Mémoires de nos pères
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685 critiques spectateurs

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ronny1
ronny1

57 abonnés 913 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 octobre 2022
Si globalement la critique française fit un bon accueil à « Mémoires de nos pères » (Flags of Our Fathers) certains ont vu un film hollywoodien, américain, propagandiste, etc… Il faut dire que cela commence comme « Saving Private Ryan » de Spielberg, qui est ici producteur aux côtés d’Eastwood. La scène de débarquement est un peu moins gore, mais elle tape pas mal, elle aussi. Et puis, lentement, intercalés dans le carnage, d’interview en interview, de séquences d’attente des proches au pays, réunis autour d’un repas, le film bascule dans la dénonciation de cette inhumanité absolue qu’est la guerre, mais sans jamais tomber dans le pacifisme angélique. Puis vient la photo et son utilisation. Avec une maestria sidérante et une photographie colorée contrastant avec le monochrome des scènes de bataille, le réalisateur et ses scénaristes développent une dissection de la manipulation au travers de la com. Photo reconstituée, faux héros et shows gigantesques servent avant tout à récolter des fonds afin de continuer la guerre pour défaire définitivement les forces de l’axe. Chacun des trois héros bidon représente symboliquement une étude comportementale dont la descente psychologique et les doutes les affectent plus ou moins. En premier le bellâtre qui a passé plus de temps à se planquer qu’à se battre, qui ne rate pas une occasion de se mettre en avant et qui se fait harponner par une morue qu’il finit par épouser. Plus nuancé est le cas du « Doc ». Après tout il a sauvé des vies et s’est fait blesser dans un ultime secours. Il est sans doute le plus proche de l’idée que chacun peut avoir d’un héros. Pourtant il sera tourmenté jusqu’à la fin de sa vie par le souvenir de ceux qu’il n’a pu sauver, comme Iggy, jusqu’à son lit de mort. Enfin l’amérindien, qui ne voulait pas participer à cette mascarade médiatique et mercantile, ne s’en remettra jamais, au propre au propre comme au figuré. Pour lui la politique est comme la guerre, cette derrière paraissant juste plus immédiatement violente. Ce n’était que le début. Bien après le générique de fin, le malaise quant à la valeur superficielle de la politique spectacle actuelle, s’installe peu à peu dans nos têtes. Rerevient alors le souvenir de la manipulation plus récente (une vidéo cette fois), celle du levé de drapeau sur l’ambassade US à Bagdad. Donc, contrairement au premier degré de Spielberg, Eastwood en livrant un regard critique, qui n’évite pas le côté sale et obscur de l’histoire américaine, sur la plus célèbre photo de la deuxième guerre mondiale, devenu patrimoine de l’US Army, rejoint le grand cinéma d’Hollywood, celui qui questionna bien souvent les valeurs fondatrices des Etats Unis. A l’opposé de John Ford avec « L’homme qui tua Liberty Valance », il a choisit de ne pas imprimer le mythe. Comme souvent dans la deuxième partie de sa filmographie, l’humain et la raison l’emportent, si bien que malgré les moyens déployés, le déroulé reste constamment à hauteur d’homme. Ce grand film est suivi par son contre pendant en langue japonaise : « Letters from Iwo Jima ».
Yann IVON
Yann IVON

31 abonnés 57 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 avril 2022
Un film de guerre au réalisme insoutenable dans ses scènes de bataille , réalisées avec une très bonne maîtrise technique.
Une certaine réserve sur le traitement du drame humain qui se tisse avec des flashs backs trop éparpillés ; la trame dramatique est un peu trop répétitive.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 14 février 2021
Clint Eastwood abandonne les films a visée purement commerciale et laisse place à la mise en scène de thèmes qui lui tiennent à cœur, son cinéma prenant un virage plus intimiste. Il explore les rouages de la bureaucratie et de la politique américaine durant la seconde guerre mondiale, mettant en évidence le contraste entre les soldats au front et ce qui paraissait dans les journaux. Ce film est très riche sur le plan historique et sur le plan humain.
Lilasmrg
Lilasmrg

