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Uncertainregard
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1,0
Publiée le 6 juillet 2012
Pour son 1er grand rôle à 16 ans tout juste, on peut dire que la souriante Sandrine Bonnaire avait de l'énergie à revendre et surtout pas froid aux yeux. Ce film n'est pas mauvais en soi et fait partie de ces oeuvres qui comptent dans le cinéma français mais personnellement je ne suis pas fan de Pialat notamment pour sa mise en scène que je qualifierai d'excessive dans les scènes d'engueulades qui font vraiment abusées même si je suis bien conscient que de tels climats familiaux doivent exister...
"A nos amours" n'est pas tant un film sur le mal-être adolescent que sur la libération sexuelle post-soixante-huitarde. Sandrine Bonnaire y est talentueuse. Des dialogues forts émaillent le film, notamment quand le réalisateur lui-même y prend part. Globalement, on peut s'ennuyer par moments, toutefois, tant le film est décousu.
Indéniablement le ton est personnel et Maurice Pialat réalisateur-acteur laisse le talent s’exprimer. Sandrine Bonnaire révélée par l’occasion ne se sent bien que dans les bras d’un homme, Evelyne Ker pète un câble, Cyrille Collard n’est pas encore rattrapé par ses démons et Dominique Besnehard s’éclate enfin ! Beaucoup de finesse se dégage de cette famille au pinacle de la libération des mœurs, revisitée en 1983 juste avant l’explosion du Sida et de la gauche utopiste.
Voilà mon premier Pialat. A nouveau je remercie Arte d'avoir eu l'idée de diffuser ce film. Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est un chef d’œuvre mais j'ai quand même beaucoup aimé. La façon dont les scènes banales sont montrées m'a touchée, certaines séquences paraissent tellement naturelles... L'histoire en elle-même ne cherche pas midi à quatorze heures et c'est aussi ça qui fait la force du film, cette simplicité déconcertante à décrire les recoins de l'amour et de la famille. Puis cette scène finale du dîner qui (à ce que j'ai lu) a plus ou moins été tourné en improvisation puisque les acteurs n'étaient pas prévenus que le père, interprété par Pialat lui-même, allait intervenir, est assez poignante. Un film intéressant pour l'écriture et la pertinence du propos.
Ce film n'a aucun interet! Jeu d'acteurs nul, les plans sont mal réalisés, il n y a pas d'histoire, et je me demande comment les critiques ont pu etre bonnes.
Excellent film. Pialat signe ici un chef d'oeuvre autant pour l'écriture que pour la mise en scène. L'écriture est d'une qualité renversante. La recherche continuelle de soi même à travers la difficile période de l'adolescence. La recherche d'une forme de sexualité de la jeune fille pour espérer retrouver le lien perdu avec son père. L'adolescence comme mouvement vers l'adulte dans l'objectif de redevenir enfant : discours impressionnant. Ce qui frappe dans ce film, c'est la beauté des dialogues et la manière dont Pialat mêle les relations entre ses personnages : la mère et la fille, le frère et la soeur, l'amant et l'amante, l'homme et la femme ... Le jeu des acteurs est incroyable. Bonnaire premièrement, magnifiquement dirigée par Pialat : sa prestation est d'une qualité incontestable. Pialat quant à lui signe également une prestation éblouissante, toute en finesse et en émotions. Mention spéciale à la prodigieuse scène du repas qui sera certainement une des meilleures scènes à table de toute l'histoire du cinéma. A la fois trésor d'improvisation, d'écriture et de mise en scène. Pour ce qui n'a pas été dit, les plans sont esthétiquement très recherchés et la gestion du mouvement est très satisfaisante. A voir absolument.
Pialat est brillant. Et Bonnaire, doux mélange de charme, de simplicité et d'insolence, donne à l'oeuvre du réalisateur une certaine noblesse, une force, quelque chose de vrai.
Une oeuvre cinématographique remarquable notamment grâce à la prestation de la talentueuse Bonnaire. Son incarnation de cette jeune femme complexe est sensationnel (César du meilleur espoir) tout comme Pialat dans le rôle du père nous livrant une diatribe finale grandiose.
Bon, le sujet de base m'intéressait plutôt mais au final j'ai pas aimé plus que ça. Pour moi y a un problème dans le film, c'est qu'on y croit pas du tout. Déjà c'est à cause des dialogues et de la façon dont il sont dit. On sent terriblement les feuilles de script derrière. Et puis les situations sonnent faux, je vais pas m'étaler plus mais c'est difficile de rentrer dans le film du coup. Si on met de côté cet aspect de la crédibilité, j'ai encore des choses à reprocher : la multiplication des élipses est vraiment mal rendu et au lieu de servir la narration ça la dessert à mon avis. Après j'ai pas envie non plus d'enfoncer le film, j'ai trouvé ça pas mal, il y a des bons côtés, comme par exemple le sujet qui m'a intéressé, mais je ne suis pas grandement convaincu pour autant.
