Dans la série "les films que j'ai probablement vu trop tard", je demande "Volver" ! Un long-métrage qui fit pas mal parler de lui à sa sortie, avec plusieurs récompenses et un très joli succès commercial. Mais voilà, je ne suis pas un grand amateur de Pedro Almodovar, et il m'aura fallu 20 ans pour découvrir "Volver". Entre temps, je soupçonne que l'oeuvre a perdu un peu de son originalité ou de sa spontanéité. Notamment, j'ai trouvé la majorité des rebondissements largement prévisibles. spoiler: Il est pour moi acquis très rapidement que la Irene qui revient n'est pas un fantôme. Rien dans la mise en scène, ni dans ses "capacités" tout à fait normales, ne laisse le croire. En conséquence, on s'attend pendant tout le film à ce que les protagonistes le découvre enfin !
Néanmoins, "Volver" reste un beau portrait de femmes. Un groupe féminin uni par des liens familiaux ou amicaux, transgénérationnels, et qui vont s'entraider dans des situations difficiles. Tant sur le plan logistique que psychologique, puisque la plupart détiennent des secrets qui vont affecter les autres. La mort, le deuil, l'inceste (!) : des thématiques très sérieuses seront abordées à travers cette galerie de personnages. C'est coloré à l'écran, et surtout porté par d'excellentes comédiennes. La pétillante Carmen Maura, ancienne actrice fétiche d'Almodovar, de retour chez le cinéaste après 18 ans (!). Il était logique de lui confier le rôle de l'énigmatique maman qui revient. Et bien sûr, Penelope Cruz, magnifique dans ce rôle de femme marquée par la vie au fer rouge et néanmoins bien vivante. Et c'est aussi assez drôle, avec plusieurs situations incongrues. Qui n'iront d'ailleurs pas toujours jusqu'au bout de leur résolution (le sort du mari, du restaurant...), mais elles restent accessoires devant les portraits féminins proposés ici.
"Volver" porte en lui un mélange subtile, d'amour, de courage, d'attachement aux traditions, malgré, les blessures et les traumatismes. Raimunda est pleine de ressources. Prête à se battre pour le bien être de sa fille Paula, rien ni personne ne doit entraver son chemin. Avec sa sœur Sole, elles tentent l'une et l'autre, de faire un pont entre présent et passé à la frontière de l'enfance et de la vie d'adulte La parole viendra alors, délivrer la souffrance, les secrets et les non-dits par la bouche d’Irène. Le pardon fera son œuvre. Pedro Almodovar est un des réalisateurs qui parle le mieux des femmes et de leur rôle dans la société. Dans une Espagne où la solidarité vient en réponse à la précarité et panse les plaies. Penelope Cruz incarne cette force qui déplace les montagnes, et une sensibilité à fleur de peau. Sublime comme toujours ! Très belle distribution ! A voir sur ARTE.
Un film touchant et émouvant sur la résilience d'une famille de femmes ( de la grand-mère à la petite fille) confrontée à la pauvreté, la violence, la maladie, l'infidélité, l'inceste et au machisme des hommes. Les personnages sont graves et légers à la fois, les actrices exceptionnelles de naturel et de justesse, et puis le scénario est doublement habile avec la vérité qui surgira progressivement d'une histoire de fantôme croisée à une fin de vie d'un femme à la recherche de la vérité sur la disparation de sa mère. La mère, la femme, la filiation, thèmes récurrents d'Almodovar, qu'il traite ici avec autant d'affection que d'habitude et un peu moins d'extravagance, ce qui fait de Volver, à mes yeux, un de ses meilleurs films
La réalisation de ce film est excellente, une chronique avec des aspects noirs qui ne sont pas prépondérants, une vraie dimension d'une forme de quotidien avec ce qu'il a d'émouvant et d'absurde dans ses côtés sordides. La réalisation gomme par sa précision et sa simplicité ce qui est peu intéressant et le jeu des actrices correspond bien. Pas si féministe car il y a bien des hommes biens dans cette histoire ; l'ennemi est la mort notamment à travers la maladie de l'une d'elle et des efforts des unes et des autres d'adoucir son passage.
Si Feredico Fellini avait son acteur fétiche, à savoir Marcello Mastroianni, Pedro Almodovar considère que Pénélope Cruz occupe une position similaire. Volver jongle avec les trouvailles singulières et particulièrement prégnantes quant au scénario original , ainsi que sur la manière de mettre en scène cette œuvre cinématographique étonnante. Comme toujours, dans le cinéma de Pedro Almodovar , la symphonie des couleurs et les portraits détaillés des héroïnes diffusent lentement un charme mystérieux, mystique et artistique naturellement. Merci beaucoup pour la lecture. Gérard Michel
Porté par une distribution féminine magistrale, Volver explore les thématiques de la mémoire, des secrets enfouis, des maux et de la solidarité féminine. Sous la caméra d’Almodóvar, le quotidien se métamorphose en une esthétique vivante, où chaque geste, chaque objet, devient porteur de significations multiples.
Au cœur de ce récit, les femmes règnent en maîtresses absolues, occupant un univers presque vidé des figures masculines, sinon pour incarner l’abus ou la trahison. La mise en scène d’Almodóvar, est empreinte de tendresse et de respect, magnifie les visages de ses héroïnes.
Ici, Almodóvar tisse des portraits de femmes puissantes et vulnérables, ancrées dans une réalité tangible. Raimunda, incarnée avec une intensité bouleversante par Penélope Cruz, est l’archétype de cette force féminine : une femme capable de transcender les épreuves avec dignité.
