J'ai eu très peur pendant les 20 premières minutes du film, car le début est particulièrement lent. Je me suis dit que 2h40 comme ça, j'allais énormément souffrir. Heureusement, malgré la lenteur de démarrage du film, une fois qu'il est partit, on rentre dans un univers passionnant et très prenant. Première chose, la qualité impressionante des acteurs et en particulier, bien sur, de Marina Hands. Dans la peau d'une riche bourgeoise anglaise de l'entre-deux guerres, Marina Hands interprète un rôle d'une infinie douceur. Très subtile et en même temps remplie d'émotion, elle est éblouissante du début à la fin du film. Les autres personnages du film sont également de très grande qualité.
Jean-Louis Coulloc'h à un rôle également complexe. D'un premier abbord très bourru, on se trouve en fait en face d'un homme d'une grande sensibilité, sensibilité difficile à vivre. Quand au mari de Lady Chatterley, interprété par Hippolyte Girardot, il s'agit d'un bourgeois persuadé que la distinction entre les patrons et les ouvriers, ou plutôt les esclaves, est d'ordre pratiquement divine, rendant le personnage délicieusement antipathique.
Avec un rythme extrémement travaillé, le film nous plonge dans la relation de cette bourgeoise avec son garde-chasse. Cette histoire fait en fait ressortir tout le mal-être de Lady Chatterley, et son inadaptation à son époque. Rempli de sentiments d'une très grande force, sans tombé dans le ridicule, Pascale Ferran impressione par la précision chirurgicale et la beauté simple de sa réalisation. Les images sont belles, tout simplement. Les scènes nues, très présentes dans le film, filmé sans taboux et encore une fois sans en faire des tonnes rajoute encore à la beauté du film. Les césars ne se sont pas trompés quand à ce film, de très grande qualité.