805 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
99 critiques spectateurs
5
18 critiques
4
37 critiques
3
22 critiques
2
14 critiques
1
4 critiques
0
4 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Un visiteur
4,5
Publiée le 29 mars 2020
J’ai enfin vu Vanishing Point (Point limite zéro, en France) avec dans le rôle principal cette merveilleuse Dodge Challenger R/T de 1970, accompagnée de Barry Newman, très bon aussi. Vanishing point est un très bon film de « caisses », comme il y en a peu. C'est d'autant mieux que l'automobile n'est pas le propos principal du film, mais plus subtilement, elle est totalement à son service. Comme dans un Jarmush, le scénario n'est ici pas l’intérêt du film. C'est simple, limpide et rectiligne comme ces routes du Nevada! A l'instar de la plupart des bon road-movie, l'objet du film est bien plus métaphysique et sensible. Paradoxalement, bien que dominé par une course contre la montre constituant une âpre fuite en avant, le film nous invite à une prise de hauteur, un regard plein de finesse, sur une société américaine coupée en deux entre une répression aussi intolérante que old-school et la diffusion tous azimuts du mouvement hippie. Techniquement, c'est excellent : Belle lumière, très beaux cadrages, paysages superbes de déserts et de routes sans fin : la photo est soignée. La bande son est tout aussi excitante, tant pour la musique de Super Soul, le DJ ange gardien, que pour la Challenger V8, dont les gargarismes sauvages et caverneux sont très bien restitués. Les personnages sont bien brossés, sur un mode à la fois minimaliste et efficace. J’ai vu la version classique, malheureusement coupée de cette scène sublime avec Charlotte Rampling, que j'ai vu après coup sur Youtube. Charlotte Rampling crève littéralement l’écran en quelques petites minutes. La scène, filmée "aux petits oignons", est pourtant indispensable au film, notamment pour mieux mettre en relief l'issue de sa course. C'est juste incompréhensible qu'elle ait été retirée dans la version commercialisée du film. Sans être un immense chef d’œuvre, ce film est un joli bijou, un diamant brut à l’ode de la liberté, du rock n roll et …du son des gros V8 à l’ancienne.
Point Limite Zéro n'est pas l'emblème du nouvel Hollywood, à la différence de son comparse Easy Rider (1969). Mais bizarrement, je ne peux m'empêcher de le voir comme un aussi puissant chant du cygne pour l'ère hippie, broyée dans le sang et le conformisme. Les deux films suivent la trajectoire de marginaux qui s'enfoncent dans l'Amérique pour y trouver des réponses. Mais là où les gus du film motorisé de Dennis Hopper se perdaient dans un pays rongé par les luttes intestines (Amérique profonde vs contre-culture), l'anti-héros semble le fuir. Lancé dans un défi, visant à relier en voiture Denver et San Francisco en 15 heures, Kowalski semble impossible à arrêter. Ni la police à ses trousses, ni l'attention médiatique, ni les affres de son passé ne le détourneront de son objectif. Mais finalement, quel est son objectif? Rouler et ne jamais s'arrêter? Défier l'autorité? S'offrir un dernier ride de liberté? Parcourir les idéaux en ruine d'une génération perdue? Et c'est là que Point Limite Zéro s'élève pour devenir une référence indémodable. D'un concept si simple, Richard C. Sarafian tisse l'odyssée d'un héros libertaire cultissime dans les paysages d'un pays coincé entre idéologie réac et utopie mutilée. À mesure que Kowalski longe la nation d'est en ouest (comme les pionniers presque deux siècles avant lui), alors que ses souvenirs apparaissent comme des flashes ornant les panoramas, c'est la construction d'une légende que filme Sarafian. Une légende fabriquée par les médias (en l'occurrence, un animateur de radio qui aide Kowalski). Une légende qui finalement élève/réduit le destin d'un homme à un message. Mais est-ce finalement le vrai sens que veut donner Kowalski à son voyage? On ne le saura jamais. En juxtaposant le début et la fin de Point Limite Zéro, le réalisateur nous permet d'assister à la naissance d'un mythe (qui laisse s'évaporer le réel) et nous expose sa simple vérité. Mais arrivé à ce final (direct, beau, poignant), y-a-t-il encore une différence entre les deux? Point Limite Zéro mérite bien son aura. Pour la grande beauté de sa réalisation. Pour son discours expurgé de la moindre lourdeur littéraire (qui aurait pu être de mise, vu le propos). Pour la belle gueule cabossée de Barry Newman. Pour sa bande originale fantastique. Et évidemment pour cet élan de pure liberté qui traverse le film. Qui l'érige autant qu'un Easy Rider parmi les grands symboles d'un Hollywood en pleine période de renaissance artistique.