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3,5
Publiée le 8 janvier 2021
Le film est difficile à comprendre, il faut bien suivre les personnages et retenir qui est qui, pour ma part je n'avais pas bien saisi les noms, j'ai dû le regarder une deuxième fois pour mieux comprendre l'histoire. Sinon, le film semble révéler indirectement à quel point les rescapés de la guerre étaient abandonnés à leur sort à leur retour, d'abord accueilli comme des "héros" mais pas réellement traités en tant que tel puisque la Guerre terminée, on estimait qu'ils appartenaient à un passé révolu, en les abandonnant pour certains alors qu'ils étaient estropiés, sans famille, sans amis (morts à la guerre)... Il délivre une triste réalité. Bon film.
GéDéon
GéDéon

140 abonnés 735 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 février 2023
En 2006, Clint Eastwood retrace un fait historique, celui de la bataille d'Iwo Jima dans le Pacifique durant la Seconde Guerre mondiale. Ce combat, qui a couté la vie à près de 30 000 soldats américains et japonais, est intelligemment abordé par l’histoire de trois militaires US (Ryan Phillippe, Adam Beach et Jesse Bradford) sensés avoir planté le drapeau de la victoire au sommet de l’île. Rentrés au pays et propulsés comme des bêtes de foire pour servir la propagande américaine, on suit leurs désillusions. Bref, ce film de guerre, profondément pacifiste, qui rend hommage aux combattants anonymes, ne peut être dissocié du second long-métrage du réalisateur (« Lettres d'Iwo Jima ») traitant le même conflit du point de vue japonais.
Fabien S.

690 abonnés 4 150 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 novembre 2020
Un chef d'oeuvre de Clint Eastwood avec Ryan Philippe sur la seconde guerre mondiale. Un très beau film.
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

258 abonnés 2 705 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 avril 2020
Mémoires de nos guerres est un excellent film de guerre, signé Clint Eastwood au sommet de sa forme.
Le réalisateur a parfaitement réussi l'exercice du genre film de guerre.
Les scènes de combat sont prenantes et terrifiantes à la fois. L'enfer du front ressort avec violence et froideur.
La question du traumatisme liée à la guerre (pas toujours exploitée dans les films de guerre) et bien présente avec trois personnages gérant différemment leurs traumatismes et leurs pertes. Mais c'est bien évidemment la question de l'image en temps de guerre qui est la thématique que Clint Eastwood souhaiter aborder dans ce film (avec la nécessité d'immortaliser une victoire par une photo et par des héros de guerre, dépassés par cette notoriété nouvelle et les festivités multiples les entourant).
Les acteurs sont plutôt bons : Ryan Philippe, Adam Beach et Jesse Bradford, sont entourés d'un casting de seconds rôles très convaincants (Barry Pepper, Neil McDonough, Jamie Bell, John Slattery).
J'ai hâte de voir Lettres d'Iwo Jima, film avec lequel Mémoires de nos Pères constitue un diptyque.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

143 abonnés 2 088 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 mars 2019
Premier volet du diptyque de Clint Eastwood consacré à la bataille d’Iwo Jima ayant opposé Américains et Japonais en 1945, Mémoires de nos pères n’est pas qu’un brillant film de guerre à la lumière superbement maîtrisée. Ce long-métrage qui dépeint le champ de bataille comme une boucherie à ciel ouvert pour des jeunes garçons de 18 ans offre aussi une réflexion intelligente sur la propagande d’État en temps de guerre, en racontant l’histoire de la mythique photographie Raising the flag on Iwo Jima. Le cinéaste revient ainsi sur les stratagèmes politiques mis en place pour faire de ce symbole iconique un matériau de prosélytisme national, à un moment où le moral des troupes et de la population était au plus bas. Eastwood réalise ici une œuvre majeure sur les horreurs de la guerre et sur les logiques propagandistes qui accompagnent tout conflit. Brillant.
Ricco92
Ricco92

