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Charlotte28
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3,5
Publiée le 2 mars 2021
Indubitablement la technicité d'une réalisation n'a pas de secret pour Bertrand Tavernier qui se plaît notamment à magnifier les paysages et à tisser un lien entre leur atmosphère et le ressenti des personnages. Cependant une froideur diffuse enroule la mise en scène, renforcée par des dialogues intéressants mais peu naturels ainsi que le jeu assez artificiel de Sabine Azéma, rendant peu sensible au sort de personnages pourtant bien dessinés et instillant une ennuyeuse distance alors qu'on perçoit aisément l'indignation du réalisateur face à l'hypocrisie, à la mécanisation sentimentale et aux manipulations étatiques de cette période historique dont la minutieuse reconstitution mérite compliment. Tenant le film par son charisme et par sa profondeur, Philippe Noiret se distingue, figure complexe d'un officier s'accrochant à une tâche d'humanisation devenue obsolète pour des supérieurs plus attirés par le symbolisme ostentatoire que par la lucide réalité. Une œuvre dense.
Belle reconstitution des charniers de la seconde guerre mondiale lorsque les femmes cherchaient leurs maris souvent de façon désespérée. Le duo Philippe Noiret/ Sabine Azema fonctionne à merveille.
Ce 11 novembre 2020 j’ai revu « La vie et rien d’autre » (1989) de Bertrand Tavernier qui conte l’histoire du major Dellaplanne (Philippe Noiret) qui (et c’est la première fois que ce sujet est traité à l’écran) s’acharne en 1920 à essayer de mettre un nom sur les disparus de la Grande Guerre et à en comptabiliser les morts. Il travaille sur un « gisement », un train composé de wagons militaires avec des obus et des bombonnes de gaz, et de wagons d’un train sanitaire, qui a été enfoui sous un tunnel miné par les allemands. Et les veuves de venir essayer de reconnaître les objets sortis des décombres pour identifier tous ces morts sans nom. Parmi ces femmes, Irène de Courtil (Sabine Azéma) qui est la belle-fille d’un sénateur qui harcèle de lettres les services de l’armée et la femme d’un riche industriel dont les usines ont été épargnées par les allemands (on saura le pourquoi). Cette « antilope », toujours accompagnée du chauffeur de son Hidalgo, a hanté depuis la fin des hostilités les hôpitaux pour arriver à ce tunnel. D’une relation d’hostilité liée au lettres du sénateur et au caractère hautain d’Irène, on passera à une « compréhension » de la misère de la guerre puis pour elle « à l’apaisement de penser que son mari est mort » dans ce tunnel… voire plus si le major avait voulu prononcer les 3 mots ! Sur cette histoire, se greffent la recherche par une jeune institutrice de son fiancé mort également dans ce train et dont le destin croise étrangement celui d’Irène ; un sculpteur qui est aux anges (« C’est l’âge d’or ») car il y a 35 000 monuments aux morts à construire par 300 sculpteurs et – plus intéressante – l’histoire de Perrin (François Perrot) qui avec son équipe d’annamites doit déterrer un soldat inconnu bien sûr « français, ni british ou noir » pour la cérémonie qui aura lieu à Verdun, à savoir le choix le 8 novembre 1920 par le soldat Auguste Thin « pour la Patrie, le Droit et la Liberté » (Maginot, ministre des pensions) du cercueil qui sera le soldat inconnu déposé sous l’arc de triomphe il y a exactement 100 ans jour pour jour. Le film parfait en termes de reconstitution historique, est magistralement réalisé avec une photo froide et brumeuse, des décors mornes et un rythme volontairement lent traduisant la difficulté des recherches. Mais il y aussi et surtout les répliques chocs du major Dellaplanne désabusé par toutes les horreurs qu’il a vécues, telles que - à propos du soldat inconnu - « Ça me désole car un seul pour oublier les 1 400 000 autres soldats morts » et qui arrivant à Verdun en retard dira « J’étais en panne mon général, en panne de tout » sans oublier surtout son calcul « Il faudrait 11 jours entiers et 11 nuits entières pour permettre aux victimes de défiler sur les Champs Elysées en formation et au rythme règlementaire ». Un Noiret superbe qui a amplement mérité son César.
Quel film et quel Philippe Noiret, quel acteur, quelle perte pour le cinéma français. Enfin, une histoire émouvante, des acteurs qui, chacun à leur tour, arrivent à nous les faire aimer, bravo à Bertrand Tavernier pour ce chef d’œuvre. Sabine Azema si détestable au début et si touchante à la fin, Pascale Vignal, actrice qui n'a pas eu la carrière cinématographique qu'elle méritait, tellement naturel. Quelle misère que la guerre puisse arriver à faire créer des œuvres pareilles.
Nous sommes en 1920 et la Première Guerre Mondiale est achevée depuis deux ans. Philippe Noiret est dans « La vie et rien d’autre » le Commandant Dellaplane. Ce soldat obstiné recherche minutieusement les disparus du conflit. Il recense les amnésiques, les morts ou encore les amputés. Sabine Azéma est ici une bourgeoise en quête de son époux disparu. Ils vont se rencontrer dans un hôpital de province. Si l’Armistice a sonné le 11 novembre 1918, les plaies sont encore ouvertes. « La vie et rien d’autre » est un film hommage à cette après-guerre douloureuse. Dans une atmosphère froide aux couleurs très travaillées, Bertrand Tavernier prouve son attachement au réalisme en reconstituant les décors, costumes et objets le plus fidèlement possible. Le réalisateur donne également son point de vue lors de la séquence sur le tirage au sort du soldat inconnu. La métaphore est grande lorsque son protagoniste annonce qu’il faudrait onze jours entiers et onze nuits entières pour permettre aux victimes de défiler sur les Champs Elysées en formation et au rythme règlementaire. Ce drame est une fiction aux recherches historiques poussées et rares sont les cinéastes qui auraient pu délivrer autant de profondeur à ce sujet. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Sujet passionnant (la recherche des disparus de la grande guerre et du choix du soldat inconnu). Mise en scène soignée quoique un peu lente parfois. Le film c'est surtout l'occasion de rappeler que Philippe Noiret était un immense acteur et que sa présence à lui seule suffisait à magnifier la pellicule...
