Cupide, violent et tristement seul, voici la réussite d'un jeune Coréen sur le sol Japonais. Quatre décennies d'une vie familiale tourmentée, malmenée par ce paternel, raconté par l'un de ses fils. Le petit quartier d'Osaka cache bien des secrets et mets en lumière toutes ses misères. Takeshi Kitano dans l'un de ses meilleurs rôles. Et un récit, bien que parfois dissipé par le contexte politique, concerve une incroyable rigueur.
Ca pouvait être un très bon film cependant le récit reste assez brouillon par moments. On a du mal à comprendre qui est qui et certains détails de l'histoire m'ont échappé. Pourtant le réalisateur avait tout son temps pour mettre un peu d'ordre dans ses idées.
Si vous n'avez pas le coeur assez bien accroché, ne regardez pas ce film ! Ce n'est pas un film d'horreur, c'est uniquement un film fait sur la force du paternalisme, qui a longtemps sévi en Extrème Orient, avec les dérives que l'on voit dans ce film. Ce film me touche davantage, car il m'évoque bien des côtés personnels: la toute puissance du "Père" qui peut faire ce qu'il veut, avec sa femme et ses enfants ! On est bien loin de la société ultra-protectrice de nos jours. Mais bon, il faut s'en rappeler !
Blood and bones est d'une dureté et d'une beauté incroyable, la vraie vie à l'ancienne, où la poigne de Beat Takeshi nous plonge dans le Japon traditionnel. Le jeu d'acteur de Kitano est incroyable, les paysages sont splendides, la représentation de l'ancien temps impeccable et le sujet parfaitement traité. Un vrai torsionnaire, englué dans sa fortune, qui s'en cogne complet de sa propre famille, qui peut les laisser moisir sans problème mais qui parfois parvient à avoir de la tendresse quand il prend soin de sa première maitresse cancereuse, quand de l'autre côté est capable de violer de nombreuses autres femmes. L'un des plus grands films du maître.
Bien que tirant un peu trop sur le pathos et les ressorts dramatiques, ce "Blood and Bones" dégage une certaine force, une dureté qui tourne exclusivement autour du personnage torturé incarné par Takeshi Kitano. Un bon film.
Blood and Bones est d'une beauté froide. Il est âpre, il est dur. Takeshi Kitano est absolument magistral dans cette épopée familiale tragique. En fait il n'y a pas grand chose à redire, car pour une fois le résumé est extrêmement parlant : le (anti) héros du film "se condamnera à la solitude, puisqu'il n'aime que ce qu'il a détruit"... Imaginez ce personnage torturé et violent mis en scène de façon épurée (on retrouve toujours les mêmes décors, les couleurs sont très unies...) mais efficace (les plans séquences finaux sont magnifiques), et vous avez Blood and Bones. Ce film réussit à fasciner alors qu'il montre l'ascension et la déchéance d'un pourri, comme ça, sans rien y faire. On sait dès le début, grâce à la narration en voix off de Masao, que l'homme fera un carnage autour de lui. On suit ce parcours au cœur de l'horreur avec un sentiment particulier. Sans être ému ou pris aux tripes, c'est autre chose... Mais ce n'est pas de l'indifférence. C'est presque insaisissable. Mais j'aurais préféré, je pense, être prise aux tripes plutôt qu'être incapable de mettre des mots sur ce que j'ai ressenti face à Blood and Bones.
