La Tête d'un homme
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raphaelK
raphaelK

16 abonnés 401 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 octobre 2017
Si le commissaire Maigret avait encore quelques espoirs quant à l'humanité de ses contemporains, cette nouvelle enquête va vite le ramener à la sordide réalité en le plongeant dans les abîmes les plus sombres de l'âme humaine. L'occasion pour Duvivier de s'en donner à cœur joie dans cette noirceur qu'il se plaît tant à dépeindre. Dès le générique le ton est donné avec cette caméra qui dans un lent travelling avance vers une guillotine, mouvement accompagné par une complainte chantée par Damia. Lorsqu'elle est au plus proche de l'objet de mort, le spectateur se retrouvant dans la position du condamné, un lugubre tocsin se met à retentir dans la nuit. Duvivier n'a pas son pareil pour trouver les images annonçant un destin implacable et funeste, comme ce jet de dé qui donne cinq as et décide ainsi du meurtre de la tante Henderson. Duvivier utilise de nombreux travellings avant, insistant sans cesse sur cette idée de destin par le biais de cette figure de style qui semble pousser les personnages jusque dans leurs derniers retranchements. Un mouvement lent qui possède en lui-même l'idée de quelque chose d'inexorable, d'inéluctable, et qui confère au film son atmosphère sombre et sans issue.
Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 octobre 2010
En révélant dès les premières scènes l'identité du véritable assassin, Julien Duvivier montre dans ce film que le suspense est le dernier de ses soucis. Ce qu'il veut lui c'est une confrontation psychologique entre deux hommes diamétralement opposés : une carrure forte, sévère mais humaniste, représenté par Maigret, et une carrure faible, pourtant très redoutable par son ambition de détruire une bourgeoisie décadente en homme qui n'a rien à perdre. C'est aussi un duel entre deux acteurs, Harry Baur, qui joue le meilleur Maigret du cinéma et qui pourtant se voit donner du fil à retordre, par un Inkijinoff impressionnant. Un des thèmes de prédilection du réalisateur, à savoir la noirceur humaine, est ainsi abordé. Le côté expérimental de l'oeuvre est aussi étonnant par son utilisation d'une très grande partie du vocabulaire technique cinématographique à travers tous les types de cadrage possibles, une utilisation habile de la transparence, des plans subjectifs voir même des travellings subjectifs ou encore des fondus en biais. En ressort de tout ceci, une œuvre très abstraite. «La Tête d'un homme» est aussi une véritable plongée dans les années 30 entre les quartiers populaires de Montparnasse, les bureaux enfumés du Quai des Orfèvres, les intérieurs bourgeois sobres mais cossus et ceux du style art-déco. Une œuvre d'une très grande richesse qui si elle ne constitue pas l'adaptation la plus fidèle de l'univers du célèbre commissaire de Simenon est certainement la meilleure adaptation cinématographiquement parlant de Maigret.
Pascal
Pascal

253 abonnés 2 400 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 février 2025
Ressortie en salle de cinq titres de Julien Duvivier réalisés durant les années 1930. Parmi eux " la tête d'un homme" (1933) adapté d'un roman de Simenon dont il a été dit qu'il aurait souhaité mettre lui-même en scène.

Cette aventure du commissaire Maigret, incarné par la star masculine du cinéma français de l'époque Harry Baur ( il connaitra durant l'occupation un tragique destin ) a gardé un certain charme.

C'est peut-être l'interprétation de Valery Inkijinoff ( d'origine russe sibérienne) et son personnage d'incarnation du mal qui reste finalement le plus en mémoire.

Simenon situe son action dans le Montparnasse de l'époque et la région parisienne pour nous brosser une galerie de portraits presque tous moralement ( si l'on ose dire) peu recommandables.

Duvivier est aujourd'hui considéré ( à juste titre) comme un des cinéastes phares du moment. Patrick Brion et Bertrand Tavernier ont dit beaucoup de bien de son travail artistique.