Dans les années 60 et 70, les grandes épopées on the road étaient monnaie courante. Et pour tout dire, le voyage cinématographique équivaut presque à l’original, rien que pour la mise en valeur des paysages. Easy Rider était un de ces grands classiques où il se passe peu de choses, mais qui finalement captive d’une manière inconsciente. Il y a évidemment la nostalgie de cette époque où les baba cool faisaient plus l’amour que la guerre. La cavale de Kowalsky à travers le désert Californien ne manque pas de panache. Lui et sa Dodge challenger semblent poursuivre le temps lui-même. Bien que toutes les forces de police soient en branle bas de combat, l’homme est imperturbable. Une prestance à l’écran rehaussée par le charisme de Barry Newman, acteur méconnu à l’époque, alors à l’aube de sa carrière. L’histoire brosse le portrait d’un homme ayant marqué les esprits en bien, mais qui comme tout le monde, traine pas mal de casseroles. L’enjeu de ce film est aussi simpliste qu’intriguant. Pourquoi fait-il tout cela ? Son pari de rallier San Francisco depuis Denver est perdu d'avance, pourtant il ne lâche rien face à une police incompétente et débordée. Vétéran du Vietnam, flic à contre-courant, pilote de stock car émérite, tout un CV ! En attendant, ce road movie de 1971 n’a pas prit une ride, car le jeu d’acteur, l’esthétisme et le soin apportés à la réalisation sont autant de qualités indiscutables pour un bon divertissement. C’est un appel radical et festif à l'expression de la liberté la plus pure. Un vieux classique à dépoussiérer. 3,5/5
Film emblématique du road movie, Point limite zéro en déploie tous les codes lors d'une course endiablée pour établir un nouveau record de temps entre NY et San Francisco.
Un véritable film jubilatoire entre Duel et Easy Rider, agrémentée de courses-poursuites monstrueuses entrecoupées de scènes tellement kitschs et de personnages presque grotesques qu’elles en sont devenues cultes. Une vraie maitrise de la mise en scène et du suspens pour un film culte des années 1970.
(...) D'un point de vue narratif déjà, on nous présente le personnage via son véhicule puisque le héros n'apparaît pas tout de suite à l'écran. Il semblerait surtout que l'on commence par la fin avec un barrage routier mis en place par la police tandis que le véhicule, qui est celui du héros, se rapproche au loin (plan magnifique par ailleurs). L'homme, coincé, fait demi-tour, s'isole, hésite, se demande bien comment il va s'en sortir. Puis il repart au volant de son destrier d'acier et file vers son destin, croisant une autre voiture, noire celle ci et l'image se fige. Nous sommes un dimanche matin en Californie, et d'un coup, la voiture blanche disparaît (le "vanishing point" qui donne son titre original au film) et quand l'image reprend vie, on suit désormais la voiture noire qui nous ramène deux jours avant, à Denver dans le Colorado. Alors déjà, autant vous dire que j'ai été happé direct par ce qui est sans doute l'un des raccords les plus inventifs et significatifs que j'ai vu dans ma vie de cinéphile ! (...) Et là, le film prend corps. D'un côté, on a le parcours de Kowalski, sa course folle qui permet au scénariste de nous faire revivre les moments marquants de son passé (via de courts flashbacks ou bien via la lecture de son dossier par les policiers de la route) et de l'autre, on a cet autre personnage qui va "dialoguer" avec lui via la musique ou bien la cibie. C'est d'ailleurs là où je trouve que l'utilisation de la musique est vraiment intéressante, intervenant régulièrement de manière soit intradiégétique (Kowalski est branché sur KOW, la radio du Soul Surfer) ou bien extra-diégétique (le son vient de l'extérieur parfois et accompagne la course), avec régulièrement des raccords entre les deux. Bref, le film est très malin et finit par nous en dire plus avec quelques plans bien choisis que via une voix-off envahissante (surprenant quand on sait que le scénariste est avant tout un romancier). Ensuite, il y a la multitude de citoyens croisés par Kowalski, ce qui en fait un film représentatif de cette époque. Entre le vieux qui a fait du désert son espace de vie (superbes décors au milieu de la Vallée de la Mort), la troupe d'évangélistes reconvertis en espèce de secte (plan ultra biblique et pertinent du "gourou" en chef qui remet les serpents en