Voici un film d'un genre qu'on croyait oublié, ne faisant plus que la joie des chaînes de TV, la saga. Sauf que là, Dolmen & Co, c'est de la rigolade ! Rien ne vous sera épargné, violence sanglante, violences aux femmes, alcoolisme, suicides, euthanasie, lobotomie, viols, à la limite de l'inceste, bref, la super famille que tout un chacun imagine au fin fond d'une province centrale et perdue de notre pays … en 1650. Là, c'est Osaka entre 1910 et 1980, la venue au Japon d'un coréen (sic) joué par Kitano. Lui seul porte le film à bout de bras, on est toujours très proche de l'écœurement mais son personnage incroyable nous amène à rester et voir jusqu'où le réalisateur veut aller. Et jusqu'où Kitano peut se rendre immonde et abject. On est donc très loin d'un "été à Kirujiro" ! Si on accepte ces grosses ficelles, on rentre assez facilement dans le récit, souvent bien joué, même si pour un français ce n'est pas toujours facile de s'y retrouver entre les coréens et les japonais, mais aussi les multiples frères, beaux-frères et autres demi-frères dont certains se ressemblent beaucoup. L'intérêt principal en dehors de la présence de Kitano est l'évocation d'un quartier d'immigration coréenne dans ses aspects quotidiens, de la première guerre mondiale jusqu'aux avions de ligne à réaction. Mais aussi la mise en scène des cérémonies et des coutumes qui sert souvent le récit au lieu d'amener des lenteurs. En un mot comme en cent, c'est exotique. Ce n'est pas un grand film (sauf par la durée) puisque le sujet ne pouvait pas se faire déplacer les foules ou les producteurs, on a donc droit à quelques effets spéciaux cheap, mais rien de grave. La musique est lancinante mais correcte, et la manière de filmer particulièrement neutre pour mieux se concentrer sur les personnages. Mais c'est une sacrée partie de plaisir malsain quand même. C'est une impressionnante performance de l'acteur principal, qui gagne au fur et à mesure ses galons de pro pur et dur en dehors de ses réalisations personnelles.
"On n'échappe pas à son destin!" Voilà ce qui ressort de ce film! Le personnage principale en est d'ailleurs la principale victime, et il le sait, mais puisque c'est ainsi!... Et ce Kitano!... Toujours le même type de jeu, les mêmes gestuelles, la même tenue, la même démarche ; et en ce qui concerne les dialogues, toujours aussi peu loquasse le type, et pourtant... toujours dedans! Et avec une telle élégance!
Magnifique film ou le comédien Kitano offre toute sa palette d'acteur, car aucun homme ne peut être aussi détestable, avare,odieux et violent dans la vrai vie! Blood and bones est à voir absolument, une merveille du cinéma.
Quel super acteur que ce kitano ! Je suis très surpris encore de sa démonstration qu'il fait dans ce film, il joue parfaitement ce role et donne une dimension à ce film assez tragique. Le film est trop tragique à mon gout.
Impressionnant ! Ce film, très dur, retrace une page de l'Histoire Corée-Japon très peu connue (enfin, surtout de moi). Takeshi san interprète un méchant homme avec un tel talent qu'il en plus que crédible et qu'il laisse un goût amer et une envie furieuse de le voir dans un rôle plus doux.
Sans le moindre doute, Takeshi Kitano obtient ici l’un de ses plus beaux rôles au cinéma avec Blood and bones (2005), une œuvre d’une puissance et d’une rare violence ! Un homme obnubilé par le pouvoir et la richesse s’emmure dans un univers où la solitude et la violence sont omniprésents. Brutal mais charismatique, il passera sa vie entière à être détestable auprès des autres (violant ses femmes, les battant ainsi que ses enfants). Seul Takeshi Kitano pouvait interpréter cet être inhumain (un vrai tyran), redoutable, détestable et increvable (!!). Une performance incroyable, électrisante et stupéfiante, on en reste bouche bée. Yoichi Sai nous dépeint un homme impensable, au grés d’une mise en scène lente et passionnante. Sans temps mort ni lassitude, le cinéaste nous en met plein la vue avec son œuvre saisissante et furieuse. Assurément sa plus belle prestation avec Zatoichi (2003), Kitano confirme son statut d’acteur talentueux et on en redemande !
Bon film, Kitano y est excellent, certaines scènes sont justes magnifiques et pleine de sens… Le personnage principal totalement détestable peut au final se révéler touchant. Mais je n'ai pas réussi à rentrer dans le film, de ce faut je suis un peu déçu…