... Un chef-d'oeuvre
Les repas hebdomadaires des quatre amis interprétés par Yves Montant, Michel Piccoli, Serge Reggiani et Gérard Depardieu forment la structure d’un film qui traite de bien plus que des hauts et des bas de leur relation. Vincent, François, Paul et les autres est avant tout l’occasion pour Claude Sautet d’observer la classe moyenne des années soixante-dix sous toutes les coutures, donnant autant d’importance aux problèmes de couple de chacun de ses personnages qu’aux tensions que va inéluctablement posé entre eux leurs ennuis d’argent et de travail. Le film de « potes cinquantenaires » devient dès lors une chronique sociale florissante et très juste que la qualité des dialogues et du jeu des acteurs a su, à juste titre, hisser au rang des grands classiques du cinéma hexagonal.
Avec ce portrait d’un groupe d’amis quarantenaires sujet à des peines professionnelles ou de cœur, qui déteignent sur l’ensemble du groupe, Sautet réalise une chronique douce-amère et dresse une belle photographie de la bourgeoisie des années 70.
Film typique des années 70s , surement un des films les plus réaliste de Claude Sautet même si je suis loin de les avoir tous vu... c'est presque un docufiction...il n'y a pas de moment impressionnant dans ce film...on essaye pas "d'en montrer" ...c'est le contraire du cinéma show...ce n'est pas du cinéma "qui en jette" quoi...même si ça n'empêche pas la presque panique ou la moutarde de monter à certains personnages (Montand & Piccoli).
On peut voir ce film presque comme un document sur une époque , les relations hommes-femmes, les anciens idéaux abandonné avec l'âge, le milieu économique et les premiers relents de la crise pétrolière de fin 1973...on sent bien dans ce film là que les "30 glorieuses" sont entrain de se terminer en queue de poisson...des temps plus difficiles s'annoncent déjà ...et une certaine nostalgie habite bon nombres des personnages... ils croyaient leur vie écrite déjà sur du papier à musique...mais c'était sans compter sur les imprévus de la vie...une plus grande liberté féminine affaiblis déjà les assises du trône du mâle...IL devient moins sur de qui il est...
Mais tant bien que mal la vie doit continuer, ici ou ailleurs, c'est un film touchant , parce qu'on a l'impression que Sautet y filme la France de l'époque, il ne filme pas des "stars", il filme la vraie vie et des vraies gens lambda...ou presque...c'est un film qui fait honneur aux citoyens, comme un cadeau qui leurs est fait sans fanfare...
Claude Sautet est avant tout un cinéaste d'acteurs et ceux-ci sont une véritable famille. "Vincent, François, Paul et les autres" sorti en 1974 en représente la meilleure preuve, peut-être le plus grand film français sur l'amitié. Dans cet opus comme dans les autres en effet ce n'est pas la mise en scène qui prime. La caméra n'est que très rarement maîtresse du jeu. On relève à peine un plan très touchant où Yves Montand dans la tourmente voit tous ses amis se refléter dans la baie vitrée du bâtiment. Ce qui en revanche explose l'écran dans "Vincent, François, Paul et les autres" est ce quatuor de prestige composé de Montand, Piccoli, Reggiani et Depardieu. Certes quelques longueurs sont présentes dans le film mais le spectateur retrouve aussitôt un regain d'intérêt lorsque les quatre amis rient, s’engueulent et exposent leurs déboires financiers ou sentimentaux. Là où Sautet filme la vie, tout simplement.
Le film est porté par ses acteurs, mais le scénario est sans intérêt, à part de montrer qu'en 1974 un cardiologue recevais ses patients la clope au bec. Sautet a fait bien mieux.
Dans les mains d'autres réalisateurs ça marche pas l'histoire des bandes de copains mais là j'avoue avoir été emporté par cette histoire, on est avec eux, avec leurs joies et peines. Il faut dire aussi que les acteurs sont excellents que ça soit Montand, Piccoli, Depardieu ou Reggiani. Sautet arrive à peindre les situations les plus réalistes possibles et on doit avouer que les portraits sont bien tracés sans aller dans le voyeurisme. Maintenant ça ne va pas plus loin.
