Cinquième long-métrage du talentueux David Lynch, Sailor et Lula, vainqueur de la Palme d'Or au Festival de Cannes 1990, est une oeuvre qui intrigue autant qu'elle laisse perplexe.
Sailor et Lula sont fous amoureux l'un de l'autre et rien ne peux les séparer. Rien, sauf peut-être la mère psychopathe de la jeune femme, qui s'oppose catégoriquement à cette liaison. Quand les jeunes amants fuient pour échapper à Marietta, cette dernière envoie Santos, un dangereux gangster, dans le but de mettre fin à la vie de Sailor. Ce ne sera que le début de rencontres toutes plus étranges, inquiétantes et dangereuses les unes que les autres. David Lynch met donc ici en scène une société des plus décadente, névrosée, compulsive et obnubilée. Le monde autour des jeunes amant est terriblement inquiétant, voir alarmant. Tout n'est que sauvagerie, violence, chaos, sexe et cruauté. Sailor et Lula, quant à eux, tentent désespérément de faire vivre leur amour passionnel au sein de cette névrose collective.
Nous l'aurons donc compris, dans Sailor et Lula, David Lynch enchaîne les extrapolation des faits et gestes que chacun des personnages. Tout dans cette oeuvre est poussé à l'extrême. Les allusions au feu, symbole du sexe, se multiplient, les images cauchemardesques et oniriques s'accumulent, l'autorité parentale devient de plus en plus abusive, l'ambiance passe de chaude à brûlante. Seulement, si l'oeuvre de Lynch nous évoque des tas de choses, elle ne nous parle clairement que très peu, ce qui conduit, bien évidemment, à un manque d'intérêt. Heureusement, certaines séquences restent tout bonnement stupéfiante et d'une étrangeté rare. Le côté intriguant a donc souvent tendance à prendre le dessus.
Au final, Sailor et Lula est un road-trip taré, psychotique, satirique et cartoonesque, se moquant de sa propre naïveté. On aime la vision artistique de David Lynch, on aime moins son manque d'objectif scénaristique.