La nouvelle vague ne fut pourtant pas tendre avec lui et Alain Delon qui le connaissait bien a largement témoigné de la tristesse de Duvivier devant le rejet dont il fut l'objet de la part de ce courant critique durant les années 1950.

" La tête d'un homme", même s'il ne figure pas parmi les chefs-d'œuvre du cinéaste (" Panique", " la belle équipe" présentent un niveau de perfection plus accomplie), figure néanmoins parmi ses opus de renom.

Cette ressortie opportune en salle permet de le revoir dans les meilleures conditions. L'amateur de cinéma du patrimoine ne le manquera pas.
tomPSGcinema

880 abonnés 3 323 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 mars 2011
Maigret enquête sur un crime apparemment commi par un simple d'esprit... Doté d'un scénario qui n'est pas forcément aguicheur ( car on sait dès le début du film qui est le meurtrier en question ), ce film policier se regarde néanmoins avec beaucoup d'intêret grâce, d'abord, à une mise en scène de Julien Duvivier très inspirée et surtout grâce à un casting qui fait preuve de beaucoup de talent et de générosité. Dans le rôle du commissaire Maigret on retrouve un Harry Baur qui nous délivre une interprétation vraiment étonnante, mais qui pourra paraître excessive pour certaines personnes. Le personnage de Radek, qui est le véritable assassin, est subtilement joué par un Valery Inkijinoff impressionnant de maîtrise, alors que Alexandre Rignault se révèle bien émouvant dans le rôle de l'homme qui est injustement comdamné. Notons, également la présence d'une très belle photographie en noir et blanc, pour l'époque, et qui apporte une atmosphère bien mélancolique pour cet excellent film des années 30 qui se visionne sans aucun soucis du début jusqu'à une séquence finale vraiment très bien filmée mais, qui est par contre, sans réelle surprise.
brianpatrick
brianpatrick

116 abonnés 1 861 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 février 2021
C'est un vieux film français de l'entre deux guerres. C'est un Maigret, l'un des premiers. Les acteurs et les actrices sont tous décédés. Il y a un acteur spécial; Valéry Inkijinov. Il vient de Sibébie central et est venu faire carrière dans le cinéma français durant l'entre deux guerres. Il a fait une belle carrière avec son visage de l'est et son crane chauve, juste avant l'arrivée de Youl Bruyner. Des enigmatiques acteurs russes. La tête d'un homme; c'est un roman très bien configuré. Là, le film, dommage, on ne voit rien de la vie parisienne. Tout est tourné en studio. Bon, ils ont tourné une partie du film dans un troquet et l'on ressent encore l'ambiance d'époque. Le genre de film qui n'a pas trop vieillit, mais evidement, il faut le voir sur la chaine de télévision Arte. Un très bon film.
Caine78

7 755 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 octobre 2013
Il y a presque deux réalisateurs en un chez Julien Duvivier : un très classique voire un peu plat, et un autre particulièrement novateur et percutant. Ce « duo » se retrouve associé dans « La Tête d'un homme », polar apparaissant tout aussi daté et pantouflard par moments que remarquable à d'autres. On a en effet droit à un aspect globalement très classique et ne payant pas de mines, mais aussi à quelque chose de très sombre, parfois même très beau, qui doit autant à l'inspiration du réalisateur qu'à l'univers si particulier de Georges Simenon. Conséquence : si notre intérêt baisse à plusieurs reprises, on est épaté par certains détails, et surtout par le brio de l'opposition Harry Baur - Valéry Inkijinoff, tous deux au sommet de leur art. Et quand en plus Duvivier nous offre un final superbe où la technique est totalement au service de l'émotion, on ne peut s'empêcher de retenir surtout le positif devant une œuvre imparfaite donc, mais parfois surprenante.
-marc-
-marc-

