Avec Volver, Almodóvar atteint un équilibre miraculeux entre mélodrame, comédie et chronique familiale, transformant les secrets et les blessures en un immense mouvement de tendresse féminine. Penélope Cruz irradie le film d’une vitalité bouleversante, à la fois sensuelle, épuisée et profondément courageuse face aux drames qui s’accumulent autour d’elle. La mise en scène éclate de couleurs chaudes et de vitalité populaire, mais derrière cette énergie solaire se cache une méditation très douce sur le deuil, la transmission et les fantômes du passé. Almodóvar filme les femmes avec une attention presque amoureuse, faisant de leurs solidarités silencieuses une forme de résistance intime au chaos de la vie. Une œuvre lumineuse et profondément émouvante, où chaque éclat de rire semble déjà traversé par une larme retenue.
Volver, c’est un peu comme si la mort débarquait à la table du dîner et finissait par raconter des blagues avec tout le monde. Pedro Almodóvar mélange drame, fantastique et humour avec une aisance insolente, au point que tu passes de “c’est glauque quand même” à “attends, pourquoi je souris là ?”. Et au final, tu ressors avec le cœur serré mais heureux, comme après une réunion de famille un peu chelou mais réussie.
Un plaidoyer féministe vibrant, ici dans le milieu ouvrier, avec toutes les actrices fétiches de Pedro Almodovar. Comme toujours chez lui, la mère joue un rôle central, ce qui doit sans doute refléter les souvenirs d’enfance du réalisateur. En tout cas une sensibilité hors norme, avec la magnifique Pénélope Cruz, au sommet de sa beauté en 2005.
Une ode au courage de toutes les femmes de la classe ouvrière. Si l’interprétation de toutes les actrices est impeccable, j’ai trouvé le dénouement assez prévisible. Ajouté à cela beaucoup de petits défauts (scénario un peu tiré par les cheveux, psychologie des personnages peu approfondie, quelques scènes à l’intérêt très limité, manque d’émotion procurée) et vous obtenez un film agréable et au charme évident mais qui ne me marquera pas plus que ça.
Malgré les récompenses, ce film ne m'a pas convaincu. Les nombreux dialogues enlèvent de l'intérêt à l'intrigue. Le charme de Penelope Cruz est indéniable.
Comme bien souvent dans sa filmographie, Pedro Almodovar met en avant les femmes, les mères dans ce film délicat qui est l’un des plus grands succès commercial et critique du cinéaste espagnol. Plus qu’un hommage qui leur rend, le réalisateur au gré d’un récit subtil évoque la mort et le poids des secrets tout en brossant le portrait d’une galerie de personnages féminins formidablement bien écrit et surtout interprétés avec finesse et conviction et pour cela le réalisateur s’est entouré de ses actrices fétiches, emmenée par la sublime Penelope Cruz trouvant ici certainement le meilleur rôle de sa carrière. Une œuvre majeure et marquante du cinéaste.
Les thématiques du viol et de l’inceste sont pitoyablement traités. Le male gaze nous met terriblement mal à l’aise. Comment peut-on parler d’un classique pour un film dont l’intrigue est si mal ficelée et les graves thématiques aussi survolées ? La photo et les plans (non machistes) du film amènent les deux étoiles.
Pedro Almodóvar a le mérite d’aborder un sujet sensible, douloureux et tabou, l’inceste père-fille. Il dénonce aussi la toxicité masculine et réalise un beau film de femmes, de 3 générations, qui s’entraident. Et qui n’est pas triste, malgré la mort omniprésente (dès le début du film, avec le nettoyage des tombes par des femmes). D’où le prix d’interprétation féminine collectif attribué à Penelope Cruz (31 ans), Carmen Maura (60 ans), Lola Dueñas (34 ans), Blanca Portillo (42 ans), Yohana Cobo (20 ans) et Chus Lampreave (75 ans) au festival de Cannes en 2006. Dommage qu’il y ait quelques digressions [reprise du restaurant par Raimunda, servant de cantine à une équipe de cinéma, spoiler: avec recyclage de l’histoire du cadavre dans le congélateur, mentionnée dans « La fleur de mon secret » (1995) , émission voyeuriste de téléréalité].
Film poignant et vibrant, porté par des performances fortes, surtout celle de Penélope Cruz. Une histoire familiale mêlant drame et touches d’humour, avec une atmosphère intense et des thèmes profonds sur la vie et la mort.
"Volver" de Pedro Almodóvar est un bon cru. Un drame familial sur fond d'inceste. Un bon scénario, un très bon réalisateur, un trio d'actrices détonant dont la belle et talentueuse Penélope Cruz, sans nul doute dans un de ses plus beaux rôles. On pourrait peut être reprocher un petit manque de relief mais il y a largement de quoi passer un bon moment. 7/10
Comme beaucoup de films de Pedro Almodovar, c'est basé sur le relationnelle entre les uns et les autres. La débrouille. Sans avoir été happé, je me suis tout de meme laissé bercer par le film.
Considéré par beaucoup comme le meilleur film d'Almodovar... En ce qui me concerne, j'ai un avis ABSOLUMENT contraire. Je le trouvais déjà tout à fait vain lors de sa sortie. 20 ans après, rien n'a changé. A se demander même si ça n'est pas pire. Si le début du film laisse entrevoir quelque chose d'intéressant, ça n'ira pas plus loin que de l'illusion. On se retrouve embarqué dans un drame familial à dormir les pieds attachés à une branche d'arbre par un jour de vent d'Est. Se succèdent alors les scènes soporifiques émaillées de blablas qui n'en finissent pas composant un scénario qui n'a aucune idée de la direction dans laquelle il veut aller. Quant à l'inceste, thème si cher au Pedro, il nous insère ça tellement en force que ça finit de nous achever. Et ce ne sont pas les révélations finales tombant comme un cheveu sur la soupe qui vont arranger le tableau. Face à un plantage pareil il est parfois possible de saluer les actrices, peine perdue. Jamais Penélope Cruz et Carmen Maura n'ont été aussi transparentes. Tout est lisse et sans âme. Refaites-vous les Almodovar des années 80 et 90, même les moins aboutis, c'était d'un tout autre calibre que ce triste "Volver" qui n'a pas d'autre place que les oubliettes, celles dont on oublie où les clés sont rangées.
Ce film restera un des classiques de Almodovar. C'est une histoire de femmes, intergénérationnelle, avec des relations mère-filles parfois tendues. Ce ne sont pas des femmes aisées mais plutôt celles qu'on croise dans la rue, il y a d'ailleurs souvent aussi un personnage ou deux de prostituées. L'histoire et le scénario sont à la fois intéressant et bien construit. A voir.
Ah, Pedro, les femmes, encore les femmes, bien sûr les femmes. Dans ce film, il n’y a que deux personnages masculins, l’un est brièvement montré, l’autre est seulement évoqué. Et ce sont deux abjects salopards. Sinon, le gynécée (Raimunda, et sa sœur Sole ; Irene, leur mère ; la vieille tante Paula, sœur d’Irene ; la jeune Paula, fille de Raimunda ; et Agustina, la voisine attentionnée) virevolte sous la caméra virtuose du grand Almodovar. Un scénario ‘compliqué’, une pincée de fantastique, beaucoup d’humour et de tragique, et au bout, le pardon qui répare tout. Il faut un grand cinéaste pour arriver à réunir tout ça. Bravo au Maître et à ses merveilleuses interprètes.