Todd Field signe ici un drame romantique d'apparence classique mais qui dévoile petit à petit une véritable profondeur. Outre une réalisation soignée, l'écriture du scénario est suffisamment intelligente donnant la part belle aux deux personnages principaux incarnés par Kate Winslet et Patrick Wilson. On se laisse happer par les destins croisés des différents protagonistes en s'interrogeant sur l'aboutissement d'un drame que l'on ne peut que pressentir. Tendre, subtile avec quelques accès de violence. Un très bon film.
Une photographie écornée de la bourgeoisie d'apparence d'une banlieue américaine. Autour de l'équilibre précaire du couple, c'est aussi l'évocation de la place de l'homme et de la femme. Sur une narration plutôt judicieuse, une chronique inégale, manquant d'intensité où certaines scènes s'avèrent secondaires ou s'étirent.
« Little children » est un film sur les rapports humains et la frustration d'une société culpabilisée par la morale dans une banlieue chic des Etats-Unis comme il en existe des milliers et où cohabiteront Ronnie, un exhibitionniste sexuel à tendances pédophiles fraichement relaxé, ainsi que Brad et Sarah, jeunes parents malheureux dans leur propre couple. Tout ce beau monde va finir par se rencontrer et tenter de changer. Magnifiquement interprété (Kate Winslet et Patrick Wilson en tête), politiquement incorrect mais beau à la fois (cf. les scènes émouvantes de Ronnie avec sa mère), ce très beau métrage à la fin inattendue fera la part belle à ces américains frustrés à qui on a voulu couper les ailes mais rêvant d’une vie meilleure, comme pas mal de monde sur Terre finalement…
Si sa carrière a été lancée par le biais de Raison et Sentiments et surtout de l’incontournable Titanic, ce sont pourtant les années 2000 qui ont été les plus favorables à Kate Winslet pour ce qui est de la reconnaissance critique. L’actrice ayant enchaîné des films tels que Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Neverland, The Reader ou encore Les Noces Rebelles. Et parmi ce joli lot de performances incontestables pour la comédienne vient se positionner le film qui nous intéresse ici, Little Children, adaptation du roman Les Enfants de Chœurs de Tom Perrotta.
Pour voir Little Children et ne pas s’étonner par le rendu du film, il est conseillé d’avoir quelques références en tête pour bien se mettre dans le bain. Car ce long-métrage de Todd Field (dont c’est le second film après In the Bedroom) se révèle être un mélange entre American Beauty et Desperate Housewives. Une histoire qui s’intéresse à des petites trames de ménages (une femme et un homme qui vont se rencontrer via leurs enfants et qui entretiendront une liaison à cause d’un quotidien monotone et frustrant) en plus d’une seconde un peu plus grinçante (le parcours d’un pédophile tout juste sorti de prison qui essaye de se réintégrer dans le quartier). Le tout raconté par le biais d’une voix-off et proposant à l’image une ambiance visuelle et sonore qui se rapproche quelque part plus du conte que du drame. Sans oublier un humour qui peut se montrer grandement ironique et grinçant (l’héroïne décidant de tromper son mari parce que ce dernier passe son temps à se masturber devant son écran d’ordi, fantasmant sur un avatar de site pour adultes). Pour dire que Little Children n’est vraiment pas à la portée de n’importe qui et qu’il faut vraiment accrocher à son rendu pour l’apprécier.
Et contrairement à American Beauty, Little Children m’a personnellement moins emballé. Si l’ambiance et l’ « univers » visuel s’en rapproche, le scénario, lui, n’est pas aussi bon je trouve. Déjà que parmi les trames qu’il présente (ce couple en pleine adultère et le pédophile), le film s’intéresse bien trop au duo que forment Kate Winslet et Patrick Wilson. Deux personnages qui se rencontrent, se rapprochent, hésitent à se lancer, couchent enfin ensemble, ne peuvent plus se passer l’un de l’autre… On connait donc les sentiments qu’éprouvent les deux protagonistes, on sait bien comment cela va s’enchaîner jusqu’à une fin plutôt surprenante, je l’admets (leur avenir est en parfait similitude avec l’ironie citée plus haut). Rendant donc toute cette partie de l’histoire peu intéressante, cumulant des personnages secondaires pas vraiment mis en valeurs (la femme de Wilson, l’amie de Winslet qu’elle revoie au club de lecture…) et mettant en avant des scènes de sexe inutiles à la trame (on sait qu’ils couchent ensemble, ce n’est pas la peine de le montrer autant !).
