Quasiment introuvable depuis des années, "Joe Hill" ressort enfin en salles dans une version restaurée à l'occasion du centenaire de sa mort. C'est l'occasion de redécouvrir le parcours de ce syndicaliste arrivé aux États-Unis en 1902 et qui a parcouru le pays de long en large pour lutter pour les droits des travailleurs. Très bien filmé par Bo Widerberg, le film nous dresse le portrait d'un homme charismatique (incarné par l'excellent Thommy Berggren) se battant pour les masses mais qui est toujours resté profondément solitaire, plein de nuances. Grâce à une mise en scène de qualité, à une solide reconstitution et à un scénario maniant parfaitement l'ellipse, "Joe Hill" s'avère être un film passionnant et fortement instructif, une belle découverte qui vaut certainement le détour.
Prix spécial du Jury à Cannes en 1971, le film reste invisible depuis, il n'en existe aujourd'hui encore aucune copie dans le monde, ni même une édition DVD. J'ai eu la chance de voir cette perle oubliée à Cannes Classics 2015. L'écho que le destin tragique et digne de Joe Hill trouve malheureusement aujourd'hui, en ces temps bien sombres, pousse à la réflexion. Ce film m'a bouleversé.
c'est l'histoire vraie d'un syndicaliste anarchiste qui parcourait les USA pour syndiquer les salariés qu'il rencontrait. A cette époque, le gouvernement des USA ordonnait à l'armée de tirer sur les manifestants. Il a été condamné sans preuves et executé par la justice pour un meurtre qu'il n'a pas commis. Ce film est sorti dans les années 1980 environ et n'a jamais été rediffusé
Prix du Jury à Cannes en 1971, Joe Hill est ressorti cette année en version restaurée. Le film raconte l'histoire de deux immigrants suédois qui arrivent aux Etats-Unis pour une vie meilleure. Malheureusement leur rêve de la terre promise s’estompe au regards des préjugés et discriminations dont ils doivent faire face. Hommage à cet homme devenu un emblème du syndicalisme, le film nous transporte avec une réelle dureté, dans ce combat de lutte pour l'égalité des classes sociales. Si l'histoire est réelle et le parcours passionnant, les choix scénaristes ne sont pas toujours simples à adhérer. Les décors lugubres et dialogues brusques, rendent la mise en scène laide et on les sait volontaires. Le cri de ce film résonnera longtemps, mais celui-ci n'est pas intemporel. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Une biographie de Joe Hillström, émigré suédois aux Etats-Unis du début du 20ème siècle, toujours sur la route et entre deux boulots, qui devint un membre des Industrial Workers of the World, et se signala par ses chansons engagées. Exécuté à 36 ans, pour un crime qu'il n'avait sans doute pas commis. Célébré par Dos Passos et de nombreuses chansons folk, comme symbole de la lutte anti-capitaliste. Widerberg, s'attache au personnage en procédant par petites touches, loin du biopic traditionnel. Excellent film bien méconnu, hélas.
Superbe film sur la lutte de classes aux U.S.A. au début du 20ème siècle.
On suit la vie de Hobo d'un jeune immigré Suédois qui au fil des rencontres va se rapprocher d'une organisation prolétaire. Il va peu à peu s'imposer dans le mouvement et en devenir le leader.
Cela dit tout n'est pas rose dans la vie de Joe Hill, se révolter contre un système inégal et englué dans le mépris de la classe ouvrière n'est pas sans risques. Il va payer très chère le fait d'avoir crié et chanté ses droits les plus naturels.
Aujourd'hui et surtout dans les années 40-60, Joe Hill reste un charismatique leader spirituel des luttes de classes. ouvriers contre patronat, bon nombre sont les chanteurs folk à avoir chanté la musique portant son nom (présente plus haut dans le lien) lors de manifestions citoyennes. C'est d'ailleurs la vie de cet homme qui a encouragé Bob Dylan a écrire des chansons protestataires. Son aura est toujours présente dans la culture ouvrière Américaine.
Cependant la fin du film contient une grande forme de cynisme et nous prouve peut être que tous ces sacrifices ont possiblement était fait en vain. Lorsque que l'on regarde les Etats Unis du 21ème siècle, on ne peut pas dire que les inégalités entre grands patrons et ouvriers ont évoluées dans le sens des "petits". Des injustices existent et existeront toujours
L'aura de Joe Hill pourtant si présente, représente peut être finalement qu'une quête de liberté sans fin qui n'aura jamais réussit à trouver satisfaction.
