Dès les premières images, nous voici dans le monde, lambiance du réalisateur espagnol : des tombes nettoyées par les veuves malgré le vent. Le titre en rouge sincruste. Mélange de pop, de scènes bien plus tristes quil ny paraît. Tout est presque dit dans ce prologue. Un cinéma kinesthésique entre le vent, le toucher, les larmes, la mort mais bien plus que la vie, lamour et plus précisément la filiation.
A ce niveau là, on peut quêtre québerlué ! Comment fait-il pour passer autant de sentiments si féminins, de sensibilité si vraie et de situations si dures. Car dès le début, rien ne nous est épargné. Et cela va se poursuivre dans une histoire de lourds secrets avec de la retenue, plus que dans le précédent film (LA MAUVAISE EDUCATION) qui laissait un sentiment étouffant, pesant. Celui-ci gagne non pas en légèreté mais construit sa force sur lamour : amour des actrices, amour de ses personnages, amour de son public.
On règle aussi des comptes, surtout avec la télévision. La phrase je naime pas la télévision en est révélatrice. Cela reste entre nous aussi. Secret de famille, secret de cinéaste. Lévolution de Pedro Almodovar restera un cas décole dans le cinéma. Car du cinéma, il y en a. Ce nest pas par hasard car il ny a pas de hasard dans cette histoire. On y verra, vers la fin, un extrait dun film de Visconti (lItalie, le peuple, une femme). La mise en scène est limpide, souvent miroir comme le scénario qui fonctionne en deux temps, en deux personnages. Comme cette couleur rouge, leitmotiv qui rappelle KIEVLOVSKI (dans sa trilogie, ROUGE). Pour le reste, cela na à voir quavec la filmographie du réalisateur qui exclut les hommes de son histoire.
Attendez vous plus à pleurer quà sourire dans ce cinéma sensuel, démotions et dintelligence. VOLVER est luvre la plus abouti de Pedro Almodovar, cest un chef duvre en noir et rouge.