Le Parrain, 3e partie
Note moyenne
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SandraBazzar
SandraBazzar

2 abonnés 92 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 août 2026
Cette trilogie se termine comme elle a commencé finalement. Al Pacino a passé sa vie à endosser un rôle par devoir, loyauté et amour familial. Tout cela était voué à l’échec et c’est comme ça que ce termine le film, c’est un drame familial, une tragédie théâtrale. Ce dernier chapitre clos parfaitement la série des parrains. Al Pacino était dans la maîtrise et dans la froideur par survie au final et la fin du film lui redonne quelque part cette part de vie et sa carapace se brise enfin pour lui faire ressentir et lâcher prise pleinement sur lui-même et sur les conséquences de cette vie de mafieux. Le retour de bâton est arrivé… Cette trilogie est à voir et revoir parce que les métaphores sont nombreuses et l’aspect psychologique est très puissant. On peut vraiment s’identifier avec le personnage parce que c’est des sujets qui dépassent l’univers des gangsters, ça parle d’amour, d’insouciance brisée, des rôles qu’on endosse malgré nous par amour, il y a tant à ressentir et à voir, Al Pacino arrive à donner naissance à tous ces sentiments humains que tous peuvent vivre dans leur vie. Magnifique trilogie !
Theo
Theo

40 abonnés 1 084 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 août 2026
Il serait tentant de regarder *Le Parrain – 3e partie* comme une nouvelle démonstration de puissance, un ultime chapitre destiné à prolonger les guerres de succession, les alliances clandestines et les cérémonies familiales de la saga. Ce serait pourtant méconnaître sa nature profonde. Francis Ford Coppola ne filme plus ici la conquête d’un empire, mais son épuisement moral. Plus qu’une suite, le film prend la forme d’une coda funèbre : celle d’un homme qui a triomphé de tous ses adversaires, sauf de sa propre mémoire.

Michael Corleone a vieilli. Son autorité demeure considérable, mais elle ne possède plus la froideur souveraine d’autrefois. Quelque chose s’est fissuré derrière le masque. Désormais soucieux de légitimer les affaires familiales, de se rapprocher de ses enfants et de retrouver une forme de paix intérieure, il voudrait croire que l’argent peut assainir le pouvoir, que la respectabilité peut effacer l’origine d’une fortune et que les bonnes actions peuvent rééquilibrer une vie construite sur la violence. Tout le film repose sur cette illusion magnifique et tragique : Michael cherche une sortie dans un monde dont il a lui-même condamné toutes les portes.

Coppola filme ainsi moins un parrain qu’un pénitent. La puissance n’est plus présentée comme un accomplissement, mais comme une prison dont les murs seraient faits de décisions anciennes. Chaque geste de réconciliation porte le poids d’une faute ; chaque tentative de retour vers la lumière révèle l’étendue de l’ombre. Le film trouve là son idée la plus forte : il est possible de quitter une organisation, de déplacer des capitaux, de changer d’entourage ou de vocabulaire, mais il est beaucoup plus difficile de sortir de l’homme que l’on est devenu.

Al Pacino embrasse pleinement cette évolution. Son Michael n’est plus une statue intimidante, mais un corps fatigué dans lequel l’autorité et la vulnérabilité se disputent chaque scène. L’acteur conserve la brusquerie, la précision et les accès de violence du personnage, tout en laissant apparaître une fragilité nouvelle. Un silence, un regard qui se dérobe ou une phrase prononcée avec une douceur inattendue suffisent à faire sentir les années de solitude accumulées. Sa performance ne cherche pas à reproduire l’immobilité glaciale de sa jeunesse : elle montre ce que cette immobilité a coûté.

Cette humanisation ne signifie jamais que le film absout Michael. Au contraire, elle rend son parcours plus sévère. Coppola ne lui offre pas le confort d’une rédemption facile. Il lui accorde des regrets, des élans sincères et une conscience de plus en plus douloureuse, mais rappelle constamment qu’éprouver du remords n’annule pas les conséquences de ses actes. C’est toute la différence entre demander pardon et mériter d’être délivré de sa culpabilité. Le personnage devient bouleversant non parce qu’il serait soudain innocent, mais parce qu’il comprend enfin la nature de ce qu’il a sacrifié.

