10242 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
349 critiques spectateurs
5
75 critiques
4
108 critiques
3
67 critiques
2
49 critiques
1
37 critiques
0
13 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Grouchy
144 abonnés
1 033 critiques
Suivre son activité
2,5
Publiée le 10 avril 2014
Une fois que Lynch, cinéaste de l'onirique et de la nostalgie de l'expérimental, est lancé avec de grosses productions à sa garde, rien ne l'arrête pour ce qui est de créer des images mentalement impressionnantes. Sailor et Lula conte l'exil forcé de deux amants, histoire mille fois revue mais sous un angle particulier, surtout celui de Lynch, cela peut être intéressant. Ce qui est clair, c'est que la mise en scène dans ce film est le seul point fort ; d'abord expliquons : Lynch débute le film sur une explosion d'allumettes, symbole de la passion dévorante. Le motif des flammes reviendra à plusieurs occasions, sous la forme d'un incendie par exemple, pour montrer son effet dévastateur. Le montage image et son s'occupe aussi de la mise en scène : le craquement des allumettes ressemble à une explosion cataclysmique, les cris pendant le concert faisant penser à des hurlements de souffrance. Le grotesque est fréquent chez Lynch, et ce qui renforce son style, en contribuant à l'apport d'humour : la voix de canard du client de bistrot, les personnes agées tout droit sorties d'une caricature, la fin du méchant tellement illogique que ça en devient décalé. Mais derrière cette réalisation excellente se cache une mièvrerie de l'histoire romantique : les séquences de déclaration d'amour chantée de Cage frôlent le ridicule, surtout au final typique d'une comédie musicale niaise. Le jeu d'acteur est passable, sauf Dafoe qui, malgré une prestation scotchante, semble arriver de nulle part. Cage en fait dans le rôle du beau séducteur et Dern, insupportable actrice, ne peut s'empêcher de grimacer et de crier "Sailor" de façon hystérique. Les adversaires, la mère et le bandit, sont visiblement mis en retrait et remplacés par un duo identique dans le fond, celui de Dafoe et de la femme à la perruque blonde qui renvoie à la mère. Beaucoup d'éléments sont responsables de la faiblesse du film, on peut supposer que la réalisation de Lynch peut seulement valoir le coup.
Après le très bon "Blue Velvet", David Lynch réalise en 1990 "Sailor et Lula", qui remporta la Palme d'Or à Cannes la même année. L'histoire, Sailor (Nicolas Cage) et Lula (Laura Dern) couple follement amoureux s'enfuit sur les routes désertiques du Texas en quête de liberté. La mère de la jeune femme (Diane Ladd), désapprouvant cette union, se met à sa recherche aidée de son mari (Harry Dean Stanton) et d'un inquiétant gangster (J. E. Freeman). Les deux amants vont vivre une cavale faite de rencontres improbables et d'obstacles inattendus. Dès les premières minutes Lynch annonce la couleur avec cette scène où le personnage de Cage tue brutalement devant les yeux de tout le monde un homme ayant juste manqué de respect à Lula sur fond de musique métal, ce film se veux clairement sulfureux et extrême. Le réalisateur revisite en quelque sorte l'histoire de Roméo et Juliette en mode trash, mais avec des nuances poétiques, le passage du concert où l'on passe des riffs endiablés de heavy métal au chant doux et passionné de Sailor sur "Love me Tender" exprime parfaitement cette image. Ce film évolue lentement mais sûrement, un road movie fou à la mise en scène allant encore plus loin que son précédent long métrage, et qui montre déjà les prémisses de celle de "Twin Peaks". Le thème du conte est très distinctement identifiable (boule de cristal, sorcière, fée ...) et contraste avec cette débauche de violence et sa galerie de personnages tous aussi atypiques et macabres; d'ailleurs la prestation de Willem Dafoe est a souligner, il est absolument parfait dans son rôle de truand flippant et déjanté. Mais voilà, je dois bien l'avouer, "Sailor et Lula" est le Lynch que j'apprécie le moins, même si il a des qualités de réalisation indéniables, une belle palette visuelle et une interprétation globalement positive, je l'ai trouvé beaucoup moins captivant et immersif que ces autres films, les défauts que je trouvais à "Blue Velvet" se sont ici amplifiés. La bande son est également assez décevante ainsi que la fin du film, bizarrement trop "happy end". Néanmoins c'est loin d'être un mauvais film et il reste tout de même à voir si on s'intéresse au parcours du réalisateur.