La bande son est sublime (Baez, Dylan), l’histoire quasiment véridique, Thommy Berggren admirable et quelques grands moments parsèment le film mais de grâce pourquoi avoir mis autant de sadisme à raconter la fin de cette histoire. Nous ne sommes pas dans le genre fantastique où tout est permis comme dans ‘’la ligne verte’’ par exemple, nous sommes dans la vraie vie avec un homme qui restera à jamais mystérieux mais qui a terriblement souffert. Est il nécessaire de nous tétaniser sur nos sièges pour que l’on ressente tout ce qu’il a subit ? Ma réponse est non, le cinéma ne permet pas de tout faire, s’il se le permet ce n’est plus de l’art, l’art a ses règles, je peux même dire ses lois et Bo Widerberg est un véritable auteur pas un marchand de pélicule. C’est comme ‘’Amour ‘’ de Haneke où il y a des séquences qui n’auraient jamais du être filmées. En France, du temps de la guillotine les exécutions étaient devenues strictement contrôlées, on ne les a jamais depuis lors, reconstituées au cinéma. Autre reproche, une mise en scène qui brusquement devient laide lorsque nous sommes dans la pauvreté et la misère, là encore il n’y a aucune raison d'agir ainsi. Lorsque Victor Hugo décrit l’habitat des Thénardier, sa plume est toujours aussi belle, il ne se met pas à écrire comme parlait un charretier à son époque. Sans toutes ces maladresses Joe Hill aurait pu être un chef d’œuvre. Il demeure seulement un film fort n’ayant pris aucune ride dont on ne ressort pas indemne et par ce fait, un peu plus aguerri des mœurs des années 1910 aux USA.
Superbe film dense et fort. Un drame bouleversant dans sa dernière partie. C'est d'ailleurs étonnant ce changement de ton entre la joie du début: l'exaltation et la résignation peut-être malgré l'engagement de cette homme pour le droit des travailleurs. On sent un peu de Ken Loach mais on est vite happé par un grand souffle dans son parcours et ses actions. Il n'est pas leader mais il a des convictions en lui. En prime une chanson de Joan Baez qui s'intitule tout simplement Joe Hill comme un souvenir poignant d'un homme qui s'est batté pour les autres.
Inspiré de la vie du célèbre militant syndicaliste, un biopic séduisant et engagé sur l’injustice sociale, porté par l’interprétation puissante de Tommy Berggren. Prix spécial à Cannes en 1971. 3,75
Le cinéma de Bo Widerberg est souvent premier degré : simple, direct, parfois cru même, dans une sorte de naturalisme social et esthétique. Mais l'image dans ses films, et j'inclus bien sûr Joe Hill, vibre d'une intensité forte et continue.
Widerberg accorde un grand soin à l'image : la composition des plans et les mouvements d'appareils restent modestes, mais le cadrage et surtout la photographie sont somptueux, notamment dans ses films en couleurs.
Plus encore, ce qui vibre dans ses plans, c'est l'être humain. Widerberg capte les attitudes, les visages, les mots échangés. C'est un cinéaste humaniste et social, dont les ouvriers et les classes populaires sont souvent au cœur de ses œuvres.
Joe Hill est ainsi un film fort sur l'exploitation des travailleurs et leurs rêves d'émancipation, dans des États-Unis hostiles aux immigrants. C'est un long métrage magnifique, qui déchire le cœur... Mais Bo Widerberg ne sombre pas dans le mélodrame ou le misérabilisme. Ses héros et héroïnes conservent une dignité tout du long. Et même dans les moments particulièrement difficiles, Widerberg fait preuve de fantaisie, de poésie et d'humour, comme un pied de nez au destin. Joe Hill est un film inoubliable, tout comme son interprète principal, Thommy Berggren, visage d'une humanité blessée, mais debout.
Un biopic méconnu qui retrace le parcours de Joe Hill, syndicaliste au début du siècle dernier. La reconstitution est irréprochable et les comédiens parfaits.
Ressorties groupées de dix opus de Bo Widerberg, dont l'importance a été longtemps minimisée par la critique malgré les prix qu'il obtint dans les festivals internationaux.
Son opposition radicale et revendiquée à la conception du cinéma soutenue par son compatriote Ingmar Bergman ( il lui reprochait son désintérêt pour les considérations sociales ), n' y est peut-être pas pour rien.
Sorte de retour sur le parcours de Joe Hill ( martyr du syndicalisme américain et figure aujourd'hui mondiale de la défense des droits des plus démunis ) de son arrivée sur le sol américain en 1902, en provenance de Suède, jusqu'à sa fin tragique en 1915.
Prix du jury ( Cannes 1971), " Joe Hill" fut tourné en partie sur le sol américain. Il fut terminé en Suède après les conflits que Widerberg rencontra avec la production américaine.
C'est réussi. On peut juste regretter le survol un peu lointain de l'affaire qui valu la condamnation à mort de Joe Hill.
A t il été sacrifié pour éviter à certains leur perte de pouvoir ? Était il coupable ? On sent que le parti de Widerberg est pris et que ce n'est pas ce qui l'intéresse.
Trois décennies plus tard Kenneth Loach fera aussi le voyage aux USA pour son " Bread and roses " (2000) dont le titre fait écho à un évènement évoqué plusieurs fois dans l'opus de Widerberg.