Revue récemment suite à réédition du film, celui-ci souffre du poids des années. Russell Mulcahy qui a part highlander à bien eu du mal à sortir un film de qualité, et était quasiment cantonnée au nanar, signe avec razorback une chasse au cochon géant, dont l'idée est plutôt fun, mais plombé par une réalisation quelque peu hasardeuse. Outre le fait que l'on aperçoit que très peu la bête, quand elle est à l'image elle est très mal cadré et les acteurs ne sont que des stéréotypes. En termes de chasse l'ombre et les la proie est nettement au dessus.
Impressionnant de maîtrise formelle, ce premier grand film de Russell Mulcahy partait pourtant avec un scénario de série B pas folichon. Mais tout est balayé par l’extraordinaire maîtrise technique d’un réalisateur visionnaire. Le moindre plan est superbe, avec même quelques moments totalement fous, notamment lors du rêve surréaliste effectué par le personnage principal. Esthétiquement magnifique, le long-métrage s’inscrit pleinement dans un cinéma australien rugueux, typique de cette époque. Un cinéma que n’aurait pas renié George Miller ou Tobe Hooper. Un plaisir de chaque instant à redécouvrir absolument en blu-ray, la copie étant magnifique.
Razorback bénéficie aujourd’hui d’un statut de film culte qui tend à engendrer autour de lui une communion critique des plus élogieuses. Qu’il s’agisse de l’une des meilleures réalisations de Russell Mulcahy, cela ne fait aucun doute à la considération du reste de sa filmographie. Que l’œuvre pose les bases d’un genre – la lutte contre une bête féroce –, cela est déjà moins vrai, en dépit de la profonde empreinte que laissera Razorback dans la représentation du sanglier au cinéma. Car deux influences majeures se croisent ici : Les Dents de la Mer de Steven Spielberg et Mad Max de Georges Miller, dont le responsable de la photographie pour le deuxième opus est également crédité ici. Ces références ne placent pas de prime abord Razorback sous le signe du plagiat, mais avertissent néanmoins sur sa prétendue vision artistique du monstre, dont la seule originalité réside dans la transposition du décor balnéaire cher au grand requin blanc vers le désert australien. La très bonne idée du film, c’est aussi de faire de son animal un persécuteur proche du mythe qui semble cristalliser toute la violence endémique d’une terre rongée par la misère : ses apparitions restent approximatives, mystérieuses et brutales à la fois. Le sanglier est une créature incontrôlable, aussi incontrôlable que ces braconniers fous furieux, aussi destructeur que les armes qui se risquent à l’affronter. Et la puissance mythologique du monstre est saisie au mieux par le réalisateur qui profite de son savoir-faire en matière de clips vidéo pour construire des plans de toute beauté, à l’onirisme rugueux. La grande limite de Razorback est aussi ce qui fonde sa singularité : enchaîner les plans plus ou moins inspirés sans construire de tension horrifique ni même dramatique. Il y a ce quelque chose d’aride qui refuse le souffle épique pour, en lieu et place, ne proposer que la répétition épuisante d’un même affrontement. La disparition du (premier) personnage principal surprend et délivre une impression d’impuissance du sensible – incarné par le féminin, certes… – à se rendre maître de l’animal : de même que le grand-père a vu sa famille périr et doit renoncer à son humanité pour se venger, l’époux n’a d’autre choix que d’épouser la folie ambiante pour triompher du monstre. Ce faisant, il atteste l’emprisonnement de la terre australienne dans un phénomène insulaire, sorte de boucle microcosmique dont la violence constitue le fluide vital. Restent une caractérisation sommaire des protagonistes dont l’interprétation sombre souvent dans l’outrance, ainsi qu’une grandiloquence balourde lorsqu’il s’agit de révéler les ravages du monstre – des têtes de sangliers accrochées, un bébé dans un bocal, le nom de la bête répété ad nauseam, les cris de douleur du grand-père – qui contraste avec la retenue presque iconoclaste limitant le sanglier à n’être qu’une masse sans corps, qu’une ombre destructrice mais guère immortelle. Manque à Razorback un risque, celui d’incarner la menace dans un corps aussi lourd que le sol de l’Australie, aussi insaisissable que sa folie endogène.
Un film de monstre bien supérieur à ce que son pitch peut laisser imaginer à savoir un sanglier géant qui terrorise des bouseux dans l'arrière pays australien. J'ai vraiment aimé la photo qui fait du film de l'horreur soignée même si elle est très typée années 80. La bande son elle a en revanche vraiment pris un coup de vieux et se trouve être le talon d'Achille du film avec les quelques plans du sanglier qui a visiblement posé des problèmes de création car il est filmé constamment en très gros plan et s'avère peu convaincant (comme le jeu de certains acteurs). En revanche la manière de présenter l'Australie comme une terre hostile avec un bestiaire il faut bien le reconnaître assez incroyable est une franche réussite comme le choc des cultures entre américains citadins et les chasseurs australiens et lui aussi très réussi. La tension est la malgré comme je le disais que la bête ne soit pas très réussie, mais cela reste tout de même un excellent film de monstre ou ce dernier n'est finalement qu'un prétexte pour raconter autre chose.