Il me semble intéressant de comprendre pourquoi Lynch réussit à faire des films barrés et étranges là où d'autres échouent totalement. C'est qu'il arrive à faire des films simples sur la forme, que l'on peut suivre (plus que Lost Highway en tous cas, où il faut juste ne pas chercher à comprendre et se laisser porter), mais où tout est tellement barré, décalé, qu'on est pris dans une folie furieuse, sulfureuse, dont on ne sait pas trop quoi penser. Tout le film est comme ça. Dès le début tout est barré, taré, ça crie, le sang gicle, on ne sait pas où on est mais on y est et on le suit ce couple. On se permet du sexe, de la violence, et finalement c'est comme dans Blue Velvet, le mode (les usa) est taré, c'est rare de voir un film où tous les personnages sont aussi fous, sex-addicts, crient autant. Mention spéciale à Willem Dafoe, qui a un rôle juste énorme. C'est vraiment un rôle sur la folie, la folie du monde et l'envie de se défendre contre lui. Ça fait plus que plaisir de revoir Laura Dern enfin sur le devant de la scène, elle m'avait déjà bien plu dans Blue Velvet, et surtout Nicolas Cage, à l'époque où il avait de bon rôles et était dirigé par de bon réalisateurs. J'aime beaucoup toutes les petites scènes de folie, de danse très énergiques, parfois hypnotisantes, comme lorsque Dafoe vient "embêter" Lula et répète "fuck me" à l'infini (beau programme). Ce n'est pas aussi labyrinthique que Lost Highway, peut-être plus accessible (bien que je ne trouve pas qu'il faille surinterpréter ses films, au contraire), mais plus romanesque, plus fou, tout est fou, et c'est toujours mis en scène avec soin. La fin est géniale, Lynch se permet tout, tous les retournements improbables, cette fin donne un sentiment de liberté et de n'importe quoi complètement réjouissant, mais maîtrisé, ça n'est pas maladroit où n'arrive pas comme un cheveu sur la soupe froide. Pour résumer, c'est à voir.
Avec "Sailor & Lula", palme d'or au festival de Cannes 1990, David Lynch nous emmène dans son monde bizarre, romantique et violent (même si il nous a habitué à un peu mieux de ce point de vue là), pour suivre la cavale d'un jeune couple amoureux et paumé. L'atmosphère sensuelle et malsaine est prenante et l'étrange galerie de personnages que nous décrie Lynch est fascinante, que ce soit le héros en santiag, veste en peaux de crocodile et un peu sous-Elvis, sa sensuelle et un peu nunuche copine blonde, la mère de cette dernière un peu folle et psychopathe ou encore le déjanté Bobby Peru. Une mise en scène bien dans le style de Lynch, ce qui n'est pas pour déplaire loin de là, assez sombre et étrange. Le casting est à la hauteur de son talent, que ce soit Nicolas Cage, Laura Dern ou encore William Dafoe. Le récit se suit sans longueurs, entrecoupé de scène de sexe ou de violence, frôlant parfois le ridicule mais sans jamais y tomber. Ce n'est pas le meilleur film de son auteur (la concurrence est assez rude) mais ce serait bête de passer à coté de ce bon et original film, à l'atmosphère prenante et au style souvent fascinant.
Le deuxième vrai "Lynchien" des films de Lynch est un de mes préférés. Il mêle à la fois ses profondes et obscures obsessions et la poésie qui le caractérise. Ce film a plu car il présente des personnages qui sont des figures emblématiques, de vrais héros : Sailor, l'amant parfait, doux mais aussi fort et tumultueux. Il a ses idéaux (le manteau, "le symbole de ma personallité et de mon amour pour la liberté !") et c'est ce qui en fait un personnage total. Lula est charmeuse, d'une beauté subtile, elle est pleine de tourments et de grandeurs. Et en face, la mère, la sorcière des contes, le loup. Le film reprend donc, dans un contexte américain, fun, dingue et branché un schéma narratif de conte avec le style bizarre de Lynch. Evidemment, c'est réussi, évidemment c'est fun. Une fin emblématique mais oui, magnifique
"Sailor et Lula" est une formidable histoire d'amour mettant en scène les excellents "Laura Dern" et "Nicolas Cage" et qui emprunte aussi au road movie et au film policier. Complètement déjanté et rythmé, servi par une excellente BO signée par le grand Angelo Badalamenti, ce film culte n'a pas volé sa palme d'or au festival de Cannes en 1990. Excellent.