Face à lui, Diane Keaton apporte une émotion d’une remarquable justesse. Kay n’est ni un simple souvenir du passé ni une figure destinée à valider le repentir de Michael. Elle représente ce qu’il ne peut ni acheter ni commander : le regard lucide de quelqu’un qui l’a aimé avant de comprendre ce qu’il était capable de devenir. Leurs échanges comptent parmi les moments les plus délicats du film. Une tendresse subsiste, mais elle est traversée par trop de blessures pour devenir rassurante. Coppola filme moins la possibilité d’un amour retrouvé que le vertige d’une vie qui aurait pu prendre une autre direction.

La nouvelle génération est incarnée par Vincent Mancini, auquel Andy Garcia prête une énergie féline, une insolence séduisante et une brutalité presque instinctive. Là où Michael pèse chacun de ses mots, Vincent agit comme si le monde ne pouvait jamais aller assez vite. Son tempérament donne au récit une impulsion bienvenue et permet au film d’interroger la transmission du pouvoir : peut-on hériter d’un nom sans reproduire sa violence ? Peut-on entrer dans la famille sans être progressivement façonné par elle ?

Garcia possède le charisme nécessaire pour rendre cette ascension crédible, mais l’écriture précipite parfois son évolution. Vincent passe rapidement de jeune homme impulsif à figure centrale d’un jeu politique complexe, sans que toutes les étapes de cette métamorphose aient le temps de s’imprimer. Le personnage fonctionne admirablement comme symbole de la permanence du système Corleone ; il convainc moins totalement comme trajectoire autonome. Sa fougue est passionnante, mais elle aurait mérité davantage d’espace pour se transformer sous nos yeux.

La relation qu’il entretient avec Mary constitue l’un des points les plus fragiles de l’ensemble. Sofia Coppola apporte au personnage une douceur et une gaucherie qui conviennent à une jeune femme longtemps préservée des réalités de sa famille. Sa présence possède même, par instants, une innocence désarmante. Cependant, son jeu manque de précision lorsque l’intensité dramatique augmente, ce qui limite la profondeur de certaines scènes et affaiblit une relation pourtant essentielle à l’équilibre émotionnel du récit. Mary existe davantage comme l’incarnation de ce que Michael souhaite protéger que comme une personnalité pleinement développée.

Cette fragilité révèle un problème plus général : le scénario sait parfaitement où il veut conduire ses personnages, mais ne donne pas toujours la même densité au chemin qui les y mène. La construction est ambitieuse, parfois admirable, mais aussi encombrée. Les enjeux familiaux côtoient une vaste intrigue mêlant finance internationale, intérêts mafieux et institutions religieuses. Cette extension du territoire de la saga est intellectuellement passionnante. Elle montre que la criminalité ne disparaît pas lorsqu’elle abandonne les ruelles sombres : elle change de costume, adopte le langage des conseils d’administration et s’installe dans les lieux les plus respectables.

Le rapprochement entre le monde mafieux et les sphères économiques ou spirituelles produit une ironie particulièrement mordante. Michael cherche la légitimité auprès d’institutions qui s’avèrent elles-mêmes contaminées par l’argent, le secret et les rapports de force. Il pensait pouvoir purifier son empire en l’élevant vers les sommets de la société ; il découvre surtout que ces sommets obéissent aux mêmes logiques que les bas-fonds. Le film devient alors une réflexion ample sur la respectabilité comme mise en scène du pouvoir.

Cette dimension manque toutefois de clarté. Les transactions, les intermédiaires, les alliances et les retournements s’accumulent au point de rendre certains passages inutilement opaques. Le spectateur comprend le mouvement général, mais peut perdre de vue les motivations précises de personnages secondaires qui ressemblent parfois davantage à des rouages qu’à des êtres humains. Le récit se montre plus convaincant lorsqu’il revient au drame intime de Michael que lorsqu’il détaille les ramifications de son échiquier financier.

L’absence de Tom Hagen crée également un vide sensible. Il ne s’agit pas seulement de regretter un personnage familier : Tom occupait une place structurelle unique. Il était à la fois frère, conseiller, juriste et témoin silencieux de la transformation de Michael. Il savait parler le langage de la loi comme celui de la famille, ce qui en faisait l’interlocuteur idéal pour accompagner une intrigue fondée sur la recherche de légitimité. Sans lui, plusieurs discussions stratégiques perdent la tension affective qui aurait pu les rendre plus incarnées.

