423 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
72 critiques spectateurs
5
7 critiques
4
41 critiques
3
18 critiques
2
5 critiques
1
1 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Un visiteur
4,0
Publiée le 18 septembre 2012
Film moins universel que "Une Séparation" (parce que moins urbain, moins centré sur le couple et la famille, moins factuel aussi) "Les Enfants de Belle Ville" est tout aussi enthousiasmant. Il y a 8 ans, Asghar Farhadi était déjà un cinéaste accompli, avec une mise en scène simple, un sens très sûr de la durée, et une intelligence bluffante du scénario pour nous parler de l'Iran d'aujourd'hui. Entre tragédie moderne et thriller.
Le rythme du film et les personnages attachants nous amènent très vite au coeur du sujet. Au final, tès belle réflexion autour du deuil et de la perte d'un enfant.
Un vrai moment de cinéma dans la tradition du cinéma iranien ayant réussi encore une fois à exploiter une histoire sociale simple pour faire émerger pleins de questions sur les règles socio-réligioso-morale régissant la société iranienne d'aujourd'hui
Je suis iranien et donc sujet à critiquer plus dûrement les films iraniens & pourtant je ne peux dire que du bien des films de A.Farhadi, ce film & la Séparation montrent la vraie visage d'Iran d'aujourd'hui, avec des gens tout à fait ordinaire mais qui doivent se battre pour résoudre des problèmes extraordinaire.Un film à voir & revoir et à conseiller!!!
Bien réalisé, ne joue pas trop sur l'émotion. Suscite la réflexion. Peut-être une description angélique de la société Iranienne... Mais à vérifier ! Une étude intéressante sur la loi du Talion, la recherche du pardon, le prix du sang, etc. Ebauche la subtilité de l'enseignement apporté par le Coran.
Ce film m'a très agréablement surprise, d'autant qu'aux dires de beaucoup il était inférieur à Une Séparation ou A propos d'Elly, ce qui n'a pas été mon sentiment. J'ai apprécié la richesse de la réflexion, morale, religieuse, amoureuse également et adoré quelques scènes, notamment celle du restaurant. Ce cinéma qui invite Zola et Shakespeare en Iran mobilise autant l'esprit du spectateur que sa sensibilité grâce à une façon de filmer qui suggère beaucoup et évite les lourdeurs (sauf peut-être au tout début). Ce qui est montré ici du "système judiciaire" iranien a de quoi faire frémir tout Occidental attaché aux valeurs laïques et à l'égalité homme-femme mais ce n'est pas cette dimension qui attache au film car on s'intéresse surtout aux cas de conscience des différents personnages, à leurs problématiques qui ont quelque chose d'universel puisqu'il est question de pardon, d'humanité et même en un sens d'héroïsme. Reste que leurs choix ne sont pas libres à cause du poids tragique des mariages arrangés, de l'obscurantisme de la Charia et des entraves de la misère. A ce propos, tout le film montre l'importance non seulement de l'argent (qui résoudrait en partie les choses) mais également des tractations (tout se monnaye, tout se paye). Un film que j'ai trouvé prenant, n'ayant pas du tout ressenti les longueurs que certains lui reprochent. Quant aux acteurs, je trouve qu'ils portent les personnage avec beaucoup d'intensité, de lumière, de grâce et qu'ils sont convaincants d'un bout à l'autre.
Chef d'oeuvre! Je l'ai plus aimé que Une Séparation. A voir absolument. Toujours chez ce realisateur le génie de nous raconter plusieurs histoires qui n'ont qu'un fil.
Il aurait fallu le voir avant les autres pour dire de ce film qu'il est délicieusement magnifique. Les acteurs sont si beaux qu'ils en font oublier les quelques longueurs inhérentes à un premier film.
Magnifique film, à voir absolument. Les acteurs sont formidables, et l'histoire superbement mise en scène. On ne s'ennuie pas une seconde. Asghar Faradi aime ses personnages et nous les fait aimer, même ceux qui, au début du film, nous semblent détestables; en nous dévoilant leurs contradictions, il nous met face aux nôtres et nous fait réfléchir sur le non-choix, un thème qu'il aborde aussi avec brio dans son dernier film "Une séparation". Un conseil: si vous en avez la possibilité, allez voir la V.O. sous-titrée plutôt que la V.F., vous n'en serez que plus émus - les voix françaises ne se marient pas très bien avec ce petit bijou du cinéma iranien...
Akbar a dix-huit ans. Ce simple chiffre le fait basculer d’un centre pour mineurs vers la prison pour adultes, et vers l’exécution pour un meurtre commis à seize ans. Son ami Ala tente alors l’impossible : obtenir du père de la victime un pardon monnayé, selon le principe du « prix du sang ». Le film pourrait être un plaidoyer contre la peine de mort. Il ne l’est pas frontalement. Il pourrait être un mélodrame sacrificiel. Il ne cède pas à cette tentation. Farhadi pose plutôt une question plus inconfortable : que devient la valeur d’une vie lorsque la justice elle-même se négocie ?
La première intuition de mise en scène tient dans le traitement de l’espace carcéral. La prison n’est pas un enfer. C'est un lieu ordinaire qui n'est pas son sujet, mais cette banalité produit un effet plus troublant que n’importe quelle surdramatisation : l'horreur n’explose pas, elle progresse à date fixe. Cette banalité procédurale rend l’exécution plus glaçante encore. Puis le récit se déploie dans la ville, au rythme des démarches d’Ala. Chaque porte frappée, chaque discussion, chaque attente dessine une cartographie de la pression sociale. Plus il avance, plus la solution semble s’éloigner.
Au cœur du film se trouve la loi du Talion. Mais Farhadi ne la filme ni comme une barbarie archaïque ni comme une simple règle religieuse. Le pardon est possible, mais il a un coût (le double de la vie d'une femme). La vie d’Akbar devient un objet de transaction. On parle chiffres, délais, modalités de paiement. Ce déplacement du tragique vers l’économie est glaçant. Non parce qu’il serait cynique mais parce qu’il est rationnel. Le système prévoit la vengeance, la clémence, la compensation. Tout est encadré. Et pourtant, rien ne résout la douleur du père ni l’angoisse d’Akbar.
Farhadi orchestre, ce que l'on pourrait appeler, une guerre du bien contre le bien. Le père endeuillé n’est pas un monstre mais un homme qui tient à la mémoire de sa fille. Ala n’est pas un saint ; son acharnement à sauver son ami frôle parfois la manipulation. Personne ne ment par pure perversité, chacun défend une vérité partielle. La mise en scène épouse cette complexité par une grande retenue formelle. Plans moyens, cadres resserrés, visages filmés à hauteur d’homme.
La relation entre Ala et Firoozeh introduit une ligne mélodramatique que le film traite avec prudence. Elle pourrait devenir un refuge sentimental. Elle ne l’est jamais totalement. Firoozeh aspire à une forme d’émancipation mais elle demeure prise dans des obligations familiales et économiques. L’amour existe dans les regards, dans quelques gestes mais il se heurte sans cesse au poids des contraintes qui les excèdent.
Déjà, Farhadi nous place dans une position inconfortable. Nous comprenons le père, nous espérons pour le condamné, nous admirons la ténacité d’Ala puis nous doutons de ses méthodes. Les Enfants de Belle Ville n’est peut-être pas encore l’architecture implacable d’Une séparation mais on y sent déjà toute sa conviction.