20 abonnés 233 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 novembre 2012
L'histoire est solide (merci M. Simenon), mais à force de vouloir paraitre monolithique, Maigret-Harry Baur devient passif et ne pose pas les questions qui feraient avancer l'enquète. Valery Inkijinoff est impressionant et c'est donc le méchant qui donne vie à ce film dans lequel l'athmosphère est privililégiée au détriment de l'action. Un policier classique, témoin de son époque, qu'on a plaisir à revoir.
rooster cogburn
rooster cogburn

12 abonnés 3 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 octobre 2010
Historiquement, ce film est le 3ème film à adapter un roman du Maigret de Simenon. Harry Baur campe ici le légendaire commissaire avec brio et humanité. Duvivier, qui réalise ici un de ses nombreux chef d'oeuvre, parvient à donner une grande intensité au duel psychologique entre le commissaire et l'assassin. La mise en scène est extrêmement inventive.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 725 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 juin 2021
On n'a pas l'habitude d'entendre chez Maigret les coupables parler autant.
A partir du quatuor dans l'appartement, l'acteur russe est quand même assez insupportable avec son accent. On n'entend que lui. Maigret attend qu'il faute mais il est bien muet.
Une atmosphère mieux réussie que l'intrigue. Je vais sauter sur l'adaptation avec Crémer.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 336 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 décembre 2021
Quand il met en scène « La tête d’un homme » adapté du roman éponyme de Georges Simenon publié en 1931, Julien Duvivier a déjà une très solide carrière de réalisateur derrière lui commencée au temps du muet, même s’il n’a pas encore fait la rencontre décisive de Jean Gabin. Harry Baur était sans doute l’acteur désigné pour endosser le pardessus et fumer la pipe du commissaire Maigret. Son interprétation tout en retenue (une rareté chez lui), si elle semble de bon aloi, laisse un peu la personnalité du commissaire à l’écart, Julien Duvivier semblant vouloir se concentrer sur l’intrigue et sur la description du Paris de cette époque d’Avant-Guerre. De ce point de vue, le travail est parfaitement exécuté par un réalisateur qui à bientôt 40 ans n’a pas encore rendu le meilleur de lui-même. On pourra apprécie la composition complétement habitée de Valéry Inkijnoff en meurtrier manipulateur et celle envoûtante de Gina Manès en femme fatale ensorcelante, emploi qui était le sien jusqu’à ce qu’elle soit détrônée par les Viviane Romance, Ginette Leclerc et autres Mireille Balin. On découvre avec bonheur grâce à la caméra de Julien Duvivier une époque disparue et un Paris qui n’existe plus. Le tout nimbé des chansons réalistes de Damia, à la voix si particulière, qui fait une courte apparition à la toute fin du film. Pour ce qui est de Maigret il sera bien d’autres fois porté à l’écran et sans doute mieux porté que par un Harry Baur qui n’a sans doute jamais été aussi convaincant que devant la caméra de Robert Siodmak dans l’excellent « Mollenar » qui sortira sur les écrans en 1937. Une curiosité à réserver aux spécialistes de Julien Duvivier ou aux fans du commissaire Maigret.
Ricco92
Ricco92

283 abonnés 2 330 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 30 juillet 2021
La Belle Équipe, Pépé le Moko, Panique, Le Petit Monde de Don Camillo… : Julien Duvivier a signé plusieurs des plus belles pages du cinéma français. Pourtant, comme la plupart des cinéastes très prolifiques, il lui est arrivé d’être moins heureux avec certaines de ses réalisations. La Tête d’un homme fait partie de ces dernières. Cette adaptation d’une enquête du commissaire Maigret manque cruellement de rythme. En outre, le travail sonore trahit un peu son époque par des bruits d'ambiance très peu présents (comme dans beaucoup de films du début du parlant, il faut cependant le reconnaître) et par une absence de musique extradiégétique (on trouvera presque seulement quelques chansons intra-diégétiques hélas assez vieillottes vu d’aujourd’hui). Enfin, on peut aussi regretter une forte tendance des comédiens à tomber dans le sur-jeu. Cela est d’autant plus dommage que Duvivier essaie à plusieurs reprises d’offrir des originalités de mise en scène qui sont parfois très audacieuses spoiler: (le plan dans lequel un enquêteur passe d’un marchand de chaussures à un fleuriste où le premier-plan est constant mais où l’arrière-plan change dans un fondu enchaîné ; la fuite de Radek filmée avec une imagination directement issue du cinéma muet…)
. Ainsi, La Tête d’un homme est une adaptation assez molle de l’œuvre de Georges Simenon qui se situe à mille lieux des plus grandes œuvres de Julien Duvivier.
Ducerceau
Ducerceau