La mise en scène de Coppola demeure néanmoins d’une imposante maîtrise. Les cérémonies, les palais, les églises et les vastes demeures ne servent pas seulement à créer du prestige : ils enferment les personnages dans une architecture plus ancienne et plus puissante qu’eux. Les décors paraissent chargés de traditions, de dettes et de regards invisibles. Le luxe n’a rien de chaleureux. Il ressemble à la décoration d’un mausolée familial dont Michael serait à la fois le propriétaire et le prisonnier.

La photographie de Gordon Willis conserve cette manière incomparable d’utiliser l’ombre non pour dissimuler l’action, mais pour révéler la part inaccessible des personnages. Les visages émergent d’intérieurs sombres, les ors semblent déjà ternis et la lumière italienne elle-même possède une gravité automnale. Le film est visuellement plus exposé que ses prédécesseurs, mais jamais véritablement lumineux. Sa beauté paraît consciente de sa propre disparition.

Coppola retrouve également son goût des rituels et des montages parallèles, associant les gestes de la famille, de la religion, de l’art et de la violence jusqu’à les rendre presque indissociables. Le dernier mouvement atteint une ampleur opératique remarquable. La mise en scène y organise les regards, les déplacements et les menaces avec une précision qui donne au film toute sa dimension tragique. La grandeur du spectacle ne vient jamais masquer l’intimité de l’enjeu : plus l’orchestration devient monumentale, plus Michael apparaît humainement démuni.

Le cinéaste se répète parfois. Certaines cérémonies, certaines compositions et certains contrastes semblent rejouer des motifs déjà inscrits dans l’identité de la saga. Tantôt ces échos donnent l’impression d’un destin qui se referme ; tantôt ils ressemblent à une volonté trop appuyée de retrouver une majesté passée. Le film oscille ainsi entre une œuvre réellement nouvelle sur le vieillissement et une variation consciente sur des formes devenues mythiques.

C’est précisément ce qui le rend aussi fascinant qu’inégal. *Le Parrain – 3e partie* n’atteint pas toujours l’évidence narrative, la densité ou l’équilibre de ses illustres prédécesseurs. Son intrigue est plus laborieuse, certains personnages moins profondément écrits et plusieurs transitions trop rapides. Mais le réduire à ces imperfections reviendrait à ignorer ce qu’il accomplit de plus précieux : donner une fin morale à l’histoire de Michael Corleone.

Il ne s’agit plus de savoir jusqu’où un homme est prêt à aller pour acquérir le pouvoir, mais de découvrir ce qu’il lui reste lorsqu’il l’a obtenu. Coppola répond par un film grave, somptueux et profondément mélancolique, où la réussite matérielle apparaît comme la plus amère des défaites. Un grand film imparfait, dont les failles sont visibles, mais dont la vision demeure saisissante : on peut régner sur une famille, une entreprise ou un empire, sans jamais parvenir à gouverner les conséquences de sa propre vie.

Spoilers:

