Excellent biopic sur la vie du dictateur Ougandais Idi Amin Dada. On le côtoie au travers d'un personnage fictif, son médecin personnel, joué par James McAvoy. L'interprétation de Forest Whitaker est hors norme. Il est saisissant d'authenticité et transmet admirablement bien la complexité d'un tel personnage. A voir ne serait ce que pour lui !
Il y a de ces méchants au cinéma qu'on aime détester, auquel on s'attache malgré tout, mais Idi Amin Dada impossible, ce personnage est trop odieux (d'ailleurs il est très bien interprété par Forest Whitaker, gagnant l'oscar du meilleur acteur pour ce rôle ainsi qu'autres récompenses méritées). Ce film est très terre à terre, tourné un peu comme dans La cité de dieu, tel un film/reportage. C'est comme si on était au coeur de l'action, la manière de filmer est parfois brute, ce qui fait froid dans le dos et créée cette tension sauvage durant les 2h (surtout à la fin). La photographie est superbe et les deux acteurs principaux, Forester Whitaker et James McAvoy, sont juste charismatiques dans ce biopic un peu bestial et violent, montrant un régime autoritaire sous la dictature d'un homme d'Etat fou et sanguinaire. Terrifiant.
Il en fallait des épaules solides pour porter le destin d'une telle force de la nature que celle d'Idi Amin Dada, président Ougandais et dictateur sanguinaire passionné. Et qui de mieux que l'ours doux Hollywoodien Forest Whitaker pour cela, véritable masse corporelle et acteur de génie ? Il sera même récompensé par un Oscar pour cette performance hors du commun et terrifiante face à son jeune partenaire, James McAvoy, tout novice qu'il est sur ce tournage. Ce dernier est la pierre centrale de l'édifice de Kevin Mc Donald, une oeuvre sensible, envoûtante, baroque et surtout pleine de vie (et de mort), à l'image de ce continent qu'est l'Afrique. Une immersion totale grandement réussie sur le plan esthétique, narratif et temporel tant on se sent dans l'Ouganda des années 70. Peter Morgan signe un scénario d'une qualité exemplaire liant fiction et histoire vraie avec une maestria digne des plus grands polars politiques du cinéma. Un vrai coup de force à l'image du monstrueux et inoubliable Amin Dada sous les traits exorbités de Whitaker. Mc Avoy n'est pas en reste et déboule sur grand écran avec l'innocence de sa jeunesse et la fraîcheur de son sourire ravageur face à cet ogre lunatique. Un contraste saisissant et terrifiant.
Deuxième remarque : une partie de la critique a reproché au film d'édulcorer la cruauté d'Idi Amin Dada, voire même de tenter de le rendre sympathique. Ceux qui écrivent ça n'ont pas vu le même film que moi ! Le personnage incarné par Forest Witaker est présenté d'emblée dans sa dualité, enjôleur et violent, et surtout redoutablement instable. La tension créée dans son entourage par ses sautes d'humeur est immédiatement palapable, et les silences prudents, les regards inquiets accueillent chacune de ses envolées.
Même quand il cherche à séduire Nicholas, que ce soit par des cadeaux ou par sa réthorique tortueuse, le rapport entre lui et son "invité" est immédiatement celui d'un prédateur et de sa proie. C'est d'ailleurs une des forces du film que de ne pas montrer les horreurs de la répression qui a tué plus de 300 000 Ougandais (au moins jusqu'au deux tiers du récit), mais de les suggérer par la peur de ceux qui savent que rien ne les protège de l'arbitraire.
Forest Whitaker est formidable, jouant à merveille de cette ambiguïté, et ce n'est que justice que l'académie des Oscars ait reconnu sa performance (palmarés particulièrement bien vu, qui rend aussi grace à Helen Mirren, à Scorsese et ses "Infiltrés" -enfin !-, à l'excellent "La Vie des Autres" et au prometteur "Little Miss Sunshine"). Dommage que la réalisation ne soit pas à la hauteur de cette prestation, et reprenne le bric-à-brac du filmage de l'époque : montage clipesque, abus de ralentis, musique redondante qui insistent encore plus sur les lourdeurs d'un scénario bien trop démonstratif.
