Un film parlant très marqué encore par le muet, Vampyr joue essentiellement sur l'atmosphère lugubre de l'histoire (car celle-ci est très simpliste) et ça marche Dreyer a su à merveille rendre cette ambiance étrange et fascinante des histoires fantastiques et mystérieuses. Vampyr est d'une grande beauté dommage juste que le scénario semble par moment très touffu (mais sans doute est-ce du aussi aux scènes perdues) ; quelques séquences sont vraiment extraordinaires comme cette vue subjective de cet homme coincé dans un cercueil.
Un très bon film, bien réalisé pour l'époque, et qui parvient à nous faire ressentir la peur et l'effroi des personnages, et l'étrangeté de la situation.
Je ne suis pas vraiment fan, mais je dois admettre que le film est visuellement magnifique, avec ses jeux d'ombres et de lumière. Certains plans sont vraiment magnifiques. Et l'actrice qui joue Leone a un regard plutôt terrifiant.
La quintessence du film de vampire, qui mit en place tout les codes du genre (auberge, jeune fille pure...). "Vampyr" est particulièrement marquant pour son grand onirisme (bien plus développé que dans la plupart des autres films du genre) dû à la photographie voilée et brumeuse, aux surimpressions et au jeux trés interessant d'ombre et de lumière caractéristique de l'expressionnisme allemand (quoi que moins tranché ici que dans les autres oeuvres de l'époque). Sans oublié la démarche somnambulique du héros, véritable pantin qui subit plus qu'il ne méne l'histoire. Et que dire de la magnifique réalisation de Dreyer, trés riche et qui ne peut qu'éblouir lors de la scéne en caméra subjective de Gray enfermé dans le cercueil. Un grand moment de cinéma. Autre moment fort du film, le regard glaçant de Sybille Schmitz. Le symbolisme est, comme dans tout les bons films de vampire, trés poussé, voir même un peu trop en se qui concerne le christiannisme. C'est le seul défaut de se film, que tout bon cinéphile se doit de voir.
Chaque plans est travaillés (jeux d'ombres, surimpressions et autres détails, ...), pour plonger le spectateur dans un monde extrêmement étrange (j'adore l'étrangeté au cinéma). Le jeux des acteurs (volontairement lent), les lumières et mouvements de caméras sont parfait pour instauré un climat surnaturel. Par contre le scénario est trop simple.
Vampyr de Dreyer est un monument, la quintessence de la finesse esthétique, de la subtilité des éclairages, de l'atmosphère angoissante et de la poésie dans le surnaturel. Réalisé en 1932, il est sans aucun dotute le film instigateur de tous les clichés des films insipides que nous propose la science fiction aujourd'hui: un héros voyageur, une halte dans une auberge peu sûre, la victime féminine, le rituel de la mise à mort du vampire... Néanmoins, et c'est en cel qu'il est exceptionnel, Vampyr ne se limite pas à une histoire banale comme nous avons l'habitude d'en voir, bien au contraire. La majestuosité des plans où Dreyer parvient à filmer l'invisible, où la moindre ombre suspecte semble devenir une créature mystique, où tout se conjugue avec une beauté ineffable... Que d'audaces visuelles ( a-t-on déjà vu plus belle séquence que quand David Gay est dans son cercueil et qu'il voit par une ouverture vitrée le chemin menant au cimétière ? Permettez moi d'en douter.) et que de prouesses cinématographiques pour un film qui ne dure même pas 1h30 ! Toutefois, je ne peux pas mettre les cinq étoiles car le manichéisme (d'un côté les bons et de l'autre, les gentils) teinté d'un insupportable christianisme m'a un peu refroidi quant à la portée intellectuelle de ce film. Mais il ne fait aucun doute que Vampyr est une perle du septième art.
Film en demi-teinte, parlant mais plus proche du cinéma muet que d'autre chose, Vampyr est une expérience somme toute assez troublante, une oeuvre précise d'une modernité certaine mais qui - en paradoxe - a bien du mal à traverser les âges. Je m'explique : si la maîtrise formelle de Carl Dreyer est indiscutable - direction d'ombres comme on en a rarement vu, servant à merveille cette invitation au voyage au coeur des ténèbres - son hésitation narrative l'est franchement moins. A la fois terriblement virtuose dans ses cadrages et ses surimpressions et cruellement desservi par ses dialogues anecdotiques, Vampyr avance un peu à cloche-pied tout en suscitant l'intérêt ( il faut bien reconnaître que chez les cinéastes le passage du cinéma muet au parlant en a désorienté plus d'un ). L'oeuvre de Dreyer aurait gagné à être plus radicale - c'est à dire intégralement muette - tant la parole semble ici vouloir combler les vides, sans vraiment s'imposer pour autant... Bref une déception pour un film aux partis-pris pas totalement condamnables mais sérieusement maladroits. Préférez La Passion de Jeanne D'Arc, objet sublime qui réserve l'une des compositions d'actrice les plus impressionnantes de l'Histoire...
Dans ce que le cinéma a fait de plus abouti dans l'approche de l'occulte et du surnaturel. Pour cela Dreyer perfectionne des techniques découvertes par le cinéma expressionniste allemand (les jeux d'ombres et de lumières, les surimpressions...). Les scènes oniriques rappellent ce que Bunuel a fait de mieux dans le genre. Le film est inspiré de Sheridan Le Fanu, du versant saphique donc du mythe du vampire. Un chef d’œuvre inaugural comme le Nosferatu de Murneau (adapté lui du roman de Stoker).