spoiler: Le Parrain – 3e partie n’est pas véritablement l’histoire d’une famille criminelle poursuivant son ascension. C’est l’histoire d’un homme qui découvre, trop tard, qu’on ne négocie pas avec ses fantômes. Michael Corleone a gagné tout ce qu’il était possible de conquérir : l’argent, l’autorité, la respectabilité, la peur des autres. Il ne lui reste pourtant aucune victoire à obtenir, seulement des fautes à racheter. Or Coppola construit précisément son film autour de cette idée tragique : certaines dettes morales ne peuvent plus être remboursées, même par l’homme le plus puissant du monde. Michael apparaît désormais moins comme un souverain que comme le gardien épuisé de son propre tombeau. Il veut légitimer les affaires familiales, se rapprocher de ses enfants, reconquérir l’estime de Kay et acheter, par la philanthropie, la paix que ses crimes lui refusent. Mais chaque tentative de sortie le ramène au centre du labyrinthe. Plus il approche des institutions supposées représenter la légalité et la spiritualité, plus il découvre une corruption semblable à la sienne, simplement protégée par des palais plus vastes, des vêtements plus solennels et un vocabulaire plus respectable. La pègre n’est plus cantonnée aux arrière-salles : elle s’est fondue dans la banque, la politique et l’Église. Cette extension du pouvoir mafieux donne au film une ambition passionnante. Le mal n’y est plus seulement une affaire de règlements de comptes entre familles, mais un système international où le capital, la foi et le crime parlent secrètement la même langue. Le projet Immobiliare devient ainsi le miroir parfait du rêve de Michael : transformer l’argent sale en puissance légitime. Coppola montre cependant que l’argent ne se purifie pas en changeant de propriétaire. Il circule, se blanchit, finance des œuvres charitables, traverse les frontières et les institutions, mais conserve toujours la mémoire du sang versé. Cette intrigue financière et vaticane constitue aussi l’une des limites majeures du récit. Les alliances, trahisons, conseils d’administration et intermédiaires ecclésiastiques s’accumulent jusqu’à produire une opacité parfois plus administrative que dramatique. Le film comprend parfaitement ce qu’il veut dire, mais ne trouve pas toujours la manière la plus limpide de le raconter. Certains antagonistes ressemblent davantage aux pièces d’un mécanisme qu’à des présences pleinement incarnées. La menace est immense, diffuse, presque métaphysique, mais elle manque parfois d’un visage aussi marquant que le conflit intérieur de Michael. L’absence de Tom Hagen se fait particulièrement sentir. Ce personnage représentait autrefois la zone de contact entre la raison juridique, la fidélité familiale et la violence clandestine. Sans lui, Michael perd non seulement un frère, mais aussi son interlocuteur le plus subtil. B. J. Harrison remplit une fonction narrative comparable sans posséder la profondeur affective nécessaire. Il conseille Michael, là où Tom Hagen aurait pu le juger, le comprendre et lui rappeler tout ce que la famille avait sacrifié en chemin. Ce vide prive plusieurs scènes politiques de la tension intime qui faisait la grandeur des négociations dans les épisodes précédents. En revanche, Michael trouve en Vincent Mancini un héritier aussi séduisant qu’inquiétant. Andy Garcia lui prête une énergie animale, une élégance agressive et une impatience qui rappellent immédiatement le tempérament de Sonny. Vincent est encore capable d’aimer, de rire et de désobéir ; il semble donc plus vivant que Michael. Mais cette vitalité contient déjà sa condamnation. Sa montée vers le pouvoir ne constitue pas une régénération de la famille : elle prouve que la famille est incapable d’imaginer sa survie autrement que par la reproduction de ses pulsions les plus destructrices. Son évolution reste néanmoins trop rapide. Vincent passe du statut de bâtard impulsif à celui de successeur avec une facilité qui réduit la portée de sa transformation. Le film affirme sa légitimité plus qu’il ne la construit. Sa relation avec Mary devait humaniser son ambition et rendre son choix final plus douloureux, mais leur romance manque de densité. L’interdit familial, le désir et la menace sont bien présents ; il leur manque une progression assez profonde pour devenir le véritable cœur émotionnel du récit. Sofia Coppola apporte à Mary une gaucherie, une douceur et une absence de sophistication qui correspondent à la jeune femme protégée du monde réel que le personnage est censé être. Cette fragilité possède parfois une vérité désarmante, particulièrement lorsqu’elle se retrouve face à Michael. Mais les limites de son jeu affaiblissent les échanges amoureux avec Vincent et empêchent Mary d’exister pleinement en dehors de sa fonction symbolique. Elle représente l’innocence que Michael croit avoir préservée, davantage qu’elle ne devient une personnalité autonome. Ce déséquilibre n’anéantit pas le dénouement, mais il l’empêche d’atteindre toute la puissance que son architecture tragique promettait. Le véritable sommet humain du film se situe ailleurs, dans les retrouvailles entre Michael et Kay. Diane Keaton ne joue pas une femme reconquise, mais une femme qui reconnaît encore l’homme qu’elle a aimé sous les ruines de celui qu’il est devenu. Sa présence retire à Michael toute possibilité de se réfugier derrière son autorité. Face à elle, il n’est plus le Don, seulement un ancien mari demandant qu’on distingue ses intentions de leurs conséquences. Leur promenade en Sicile, leurs souvenirs et leurs sourires hésitants font apparaître, pendant quelques