Un film immense qui montre la police telle qu'elle est ( et non telle qu'elle devrait être ). Maurice Pialat ne porte aucun jugement sur ces personnages, et c'est là toute son intelligence : il s'agit avant tout d'êtres humains criblés d'imperfections et de médiocrité, de personnalités fortes, rongées par la solitude... Gérard Depardieu est - encore une fois ! - assez extraordinaire ; Sophie Marceau trouve là son rôle le plus trouble et fascinant ; Richard Anconina, Sandrine Bonnaire et le jeune Artus de Penguern complètent le casting avec succès. Amoureux de la vie, Pialat la capte et l'imprime comme nul autre sur la pellicule. Il dirige ses acteurs de manière absolument remarquable ( une grande place fut laissée à l'improvisation : pourtant, l'ensemble reste délibérément maîtrisé ). Le scénario de Catherine Breillat figure parmi les plus grandes réussites du cinéma français des années 80. Police est un grand film réaliste, parce qu'il nous emmène là où notre oeil n'a pas l'habitude d'aller, vers ce qu'il existe d'inconnu et d'inexploré. Un chef d'oeuvre.
Je m'attendais à voir une sorte de documentaire sur la vie des policiers, à la "L.627" que j'avais adoré. En réalité il s'agit de l'histoire d'un flic, Gérard Depardieu, et de ses amours parfois interdites. Du coup j'ai été déçu, surtout qu'on s'ennuie un peu. Gérard Depardieu tire pourtant le film vers le haut.
Police représente l'incursion de Maurice Pialat dans le cinéma de genre qu'est le polar. Il reste son plus grand succès public et sera en 1985 le réalisateur le mieux payé de l'année. Pour ce film, il dispose d'un budget plus que confortable de 30 millions de francs, d'acteurs vedettes comme Depardieu, Marceau, bref tout est réuni pour faire un bon film, ce que Police est. Le tournage est néanmoins houleux, la faute au caractère spécial de Pialat : tyrannique, colérique, de mauvaise foi. Il rejetta le scénario de Catherine Breillat avec qui il se brouilla et tout au long du tournage donna l'impression d'improviser au fur et à mesure, eut de vives altercation avec Anconina qui jouait Lambert l'avocat. Lambert qui était le nom du pompiste joué par Coluche dans Tchao Pantin. Ici, Pialat s'attache surtout avec sa caméra à capter les silences, les regards de ses personnages au détriment des mots ou de l'action (d'ailleurs il n'y a qu'un coup de feu et un nez cassé dans tout le film). Le film a un gros côté documentaire, ce que Pialat voulait éviter je crois, grâce aux longues scènes d'interrogatoire durant la première partie du film. Sans manichéisme, il n'y a pas de bons et de méchants Depardieu le flic est un homme à femmes, Lambert l'avocat traite avec les truands, ce film est une histoire d'homme comme le voulait Pialat mais aussi une histoire d'amour contrariée entre un flic et une menteuse invétérée. On se souviendra longtemps du regard desespéré de Depardieu, plan qui a été pris sur une autre scène qui a été coupée, qui clôt le film.
A mon sens, le chef-d'oeuvre de Maurice Pialat. L'un des plus grands films français du XXe siècle. Moins démonstratifs que dans ces autres oeuvres, ce "Police" gagne en force d'émotion. Qui plus est, le scénario est un pur régal, écartant de près et de loin toutes les invraisemblances qui viennent de coutume parasiter les films-documentaires faits sur la police. Ici, Pialat s'appuie sur ce monde particulier pour extraire au fonds de ce terreau d'âmes grises la lumière de l'humanité. Il ny a pas de bons ou de méchants dans cet univers, juste des hommes et des femmes qui se livrent à une course effreinée vers le bonheur. Sans doute le plus grand rôles de Sophie Marceau, qui en jeune délinquante un peu paumée, est tout simplement éblouissante ! Et que dire de Depardieu ? Immense. Comme toujours lorsque la sensibilité et la faiblesse émerge de sa carcasse virile. Scénario, lumière, mise en scène, montage, interprétation, tout concorde pour faire de "Police" un chef-d'oeuvre du genre. A découvrir, puis à voir, et à revoir enfin. Pour le plaisir et la gloire du cinéma.
Un polar froid et implacable qui révèle dans sa seconde partie une tendresse et un humanisme insoupçonné. Un film à l'image de Pialat lui-même. A signalé une performance remarquable d'une Sophie Marceau malmenée qui ne retrouvera jamais une telle intensité face à un Depardieu des grands jours.
Peut-être l'un des meilleurs films de Maurice Pialat. D'habitude, je n'aime pas beaucoup Pialat, mais là il a réussi à faire un film quasi documentaire sur la police. On y croit.
Police est un excellent film, servi par de superbes comediens (depardieu deborde de naturel). La très belle musique donne une dimenssion dramatique au film.