L'intelligence du propos ne saurait occulter une forme de classicisme un peu froid qui plonge le spectateur dans un ennui poli malgré un intérêt continu. Tavernier nous présente une sorte de comédie humaine satirique qui vit avec l'ombre oppressante des morts (et des morts vivants). C'est intéressant mais déconcertant ; car cette comédie reste impersonnelle et elle nous expose une sorte de caricature d'humanité. L'atout majeur de ce film c'est Philippe Noiret : il est impressionnant .... Son jeu plein d'intelligence émotive apporte à cette histoire la tension psychologique qui lui manque.
Baigné d'une lumière époustouflante qui donne à ce film se déroulant dans les décombres de la Première Guerre Mondiale une atmosphère crépusculaire, La vie et rien d'autre est bouleversant. Porté par des acteurs superbes, Philippe Noiret et Sabine Azéma en tête, celui-ci aborde la thématique des soldats disparus et des cicatrices impossibles à refermer pour des milliers de familles françaises. Réflexion sur le besoin de vérité et la nécessité du deuil, ce réquisitoire pacifiste offre aussi un portrait saisissant de la France d'immédiate après-guerre, et des solutions inventées par l'État pour tenter de résoudre un problème a priori insoluble, celui de la mémoire des anonymes et disparus sur le champ de bataille, à travers l'installation de la tombe du Soldat inconnu sous l'Arc de Triomphe - la recherche d'un corps non identifié à ces fins sera d'ailleurs l'objet de nombreuses séquences cocasses.
Bertrand Tavernier est un cinéaste exceptionnel : il nous fait découvrir les horreurs de la guerre (les morts, les blessés, les ruines, les bassesses politiques) à travers une histoire d’amour en train de naître. Les acteurs sont au même niveau que le cinéaste. Les regards échangés entre Noiret et Azéma valent toutes les scènes d’amour. Mention spéciale à la lumière.
Ce film traite de la fin de la guerre 1914-1918. La France est à la recherche de ses morts, faire le décompte et retrouver les disparus n'est pas tâche aisée. D'autant plus qu'il lui faut trouver un soldat incoonu, symbôle de tous les autres qui sera enterré sous l'Arc de Triomphe. Ce film traite de tous ces sujets avec P. Noiret en personnage principal, commandant et responsable de ces opérations de recherche. Il va rencontrer 2 jeunes femmes, parmi tant d'autres, à la recherche de leur mari. Autoritaire, il va néanmoins se laisser séduire par ces 2 femmes, qui sont liées par un étrange secret.
Le couple d'acteurs que forment Philippe Noiret et Sabine Azéma dans ce film est tout simplement sublime. Le jeu de Ph. Noiret, tout en retenue ; le port altier de S. Azéma qui progressivement fait tomber le masque et révèle sa fragilité. Un amour qui s'échafaude ds les ruines encore fumantes de la guerre de 14. Un film bouleversant sur l'immédiat après guerre, ses veuves, ses gueules cassées, ses disparus.
En apprenant par hasard que 350000 soldats ayant combattu pendant la 1ère guerre mondiale ont été simplement « portés disparus », Bertrand Tavernier tente immédiatement d'en apprendre plus sur ce chiffre effarant. Ce passionné d'histoire se penche donc sur la question et en profite pour nous parler du soldat inconnu, des multiples monuments aux morts alors en construction dans toute la France, des petits secrets que tentaient de cacher les politiques de l'époque et... l'immense tache qui incombe aux services de l’État pour identifier les milliers de « poilus » enterrés sommairement sur les champs de bataille. Ce travail de mémoire, ingrat mais pourtant si important est confié à un Officier d'expérience, doté d'un fort mauvais caractère mais aussi d'un incomparable sens de la justice et du devoir. Cet homme d'exception est incarné avec une grande justesse par Philippe Noiret qui délivre une prestation à la hauteur de son immense talent. Il en résulte une œuvre incontournable, agrémentée d'une très jolie histoire d'Amour et de quelques improbables moments de comédie burlesque. Un siècle plus tard, au moment où nous nous remémorons cet abominable massacre, il me semble primordiale de visionner ce magnifique hommage qui raisonne toujours comme une sorte de mise en garde. A voir absolument, pour ne surtout jamais oublier que la guerre est une horreur sans nom !
Une intéressante critique de la guerre, et des mensonges qui l'entoure, même des années après. Avec en prime une touche de romance et de très bons acteurs.
Encore une belle réalisation de Bertrand Tavernier ; son scénario, coécrit avec Jean Cosmos, nous conte une histoire troublante se déroulant dans les années 20. Ils nous offrent une belle reconstitution d'une époque noire ou les français cherchent leur mort ou leur disparu. L'humour et le ciel bleu des jolis décors n'ont pas de place dans ce film noir au rythme très lent. Il révèle tout de même une intrigue humaine sous-jacente intéressante. A l'affiche, le superbe et regretté Philippe Noiret porte le film. Bertrand Tavernier écorche au passage l'Armée et les politiques qui cherchent avec véhémence l'anonyme qui sera tiré au sort comme "Soldat Inconnu" Le pitch : Le commandant Dellaplane, du service de l'identification de l'armée, exhume les corps. Il est à la recherche de 300 000 disparus.