Lent chef d'oeuvre, avec une distribution exceptionnelle de premiers et second rôles. Emouvant de les voir tous ensemble aussi jeunes. Quelques passages repetitifs, et des moments inoubliables, un abbé Julien Guiomar shakespearien, et Belmondo dans un rôle sur mesure.
Le film est bien orchestré dans ensemble et la mise en scène vraiment bien réalisée pour cette comédie dramatique de 67 qui plante le décor à la fin du XIX siècle. Belmondo qui joue le voleur professionnel Georges Randal est au summum de son talent même si ses multiples aventures romantiques avec plusieurs femmes (Geneviève Bujold, Bernadette Lafont, Marie Dubois...) en même temps semble totalement illusoire. Julien Guiomar est convaincant dans son rôle d'abbé mafioso sans oublier toute une pléiade d'acteurs d'époque en seconds rôles : Étaix, Denner, Jean-Luc Bideau...
L'intrigue est bien ficelée du début à la fin, Belmondo n'en faisant pas de trop dans la gesticulation à outrance ou dans ses mimiques (pour une fois !) et la fin n'est pas celle qu'on peut imaginer dans les dernières minutes spoiler: le héros n'est pas assassiné de ce long métrage de 2 heures. Film visiblement pas très connu mais qui mérite vraiment d'être vu !
Un film atypique des années soixante, avec un Belmondo plus discret que d'habitude, et une pléiade de bons acteurs et actrices... Un film anarchique et antibourgeois, malheureusement fait par des bourgeois, car selon la morale on peut voler (les méchants), mais pas baiser (les mêmes méchants)... et un ou la femme est faible, une fois de plus.
On peut reconnaitre à Louis Malle de ne pas s'être enfermé dans un genre ce qui a donné lieu parfois à des films difficiles à apprécier. Mais ici on peut dire qu'il a réalisé un coup de maitre qui n'a pas pris une ride : A la fois la reconstitution de la fin du XIXième est magnifique , le scénario très fluide et JP Belmondo, tout en sobriété et retenue trouve la un de ses meilleurs rôles. L'hypocrisie et le cynisme de l'époque sont parfaitement retranscrits, les personnages secondaires ont de l'épaisseur et du caractère, la montée de l'anarchisme et au final le détachement du "voleur" trouvent un sens très naturellement. Une excellente surprise pour ce film bien trop méconnu.
Un très bon film .La reconstitution du 19e siècle est envoûtante. Les acteurs sont excellents.Pour moi un des meilleurs rôles de Belmondo loin de ses rôles répétitifs de gros bras et guignolos de la suite de sa carrière. Ici il est tout en retenue et justesse. Une œuvre à redécouvrir.
« Le Voleur » est une comédie dramatique réalisée par Louis Malle en 1967 avec Jean-Paul Belmondo (Georges Randal), Geneviève Bujold (Charlotte Randal), Julien Guiomar (l'abbé Félix La Margelle) et Marie Dubois (Geneviève Delpiels) dans les rôles principaux ainsi que Paul Le Person, Françoise Fabian et Marlène Jobert dans les seconds rôles, et des apparitions de Charles Denner et Bernadette Lafont. D'une noirceur glaciale sous son vernis Belle Époque, c'est un film se se concentrant sur la psychologie d'un homme, George Randal, qui s'enferme dans sa propre solitude. Le personnage incarné par Jean-Paul Belmondo est un homme sec, cynique et dépourvu d'illusions. Il ne vole pas par nécessité, mais par vengeance contre sa propre classe sociale, la bourgeoisie, qui l'a spolié de son héritage et de son amour. On est loin du "Bébel" bondissant et rigolard des années 70-80. Ici, son jeu est d'une sobriété remarquable. Il est d'une froideur extrême. C'est l'un de ses meilleurs rôles dramatiques.
probablement le meilleur film de Louis Malle et le rôle le plus beau de Belmondo, loin de ses cascades et ses scènes d'esbrouffe qui lui ont donné le nom de Bebel, ici il a un rôle froid, un regard neutre sur cette société finissante du 19e siècle, Malle dépeind un monde à la Zola,Maupassant et même à la Marcel Proust, il y dénonce l'antisémitisme et la peine de mort montrée comme un spectacle de foire, ces bourgeois riches vivant dans l'opulence dont Randal les dépouille sans aucuns états d'âme, il passe d'une maison à l'autre, il ne montre jamais ses sentiments, il vole pas par plaisir mais par besoin, c'est plus fort que lui, il ne sait rien faire d'autre, peut être qu'au fond de lui-même il sait qu'il se fera prendre, qu'importe il continue