290 abonnés 2 340 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 mars 2019
La création de Mémoires de nos pères et de Lettres d’Iwo Jima représente une expérience assez unique de cinéma. En effet, avec ces deux films, Clint Eastwood filme la bataille d’Iwo Jima selon le point de vue de chaque camp : l’américain pour Mémoires de nos pères et le japonais pour Lettres d’Iwo Jima.
Toutefois, Eastwood surprend avec son traitement de Mémoires de nos pères. En effet, cette adaptation du livre de James Bradley (le personnage principal du récit) et de Ron Powers opte pour une structure narrative assez complexe (avec des flashbacks dans les flashbacks) et, surtout, il se concentre plus sur l’exploitation mensongère de la célèbre photo des marines hissant le drapeau américain après le combat que sur la bataille en elle-même. En effet, le film permet de découvrir les dessous de cette image exploitée à des buts propagandistes au mépris de toute vérité. On peut considérer que la morale du film est que le fait de présenter des héros dans une guerre n’est qu’un mensonge car les héros n’existent pas dans ce type de situations. De plus, le scénario de William Broyles Jr. et de Paul Haggis traite également de la ségrégation raciale envers les amérindiens existant encore aux États-Unis à cette époque malgré la guerre (elle se produit même au sein du petit groupe célébré par le pays). Ce thème donne d’ailleurs au personnage d’Ira, brillamment interprété par Adam Beach, le rôle le plus intéressant. On en apprend plus ainsi sur la société américaine et sa façon de s’inventer une mythologie que sur la bataille d’Iwo Jima en elle-même.
Il ne faut pas croire pour autant qu’Eastwood se refuse de montrer des scènes de guerre. Ce film est d’ailleurs un de ses rares où on peut percevoir une influence contemporaine dans sa manière de filmer car il est dur de ne pas penser lors du débarquement sur Iwo Jima au film de Steven Spielberg (qui est d’ailleurs coproducteur du film avec Eastwood et Robert Lorenz) Il faut sauver le soldat Ryan, film qui a d’ailleurs fortement influencé la quasi-totalité des productions du genre qui lui fait suite. Mais leur présence est loin de dominer l’ambiance du film qui est surtout axé sur les personnages et sur le regard plein de déférence que leur porte le cinéaste (ce qui est accentué par la musique signée à nouveau par lui).
On pourra toutefois reprocher à cette volonté de respect de la réalité sans dramatisation supplémentaire de bloquer un peu l’attachement du spectateur envers les personnages et de rendre le tout un peu froid.
Toutefois, Mémoires de nos pères est une belle réflexion sur la réalité de l’héroïsme et surtout sur la manipulation des faits pour arriver à des fins propagandistes. Ceux qui espéraient un véritable film de guerre en seront pour leurs frais et devront se reporter sur le pendant japonais : Lettres d’Iwo Jima.
Kivodulh
Kivodulh

44 abonnés 351 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 février 2019
Sur un film un peu long à mon sens, Eastwood réalise une bonne démonstration du ridicule de la guerre, de ses impacts destructeurs sur les jeunes hommes qui sont envoyés à la boucherie et de l’outil de propagande qu’on y fait en haut lieu.
Les batailles sont impressionnantes tant on est immergé au cœur du combat. Surtout la première scène du débarquement.
Il reste à voir son faux jumeau : « Lettres d’Iwo Jima » pour découvrir l’autre camp et l’impartialité du discours.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 14 février 2019
Du beau cinéma en perspective avec ces reconstitutions maritimes, les batailles navales livrées sur la terre ferme fit déployée ces soldats américains face à la dureté tactique de l’île d’Iwo Jima, le camouflage redoutablement armé d’une puissance de feu japonaise. Il y a eu « Windtalkers, les messagers du vent » du même front, un des visages d’acteur me revient à l’esprit, ces engagés sur cette partie du monde, une seconde guerre mondiale cruciale sous un autre angle de vue par ce réalisateur qui sait mettre un scénario sous ses mains en scène. Plus en avançant pour découvrir la violence, les morts se comptent dans leurs rangs et les cadavres jonchent d’un ennemi déclaré sans pitié, une mise en scène assez répétitive dans l’ensemble. La force de ces personnages soldats immortalisés se cache une histoire derrière les photographies de guerre, la persuasion utilisée des images préfabriquées par l’effort de guerre. Le fondement gouvernemental des États Unis d’Amérique croulés sous les dettes, tout l’intérêt de la guerre économique mobilise une intervention militaire autant que la manipulation politique, le drapeau planté au sommet du mont Suribachi de la démocratie fleurira avec le temps imposé. Hisser la bannière étoilée pour les engagés volontaires, l’héroïsme du passé ne soulève la montagne, l’amertume laissera un sentiment de tristesse, le soulagement pour conforter l’idée, le deuil fait, la déception et une répercussion irréconciliable. La perte des fils et la mémoire de leurs pères survivants, un pays rendu service incomplet.
Cyril J.
Cyril J.