instants, la vie qui aurait pu être la leur. Cette tendresse est d’autant plus bouleversante qu’elle ne répare rien. Talia Shire compose parallèlement une Connie fascinante. La jeune sœur autrefois humiliée et maltraitée est devenue une gardienne implacable de la dynastie. Elle s’est adaptée au monde qui l’a détruite jusqu’à en maîtriser les règles. Sa douceur cérémonielle dissimule désormais une volonté meurtrière. Là où Michael rêve de sortir de la criminalité, Connie veille à ce que la famille demeure capable de tuer. Elle représente la victoire définitive du système Corleone : même ses victimes ont fini par devenir ses continuatrices. Al Pacino livre quant à lui une interprétation remarquable, précisément parce qu’il refuse de reproduire à l’identique le Michael glacial de sa jeunesse. Son personnage a perdu sa rigidité minérale. Son corps se fatigue, sa voix se brise, sa colère devient moins maîtrisée et sa solitude affleure derrière chaque geste. Michael ne contrôle plus totalement l’image qu’il donne. La maladie le frappe au milieu de ses gardes, le remords envahit ses silences et le nom de Fredo suffit à fissurer des décennies de discipline. La confession constitue le centre moral du film. Face au cardinal Lamberto, Michael prononce enfin l’acte qu’aucune justification familiale ne peut recouvrir : il a fait tuer son frère. Pacino ne cherche pas l’effet spectaculaire. Il laisse les mots sortir comme s’ils avaient attendu des années derrière une porte condamnée. Michael peut reconnaître sa faute, recevoir l’absolution et aspirer au pardon ; il ne peut pas ressusciter Fredo. La religion peut lui proposer une grâce spirituelle, mais le récit, lui, ne lui accorde aucune remise de peine dramatique. La mise en scène de Coppola retrouve régulièrement une majesté funèbre. Les palais, les églises, les salles de réception et les demeures siciliennes ne sont jamais de simples décors : ils écrasent les personnages sous le poids des institutions, de la tradition et de l’histoire familiale. Gordon Willis travaille une lumière plus automnale que dans les premiers films. Les ors semblent ternis, les rouges plus sombres, les visages davantage exposés à la fatigue. Ce monde conserve son faste, mais il a déjà l’apparence d’un mausolée. Coppola n’échappe pas toujours à l’auto-citation. La fête familiale, les cérémonies religieuses, les portes qui séparent les êtres et le montage parallèle des assassinats réactivent des formes déjà associées à la saga. Certains rappels possèdent la force du destin ; d’autres paraissent souligner avec insistance une continuité que le film aurait pu laisser respirer. Le récit hésite ainsi entre l’épilogue mélancolique et la reconstitution des grands mouvements qui ont fait la puissance de ses prédécesseurs. Mais cette hésitation disparaît presque entièrement lors de la séquence finale au Teatro Massimo. En enchâssant les règlements de comptes dans une représentation de *Cavalleria rusticana*, Coppola transforme le film en opéra tragique au sens littéral. La scène, la salle, les coulisses, les escaliers et les rues de Palerme deviennent les différents espaces d’un même sacrifice. L’honneur, la jalousie, la religion et la vengeance représentés sur scène se prolongent dans la vie des Corleone. La fiction lyrique ne commente plus le drame : elle l’absorbe. Le montage orchestre alors les meurtres avec une précision souveraine. Les gestes les plus élégants côtoient les actes les plus sordides ; la musique élève la violence sans la rendre noble. Chaque adversaire éliminé semble confirmer le triomphe de Michael, tandis que le spectateur comprend que cette victoire est déjà inutile. Vincent peut recevoir le pouvoir, les ennemis peuvent tomber et les comptes peuvent être réglés : quelque chose d’irremplaçable se dirige néanmoins vers la mort. Sur les marches de l’opéra, le film atteint enfin sa vérité la plus cruelle. La balle destinée à Michael frappe Mary. Toute sa vie, il a prétendu commettre le mal afin de protéger sa famille ; le mal finit par tuer précisément l’enfant qu’il voulait préserver. Son cri d’abord privé de son est une idée de mise en scène extraordinaire. La douleur dépasse la voix, suspend le temps et retire soudain au chef mafieux toute grandeur mythologique. Quand le son revient, il ne reste plus qu’un père anéanti. La mort physique de Michael, bien plus tard, n’est qu’une formalité. Sa véritable disparition a eu lieu sur ces marches. Le vieil homme qui s’effondre seul en Sicile n’est plus qu’un survivant condamné à porter le souvenir de sa fille, de Fredo, de Kay et de toutes les vies qu’il a détruites en prétendant sauver les siennes. Il obtient finalement ce qu’il désirait depuis le début : il quitte les affaires, échappe à ses ennemis et atteint un âge avancé. Coppola transforme chacun de ces privilèges en punition. Le Parrain – 3e partie demeure une œuvre inégale, parfois encombrée par son intrigue, fragilisée par certains choix de distribution et moins organique dans sa construction que les deux premiers volets. Mais ses imperfections n’annulent ni son ambition ni sa puissance. C’est un film sur l’après du pouvoir, sur le moment où la victoire cesse de protéger celui qui l’a obtenue. Un film fatigué, solennel, douloureux, qui porte ses propres cicatrices comme Michael porte les siennes. Il ne clôt pas la saga par un dernier couronnement, mais par une condamnation. Michael Corleone avait réussi à vaincre tous ceux qui se dressaient devant lui. Il lui restait à affronter le seul ennemi qu’il ne pouvait ni acheter, ni intimider, ni faire assassiner : la mémoire.
jujube
jujube

