Kowalski est chargé de conduire une Dodge Challenger R/T de Denver à San Francisco. Il parie de faire le trajet (soit 1250 miles / 2000 km) en 15h. Il s’engage alors dans un périple le faisant travers le Colorado, l’Utah, le Nevada jusqu’en Californie, avec la police à ses trousses, bien décidé à ne jamais décélérer et passer en dessous des 200km/h afin d’arriver dans les temps pour honorer son pari.
On pourrait facilement comparer le film de Richard C. Sarafian à Easy Rider (1969) de Dennis Hopper. Tous les deux ont été réalisés en pleine période dite du Nouvel Hollywood et tous les deux aspiraient à dépeindre la fin d’une époque, avec ces héros en quête de liberté et ce refus de la loi. Cependant, Point limite zéro (1971) dépeint aussi l’envers du décor de la contre-culture, avec ces hippies en marge du système, qui ne représentent plus rien mais continuent toujours et encore de se shooter aux benzédrines (amphétamines, speed), tout comme le héros du film.
Kowalski est un personnage haut en couleurs mais qui parlent peu. Si bien que l’on doit attendre que le film veuille bien égrainer quelques informations le concernant pour que l’on comprenne qui il est et ce qui peut bien l’animer. Vétéran de la guerre du Vietnam, ancien pilote de course et surtout, ex-policier, Kowalski devient un antihéros qui, au volant de son bolide, se rappelle les grands moments de sa vie.
Richard C. Sarafian nous restitue un somptueux road-movie contestataire, magnifié par des paysages à perte de vue (la montagne, les plaines, le désert, …). Le film enchaîne les km et semble ne jamais vouloir s’arrêter. Le réalisateur nous entraîne au cœur d’un voyage pessimiste, filmé quasi de façon documentaire (il n’y a qu’à voir comment il filme la population locale, les figurants en arrière-plan). On se laisse prendre au jeu avec une réelle aisance, comme pris en tenaille au cœur de la crise existentielle du héros.
Une fuite désespérée, un mal-être & une quête identitaire qui vont se solder par une fin nihiliste avec laquelle le héros trouvera enfin la liberté tant rechercher (du moins, à sa façon). Une œuvre remarquablement mise en scène et force est de constater que 50 ans après, ce film n’a rien perdu de sa superbe, toujours aussi puissant tant dans le fond que dans la forme.
A noter enfin, qu’il existe un remake éponyme (1997), un téléfilm avec Viggo Mortensen dans le rôle-titre.
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