S’il est considéré par la plupart des cinéphiles comme le moins réussi des trois épisodes de la mythique trilogie du Parrain c’est incontestablement qu’il est le moins révélatrice de l’époque dans laquelle il s’ancre, pourtant le scénario du Parrain III s’inscrit dans la droite lignée des précédents opus, écrite pareillement à la façon d’une tragédie grecque. En 1979, Michael Corleone n’est plus en âge d’avoir directement recours à la violence, préférant blanchir l’empire mafieux bâti par son père dans les milieux de la finance et de la religion, qu’il va découvrir être tout aussi occultes et dangereux, afin d’assurer l’héritage qu’il laissera à ses enfants. L’élément clef de cette conclusion est donc bien l’émotion qui nait de ces liens parentaux prodigieusement reproduits par le jeu d’Al Pacino, de Diane Keaton, de Sofia Coppola et d’Andy Garcia mais aussi de Talia Shire ou Eli Wallach. La violence reste bien évidemment omniprésente dans ce drame familial de ces riches italo-américaines, mais elle est cette fois davantage psychologique et affective que le fruit de véritables actes de sang. Cette chronique mafieuse se clôt sur un formidable chapitre qui se permet une morale particulièrement fataliste sur l’impossibilité de rédemption.
Ce troisième et dernier opus est nettement moins bon que les deux précédents. On passe du drame familial mafieux à de la tragédie grec. Ici Francis Ford Coppola est moi à l'aise dans la tragédie, sur le déclin de son personnage. Le casting également est moins bon avec un Andy Garcia qui a nettement moi de palette d'expression que Al Pacino. Il n'en reste pas moins un excellent spectacle, magnifiquement réalisé avec des plans magnifiques qui resteront dans les annales du cinéma. Le scénario a également l'intelligence de se nourrir des films de la saga avec de nombreux flash back et références. A voir!
Encore un peu moins réussi que la deuxième partie, ce troisième acte de ce qui se conclut bel et bien en une tragédie reste une digne conclusion, encore plus fournie en pathos que le second film, mais très inégale au niveau scénaristique. Pourtant, quelques pépites narratives, quelques moments de grâce, viennent ponctuer le film, resurgissant le plus souvent quand Coppola appuie sur la carte émotion. Et pour cause, loin du simple film de gangsters (simple parce qu'il se limitait presque exclusivement à cet attribut, pas parce qu'il manquait de complexité, bien sûr) qu'était la première partie et à un moindre degré la seconde (qui avait déjà amorcé cette transition vers le drame), cette dernière odyssée criminelle aux côtés des Corleone est un douloureux épilogue, celui de la vie d'un homme face à des erreurs passées et présentes qui ne cesseront de l'assaillir. Mais Coppola, en même temps qu'il dessine avec talent le bris de la vague sur les rochers, peint également grâce au personnage de Vincent "Andy Garcia" Mancini, la formation de celle qui prendra sa suite. Ce renouvellement perpétuelle des graines mafieuses est d'ailleurs appuyé par le choix de l'action - le Vatican et ses intrigues séculaires. Le réalisateur clôt donc la boucle avec aisance, et sa réalisation toujours sobre mais aidée par son talent à dénicher de multiples idées de mise en scène sans compliquer inutilement son cadrage et ses choix techniques. Mais dans l'ensemble, l'expérience s'avère, à l'image du deuxième volet, décevante - au risque de ma faire sévèrement lyncher. Ramené à un format plus court et peut-être préférable, Le Parrain, 3ème partie n'évite pas, une nouvelle fois, une certaine inégalité dans ses choix d'écriture que ne connaissait pas un volet inaugural énorme de bout en bout. Bref, à nouveau légèrement déçu. Mais voilà, j'attendais tellement de cette saga cultissime, que même si je m'avoue désappointé, le bilan établi à tête reposée est tout à fait positif, et impossible de ne pas la reconnaître comme une oeuvre marquante, Histoire des mafias du XXème siècle, de leur évolution, et bien sûr inoubliable odyssée des Godfathers Corleone. Sans doute l'oeuvre la plus culte de cette fin de siècle.