34 abonnés 625 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 octobre 2018
Comme pour son film binôme de la même année, Lettre d’Iwo Jima, qui racontait depuis la lorgnette japonaise l’horreur de la prise de cette ile japonaise par l’armée américaine en 1945 au travers d’un enjeu humain plus intime, Clint Eastwood nous livre la même boucherie du point de vue américain, selon deux perceptions différentes mais brillamment intégrées dans le même spectacle. Celle de « nos pères », qui l’ont subi sur le terrain, et celle de la soviétisation médiatico-politico-financière de la nation.
A coups de flashbacks, la première raconte les vécus de trois simples jeunes soldats partis se faire étriper à l’autre bout du monde, dont l’enjeu embrase l’essentiel du film, nous emportant dans l’interminable massacre cru de la fameuse bataille, et les classiques traumatismes et illusions conséquents. Mais c’était sans compter sur la rupture qui les attend au pays quand tout s’avère galvaudé au profit d’une insupportable fanfaronnade marketing.
Car la seconde perspective, bien plus sociopolitique, utilise la médiatisation grand-guignolesque de la fameuse photo qui fit le tour du monde, somme toute très artificielle, d’un drapeau US planté au sommet de la conquête. Sans ridiculiser le courage des hommes et l’horreur nécessaire de la guerre, le film dénonce brillamment la foire mercantile qui s’y satellise pour le bonheur factice des comptes en banques de l’effort de guerre, des journalistes et des politicards. Il ouvre la critique sur une nation de volailles gavées par les yeux et les images, sur le despotisme du battage d’une épopée que l’on exige héroïque, dans la seule finalité de fabriquer du bénéfice, aussi artificiel que la culture d’une Amérique glorieuse, qui apparemment a l’air d’en avoir bien besoin.
7eme critique

626 abonnés 2 778 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 mai 2018
"Mémoires de nos pères" n'est pas un simple film de guerre comme on a l'habitude d'en voir, c'est avant tout une histoire vraie qui se concentre sur trois soldats ayant aidé à dresser le second drapeau américain sur le mont Suribachi lors de la bataille d'Iwo Jima, ce qui donnera naissance à cette fameuse photographie, puis sculpture. Devenant de vrais pantins de propagandes, ces soldats seront décrits en héros pour ce geste symbolique, volant à leur insu la vedette à leurs frères d'armes morts au combat. C'est principalement la conscience de ce trio qui surgira de ce récit historique, mais aussi et surtout, la face cachée des autorités américaines quant à ce scandale qui persévèrera dans l'escroquerie, souhaitant à tout prix, et au dépit de la vérité, offrir des héros à la nation américaine. Il y a donc eu tromperie sur la marchandise, et ce film viendra agir comme véritable devoir de mémoire, en rendant à César ce qui lui appartient. Clint Eastwood s'empare d'un excellent scénario et n'oubliera pas de le mettre brillamment en image. Ensuite, il n'y aura plus qu'à se pencher sur "Lettres d'Iwo Jima" pour découvrir les choses du côté japonais, et nul doute que ce "Mémoires de nos pères" nous convaincra dans cette démarche.
Biertan64
Biertan64

69 abonnés 1 491 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 mai 2018
Un film sur la propagande, le traitement de l'image des héros destinés à devenir des porte-paroles pour soutirer de l'argent à la population afin de soutenir l'effort de guerre.
Ceci en partant de la célèbre photo des Marines dressant un drapeau américain à Iwo Jima. Le traitement par Clint Eastwood est certes différent des autres films de guerre (mélange de scènes de combat - réussies par ailleurs - et de scènes après le retour au pays des survivants , un peu moins captivantes car répétitives et qui donnent une certaine longueur au film) mais "Mémoires de Nos Pères" vaut surtout pour le diptyque qu'il forme avec "Lettres d'Iwo Jima", son reflet de la même bataille côté japonais.
vinetodelveccio
vinetodelveccio

89 abonnés 802 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 janvier 2018
Un film déchirant qui éclaire sur une guerre qui n'est pas la nôtre... celle des USA, celle de nos grands-pères, car cela leur appartient. Le mythe que l'on en fait, il en sont en dehors, ils s'en mettent à l'écart, et seul Clint Eastwood pouvait aussi bien nous le rappeler. Avec son immense sensibilité, il cisèle une histoire passionnante et déboulonne les statues, sans pour autant perdre de vue l'utilité du mythe. C'est fait avec beaucoup d'attachement à ces trois personnages et, on le sent avec un respect infini. Le film est tourné avec beaucoup de délicatesse et fend le cœur. Une splendeur !!
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