C’est plutôt l’histoire du pédophile qui, étonnament, intéresse le plus. Avec son personnage qui ne se cache pas auprès des spectateurs (on connait son attirance pour les enfants, on le voit dépasser les limites de sa perversité lors d’un rendez-vous galant qui commençait pourtant bien pour lui…). Et le plus fort, c’est que l’on s’attache à lui aussitôt, le film mettant en avant la haine des gens à son égard (ce qui est normal) pour que l’on éprouve de la sympathie (ou plutôt de la pitié) envers ce répugnant personnage pourtant aimé par une mère très protectrice. Et le final confirme ce fait ! Une trame qui affirme le penchant vers l’ironie de Little Children : s’intéresser à un personnage peu reluisant alors qu’un couple qui respire le bonheur est bien plus mis en valeur.
Oui, il faut vraiment s’accrocher ! À ce scénario mais également à cette ambiance « conte » qui suinte par tous les pores de ce film. Servi donc par une BO un chouïa enchanteresse, une mise en scène et un montage qui expriment à 100% cette atmosphère qui éloigne Little Children du simple drame qu’il paraissait être. Des qualités techniques que l’on ne peut reprocher au film, en plus d’un casting prestigieux : Kate Winslet, Patrick Wilson, Jennifer Connolly, Noah Emmerich, Phyllis Somerville… Sans oublier la renaissance (après bon nombre de rôles dans des séries B) de Jackie Earle Haley, qui arrive par son jeu d’acteur et son physique à rendre le fameux pédophile aussi repoussant qu’attachant.
Vous aimez American Beauty et/ou suivez Desperate Housewives ? Vous devriez donc être emballés par Little Children. Conte ironique qui, au minimum, se laisse regarder sans déplaisir et qui propose une superbe brochette de comédiens qui font le film à eux tous seuls. Pour les gens plus réticents, il est compréhensible que l’ambiance « conte de fées » au service de ces trames puisse vous refroidir. Quoiqu’il en soit, Little Children reste un film techniquement maîtrisé et parfaitement interprété. Faux vraiment être difficile pour ne pas apprécier !
Alors oui très bon film je l'avoue. Chaque personnage est parfait dans son rôle, on est bien pris dans l'histoire et dans les romances, un vrai bon film. Hélas, à la fin, on se dit, tout ça pour ça!! Un véritable gâchis qui fait malheureusement baisser ma note qui reste malgré tout, de très bonne facture je pense... 3.5/5
Un film tout en décroissance du point de vue beauté et bonne humeur, d'une ambiance paisible avec quelques névrosés qui commencent à profiter de la vie jusqu'au grand final bien décevant. Les acteurs sont tous parfaits, Kate élève le niveau de ce film où elle est excellente en femme csp+ américaine, on peut voir ce film comme une réalité alternative de revolutionnary road. Des passages vraiment difficiles à regarder et font perdre foi en l'humanité. Et pourtant, dire que le bonheur est si simple et accessible...
Jolie mise en scène et des acteurs fabuleux pour une sorte de "American Beauty" et une pointe de "desperate Housewives" mais avec une bonne dose de puritanisme bon teint et le cynisme en moins. Les acteurs sont eux excellents, surtout Jackie Earle Haley et malgré un personnage trop peu exploité pour Jennifer Connelly. La trame générale est normalement la vie d'une petite ville bourgeoise où différents personnages se croisent. C'est bien le problème tant l'histoire d'adultère semble être la seule histoire qui vaille dans le film (90% du film) laissant sur le bas côté les autres personnages. il y a bien le pervers (les 10% qui sauvent le film) même si on ne sait pas trop ce que ça vient faire dans le film puisque le cause à effet est quasi inexistant avant la fin débile. Une fin qui nous fait comprendre que ce film est d'un politiquement correcte et moralisateur très agaçant. Dommage car l'histoire d'adultère est bien traitée et et le personnage du pervers est superbement écrit. Mais deux histoires sans réelles liens et de surcroît en n'occultant les autres personnages (dont l'épouse jouée par Connelly et le flic trop peu présent psychologiquement parlant) en fait un film bancal et surtout au propos puritain et conservateur.