Un cran en-dessous de ces illustres prédécesseurs, ce film n'en reste pas moins un très bon film et un belle conclusion à l'une des meilleures sagas cinématographiques. L'histoire reste fidèle aux précédents, même s'il y a un petit coup de mou. On reste plongé au coeur du monde de la mafia, des relations à droite à gauche, des coups bas, des complots, des vengeances...Et on y ajoute, pour pimenter tout ça, un nouveau acteur, j'ai nommé notre Sainte-Mère l'Eglise. Et je dois dire que ce nouveau personnage est magnifiquement utilisé. Le rythme du film reste le même, avec quelques parties clairement distinctes, plus ou moins longues et/ou intéressantes, jusqu'au climax final où tous les rouages se mettent en marche pour nous proposer une apothéose tragique (une fois de plus). On se laisse même surprendre par la fin, pour le moins inattendue tellement elle nous prépare à autre chose. Les acteurs sont globalement bon, notamment Al Pacino (toujours aussi royal) et Anthony Garcia (surprenant). Mais reste l'incompréhensible Sofia Coppola qui a bien fait de faire un autre métier que celui d'actrice. Chacune de ses apparitions, ou presque, est un supplice. La musique du film est toujours aussi magnifique, reprenant des thèmes désormais connus en les réorchestrant selon la situation. Les décors sont toujours aussi somptueux et la mise en scène toujours aussi minutieuse et parfaite. Un final peut-être moins grandiose que d'autres, mais d'une incontestable qualité et à la hauteur de la saga. Beaucoup aimeraient que leur plus mauvais film soit du niveau de celui-ci.
Le 3e volet du Parrain ne peut se détacher d'une forme d'artificialité liée à sa réapparition des années après le premier diptyque. Al pacino en vieux parrain a du mal à être crédible, ses enfants ne sont pas dans l'esprit des premiers films. Toutefois le film réussit quand même à instaurer une forme de tension, et à pousser encore Michael Corleone dans ses retranchements jusqu'à la terrible scène finale.
Un chef d'œuvre absolument magistral tant par la réalisation parfaite avec un tel génie dans des plans dignes d'un grand opéra que par l'interprétation générale. Al Pacino, en tête du casting, a-t-il signé là son plus grand rôle ? Scénario riche en émotions et en rebondissements. D'une puissance inimaginable. Pour moi, la quintessence du cinéma.
Ce dernier volet de la saga n'est peut-être pas le meilleur, mais il reste de haute tenue. Coppola y décrit les rouages d'un capitalisme mafieux devenu incontrôlable.
Baroque, excessif, un opéra, Sofia Coppola tellement sensuelle. Les fêtes de famille, les scènes de foules sont incroyablement rythmées, le plaisir des 2 premiers amplifié.
Le dernier segment de la trilogie du "Parrain" a beau être le moins réussi de la saga sicilienne, il n'en reste pas moins un excellent film ! Il faut dire que le film partait avec de nombreux handicaps à commencer par les absences de Marlon Brando, Robert De Niro et, plus étonnant, de Robert Duvall. Mais Francis Ford Coppola a su colmater les brèches de ce casting en étoffant le rôle de Talia Shire et de Diane Keaton et en faisant appel au fougueux Andy Garcia, à la fragile Sofia Coppola et au fourbe Eli Wallach. Pas évident non plus de reprendre le flambeau après 2 épisodes rentrés au Panthéon du 7e art surtout 15 ans après le dernier épisode. Coppola a néanmoins compris que la réussite de son film reposerait sur un équilibre entre l’impératif de renouvellement (indispensable pour éviter de sombrer dans le déjà vu) et son obligation de fidélité aux codes de la mythologie du "Parrain". Le scénario reprend donc les ficelles de la saga (sens de la famille, trahison, honneur…) en mêlant la petite histoire à la grande (la mort du Pape Jean-Paul I) mais s'attarde davantage sur l'usure du pouvoir avec un Al Pacino vieillissant en quête de rédemption. L’acteur livre peut-être l’une de ses meilleures prestations, notamment lors du final sous forme de tragédie grecque. Toute la fatalité du destin semble alors se résumer à son regard usé. Malheureusement, l’interprétation époustouflante de Pacino est également le principal défaut du film puisque, à part lui (et, dans une moindre mesure, Andy Garcia), aucun acteur du film ne peut se targuer de livrer une prestation aussi mémorable que celle des Brando et autres De Niro des 2 premiers opus. "Le Parrain 3" souffre également de son année de production, les années 90 étant visiblement moins adaptées au ton classieux de la saga très marquée 70’s. Il n’en reste pas moins que ce dernier épisode conclut parfaitement la saga (quelle autre fin aurait pu être imaginée ?) et nous permet d’entendre une fois encore la somptueuse musique de Nino Rota.