Excellent film de genre, succès critique du début des années 89, encensé lors de sa présentation au festival d'Avoriaz. La mise en scène est de qualité, l'ambiance prenante, l'interprétation au diapason et le monstre, pour l'époque, est tout ce qu'il y a de repoussant. A redécouvrir par le réalisateur de Highlander...
Avant de se faire connaître avec "Highlander", l'australien Russel Mulcahy réalisa un film d'horreur dans son pays : "Razorback". Sorte de version galopante de "Jaws", on y suit une localité de l'outback sous l'emprise d'un sanglier géant tueur. Le film est très inégal, utilisant des grands angles et des couleurs criardes qui donnent une identité visuelle à l'ensemble, mais qui font mal vieillir certaines scènes. De même, le montage est parfois incohérent, mais donne tout de même lieu à quelques séquences sympathiques. Par ailleurs, on regrette des personnages peu développés, et le fait que le monstre ne soit finalement qu'assez peu au centre de l'intrigue. En effet, le scénario évoque beaucoup le décalage entre les Américains et l'outback australien, à travers notamment quelques énergumènes caricaturaux (aux accents locaux très prononcés !). En somme, un film d'horreur très ancré dans les 80's.
L'histoire d'un sanglier géant, tueur et destructeur... Comme ça l'histoire n'a pas forcément l'air des plus intéressante, mais grâce a une mise en scène très soignée de la part de Russell Mulcahy (réalisateur des clips du groupe Duran Duran et réalisateur du cultissime "Highlander" deux ans plus tard) et un soin tout particulier accordé au jeu de couleur et d'ambiance, ça nous permet de plonger dans le film dès les premières secondes. On se retrouve au fin fond de l'Australie avec ses habitants un peu "limité", aux interprétations parfois un peu surjouées, mais efficace, surtout quand les scènes se passent dans l'horrible abattoir. Les apparitions du razorback sont clairement kitsch a souhait mais reste convaincante pour l'époque et surtout, on ressent l'agressivité de la créature a chaque fois.
C'est avec une joie non dissimulée que j'ai retrouvé « Razorback », ce bon vieux classique du cinéma d'horreur des années 1980. Je me souvenais parfaitement de l'ambiance sombre et poisseuse qui en émanait et j'ai pu constater avec plaisir qu'elle était toujours aussi efficace trente ans après. Le réalisateur Russell Mulcahy, dont c'est alors le premier film, fignole l'esthétique de son film et parvient à instaurer un suspense et une tension palpable tout au long de l'intrigue. Pour cela, il prend bien soin de ne pas trop montrer son monstre à l'écran ce qui accentue nettement la terreur qu'il inspire. Le casting est également très bon, les personnages sont intéressants et ne manquent ni de profondeur, ni de personnalité. La « bête » bénéficie d'ailleurs du même traitement et se comporte avec intelligence et finesse ce qui la rend encore plus effrayante, un peu à l'instar du requin des « Dents de la mer ». Bref, une œuvre de grande qualité que les amateurs auront plaisir à découvrir.
Comment un tel film a-t-il pu avoir du succès et des prix ? Il n'y a absolument rien à signaler de bien en dehors de quelques jolies photographies statiques sur l'Outback. En 1930, les effets spéciaux des films en noir et blanc des grands cinéastes étaient chargés de mystère et souvent de poésie. En 2015, les effets spéciaux de n'importe quel réalisateur disposant d'un bon budget sont d'un hyper réalisme confondant. Dans les années 80 c'est Razorback qui a marqué la jeune génération avec des trucages ni faits ni à faire. A le découvrir aujourd'hui, c'est inexplicable même pour celles ou ceux pour qui le cinéma n'est qu'un quelconque passe temps. Mulcahy est sorti du lot des réalisateurs par hasard grâce aux sujets à la mode du moment. Razorback pourtant aurait pu concourir pour le prix citron de la mise en scène la plus laide, les acteurs pour les plus mauvais et le scénario pour le plus débile…Cela fait beaucoup.
Quelque part entre le nanar et le chef d'oeuvre flotte Razorback, cet OVNI qui, malgré des limites évidentes, marque la mémoire par ses tableaux toujours originaux, et parfois même inoubliables.
On peut aimer ou détester cette ambiance crépusculaire, mi-désertique mi-mécanique, qui mêle le second degré avec des moments de véritable intensité dramatique, par exemple lorsque Carl Winters évoque la mort de sa femme sur une musique envoûtante d'Iva Davies.
