Inland Empire
Note moyenne
3,0
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447 critiques spectateurs

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QuelquesFilms.fr

360 abonnés 1 774 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 décembre 2013
Liberté créatrice absolue ? Projection d'un début de folie du réalisateur sur la pellicule ? Une chose est sûre : David Lynch n'est jamais allé aussi loin en matière d'expérimentation cinématographique et d'exploration psychique. Plus ou moins hermétique d'un point de vue intellectuel, Inland Empire ne se donne pas facilement. On s'y perd et on s'y retrouve. Il faut avancer, trois heures durant, sans se poser trop de questions... Se laisser simplement envoûter par un monde étrange et pénétrant, censé refléter les fantasmes et les angoisses d'une femme perturbée, qui est aussi une actrice en plein tournage. L'expression d'une schizophrénie s'associe à un dispositif de mise en abyme pour mêler inextricablement fiction, cauchemar et réalité. Lynch s'applique à échapper à tout cadre rationnel et laisse libre cours à une écriture cinématographique qui n'est pas sans rapport avec l'écriture automatique des surréalistes. Le film a d'ailleurs été tourné sans scénario, écrit au jour le jour.
Si les voix de l'inconscient du cinéaste sont relativement impénétrables, donc parfaitement déroutantes, sa production visuelle et sonore exerce en revanche un pouvoir de captation et de fascination peu commun. Le réalisme cru introduit par l'image DV est transcendé par une recherche de stylisation tous azimuts : éclairages violents ou glauques, petits effets spéciaux saisissants... Lynch s'est notamment "spécialisé" dans les intérieurs obscurs avec lampe rouge. Il aime aussi visiblement les gros plans appuyés à en devenir oppressants. Le montage épouse une navigation tout en ruptures, dessinant un vrai labyrinthe spatial et temporel. Enfin, la bande son est hyper travaillée, au diapason de l'image en matière de bizarrerie. Tout cela crée un univers sensitif hallucinant et presque hallucinogène. On quitte le film dans un drôle d'état. Comme après un mauvais rêve flippant mais libérateur.
FaRem

10 600 abonnés 11 664 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 15 novembre 2013
Décidément l'univers de David Lynch est pas fait pour moi j'avais moyennement apprécié Mulholland Drive mais là avec Inland Empire il m'a complétement perdu autant il y a toujours ce coté intriguant mais l'histoire si il y en a une est incompréhensible puis sur 3h c'est vraiment très dur à tenir.
Redzing

1 457 abonnés 4 955 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 octobre 2013
Six ans après le magnifique "Mulholland Drive", David Lynch nous livre ce qui est probablement son film le plus expérimental : "Inland Empire". Tourné sans scénario (!), le film mélange la descente aux enfers d'une actrice américaine avec les déboires d'une prostituée polonaise. Cependant, le montage saute du coq à l'âne, présentant des personnages excentriques, des dialogues venu de Mars, et des scènes dans une ordre volontairement chaotique. Si bien qu'il est très difficile de comprendre où va le film. Pour l'anecdote, interrogés juste après le tournage, les acteurs principaux ont d'ailleurs déclarés ne pas pouvoir expliquer de quoi parlait le film... Ce côté mystérieux fonctionnait très bien dans "Lost Highway" et "Mulholland Drive", mais il est ici beaucoup plus difficile à appréhender. D'abord, parce que l'on y retrouve pas ou peu de scènes jouissives ou humoristiques qui faisaient le charme des précédents films. Ensuite, parce que l'ensemble est très long (3 heures de scènes incohérentes en apparence). Enfin, l'usage de la caméra DV est un choix artistique assez osé. On reconnait sans mal la patte de Lynch (utilisation du grand angle, plans rapprochés, lumières rouges et bleues, séquences flippantes, etc.), et si l'image DV fonctionne bien pour plusieurs scènes excentriques, elles enlaidit d'autres scènes. Au final, comme ses prédécesseurs, "Inland Empire" est film où il faut se laisser porté par ses sentiments, puis essayer a posteriori d'en dégager une logique. Mais l'ensemble est particulièrement exigeant, et destiné aux passionnés les plus assidus de Lynch.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 22 septembre 2013
MEDITATION A LA PLACE DU REVE.

Ce film déstabilise tous les fans de lynch car les personnages du film ne sont plus dans un rêve contrairement à tous les autres films de LYNCH : voilà l'explication du film : une jeune fille polonaise pure se prostitue pour la première fois de sa vie avec un inconnu dans une chambre d'hôtel pour de l'argent et pour rembourser les dettes de son ménage.