Voilà, la boucle est bouclée et Coppola a accomplit son chef d’œuvre. Cet ultime film est magnifique et s’avère aussi être une leçon de mise en scène, notamment concernant la fin.
La réalisation est toujours de haut niveau, mais les nouveaux acteurs n'ont pas la carrure contrairement à Pacino qui est toujours aussi bon. L'idée de la rédemption inefficace est vraiment le point fort du film, mais l'histoire de la guerre des intérêts lasse vraiment trop, devient prévisible, et comme d'habitude il y a des longueurs.
Un film de Francis Ford Coppola (1990) avec Al Pacino, Diane Keaton, Andy Garcia, Sofia Coppola, Eli Wallach... Soulignons d'emblée l'excellence de l'interprétation : Al Pacino brillantissime dans le rôle de Michael Corleone, Diane Keaton remarquable, Sofia Coppola étonnante en plus d'être magnifiquement photographiée. Andy Garcia en chien fou ambitieux, très bien campé, Eli Wallach, incarnant un personnage pittoresque et trouble. On reste dans l'esprit des deux premiers opus, mais Coppola et son scénariste on fait très fort en s'inspirant des véritables magouilles financières qui eurent lieu entre le Vatican et la mafia sous le pontificat du Pape Paul VI et dont le point culminant sera la mort "inexpliquée" de son successeur, Jean-Paul 1er après 33 jours de règne. Tout cela est réalisé de main de maître avec quelques scènes choc dont cette ispoiler: nattendue attaque d'hélicoptère (même si je n'ai pas bien compris comment Pacino et Garcia avaient pu d'en sortir), l'assassinat de Zasa au cours d'une procession (autoréférence au Parrain 2, mais pourquoi pas puisque la scène est réussie) et surtout un final baroque et hitchcockien (référence à "L'homme qui en savait trop") dans le cadre d'une représentation à l'Opéra de Palerme du sublime ouvrage de Pietro Mascagni, Cavalleria Rusticana. Un final à pleurer non pas de tristesse, car l'empathie n'y est pas, mais de beauté devant de le sublime de cette séquence. Je n'entrerais pas dans le débat consistant à chercher quelle est la meilleure de trois parties, mais pour moi la meilleure scène de la trilogie restera cette fin anthologique. Chef d'œuvre !
Un fin en apothéose. La chute de Michael Corleone qui perd tout ce qu'il a entrepris jusqu'ici et qui finit seul et oublié de tous. La scène de l'opéra un monument du cinéma et Al Pacino bien sur.
Après avoir écouté la trilogie du Parrain, je peux conclure que je n'ai pas tant apprécié, mais je suis certain qu'en la réécoutant plus tard, je vais plus aimer. Il y a des films qu'on doit réécouter plus qu'une fois avant d'en mesurer le génie. Dans cette dernière partie, j'ai mesurer le chef d'oeuvre de Francis Ford Coppola dans la finale du film. C'était spectaculaire, rien de moins! Il y aussi les scènes entre Al Pacino et Diane Keaton qui sont magnifiques.