À Nos amours est un très grand classique du cinéma français réalisé par l'anticonformiste Maurice Pialat qui n'a décidément aucune barrière. Ce dernier aborde le vaste sujet de la liberté dans son film. Il parle de celle-ci d'un point de vue personnel bien sûr mais aussi de la liberté de chacun au sein de la famille, au sein de la société. C'est donc très intéressant d'observer les personnages totalement libertaires de Sandrine Bonaire et de Maurice Pialat lui même tout au long du film. L'un comme l'autre sont excellents tout comme Dominique Besnehard. Pour les autres seconds rôles c'est un peu plus laborieux. La faiblesse des dialogues dans certaines scènes n'a sûrement pas aidé. Quelques petits défauts donc mais un grand classique tout de même qui a le mérite de faire réfléchir et qui a aussi révélé la grande Sandrine Bonaire !
Le film est un film détestable, on toutes les raisons de ne pas l'aimer, tout comme les autres films de Pialat, pour la bonne et simple raison que Pialat ose aborder des choses sales et les filmer sans complaisance. Cette famille un peu malade n'est pas sans rappeler ce que l'on connaît de la famille, certaines phrases on les a déjà entendu, on a déjà vu certaines situations. On sent que ça n'est pas du chiqué et exagéré pour que ça rende bien sur grand écran, c'est une réalité qui a été capturée pour la mettre au cinéma. Et Pialat sait admirablement bien le faire.
Si au début ça commence sur un sujet très adolescent : amourette, sexe… ça dérive très vite vers la famille en général. Bonnaire est magnifique, elle avait déjà énormément de talent étant petite. Mais le plus impressionnant (pas qu'il y un acteur en dessous des autres) c'est Pialat lui même, qui avec son charisme en impose vraiment et dégage quelque chose d'énorme.
Mais au delà de la prestation des acteurs, de la réalisation qui n'en fait jamais trop, qui ne balance pas de gros plans biens signifiants, il y a cette vérité. Au début la partie sur Bonnaire seule et ses amours ne m'a pas passionnée, c'était pas ce qu'il y avait de plus intéressant, mais petit à petit on découvre où Pialat veut en venir, jusqu'à ce dîner final saisissant et effrayant. Voir ce frère essayer de devenir le père de sa soeur, et plus, les rapports parents enfants assez étranges, c'est vraiment flippant et dérangeant.
Bref Pialat, si vous ne l'aimez pas, il ne vous aime pas non plus !
Chef d'œuvre! Toujours vrai trente ans après sa sortie. Ce lien père-fille frise parfois l'inceste. Les relations familiales sont d'une rare violence physique et hystérique. Le calme suit le chaos beau et ignoble, la vis suit son cours.
Ça commence l'air de rien et ça monte en puissance jusqu'au dernier tiers qui m'a tétanisé. Pialat, jouant de son rôle de metteur en scène (et le recul que cela nécessite), revient en tant qu'acteur mettre à nu le malaise qui se cache sous le vernis d'une famille qui joue à être bien comme il faut, là où tout est fausseté et apparences... Un choc !
(et puis si j'avais su que j'entendrai du Klaus Nomi dans un Pialat je serais venu plus tôt !)
C'est ici plaisant de voir le drame psychologique s'installer au cœur des relations familiales quand la fille s'aperçoit de sa nymphomanie. Le réalisme des situations et des dialogues est au cœur de cet excellent scénario illuminé par la présence de la toute jeune Sandrine Bonnaire. Pialat est décidemment un maitre en matière de mise en image des histoires mettant en avant les défauts humains.
Jean Gabin le disait, le répétait et le répétait encore : " pour faire un bon film, il faut une bonne histoire ". Maurice Pialat l'avait sans doute compris mieux qu'une majeure partie de ses contemporains... Et pour preuve : A Nos Amours constitue à mon sens le sommet de son Oeuvre, de sa filmographie peuplée de personnages profondément imparfaits mais foncièrement humains. Sandrine Bonnaire y trouve un rôle qui tient pratiquement du miracle, mêlant la fausseté d'une irritation au naturel d'un sourire. Toujours devant la caméra, on retrouve Dominique Besnehard - qui n'a jamais été aussi étonnant d'inimitié - ainsi que Maurice Pialat lui-même, qui n'hésite pas à tourner en dérision la raison de sa présence à l'écran. Rarement chez le cinéaste les rapports humains auront été traité avec autant de passion et de profondeur ( même Police - réalisé deux ans plus tard - n'atteindra pas un tel niveau de complexité psychologique ). C'est peut-être bien son meilleur film, du moins l'un des plus personnels et l'un des plus surprenants : un chef d'oeuvre.