Elle appellera cet inconnu LE FANTOME et celui-ci va littéralement la hanter en lui faisant naître des angoisses :

Est il marié ?
Est ce que je vais tomber enceinte à cause de lui ?
Est ce que son éventuelle femme va venir me tuer ?
Dois je annoncer mon adultère à mon compagnon ?
Va t il me quitter suite à cette annonce ?

ELLE VA ALORS MEDITER SUR SES ANGOISSES DANS SA CHAMBRE D' HOTEL : LYNCH L'INDIQUE DANS SA MISE EN SCENE CAR LA JEUNE FILLE A LES YEUX GRANDS OUVERTS QUAND ELLE FIXE LA TELE ALLUMEE MAIS AVEC UNE IMAGE "NEIGEUSE COMME SANS ANTENNE" DE LA CHAMBRE D' HOTEL : ELLE VOIT ALORS SE REMBOBINER A L'ECRAN (COMME UNE CASSETTE VIDEO) DES IMAGES QUE L'ON VA REVOIR PLUS TARD DANS LE FILM.

ON CONSTATE QUE LE PERSONNAGE DE LA JEUNE FILLE S'OPPOSE A CELLUI DE L'ACTRICE DE MULLOLHAND DRIVE QUI ELLE, EST FILMEE EN TRAIN DE DORMIR DANS MULLOLHAND .

Suite des explications: La jeune fille polonaise se demande alors quelles auraient été les conséquences de ses actes si son adultère s'était déroulé aux Etats Unis et commis par une actrice américaine hollywoodienne sans problème d'argent (c'est à dire tout ce qu'elle n'est pas): cette actrice hollywoodienne est "incarnée" par LAURA DERN et son destin immaginé par la jeune fille polonaise connaîtra une fin tragique. Paradoxalement, cela donne du courage à la jeune fille polonaise qui prend conscience que seul l'amour qu'elle porte à son mari a dicté son choix contrairement au personnage fictif incarné par LAURA DERN. A la fin du film, la jeune fille polonaise "sort de sa noirceur" en refusant la même fin que le personnage de LAURA DERN. Courageusement , elle parvient à vaincre ses angoisses et de manière symbolique elle "tue" sur un plan pyschique "le fantôme" à l'origine de toutes ses angoisses.

Toutes ses craintes s'évanouissent grâce à l'amour qu'elle porte pour sa famille.

Du rêve à la méditation, il n'y a qu'un pas que LYNCH a franchi dans ce film ; l'impression laissée est celle de se trouver à l'intérieur du cerveau humain d'où le titre du film "l'empire de l'intérieur". Les images et les sons proposés par LYNCH sont sensoriels, surprenants, cauchemardesques, glauques, intimes et euphorisants à la fin du film.

On est proche d'un aller simple vers la méditation tel un astronaute "de l'intérieur" dont le retour sur terre n'est pas garanti.

Est-ce un grand film ?

Cela revient à se demander si cette expérience cinématographique totalement nouvelle tant au niveau du fonds et de la forme, sans l'apport de la 3D, constitue ou pas un grand film ?

Je vous laisse le soin de réfléchir à la réponse.

Ce commentaire est dédié à tous les fans de LYNCH qui se "sont cassés les dents sur INLAND EMPIRE".
Jean-philippe N.
Jean-philippe N.

129 abonnés 925 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 août 2013
Après avoir essayé trois fois de voir ce film en entier, j'ai abandonné: je me suis endormi à chaque fois. C'est peut-être très bien, mais pas pour moi...
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 30 mai 2013
Immersion dans un cauchemard, où l'on prends plaisir à se laisser embarquer à travers une confusion totale des sens. Une synesthésie. Les spots éblouissants nous bercent, les émotions nous submergent. Ce film est une expérience. A regarder avec un casque, seul, dans une pièce noire.
Aram.
Aram.

