Prix du jury au festival de Cannes en 1971, Szerelem investit une période trouble de l’histoire hongroise par le prisme de l’intime, soit l’attente du même homme par deux femmes pour des raisons diverses : l’une est la mère, l’autre l’épouse ; la première, sénile et alitée, vit dans une confusion spatio-temporelle que la mise en scène retranscrit habilement par un montage coupé et l’insertion de brefs plans sur des objets, des visages ou des situations qui demeureront opaques parce qu’elles ne parlent qu’à la vieille femme. Cette confusion est entretenue par un mensonge, celui que construisent belle-fille et domestique autour de l’absence du fils, réputé cinéaste en pleine élaboration d’un film aux États-Unis, en réalité victime d’un système politique qui le considère comme un espion et qui l’emprisonne. Au cœur d’un néoréalisme brut s’ouvre ainsi une brèche fictionnelle, synonyme de jeux et d’exposition des sentiments, redoublée par la photographie somptueuse de János Tóth qui convertit la précarité matérielle et la douleur en grâce de la résistance face à l’oppression. Une œuvre mémorable dont se souviendront certainement Sidney Lumet pour Daniel (1983) – même déchéance d’une famille en raison de l’activisme des parents – et Michael Haneke pour Amour (2012).
Prix du Jury à Cannes en 1971 (Présidente : Michèle Morgan), ce film hongrois croise la virtuosité de la Nouvelle Vague (montage mémorial à la Resnais), l'émotion romanesque et la critique sociale, courageuse dans le contexte de l'Europe de l'est des années 70. Beaucoup plus qu'une curiosité de cinéphile : une réussite méconnue du cinéma de cette décennie.
Prix du jury à Cannes en 1971, ce film hongrois dépouillé parvient à maintenir une tension et susciter l'émotion. La belle-mère est mourante. Son fils la reverra-t-il un jour ? Sortira-t-il de prison ? Belles images, bonne interprétation et utile pour entendre du hongrois ! 3,5
Le cinéma hongrois au temps de sa splendeur. Film très sensible et délicat. L'intrigue ne se découvre que progressivement. La photo est magnifique, du noir et blanc très artistique. Utilise des flashbacks très courts pour évoquer et faire comprendre le passé de la situation : montage très habile.