19 abonnés 693 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 février 2021
Ça a beaucoup vieilli : on sent que les acteurs ne se sont pas encore tout-à-fait débarrassé du muet. Dans les regards appuyés et l'expression corporelle toute en pantomime de l'accusé Heurtin et de l'assassin Radek.
Lequel est tchèque mais avec une belle gueule d'asiatique qui, comme chacun le savait à l'époque, était toujours hypocrite. Autre détail qui sent son époque coloniale : on voit inscrit un moment, sur une horloge en gros plan "au nègre". C'était la marque de fabrique ?
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

91 abonnés 4 227 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 février 2024
A propos du film, Duvivier, adaptant Simenon, disait se désintéresser du suspens lié à l'intrigue criminelle pour ne se consacrer qu'à l'étude psycologique des personnages, principalement du meurtrier interprété par le méconnu et atypique Valery Inkijinoff. De fait, le polar témoigne d'un réalisme certain, fondé d'abord sur l'observation de la technique et de l'intelligence policière puis, donc, sur la personnalité des protagonistes.
Radek Assassine une riche américaine et prétend avoir commis le crime parfait, notamment en piégant un comparse, pauvre bougre vite arrété mais à la culpabilité duquel le commissaire Maigret ne croit pas.
Pour autant, la dimension humaine et psychologique qui étoffe utilement le rôle de Radek, n'est par forcément ce que l'on retiendra du film. On est plus sensible finalement à la noirceur et au sentiment de pessimisme qui percent, comme généralement dans la mise en scène de Duvivier. On appréciera aussi la modernité de l'interprétation, celle d'Inkijinoff, celle d'Harry Baur, dans le rôle de Maigret, dont l'économie de parole traduit tour à tour la bonhomie et la gravité de son personnage. Maigret, encore débutant au cinéma, va comme un gant à l'acteur; le commissaire est ici un personnage plutôt effacé, pas encore la star de ses films, au profit de la personnalité "baroque" du criminel.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 23 décembre 2011
Un excellent maigret, d'une part l'ambiance vivante du film doit être assez proche du paris des années 30, d'autre part les acteurs sont excellents. L'intrigue s'avère assez recherchée même si ici j'emettrai une petite réserve sur le final qui aurait pu être mieux négocier.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 119 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 juin 2011
En 1932, le cinèma traverse une pèriode plutôt creuse! Signalons cependant l'intèrêt naissant pour le film policier avec "La tête d'un homme", où Julien Duvivier rèalise un modèle de transcription cinèmatographique d'une oeuvre littèraire! C'est l'immense Harry Baur qui, dans ce film remarquable, incarne le commissaire Maigret! Condamnè par la mèdecine, un certain Radek, brillamment mis en èvidence par Valery Inkijinoff, planifie le crime parfait pour tuer une vieille rentière! Mais le commissaire Harry Baur veille au grain! Tirè d'un excellent Maigret, ce mètrage reste l'une des meilleures enquête du hèros de Simenon, adaptèe avec intensitè par le grand Duvivier! Notons que c'est l'un des premiers rôles d'Alexandre Rignault, très bon acteur de thèâtre qui fut vouè le plus souvent à l'ècran aux rôles de brutes ou de personnage fruste...
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