Regarder ce film avec nos préconceptions actuelles revient à ne pas le regarder du tout.
Non. Les vampires n'ont pas été inventés par Anne Rice. Non. Ils n'ont jamais été QUE des esthètes endimanchés. Non. Une femme vampire ne s'appelle pas forcément vampirella ou buffy.
Oui. Si vous souhaitez voir un film d'action surbienkitue alors regardez les navets twilightiens.
Et si l'on convient qu'un vampire est un être surnaturel, alors nous devons convenir que ce film est l'un des seuls qui fasse hommage à notre figure mythique.
Quant aux désespérantes critiques sur la pseudo-lenteur du film que l'on peut lire sur ce site... doit-on répondre que l'action n'était pas ce à quoi tendait ce film ? ... mais plutôt à l'onirisme contemplatif (n'oublions pas la composante chrétienne qui suinte tout au long).
A voir absolument.
Ma chronique plus détaillée : http://blog.vampirisme.com/vampire/?635-dreyer-vampyr-etrange-aventure-de-david-gray-1932
Le film est lent, très lent, trop lent, je dois avouer que le premier quart d'heure est vraiment pas assez rythmé pourtant l'oeuvre dégage une poésie, un certain lyrisme, des plans pas mauvais du tout, mais seulement j'ai envie de dire qu'à l'époque on pouvait déjà faire des films où l'on surjouait moins (l'Aurore) et des films plys dynamique (même si moins lyriques) dans le même registre vampiresque. N'en reste pas moins une oeuvre même si imparfaite de nature, troublante, peut-être même un des films les plus troublants sur les vampires qui soit, mais pourquoi cette lenteur ?
Un film vraiment intéressant sur le point de vue scénaristique. La photographie est d'époque et on ne peut donc pas vraiment en tenir compte car cela n'enlève vraiment rien au film qui doit être un des meilleurs que j'ai jamais vu. L'histoire est bien posée, pas d'élément en trop. J'ai aussi beaucoup aimé le jeu d'ombres au début du film, qui lui apporte un plus et qui fait partie de tous ses petits détails, qui font du film un excellent film à mon goût. Peut-être juste un peu trop court.
C'est lent, tres lent, ennuyant meme. Mais par moment, on se laisse emporté par la beauté et l'imagination de certains plans. De la poesie se degage alors de l'ensemble.
La crédibilité des situations, qui jouent surtout sur l'occulisme vampirique, et la psychologique ne sont pas foncièrement convaincantes mais il faut bien avouer qu'en dépit (ou peut-être grâce !) de cela «Vampyr» dès les premières images arrivent à créer un climat unique d'angoisse. Loin du statisme de la mise en scène d'un Tod Browning dans «Dracula», Carl Theodor Dreyer au contraire grâce à l'utilisation de nombreux mouvements de caméras parvient à rendre son déroulement de son récit fluide. Et puis certaines scènes sont inoubliables, comme par exemple l'enterrement vu du point de vue du mort ou encore le visage de la jeune fille lorsque celle-ci est possédée, sans parler de la photographie en noir et blanc brumeuse. Ses critères arrivent à faire de «Vampyr» une oeuvre totalement unique dans l'histoire du cinéma.
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4,0
Publiée le 7 mars 2014
C'est au dèbut du cinèma parlant qu'apparut "Vampyr - Der Traum des Allan Grey" de Carl Theodor Dreyer, connu aussi sous les titres: "La sorcière vampire" et "L'ètrange aventure de David Grey", mais pour des raisons commerciales, et d'adaptation plus ou moins varièe! Quand il l'entreprit, en 1930, Dreyer ètait l'un des rèalisateurs europèens vouè aux plus grandes rèussites! Deux ans plus tôt, "La passion de Jeanne d'Arc" avait donnè toute sa gloire à celui qui n'ètait qu'un jeune cinèaste danois n'ayant jusque-là rèalisè que quelques mèlodrames influencès par Griffith! il ètait devenu le plus prestigieux nom de la dernière ètape du cinèma muet et son "Vampyr - Der Traum des Allan Grey" lui valut - à tort - un ènorme èchec critique et commercial! Certes, cette oeuvre unique en son genre ètait une entreprise comportant pas mal de risques! En adaptant un roman de Sheridan Le Fanu, Dreyer renonçait aux effets de montage propres à "La passion de Jeanne d'Arc": l'unique morceau de bravoure, le seul apprèciè par la critique, ètait la sèquence nous prèsentant un enterrement vu de l'intèrieur du cercueil par le prètendu cadavre! La suite accordait la primautè de la poèsie propre de l'image sur les recherches techniques - ce qui allait dominer plus tard les films de Dreyer! La photographie ètait estompèe, volontairement floue, donnant à des acteurs aux attitudes hièratiques des aspects fantomatiques, et transformait l'oeuvre nèbuleuse et solennelle en un rituel obsèdant des tènèbres! La sensualitè toute nordique du cinèaste face à la nature jouait sur les bois et les prairies entourant la sinistre demeure du vampire! Un film comme "Vampyr - Der Traum des Allan Grey" aborde une thèmatique connue ou semblent se situer, comme "L'annèe dernière à Marienbad" d'Alain Resnais, sur une ligne expèrimentale sans aucune rèfèrence, absolument nouvelle! Par sa singularitè, il s'èloigne de la tradition de laquelle il semble vouloir se rapprocher! Voilà ce qui me permet principalement de le considèrer comme une des oeuvres maîtresses du cinèma fantastique...