La quête d'un pourri qui se souvient qu'il a été pianiste. Film qui, comme tout le temps chez Audiard, se caractérise par une incroyable maîtrise du tempo et par la performance magistrale de Romain Duris. César bien mérité du meilleur film en 2006.
Passons sur le titre qui est un des plus pompeusement cons qu'on ait jamais donné à un film... Alors de Jacques Audiard, j'avais beaucoup aimé "Un Prophète" mais par contre j'avais pas été du tout emballé par "Sur mes lèvres" ; pour "De Battre mon coeur s'est arrêté" (décidément j'ai du mal avec ce titre !!!) c'est hélàs un peu pareil que pour "Sur mes lèvres" (reste à savoir bientôt "De rouille et d'os" sera le digne successeur d'"Un Prophète" ou alors un film plutôt médiocre comme les deux autres cités !!!). Alors l'interprétation de Romain Duris arrive à être juste, nous faisant pleinement ressentir la rage rentrée qui explose souvent de son personnage. Audiard veut faire dans le dialogue percutant, dans les situations brutes, dans l'imprévisible, OK ce sont de très bonnes choses. Mais il oublie en route de creuser les rebondissements traiter totalement par-dessus la jambe et surtout certains de ses personnages en particulier ceux qui sont féminins (qu'est que fout Emmanuelle Devos dans ce film ???), et tombe au final dans un certain simplisme : oh le protagoniste couche avec la femme d'un de ses collègues, c'est pas bien, oh le protagoniste a finalement une relation avec sa professeure de piano qui sait quand être douce quand être autoritaire, c'est très bien. Et puis essayez de nous faire croire que la musique suffit à changer entièrement un homme, non mais franchement. Pendant plusieurs années (on peut se réjouir que cela ne soit pas le cas pour les trois dernières !!!), la tradition des Césars semblait être de récompenser que des mauvais films ; avec "De Battre mon coeur s'est arrêté" elle avait été respectée.
Lors de la sortie de ce film, j'ai quitté la salle au bout d'une demi heure. J'ai essayé de le revoir à la télévision: impossible!J'ai passé mon temps à zapper pour de pas bouillir d'agacement. En littérature, les critiques attachent beucoup d'importance au style et peu à l'histoire.Logique: c'est le style qui fait l'oeuvre d'art. En matière cinématographique, je me demande si les critiques savent ce que c'est qu'un style cinématographique, s'ils ont une fois dans leur vie tenu une caméra, réalisé un montage, étudié un plan séquence. Dans "de battre" tout est baclé: les prises de vue avec une caméra tremblotante à l'excés, les éclairages dégueulasses, les couleurs glauques, les dialogues pleins de grossiéretés convenues, un montage à l'esbrouffe. Quant au scénario, il ne sauve même pas l'oeuvre tant l'histoire reste invraissemble et le jeu des acteurs approximatifs (diction inaudible, jeu chargé, mimique à la limite du risible). Quand je pense le peu de cas qu'une majorité de critiques font du genie de J.P.Melville (je pense entre autre au méchant traitement que lui réserve G.Sadoul) je me dis qu'il nous reste encore beaucoup à apprendre d'un art pourtant inventé par des Français (Lumière, Méliés, Gance, Linder)et qu'aujourd'hui les autres nations exploitent bien mieux: les Américains quand ils sont inspirés comme J.Burton, Ivory, Scorsese, les russes comme P.Lounguine (allez vite voir "l'île",un chef d'oeuvre!), les Iraniens (Kiarostami) les chinois (Chen Kaige), les Coréens, les Japonais tj présents, et tant d'autres.
Un film nerveux, magistralement interprété. Le cinéma d'Audiard est par nature aride mais ici il est habité d'une force et d'un souflle intense. Un grand film.