Variation sur le magicien d Oz et blanche neige; Sailor et Lula s il présente quelques beaux moments de cinéma et de belles trouvailles manque à mon avis de folie aussi paradoxal que cela puisse paraître. Je suis vraiment resté étranger à la passion entre les deux personnages signe principal selon moi des manques du film. Je retiendrai surtout la performance hallucinée de Willem Dafoe et le braquage à coup sur le grand moment du film.
La cavale sauvage de Sailor, bad boy au grand cœur, et de sa fiancée Lula, traquée par des tueurs. Un road movie trash et grandiose de David Lynch peuplé de passages inoubliables. Palme d’or.
Un film exceptionnel. Passion, Obsession, violence toute relative chez les deux acteurs en couverture. On se niche d'emblée dans leur mode de fonctionnement, d'amour et de quête de liberté. On ne s'en lasse pas.
Le chef d'oeuvre de David Lynch qui réunit Nicolas Cage avant sa période de mauvais films depuis 60 secondes Chrono, Laura Dern avant la saga Jurrasic Park, William Dafoe avant Speed 2 et la saga Spider-Man , Isebella Rossellini avant Phantom, le masque de l'ombre , Crispin Glover après Retour vers le futur, Sheryl Lee avant Twin Peaks , le film, Vampires , Winter's Bone, Killing Fields !!!
Très particulier ! Oscille entre le bon avec les couleurs du film, le caractère des personnages, une ambiance et une folie bien rendue... on se dit que les acteurs ont du passer de bons moments ! Et le moins bon avec une lenteur parfois ennuyante, des dialogues pas à la hauteur du reste, si bien que le sentiment est de se retrouver avec une œuvre stylistique plutôt qu'un véritable divertissement cinématographique. A noter que pour ce genre de film, où les gros plans sur les personnages occupent la moitié du temps et que l'accent est mis sur le jeu des acteurs tout particulièrement, le regarder en VO est un vrai plus pour l'immersion.
Sailor et Lula est sans conteste le pire fil de Lynch et pourtant il a reçut à Cannes la Palme d'or en 1990. C'est un assemblage de trucs qui n'ont ni queue ni tête, faisant tomber le film dans le ridicule le plus profond. De plus les acteurs jouent terriblement mal,Lynch fera nettement mieux par la suite.
David Lynch s’embarque alors dans un véritable road movie qui va renforcer l’amour que se portent les deux personnages. Mais on connait bien le réalisateur et le voyage ne sera pas de tout repos. Ainsi, les rencontres qu’ils vont faire seront pour le moins originales, en particulier lorsqu’il tomberont sur un gangster dégénéré et sa copine qui l’est tout autant. Entre des séquences purement pop et d’autres sacrément hallucinatoires, le film trouve son chemin iconoclaste.
A la fois conclusion légitime d’une décennie où la violence humaine trouvait enfin une place centrale dans le cinéma hollywoodien et essai stylistique qui annonçait l’expressionisme enragé dont fera preuve David Lynch dans sa série Twin Peaks, Sailor et Lula restera pour longtemps un film iconique de la façon lyrique de filmer cette violence. Si sa Palme d’Or fut méritée c'est incontestablement grâce à cette peinture à la fois poétique et terrifiante d’une passion romantique au cœur d’un univers régi par sa folie criminelle. Dans cette adaptation d’un roman de Barry Gifford, la mise en scène typiquement lynchéenne appuie la rudesse psychologique de ce road-movie onirique et la complexité de ses personnages mémorables. Nicolas Cage et Laura Dern, qui forment là un couple explosif mêlant sensualité et vivifiant, incarnent sans conteste les rôles les plus cultes de leur carrière. Porté par une musique enivrante de dynamisme, ce conte de fées moderne, parfois grotesque et poussif mais toujours obsédant.