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martial
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3,5
Publiée le 12 juillet 2026
Kechiche sait filmer et chercher les sensations partout où c'est possible. Hafsia Herzi est exceptionnelle et le film est assez amer et cruel avec ses personnages.
Avec La Graine et le Mulet, Abdellatif Kechiche capte avec une acuité rare les tensions sociales, familiales et identitaires d’une France populaire souvent absente du cinéma contemporain. Sa mise en scène naturaliste, faite de dialogues foisonnants et de longues séquences quasi documentaires, donne au film une densité humaine remarquable malgré un rythme parfois volontairement étouffant. Le personnage de Slimane incarne avec une immense pudeur la fatigue d’une génération sacrifiée, cherchant dans son projet de restaurant une ultime forme de dignité. Kechiche filme la nourriture, les corps et les regards comme des espaces de confrontation permanente entre désir d’intégration et attachement aux racines culturelles. La dernière partie, d’une tension presque tragique, achève de transformer cette chronique sociale en un récit profondément mélancolique.
Au début du film, j’ai failli décrocher : il faut l’avouer, les premières 1h30 sont longues, très longues, à cause de dialogues interminables et d’un rythme souvent mou. Le scénario n’a rien d’exceptionnel non plus, puisqu’il s’agit surtout de tranches de vie d’une famille confrontée à des problèmes, mais qui tente de s’en sortir ensemble. Heureusement, la fin redresse un peu la barre, avec quelques moments émouvants. Après, je ne comprends toujours pas les récompenses… Bref, ce n’est pas un chef-d’œuvre, mais il y a tout de même quelques éléments à sauver.
Abdellatif Kechiche réalise un film sur le projet d'un maghrébin d'une soixantaine d'années, Slimane, immigré en France et qui perd son emploi. L'atout principal du film réside dans le naturel des acteurs et en particulier d'Hafsia Herzi, parfaite dans le rôle de Rym. Les deux premières heures nous présentent la vie de Slimane Beiji et celle des membres de sa famille élargie. Il y a bien quelques séquences trop étirées mais l'intérêt est conservé par le sentiment d'immersion dans cette communauté. Car le réalisateur réussit à rendre concret le quotidien de Slimane et de ceux qui vivent autour de lui. Par contre, la dernière demi-heure gâche la bonne impression, elle s'étire et devient plus que pénible à suivre. En gardant la même issue, il aurait fallu accélérer le dénouement. A la réflexion, le contenu aurait très bien pu prendre place dans une mini-série en quatre épisodes car dans un film de 151 minutes, cela devient indigeste par sa durée. De ce fait, mon intention de noter 4 devient 3 avec ce final qui ne m'a pas plu.
Le cinéma français prouve une nouvelle fois, qu'il est le meilleur au monde ! "La Graine et le Mulet" est un excellent film sur tous les domaines ! Proche d'un documentaire, on suit un personnage complexe mais simple d'esprit par sa rancœur et par l'émotion dégagé. Ce père de famille entraîne avec lui les autres personnages du récit : ses enfants. Ils/elles suivent sa quête sans pour autant le comprendre intérieurement. Seule sa belle-fille, incarnée ici par la Hafsia Herzi, réussit à le comprendre. Dans ce drame social, le personnage ne souhaite qu'une chose : ouvrir un restaurant, au plaisir de réformer sa famille. Tout s'emboîte magistralement. La mise en scène de Kechiche est sans voix et unanime. L'immersion dégagé, nous plonge dans cette famille lambda, où les actions du quotidien rappelle un passé lointain (réunion de famille notamment). Lorsque arrive le dénouement, Kechiche se perfectionner par son écriture : Rempli de poésie et de métaphore déchirante. Les 20 dernières minutes sont exceptionnelles. Pour son premier grand rôle, Hafsia Herzi démontre l'étendu d'un talent qui se confirmera par la suite. Je ne parle même pas des autres prestations : Elles sont toutes magistrale et brillamment interprété. Chacun symbolise "la famille" au sens large, nous plongeant dans une triste réalité par leur banalité. Les personnages les plus banaux sont les plus sensibles et les plus riches à transmettre des émotions uniques.
J’ai toujours beaucoup de mal avec ce style de réalisation mais, les autres aspects du film sont tellement prenants que j’ai pu apprécier sans problème. C’est une superbe étude familiale qui prend le pas sur le milieu plus professionnel du métrage et les personnages, peut-être un peu trop nombreux, sont pour la plupart très attachants. Et c’est vraiment Hafsia Herzi qui porte le tout. J’adore de plus en plus cette comédienne et elle n’a volé ni son prix de révélation aux Césars ici, ni celui pour le très bon Borgo. Qu’est-ce qu’elle est versatile dans son art. Elle vole toutes les scènes dans lesquelles elle apparaît, à seulement 20 ans. Hâte de découvrir le reste de sa filmographie. 14/20
Dans le même esprit que « L'esquive », sorti quelques années auparavant et ayant également remporté le César du meilleur film, Abdellatif Kechiche propose un nouveau long-métrage en forme de docu-fiction. Il faut croire que le milieu professionnel adore ce type de drame social, filmé caméra à l’épaule avec des acteurs amateurs. Le portrait de cette famille modeste, d’origine maghrébine, s’effectue au travers de scènes de repas, d’engueulades ou bien de moments festifs. Le quotidien n’est qu’ordinaire mais laisse place à des élans de solidarité et d’humanité. C’est ce que le réalisateur tente de montrer en utilisant aucun artifice. Finalement, seule la prestation fougueuse de la jeune Hafsia Herzi (lui valant le César du meilleur espoir féminin en 2008) soulève quelques pics émotionnels. Bref, du cinéma se voulant réaliste qui s’étire en longueur.