8 abonnés 49 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 novembre 2013
Attention spoilers ! Après ma première vision de ce film, j'avais écrit une critique pour dire qu'il m'était passé au-dessus de la tête. Il est vrai qu' INLAND EMPIRE a tout du long-métrage imbitable : écrit en work-in-progress, filmé en DV (donc résolution misérable), et une durée de 3 heures ! Comme j'avais l'impression d'avoir loupé quelque chose, j'ai revu le film. Après 10 premières minutes particulièrement déstabilisantes (comme tout ce qui suit en fait) à base de noir & blanc, lapins dans une sitcom et péripatéticienne polonaise, l'intrigue (enfin, ce qu'on croit être l'intrigue) est lancée : une actrice perd progressivement ses repères entre la réalité et le film qu'elle est en train de tourner. Pendant une heure, je jubile : tout est clair ! Autant vous dire que si le reste du film était à la hauteur de son premier tiers, je lui aurais sans hésiter décerné la note maximale. Car David Lynch renouvelle la force qui avait fait tout le prix de Mulholland Drive : le vertige originel sous le masque de la complexité narrative. C'est cette apparente complexité qui permet au cinéaste de rendre fascinants ses close-ups et champs-contrechamps comme si c'était la première fois qu'on en voyait sur un écran. Ca c'est pendant une heure. Et ensuite, Laura Dern/Nikki Grace/Susan Blue (oui, on sait pas trop qui c'est en fait...), et le spectateur du même coup, perd pied. Lynch prend un malin plaisir à tout foutre en l'air, et surtout nos certitudes. Le film devient un effrayant tourbillon quasi-expérimental d'images-pulsions. Peut-être le film est-il trop long, et semble-t-il parfois en roue-libre (comme souvent chez Lynch, je pense surtout à Blue Velvet et Lost Highway qui commencent comme des chefs-d'oeuvre), il n'empêche qu'il procure un vertige de tous les instants, ainsi que la précieuse sensation de n'avoir jamais vu ça avant.
Ca, c'est la réception immédiate de l'oeuvre. Ce qui apparaît à la réflexion, c'est l'ambition du cinéaste. Lynch sort de sa plus grande réussite - Mulholland Drive, en apparence inégalable -, il s'est sûrement mis dans la tête de faire aussi bien, voire mieux. Il sait qu'il a atteint un sommet dans son oeuvre, alors il change tout (ou presque): exit Badalamenti, dont les bande-originales participaient beaucoup de l'ambiance lynchienne ; exit la pellicule, place à la DV, et du même coup, le glamour et le romantisme, qui donnaient tout leur charme à ses films les plus célèbres, s'envolent. Lynch a mis tout le monde d'accord avec Mulholland Drive, je pense qu'il a cru que ses fans le suivraient partout, et avec INLAND EMPIRE, il a pour ambition de concilier le cinéma dit "traditionnel" et l'expérimental (de fait, tous ses autres films ont l'air mainstream à côté d'IE !). La première heure - tout en étant quelque peu déstabilisante, en grande partie à cause de la DV - replace le spectateur dans un cadre connu : le tournage d'un film. Ensuite, le personnage de Laura Dern passe "de l'autre côté du miroir" et on bascule dans le jamais-vu. Pendant à peu près 1 heure et demie, le spectateur n'espère qu'une chose : que le film revienne à son postulat de départ somme toute assez confortable, ce que Lynch retarde le plus longtemps possible. Tout est fait pour que nous finissions par nous accomoder du chaos. Sous cet angle, il apparaît que Lynch a raté son coup, le film a été un flop commercial et beaucoup de ses fans ne l'ont pas suivi. Tant pis pour eux ! Je ne sais pas si INLAND EMPIRE est un film pleinement abouti, peut-être qu'une troisième vision me permettrait de le savoir, son ambition lui permet en tout cas d'être un film essentiel, incontournable et rare. C'est déjà énorme.
Justement, je l'ai revu une troisième fois, et je l'aime encore plus ! C'est fou comme ce film a l'air différent à chaque vision. L'oeuvre s'éclaircit de plus en plus mais préserve une part de mystère toujours aussi grande. Cette fois-ci, c'est le sujet du film (!) que je pense avoir enfin saisi : INLAND EMPIRE est une allégorie de l'épuration du spectateur par le spectacle. Que de spectacles dans ce film d'ailleurs : la musique (avec le vynile de l'ouverture), la sitcom de lapins, le tournage d'un film, le cirque ambulant que le mari intègre en quittant sa femme, la danseuse de la boîte de nuit, le cinéma où se rend Nikki après avoir joué la mort, et enfin le spectacle musical final du générique, tous ces spectacles apparaissant le plus souvent dans une télé, celle de la spectatrice polonaise éplorée, qui renvoie au spectateur face au film. Le "fantôme" que Sue/Nikki tue à la fin représente donc les péchés du spectateur, le mal à épurer ; en le tuant, Sue/Nikki (personnage de spectacle) libère la spectactrice polonaise de tous ses tourments, et celle-ci peut retrouver son mari et son fils dans l'allégresse. Car comprendre le sens du film permet aussi d'appréhender l'émotion qu'il génère, les 5 minutes qui précèdent le générique de fin rappellent beaucoup la fin de Mulholland Drive, où les visages radieux de Rita et Betty continuaient de flotter sur Hollywood. A la fin d'IE, on retrouve les prostituées polonaises, la voisine inquiétante, et Nikki/Sue, soit les personnages (imaginaires) qui nous ont accompagné pendant les 3 heures de cette épopée de l'intime (INLAND EMPIRE = empire intérieur) aux allures de home movie à l'ambition démesurée, et qui, au bout du couloir, donne envie de danser avec les prostituées et de chanter à tue-tête Sinnerman de Nina Simone. Film imparfait peut-être, mais film magique, ça c'est sûr.
NomdeZeus
NomdeZeus