La sororité est le fil conducteur de ce récit, une solidarité intergénérationnelle qui s’élève en réponse aux traumatismes. Ce lien est d’autant plus puissant qu’il traverse les frontières du réel : le fantastique, subtilement distillé à travers la figure du fantôme, devient un moyen d’explorer le passé et de le réconcilier avec le présent.
Ce processus de réappropriation du passé, symbolisé par le titre même du film – Volver, ou "revenir" – illustre un retour aux origines, non pas pour s’y enfermer, mais pour s’en libérer.
Almodóvar nous offre ici un film profondément humain, où la complexité des sentiments et la puissance des liens féminins illuminent chaque cadre. Nul doute que ce film a inspiré récemment "Les Femmes au Balcon".
C'est un mélo à la façon d'Almodovar, atypique avec ses couleurs acidulées, son scénario improbable et cette légèreté dans le ton qui empêche qu'on prenne le sujet au sérieux. Je ne suis pas fan du cinéaste, s'il faut le préciser...Cette histoire de femmes spoiler: -on verra que le seul rôle masculin disparait très vite, et pour cause!- évoque le mauvais roman de gare. On croit d'abord, avec la spoiler: réapparition de la mère défunte de Raimunda, à une disposition fantastique et puis le scénario révèlera un imbroglio plus prosaïque. Almodovar a un public acquis. Mais son style et la nature de ses intrigues peuvent aussi laisser indifférent, voire rebuter. L'élégance de la réalisation ne rend pas la mise en scène et le sujet forcément plus intéressants...Précisément, l'histoire de Raimunda et ses contingences familiales sans saveur se diluent dans un bavardage au féminin un peu fatigant. Tandis que Penelope Cruz, dans le rôle principal, celui d'une jeune femme de tempérament et de mérite aux prises avec les difficultés de la vie, s'emploie avec énergie mais en vain. Son personnage, comme les autres, n'est ni émouvant ni attachant.
Volver débute par une magnifique scène de cimetière. Peut-être la plus belle scène du film. Seules les femmes survivent et s’acharnent malgré le vent qui balaie tout. Pénélope Cruz est belle et lumineuse, arborant un décolleté dans lequel se niche une chanceuse Vierge Marie suspendue à sa chaîne. Que dire de la scène où Estrella Morentes lui prête sa voix pour interpréter volver. À tomber !
Quel ennui! On ne sauvera que l"interprétation de Pénélope, sans doute sa meilleure, dans ce film au scénario ridicule qui ne sait où il va et s'étire à n'en plus finir en succession de scènes inutiles et soporifiques. Il y aura bien sûr ceux qui crieront au génie car c'est Almodovar et les autres à qui on ne la fait pas. Les femmes restent la grande obsession de Pedro et surtout la figure maternelle déclinée dans tous ses films et qui finit par lasser. Espérons pour lui qu'il finira par arrêter de glorifier et d'idéaliser les femmes, toutes les femmes, sans exception .
À part voir de bonnes actrices jouer dans le même film, celui ci n’a pas grand intérêt pour moi. spoiler: La mort de Paco que vient elle faire dans le film? Elle ne sert à rien à l’intrigue
Woawwww mais quel film je suis encore bouche bée. Volver de Pedro Almodovar est tout simplement magistrale cela faisait longtemps que je n'avais pas autant ressenti de magie devant un film. Du début à la fin je suis resté scotché par cette incroyable histoire. Nous retrouvons Raimunda et sa famille prit par les entrailles de la vie avec un climat terrible sur leurs épaules. Entre décès et difficultés financières cette famille est au plus bas. Mais au fur et à mesure que le film passe et les différentes histoires qui ont lieu cette famille revoit le jour avec le retour de leur mère que tout le monde pensait être morte. Tous les mystères de ce film s'éclaircissent avec son retour, avec notamment une fin juste sublime ou la mère nous raconte la vérité sur sa sois disant mort. En outre ce film vous réserve de nombreux rebondissements et vous ne serez pas dessus de le voir. Une excellente performance de la part des actrices et surtout à Pénélope Cruz, les femmes sont ici les personnages principaux au détriment des hommes qui sont secondaires mais qui ont tout de même un rôle plus ou moins important ( je pense à Paco ). Bref ce film est excellent et encore merci à Almodovar de nous avoir offert ce bijou. Je pourrais encore écrire longtemps sur les messages cachés de ce film mais cela gâcherai le plaisir au futur spectateur de ce film. Allez-y foncez voir ce film
Mon film préféré de Pedro Almodovar, avec Penelope Cruz au sommet de son art et de sa beauté. Une histoire de vie qui cache un inseste abjecte, traité sans pathos. Une histoire de réparation entre une mère qui n'a rien vu et rien compris et sa fille que le pardon va réparer. Un grand film, de mon point de vue, un chef d'oeuvre.
Dans ce film, sorti en 2006, Pedro Almodóvar brosse le portrait de trois générations de femmes portant chacune un lourd secret (un crime, un cadavre, un fantôme, un inceste, etc.). D’origine sociale modeste, elles triment au quotidien tout en distillant amour et bonté envers les autres. Si la mise en scène demeure impeccable, le scénario un peu « touche à tout » ne permet pas de s’embarquer pleinement dans cette histoire. Heureusement, par sa grâce, son talent et sa beauté, Penélope Cruz illumine continuellement l’écran. Bref, une œuvre moins consistante que d’habitude de la part du réalisateur espagnol.