Razorback est un excellent film de monstre de Mulcahy. C’est l’exemple type du film de monstre redoutablement efficace et qui pourtant ne montre pratiquement jamais la créature. Au casting pas d’acteurs très connus, mais ils assurent vraiment. Gregory Harrison est très bon, offrant un personnage évolutif en plus, bien gentil et un peu naïf au début mais qui va gagner peu à peu en assurance et même devenir sans pitié. Face à lui Arkie Whiteley, qui apporte une petite touche d’humanité bienvenue au milieu de tous ces bouseux, tandis que Bill Kerr, qui complète le casting principal s’empare lui d’un personnage assez classique dans le registre mais qu’il maitrise pleinement. A noter aussi des seconds rôles à la hauteur, notamment des méchants très investis, et une Judy Morris qui sait nous attacher à son rôle dans la première moitié du film. Le scénario est futé. D’abord il réserve de vraies surprises, avec une cassure nette passée 25 minutes environ, qui va surement en surprendre plus d’un. Ensuite Mulcahy nous sert un film avec presque pas de créature, et pourtant Razorback est très prenant. Il faut dire que le film est doté d’un style vraiment original, et son approche « onirique » voire franchement fantastique du sujet, qui pourra rappeler l’esthétique du magistral Dust Devil le distingue tout de suite de la concurrence. Par ailleurs jusqu’au-boutiste, le film se veut vraiment sombre, désespéré, et cela lui confère une personnalité très agréable. Clairement Razorback n’est pas quelconque, et cela est un très bon point. Visuellement ce film est surement l’un des meilleurs de Mulcahy. La mise en scène est impeccable. Les attaques sont très bien réalisées, le réalisateur contourne à merveille le fait de ne pas avoir une créature très crédible, et Mulcahy est un génie de l’atmosphère quand il le veut, et il le prouve ici avec des plans parfois de toutes beautés. A cela s’ajoute comme souvent chez le réalisateur un travail sur les décors et surtout sur la photographie qui fait merveille. L’atmosphère de Razorback est envoutante, et même si c’est clairement typé années 80 c’est souvent magnifique. Evidemment la musique, planante à souhait rajoute encore un peu d’ambiance supplémentaire. A noter qu’il n’y a pas beaucoup d’effets horrifiques, mais le film sait se montrer craspec par moment. Clairement Razorback est un film très réussi de Mulcahy. Pour ma part c’est un film intelligent, doté d’une forte personnalité, et qui a su transcender son petit budget et ses difficultés pour offrir quelque chose qui reste marquant plus de trente ans après sa sortie. Les amateurs de films de monstre l’apprécieront sans nul doute, mais je crois que ce film est encore plus à recommander aux amateurs de films d’atmosphère. Razorback envoie vraiment de ce côté-là. Je n’ose pas pousser jusqu’à 4.5, car on sent quand même quelques aspérités, peut-être dû à l’âge il est vrai, avec un rythme parfois un peu lent, quelques facilités scénaristiques (l’arrivée du héros par exemple tout de suite plonger dans l’aventure) qui tranchent avec des choses plus surprenantes. 4.5, mais le 5 n’est pas loin.
Un espèce de sanglier géant et monstrueux terrorise l'outback australien, voilà le point de départ assez improbable de ''Razorback'' qui vient lorgner du côté des films d'horreurs tels que ''Les dents la mer''. Sans être franchement terrifiant, le film parvient tout de même à créer une certaine ambiance cauchemardesque, le tout appuyé par une photographie très stylisée qui n'hésite pas à frôler l'irréalisme pour nous offrir de superbes images. On sent bien dans la mise en scène que l'ensemble date des années 80 et que Russell Mulcahy vient du clip mais ici, ça tourne plutôt à l'avantage du film dont l'aspect crépusculaire n'est pas sans déplaire. Malgré la simplicité du scénario et de ses personnages, on se prendra au jeu mais en regrettant que le film ne soit pas allé au bout de son potentiel horrifique.
Premier film d'un jeune prodige australien venu du vidéo-clip, "Razorback" suit une trame typique du fantastique à grosses bêbêtes, mais avec un style, une ambiance et une image fignolée. On pense aux "Dents de la mer" pour cette confrontation hystérique entre l'homme et l'animal. Réalisé avec un budget très limité et avec un acteur (très bon) qui n'avait fait que des séries télé, le film surprend par son efficacité. Du cinéma choc qui en met plein la vue, tout en possédant une profondeur.
1er film de R. Mulcahy, jeune surdoué venu du clip (il a d'ailleurs réalisé le 1er du genre pour MTV, à savoir "Video kills the radio stars"), ce film démontre aussi que l'Australie demeure l'une des dernières contrées sauvages, peuplée de rednecks flippants, crasseux et stupides, prêt à tout et notamment à tuer. L'histoire mêle les destins de plusieurs persos si bien que parfois, c'est un peu confus et les plans de la bête ont obligatoirement mal vieillis mais il faut aussi être lucide et reconnaître que la mise en scène de Mulcahy reste une réussite du genre, vivante et propre au lyrisme, sachant poser une atmosphère et profiter des décors et lumières magnifiques de son pays (merci le directeur photo D. Semler, un des meilleurs de la profession). Le final est éprouvant à souhait et Mulcahy sait suggérer l'horreur à merveille sans négliger l'émotion. Des acteurs moyens toutefois (certains jouent mal, d'autres surjouent à mort) et un rythme assez mou mais un film culte avec un sanglier tueur. Et ça, c'est pas banal. D'autres critiques sur