133 abonnés 1 044 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 11 avril 2013
Inland Empire marque de manière cinglante les dérives d’un réalisateur qui laisse libre cours à son imaginaire, sans idée directrice et sans jamais se demander si le partage avec son public est encore possible. A force de vouloir faire « du Lynch », le cinéaste tombe dans l’auto-parodie et le nombrilisme. On peut également se demander ce qui a prit à David Lynch d’utiliser la DV. Lui qui nous avait habitué à un esthétisme maitrisé propose ici un film d’une rare laideur. La comparaison avec la beauté picturale des plans de Lost Hiway et Mulholand Drive fait très mal. Bref, Inland Empire est un film moche, long et hermétique, à réserver aux fanatiques du maitre.
S M.
S M.

40 abonnés 557 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 mars 2013
Le film le plus barré et expérimental de David Lynch. Dur à suivre mais l'ambiance et la touche de notre réalisateur favori est bien là! Excellent
gandalf001
gandalf001

20 abonnés 952 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 22 mars 2013
David Lynch va encore plus loin que son habitude en réalisant ici un ensemble de scènes sans cohérences. On est parfois surpris de voir un lien avec une autre scène tellement elle sont plus invraisemblables les unes que les autres. Un film peut-il être de l'art abstrait devant lequel il faut s'extasier ?
Plume231

4 414 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 3 février 2013
Je suis pourtant habitué au style hyper-particulier de David Lynch et j'adore la plupart de ses oeuvres mais là j'ai tout simplement l'impression qu'il s'est foutu de notre gueule. En fait, il a juste repris ses trucs de "Lost Highway" et de "Mulholland Drive", excellents d'ailleurs là-dedans, et les a foutu dans un fouillis qui paraît nettement plus prétentieux qu'incompréhensible. Les acteurs se regardent jouer croyant obligatoirement être bons parce qu'ils jouent dans un David Lynch, en fait ils sont insupportables. Et le cinéaste assaisonne ça de dialogues débiles et chose impardonnable, pour quelqu'un qui jusqu'ici se distinguait par un visuel exceptionnel, d'une technique absolument médiocre avec des cadrages déplorables et une photo dégueulasse. Pas de sensualité, pas de mystère, pas de beauté, pas d’envoûtement, pas de Lynch bref... juste l'ennui. Cette oeuvre est aussi naze que "Mulholland Drive" est génial ; une pure purge... et le pire c'est qu'elle dure près de trois heures.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 5 janvier 2013
Un bon film de Lynch, son dernier malheureusement! Très dur à suivre, le rythme est coupé, mélange de délire, de flash-back. Mais l'image, le son, l’ambiance sont là!
poneyexpress10
poneyexpress10