Enfin une réalisation qui a l'audace, néanmoins légitime, de rompre avec cette tradition cinématographique fumeuse d'humanitarisme à l'américaine. Celle qui cible la pauvre Afrique, qui ne sait voir autre chose chez ses habitants que de simples bouches à nourrir, de simples poches à remplir, celle qui ne sait qu'apitoyer l'Occident et susciter sa pitié. Kevin Macdonald prend grand soin à éviter ces poncifs ridicules, et préfère focaliser l'attention non seulement sur la corruption des régimes constitués dans ces pays, mais aussi et surtout, sur la folie que ces mécanismes politiques, gangrenés jusqu'à l'os, ont permis d'instituer. C'est de là que "Le Dernier Roi d’Écosse" tire sa pertinence. En évitant d'attirer l’œil sur les dominos de la famine, de la misère, et des populations opprimées, il privilégie le domino premier, celui qui écroule les autres, celui des dérives du pouvoirs. Un grand film qui saura finalement tirer son épingle du jeu, sans sombrer dans les modèles ambiants de la bien-pensance hollywoodienne...
Doté d'une excellente réalisation, "Le Dernier roi d'Ecosse" marque aussi par un super choix de scénario. En effet, en adaptant une histoire mêlant fiction et réalité, le long-métrage entraîne le spectateur du début à la fin. Par ailleurs, les acteurs sont excellents surtout le duo principal. Ainsi, le film captive le public sans problèmes en lui montrant une des dures réalités du XXème siècle avec intérêt.
pas mal mais je m'attendais à mieux....forest whitaker est pourtant irréprocable et james mac avoy également....peut être est ce tout simplement l'histoire qui ne m'a pas emballé plus que ça ! ceci dit bon film tout de même
Un jeune homme écossais diplômé en médecine décide de changer de vie à la façon "Loto, à qui le tour ?" -> direction Ouganda (ça change de l'Australie). Dans son aventure ougandaise, ce jeune médecin va se nouer d'amitié avec le nouveau président, Amin Dada, jusqu'à en devenir son médecin personnel, voire même son conseiller. Mais ce président nous réservera bien des surprises concernant sa personnalité... S'investissant de plus en plus, le médecin va s'enfoncer dans une situation qu'il regrettera, tellement sa personne deviendra importante aux yeux d'Amin Dada. Entre déceptions et trahisons, le respect va s'effacer entre ces deux hommes, et il sera bien difficile de quitter un pays lorsque son "propriétaire" ne l'entend pas de cette oreille. Une tension haletante va ainsi naître au sein de ce duo. Qui aura le dernier mot ? Les prestations de Forest Whitaker et de James McAvoy sont excellentes, et nous entraîneront dans ce scénario avec grand intérêt. Un film poignant sur la dictature du président Ougandais. A conseiller.
Faire coexister fiction et réalité historique n'est pas l'exercice le plus facile à faire au cinéma surtout quand le film s'appuie principalement sur une personnalité ayant réellement vécu. Et "Le Dernier Roi d'Ecosse" en est une preuve éloquente. Pourtant montrer par le biais d'un personnage fictif auquel on puisse s'identifier la figure du dictateur Idi Amin Dada était une très bonne idée. Mais le premier est vraiment trop naïf pour ne pas dire parfois carrément stupide pour que le spectateur s'y attache. De plus, le récit qui prend très vite la forme d'un thriller est assez attendu et certains éléments sont complètement inutiles à l'instar du rôle de Gillian Anderson. Reste une performance absolument mémorable de Forest Whitaker, totalement possédé par son personnage et ultra-flippant dans le peau d'un des types les plus tristement célèbres de toute l'Histoire africaine.
Prenant, poignant, saignant. Dramatique destin. Dialogues, acteurs, mise en scène au diapason de l'ambition narrative. Faux biopic mais vrai bonheur de cinéma. AUCUN TEMPS MORT. Un roman d'aventure en vérité.
Sans tomber dans une caricature pourtant difficile à éviter, le film nous décrit avec un tact remarquable la vie d'un dictateur sanguinaire. Le sympathique jeune héros, à la fois téméraire et inconscient, est de ceux que le spectateur voudrait empêcher de se jeter dans la gueule du loup. Mais ce dernier, grandiose et terrible à la fois, inspire à la fois trop de crainte et de fascination pour que l'on ne s'y intéresse. La réalisation impeccable construit une atmosphère qui passe petit à petit de la simple aventure africaine à la terreur la plus complète, sans se laisser déstabiliser par les tentations du grand spectacle ou de l'apitoyement pathétique. Un vrai numéro d'équilibriste auquel il ne manque qu'une ouverture réflexive plus digne de ce que l'Histoire a réellement coûté aux peuples qui l'ont vécue. Accrochez-vous, et courrez le voir.