De battre mon cœur s'est arrêté, rien que le titre est somptueux. Après plusieurs années sans revoir les films de ce metteur en scène je décide de me faire un cycle Audiard ( dans le désordre ) et celui-ci est le troisième de la liste après Un Prophète et De Rouille et d'Os. J'ai toujours du mal à réalisé que le dernier visionnage de celui-ci remonte à il y'a près de quatre ans. Je suis encore plus stupéfait que ce film souffle sa dixième bougie cette année ... Dès la première scène je suis dedans, ce qui m'avais échappé me parait clair, ce " dialogue " entre Thomas ( Duris ) et Sami ( Cohen ) m'a scotché devant tant de beauté, les notes de musique rende plus que service à ce moment divin. Cette séquence n'est que le hors d'oeuvre, le prémisse du parcours de Thomas dans sa quête de rédemption, pour son humanité, pour changer de vie tout simplement ... C'est brillant, bouillant, sombre. On est plongés dans les bas fonds comme rattrapés en permanence par des " instincts " primaires et faciles, un film physique autant que psychologique. La scène ou ces associés le réveil en pleine nuit pour allez viré des squatteurs en est le parfait exemple. D'ailleurs ce passage est lumineux tant il se rend compte de la folie dans laquelle il se trouve. La mise en scène de Jacques Audiard est inventif, chaque plans séquences est plus magnifique que le précédent, rien à jeter ! Les comédiens sont merveilleux, comme souvent dans ces cas là il n'est nul besoin de faire du cas par cas. Un mot tout de même pour Romain Duris, Bravo ! De battre mon cœur s'est arrêté fait partie des plus grands long métrages de son époque, de ceux qui resteront dans les décennies à venir ...
Audiard a offert un scénario proche de la perfection à Romain Duris, qui a sut en profiter : il n'a jamais été aussi bon. C'est un film tout simplement magnifique, poétique (malgré une violence certaine en toile de fond) et très émouvant. L'histoire d'un jeune homme nerveux et un peu merdeux qui pense avoir trouvé sa voie dans la musique. Cette obstination qu'a le personnage de Duris à devenir concertiste, à vouloir changer de vie à tout prix, convaincu d'avoir enfin trouvé ce qui l'apaise, est poignante et très troublante.
Dialogues, photographie, lumières, musique, jeu des acteurs : un chef-d'oeuvre sur toute la ligne.
Quel artiste que Michel Audiard ! Il inspire ses comédiens pour qu'ils soient parfaits. Il filme toujours comme il faut et utilise la musique parfaitement. Du grand cinéma et une grande leçon !
Incroyable chef d'oeuvre sur la quête d'une identité,la mise en scène est à l'image du héros torturé:étouffante(énormément de plans rapprochés),sombre(cadres très peu éclairés),charnelle(caméra très près des corps) et pourvu d'un punch à la Cassavetes.Le rythme représente aussi l'état du personnage toujours en mouvement,physique et nerveux avec un montage brusque et énergétique! Romain Duris porte admirablement le film et Jacques Audiard le pousse sous ses derniers retranchements et on ressent donc en même temps la tension permanente du personnage.Du grand cinéma français!
Réalisation épurée et à l'accent dramatique fort, intensité dans la mise en scène indéniable, thème simple mais efficace, mettant en avant les tiraillements de notre héros porté par un Romain Duris à fleur de peau. Pas de doute, on a affaire là à l'un des meilleurs Audiard. À voir absolument.
Tiens! Un personnage incarné par Romain Duris se remet en question! C'est une vraie bonne surprise, enfin, de le voir autrement, plus profond, plus intime, plus sincère. Si du film le scénario ne nous a pas bouleversés, il sera toujours possible de le citer en exemple de jeunesse repentante ou de hardiesse contrôlée. En effet, le personnage central, partagé entre l'aspiration à une certaine sagesse et la force de son tempérament, donne à son histoire un aspect imprévisible très appréciable et fort bien servi par une réalisation qui ne souffre guère de critique. Il n'en demeure pas moins que l'on aurait été en droit d'attendre un peu plus de sens, si ce n'est de bon goût, de la part d'un film qui se veut poignant mais qui laisse ses spectateurs dubitatifs. Pas assez cependant pour regretter d'avoir vu le film: amateurs de bons sentiments, ne vous privez pas.