2 abonnés 50 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 décembre 2012
Le film est un collage de scènes, accentué par l’aspect labyrinthique des couloirs, chambres d’hôtel, les références littéraires pourraient être Kafka et son Château, ou Dostoïevski pour les sentiments extrêmes qu’éprouve Laura Dern, qui traverse des abîmes de désespoir, et que la vérité de l’expression du sentiment, la sincérité qui s’y exprime, font éprouver une douleur expiatoire. Il y a un champ « Hollywood » et un contre champ « Lodz », l’expérience d’un tournage, et la souffrance de prostitués, il y a des objets qui fonctionnent comme des catalyseurs ou des marqueurs, et qu’on retrouve d’une scène à une autre, avec un minimum de moyens, David Lynch crée un univers scindé, un univers où l’actrice et son personnage se confondent, ce n’est pas un puzzle, c’est plus un collage : mais je ne sais pas ce qu’est un collage en art, peut-être les livres de Burroughs, en tant que spectateur, on a du mal à s’accrocher, à garder la conscience totalement éveillée, tant la distorsion et le manque de repères, chronologiques, font défauts, au niveau des lieux, du repère spatial, ils se permutent, mais chaque scène existe par l’identité au lieu, la personnalité par contre des acteurs changent tout le temps,…Et c’est vrai qu’il n’y a pas une unité de ton : c’est un bombardement d’émotions, mais diffractées, toutes différentes, ruptures, un peu le jeu des chaises musicales, un manège d’humeurs qui tourne à tout vitesse.
Il y a eu Beckett, Artaud, Breton, il y a Lynch.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 17 novembre 2012
Inland Empire est une mise en abîmes du "Cinéma"... une chute vertigineuse dans les profondeurs du psyché de ce qu'est "d'être acteur" (acteur de cinéma, acteur de sa vie,...). Une fois l'intrigue 'de base' posée (dans les 40 premières minutes), nous plongeons alors immédiatement dans cet univers propre à Lynch, qui reprend bien entendu ses codes habituels : le théâtre miniature, la traversée du rideau rouge, les personnages doubles ou triples, etc.... Cette exploration, qui va en réalité beaucoup plus loin que de simples clichés, se fera tout du long du reste du film, et on ne ressortira ou pas qu'à la fin... Beaucoup décriront "l'absence de scénario" ; Lynch nous peint une oeuvre cinématographique d'une manière totalement différente de ce dont on a l'habitude de voir dans le "Cinéma à papa". Cette manière de dépeindre "l'intérieur" plutôt que "l'extérieur" est en réalité beaucoup plus riche, car nous touchons du bout du doigt la construction de l'âme humaine et de la réalité qui l'entoure... ce à 360°... Ici, la chronologie n'a pas d'importance... les messages ne prennent leurs envergures dans ce kaléidoscope que si le spectateur rassemble les pièces du puzzle par lui-même (il faut faire l'effort, j'avoue).. pour cela, de nombreux indices seront dispensés tout du long... gardez l'oeil ouvert et le cerveau alerte... D'un point de vue réalisation à proprement parler, la caméra a l'épaule, tenue par Lynch lui-même durant beaucoup de séquences, retranscrit une réalité effrayante et vivace... et l'on sera agréablement surpris de la quantité de techniques utilisés et de la qualité de la photographie en général. La bande son est juste une des meilleures des films de Lynch depuis celle de Twin Peaks Fire Walk With Me. La direction et le jeu des acteurs est juste parfaite. Amoureux de l'oeuvre de David Lynch, foncez sans hésiter... nous avons ici affaire à un de ses films les plus personnels et réussis.
Cluny
Cluny

97 abonnés 593 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 octobre 2012
Au bout de plus de deux heures de film, Laura Dern (je dis Laura Dern, car ça faisait longtemps que je ne savais plus si elle était Nikki ou Sue) proclame : "On ne sait plus si on est avant ou après, c'est ça qui nique la tête". Avis partagé par la bonne dizaine de spectateurs qui ont quitté la salle avant la fin, je n'avais pas assisté à un tel exode depuis "Les Valseuses".

De nombreux critiques ont dit d'"INLAND EMPIRE" (David Lynch tient aux majuscules) qu'on n'avait que deux possibilités : adorer ou détester. Choix réducteur, en tout cas pour moi, puisque je suis ressorti surtout perplexe, et qu'encore maintenant, j'ai du mal à dire si j'ai aimé ou pas. Je ne fais pas partie de ces gens qui iront voir le film 17 fois et qui s'enorgueilliront d'être capables de reconstituer l'entrelac narratif entre Hollywood, la Pologne et le théâtre aux lapins. Je ne me retrouve pas dans cette démarche sectaire ; je pense qu'un film est fait pour être vu une fois, même si après on peut prendre plaisir à le revoir ou même à chercher à comprendre comment il a été réalisé.

David Lynch explique : "Un film, c'est une expérience subjective. Je dirai donc aux gens d'entrer dans ce monde, de vivre cette expérience et de voir ce qu'ils en retiennent." Regarder ce film avec son cerveau gauche serait donc bien une erreur, et la volonté cartésienne de comprendre le récit ferait écran à la perception de cette "expérience". Vu comme cela, "INLAND EMPIRE" offre des sensations assez étonnantes, et on pense par moment à Kubrick et à Von Trier. Le choix de filmer en numérique avec une caméra video portée par David Lynch ou l'absence d'éclairage le rapprochent d'ailleurs du Dogme, dont il se distingue cependant par l'utilisation très lynchienne de la musique.

Dans ces presque trois heures d'images en vrac, il y a du bon et du beaucoup moins bon ; ce qui fait l'intérêt de certaines scènes, comme l'étirement de l'action, cela même pourra être à la limite de l'insupportable et du ridicule dans la suivante. Objet filmique non identifié, "INLAND EMPIRE" représente un intérêt plus par la démarche que par le résultat obtenu, et on ne peut s'empêcher de souhaiter qu'une fois cette recherche faite, David Lynch revienne à un format plus accessible.

http://www.critiquesclunysiennes.com/
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