Après In the bedroom Field nous revient avec un petit objet assez différent...il va plus loin ds les méandres des malaises d'une petite communauté que dans son précédent opus mais nous le sert de manière très ironique. Délice du jeu des acteurs servient par une photo toujours en lien avec la scène filmée (alo blanc, noir profond, couleurs vives pour les scènes légères), les 2H20 (pour ceux que cela rebute) sont plus q'utiles, nécassaires je dirai... On apprend à les découvrir et à suivre leur cheminement adultes/enfants ou l'inverse...Homme/Femme deviennent adultes...fin assez typique des films indépendants américains mais film touchant et efficace à défaut d'être subtil, miroir social d'une société perdue. Field montre le décalage entre âge et vécu...l'être n'arrive plus à suivre les codes établis de ce qu'on doit être en tant qu'adulte. Intéressant
L'intérêt réside bien dans ce que Todd Field met en scène autour d'une peur dans notre société. Tous les points de vue sont approchés. On a le temps d'avoir un peu peur mais jamais trop, l'humour vient à la rescousse quand ce n'est pas la bande-sonore, toujours explicite. Si ce cinéaste visite l'actualité sécuritaire dont justement on préfèrerait s'éloigner, il se rattrape en ouvrant sur de l'inattendu, exemple la prétendue beauté féminine qui "ne donne que ce qu'elle a" mais sans baisser pavillon, ces adorables petits ressentis comme des sales gosses aussi, bref, tous ces détails que l'on camoufle, les adultes s'évertuant à afficher une patience sans borne malgré leur mal-être personnel. Très prenant malgré un démarrage un peu abrupt. Splendide interprétation. Tiraillements permanents : la voix-off, très judicieusement plaquée, maintient l'équilibre de cette fine analyse de moeurs à la morale archi-sauve.
Dans une banlieue paisible rappelant American Beauty et les Desperate Housewives, où se confondent mère aux foyers commères, équipe de football et jeunes en skateboard, vont se dérouler en parallèle deux histoires: l'amour adultère de Sarah et de Brad d'un côté, la difficile réinsertion de Ronnie, pédophile libéré de prison de l'autre. Ce film étrange oscillant entre plusieurs genres comme la comédie, le drame ou le thriller se révèle très attirant par la grande rigueur de la réalisation de Todd Field qui fait de chaque scène un grand moment de cinéma par la richesse de ses trouvailles. Il ne faut pas oublier non plus la performance des acteurs: Kate Winslet et Jennifer Connelly sont superbes, Patrick Wilson et Jackie Earle Haley (Le Hibou et Rorschach dans Watchmen) sont très convaincants dont le dernier dans un rôle très difficile de pédophile qu'il parvient à rendre pathétique en ne sombrant jamais dans la caricature. Car c'est là la grande qualité de ce film: si les scènes présentées sont somme toute assez quotidiennes, l'atmosphère pesante et sombre quelque peu irréelle par moments font de l 'ensemble quelque chose d'intrigant voire de fascinant. Little Children est une des oeuvres les plus originales de ces dernières années qui ne laissera personne indifférent.
"Little Children" donne une idée assez précise de ce que peuvent vivre les bourgeois des banlieues cossues américaines. S'ils ne travaillent pas et sils restent au foyer, leur quotidien devient très vite emmerdant et superficiel. Entre les barbecues, les espionnages des voisins, les mensonges et les enfants, leur vie n'est faite que de tromperies. Ça c'est sur le papier. Dans la pratique, le réalisateur a adopté une mise en scène un peu trop complaisante pour que la critique, qui promettait d'être acide en théorie, le soit vraiment dans le film. C'est regrettable car le film perd (dès le début) rapidement de la force pour s'enfoncer peu à peu dans une sorte de mélodrame un peu niais et mièvre. Même la très bonne performance du tandem Kate Winslet/Patrick Wilson n'arrive pas complètement à sauver le long-métrage de ce gros défaut. A la fin, on ne sait donc pas trop quoi penser de "Little Children". Mais bon il y a déjà tellement eu de mauvais films sur le sujet que je ne me suis pas formalisé là-dessus, et pour ma part j'ai quand même passé un bon moment. A voir.
Ouch...j'ai eu du mal à le finir ce film ! Il manque un truc... L'histoire offre un thème intéressant néanmoins : l'opinion des autres si puissant et oppressant qu'il peut nous empêcher de nous épanouir... Je crois simplement que je m'attendais à plus de mordant (à la Sam Mendes) et que je n'ai pas capté l'intensité que beaucoup de monde semble avoir ressenti.... Un film lent qui finit en queue de poisson !
Un film intéressant mais desservi par une voix off envahissante. Todd Field parvient à distiller une menace omniprésente qui prend diverses formes sans que l'on puisse imaginer ce qui va se passer.
Little Children est à la fois troublant, déconcertant mais surtout ensorcelant. Le trouble que véhicule l'ambiance générale de l'histoire suffit a faire susciter au spectateur un sentiment de malaise qui le tient en haleine. A la manière d'un observateur avisé, la voix off étudie et décrit avec habileté les doutes, les espoirs et les angoisses d'une poignée de personnages choisie avec soin de cette banlieue chic américaine. Le retour inopiné d'un pervers ayant purgé sa peine qui revient vivre chez sa mère au sein de cette communauté bourgeoise suffira a jeter l'aversion et la terreur dans cette banlieue tranquille. Un film déroutant et atypique comme on en voit si peu.