liberté), les hippies du désert, le couple d'auto-stoppeurs un peu gays et un peu roublards, l'automobiliste qui défie Kowalski dans une course folle bref, Sarafian et son scénariste Guillermo Cabrera Infante ne cherchent pas à donner de leçons ou à énoncer une quelconque vérité, ils font le portrait amer, contrasté et surtout symbolique d'une Amérique des 60's, celle du triomphe du rêve américain, qui vient de se réveiller en plein cauchemar. On se retrouve donc face à un road movie qui lorgne forcément du côté du western mais aussi du film porte-étendard d'une génération frustrée et démobilisée, qui ne se reconnaît plus dans ce monde en perdition. Un film passionnant, hyper prenant, mené pied au plancher avec quelques plans en caméra embarquée vraiment époustouflants. Un film de poursuite qui a des choses à dire, à défendre et à faire entendre, porté par un acteur au charisme magnétique (et imposé par le studio de la Fox face au réalisateur qui lui, voulait plutôt prendre Gene Hackman !!). Les dialogues ne sont pas exceptionnels mais le film l'est par la grâce de certains plans plus parlants, qui multiplient les symbolismes et qui impose sa vision. Un classique culte à découvrir sans tarder ! La critique complète sur thisismymovies.over-blog.com
Un film vraiment ancré dans son époque, ça sent les années 70 de partout. Dans la bande son, les costumes, les coiffures, les bagnoles, mais surtout l’état d’esprit. Il dégage une envie libertaire, avec en premier lieu son personnage principal Kowalski, vétéran de la guerre, décidé à mener sa vie comme bon lui semble et à ne pas se plier à des lois qu’il ne reconnaît pas. Bien sûr ce sont les cascades en voiture qui sont le cœur du films et ces dernières sont réussies. Entre ces scènes le film souffre de quelques temps morts car les flashbacks notamment sont loins d’avoir tous le même intérêt. Mais on sent la sincérité de la chose, et l’envie de briser les conventions de l’époque.
Scénario minimaliste, une longue course-poursuite tout au long du film, un peu redondant certes mais vraiment intéressant. On finit par s'attacher aux péripéties de Kowalski même si l'acteur principal manque un peu de charisme.
Un assez bon divertissement dans son ensemble. Une longue course poursuite qui, finalement, ne mêle nulle part hormis à un fait diver(tissant) pour tout le monde et demain, tout est oublié. Certaines scènes, notamment les quelques poursuites des policiers offrent de grandes similitudes avec la poursuite d'ouverture du premier "Mad Max".
Un course poursuite haletante qui tourne en dérision la police de la route. Malgré une intrigue plutôt mince, ce film est un bon divertissement. Tous les stéréotypes des années 1970 sont passés en revue.
Waw... Il y'a tellement de choses à dire sur ce film que là, rien ne me vient, je ne sais pas par où commencer si ce n'est que ce film est une merveille. Clairement dans la veine de easy rider dont je suis un grand fan, peu de films me laissent sans voix. La dimension métaphysique est telle que j'ai l'impression de n'avoir rien compris tout en ayant pris une claque monumentale qui me donne envie de me repasser le film juste après l'avoir terminé... Je pense réellement que ce film est très complexe et mérite plusieurs visionnages. Je n'ai pas grand chose de constructif à ajouter si ce n'est d'inviter les personnes qui liront cet avis à regarder ce film.
Un film pas terrible, quelques scènes de courses poursuites pas trop mal mais assez rares par rapport à la durée totale du film. Le reste du film est assez vide malheureusement que ce soit au niveau des dialogues ou du scénar... et puis cette fin.. spoiler:
SPOILER-----------------------------------------
le mec se suicide en fonçant dans les tractopelles, génial quoi...........
-----------------------------------------SPOILER
Magique ! Les paysages traversés à toute vitesse, Kowalski, Super Soul, les marginaux de tous poils, l'idée de liberté à travers la vitesse sur route déserte, le flash back et les informations distillées au compte goutte qui nous font comprendre l'errance du héros, les drogues, la musique, les années 60-70...... tout est magique !......... "vitesse signifie liberté de l'âme" un hymne à la liberté dans une société de plus en plus corsetée, étouffée........ une course poursuite haletante et désenchantée.......