Après "L'esquive", histoire décalée de la jeunesse des cités au naturalisme saisissant et à la spontanéité brute, Kechiche réalise une chonique sociale -moins insolite et moins intense sans doute- autour de la famille du viellissant Slimane, de laquelle ce dernier vit à l'écart depuis qu'il est séparé de sa femme. Le cinéaste impose une nouvelle fois son style, sa griffe, issus en partie de l'authenticité de ses comédiens, d'une langue populaire naturelle et d'une direction d'acteurs d'une rare et exigeante précision. Il décrit une communauté majoritairement franco-maghrébine, une France "d'en bas" et des HLM à laquelle s'associe nécessairement la question identitaire. A ce titre, le film d'Abdellatif Kechiche a l'utilité, voire la vocation, de faire mieux connaitre ces sujets de la "diversité".
Un histoire prend forme lorsque Slimane, le type même du travailleur arabe taiseux et fataliste, se voit virer du chantier naval qui l'emploie à Sète, et entreprend, avec le soutien d'une jeune fille (la belle et rayonnante Hafsia Herzi) de créer un restaurant de couscous à bord d'un rafiot qu'il possède et qui rouille sur un quai. Le récit de l'entreprise, elliptique et condensé, recouvre un certain nombre de thèmes ou d'idées dont Slimane, maghrébin et immigré, est le dénominateur commun. Ses démarche administratives compliquées fustigent un racisme involontaire et de la condescendance; sa relation avec la jeune Rym personnifie l'opposition de style, de moeurs, entre deux générations issues de l'immigration. Mais ce qui ressort le plus évidemment de cette chronique, c'est encore le courage, la solidarité et la générosité, la vitalité -sans angélisme- qui caractérisent la communauté arabe.
Ce film est long et lent, et pourtant j'ai été tenu en haleine de bout en bout. Il y a peut être quelques scènes légèrement trop longues, mais dans l'ensemble ça se tient vraiment. Nous sommes parfois à la limite du documentaire façon "Strip tease". Je ne sais pas si les acteurs répètent un texte ou improvisent, mais dans tous les cas ils sont plus que crédibles. L'histoire, très réaliste, devient assez dramatique sur la fin et rappelle la dure réalité de la vie. Une situation inattendue peut engendrer une suite d'événements qui peuvent conduire au pire...
J'admire les films qui arrivent à laisser jouer des scènes à un tel niveau de réalisme qu'on a l'impression d'être un voyeur qui surprend des vraies personnes exposer ce qu'elles vivent. Même si le personnage principal est en retrait, tout ce qui se passe autour de lui est suffisamment riche. Et la scène de danse du ventre est carrément mythique.
Sète, le port. Monsieur Beiji, la soixantaine fatiguée, se traîne sur le chantier naval. Père de famille divorcé, s'attachant à rester proche des siens, malgré une histoire familiale de ruptures et de tensions que l'on sent prêtes à se raviver, et que les difficultés financières ne font qu'exacerber, il traverse une période délicate de sa vie où tout semble contribuer à lui faire éprouver un sentiment d'inutilité. Une impression d'échec qui lui pèse depuis quelque temps, et dont il ne songe qu'à sortir en créant sa propre affaire : un restaurant. Seulement, rien n'est moins sûr, car son salaire insuffisant et irrégulier, est loin de lui offrir les moyens de son ambition. Ce qui ne l'empêche pas d'en rêver, d'en parler, en famille notamment. Une famille qui va peu à peu se souder autour d'un projet, devenu pour tous le symbole d'une quête de vie meilleure. Grâce à leur sens de la débrouille, et aux efforts déployés, leur rêve va bientôt voir le jour... Ou, presque...
En fait dans ce résumé tout est dit MAIS c'est surtout le déroulement qui induit à l'attachement et la compassion ! Perso j'en ai lachée une larme. On ne s'attend pas à ça en lisant le titre, tombée par hasard dessus, émerveillée par ce film tendre et criant de vérité
Un film magnifique qui nous porte avec passion. Kechiche sait nous prendre par la main pour nous faire assister à toute une cérémonie en quelque sorte. Celle de la vie de famille menée de front par les deux filles des deux femmes. On a une sorte de trio en fait et c'est une course vertigineuse que nous suivons avec une interprétation incroyable et des sentiments forts. Excellent.
« La graine et le mulet » de Abdellatif Kechiche (2007) a été largement récompensé à la Mostra de Venise et aux Césars. Nous sommes à Sète où le port thonier est en pleine mutation devenant un port de plaisance. Slimane Beiji (Habib Boufares), 60 ans, y travaille depuis plus de 20 ans à démantibuler les anciens navires mais il se retrouvera au chômage. Père de famille divorcé, il vit avec la patronne d'un hôtel et sa fille, Rym (Hafsia Herzi), mais reste très lié à ses enfants et à son ex-épouse. Avec son indemnité de licenciement, il a l’idée d'ouvrir un restaurant sur un vieux cargo surmonté d’un ancien wagon dans le port de Sète mais le courage lui manque et les obstacles administratifs se multiplient. Finalement avec l’aide de ses 2 familles, il réussira à monter ce projet : 150 couverts sont prévus pour l’inauguration mais la graine de couscous traîne à arriver… Un film novateur d’une grande fraicheur, basé sur des acteurs non professionnels et qui réussit à créer l’atmosphère d’une famille avec ses moments conviviaux et ses clivages, mêlant la vieillesse désenchantée et respectable, et la jeunesse fougueuse et rêveuse. Le film est souvent tourné caméra à l’épaule et la longue scène avec cette mobylette volée n’est pas sans rappeler Vittorio De Sica.