Le logiciel de la cinquantaine déploie allégrement ses angoisses sur cette bande de copains unis autour d’un gigot dominical à risques devant certains reproches à peine déguisés. Quelques allusions malsaines sur des envolées de jeunesses non exploités dans le temps jettent un froid heureusement temporaire.
Le temps a passé, certains couples à bout de souffle périclitent, d’autres se renforcent, l’argent manque, le monde se transforme. La connection aux projets devient de plus en plus ardue, compliquée, coûteuse. Prospérité et déconfiture se divertissent des humains, l’un va bien, l’autre pas.
Les femmes accusent certains maris distants, protégés, lâches au contact de la déveine de compagnons de toujours. L’adhésion générale se glane uniquement dans la convivialité du jeu improvisé en pleine nature ou de la farce de collégien, ça vole bas mais le courant passe, par contre si l’un des composants exprime timidement ses ennuis financiers, la collectivité déstabilisée se protège en adoptant la politique de l’autruche.
« Les Dettes quand ça arrivent c’est le désert ».
La vie continue avec ses remises en questions, ses optimismes surgonflés afin de conserver son aura sur les autres. Les femmes lassées s’en vont, la solitude extrêmement redoutée draine sur le terrain toutes les combinatoires pour l’éviter. Soudain tout devient flou et l’on s’effondre.
« Tu n’à plus vingt ans, nous n’avons plus vingt ans »
Dans ces conditions il faut regarder transpirer la génération montante sur un ring, l’encourager dans un dynamisme serein, maîtrisé. Ces quelques lucidités n’empêchent pas quelques gamineries forestières basculant dans la joie et l’insouciance quelques corps dans la marre.
La « cuisine « Claude Sautet est ici à son pic avec ses ingrédients de base, des numéros de séductions en trompe l’œil montrant maladroitement à l’autre que l’on existe, la femme se révolte, claque la porte en accusant l’homme de ne penser qu’a lui.
Reproches et encouragements sont distillés dans des endroits conviviaux, bruyants. Chacun montre à l’autre une force de composition, un comportement théâtral basé sur le verbe haut et l’abus du geste. Tout le monde fait semblant de faire semblant.
Un groupe dompte ses amertumes dans le bruit, la cigarette et la bière. Des endroits enfumés de décompression permettant de souffler quelques instants en confiant ses désarrois à une faune plus polie qu’intéressée. On se livre pour rien mais ça soulage.
Claude Sautet filme adroitement l'indifférence, le paradoxe d’un égoïsme indélébile ayant besoin de temps en temps de se tisser temporairement dans un groupe battant à l’unisson. Un potentiel virtuel d'amour à offrir. La conclusion reste encourageante, le groupe malgré ses différences reste soudé.
un chef d'oeuvre au casting magique genialissime Montand et Reggiani, il n'y a rien a jeter dans ce film, j'envie les specttaeurs qui le decouvrirons pour le 1ere fois. Sautet au sommet de son art
Claude Sautet, fin observateur de la société de son époque, livre ici un portrait subtil de la classe moyenne des années 70 en mettant en scènes ces amis, leurs amours et leurs emmerdes. Le jeu des acteurs est très fin, tout est dans les regards, les gestes, les non-dits et on peut percevoir le désespoir d'Yves Montand ou la solitude de Michel Piccoli. Sautet sait décidément bien filmer ces petites choses qui font la vie.
On revoit avec délectation cette comédie humaine des années 70. On apprécie ses personnages, leurs amitiés, leurs failles, leurs déconvenues. Une fresque réussie.
On suit une bande de copains dans leurs histoires sentimentales jusqu’à un dénouement que l’on attend plus dramatique encore. Ce film de Claude Sautet réuni la plus belle brochette des acteurs de l’époque : Reggiani, Depardieu, Ardant, Piccoli, Montand,… Le tout donne un film bien interprété mais qui 35 ans plus tard fait un peu chronique de mœurs datée. Dieu que çà a mal vieilli. Ces histoires de cœur, d’affaires et d’amitié suscite en fait que très peu d’émotion ; seul le duo Montant-Ardant marche à merveille. On peut laisser tomber ce Sautet et en voir plutôt d’autres.