14 abonnés 100 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 juin 2026
Mon favori, et une très belle conclusion à la trilogie. Michael tente une rédemption et finit par subir les conséquences de ses choix passés.

J’ai adoré Andy Garcia dans le rôle de Vincent Corleone. Il parvient à tenir tête à l’écran à Al Pacino, et le reste du casting est tout aussi excellent.

Le visionnage est également plus agréable, il y a moins de personnages à suivre, ce qui rend l’ensemble plus fluide et plus facile à suivre.
Art by Maëva
Art by Maëva

4 abonnés 50 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 mai 2026
Dans la première partie du film le rythme est lent et puis le film part en apothéose sur la scène trop tardive mais parfaite de l'opéra.
Al Pacino est comme à son habitude intense et profond.
Dommage qu'on ait pas pu avoir Winona Rider comme prévu je pense que ça aurait pu donner une toute autre sensibilité au film.
Anthony Marchica
Anthony Marchica

22 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 mai 2026
Un véritable chef d'oeuvre. Ce dernier opus viens clore avec brio la saga que Mario puzo nous à fait vivre avec merveille et émotions. Probablement l'une des meilleures trilogie au monde de tout les temps.
ProjecteurTemporel
ProjecteurTemporel

2 abonnés 59 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 avril 2026
Avec Le Parrain, 3e partie, Francis Ford Coppola clôt sa saga sur une note crépusculaire, centrée sur la culpabilité et la quête de rédemption. Al Pacino y incarne un Michael Corleone vieillissant, dont la fragilité contraste avec la froideur passée. Le film tente d’élargir ses enjeux vers le politique et le spirituel, mais cette ambition reste parfois dispersée. Certaines séquences retrouvent la puissance des opus précédents, tandis que d’autres peinent à atteindre la même intensité. Reste une conclusion honorable et mélancolique, mais qui souffre inévitablement de la comparaison avec les deux premiers volets.
Julomax
Julomax

13 abonnés 515 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 avril 2026
Excellent !!!

Ce dernier et troisième film de la célèbre trilogie « Le Parrain », toujours réalisé par Francis Ford Coppola est très intéressant !

Déjà le jeu de Al Pacino, Diane Keaton ou même encore Andy Garcia et évidemment le reste du casting est parfait !
La réalisation est toujours au top aussi !

Puis au niveau du scénario, bah c’est extrêmement différent des deux premiers films, déjà on y retrouve un Micheal Corleone beaucoup plus âgé, et donc très affaibli car le film ce déroule en partie en 1979 alors que la deuxième partie ce finissait en 1959, il s’écoule donc 20ans entre les deux films !
Tout ces enfants sont adultes et ne s’intéressent pas aux affaires familiales, néanmoins Vincent (Andy Garcia ), le neveu de Micheal Corleone se manifeste beaucoup dans l’intrigue ce qui l’a rend très intéressante, il y a très peu voir pas de longueur et la fin du film est très bien faite, assez étonnante et surtout bouleversante…

Le petit truc assez perturbant dans le film c’est qu’on dirait que Al Pacino et Diane Keaton ont été vieilli par les maquillages avec exagération !

En conclusion, cette troisième partie est très à part comparé aux deux premiers car la, on s’intéresse quasiment que à Micheal et non Vito, mais la fin est très réussite !!!

A voir !!!
Coltito
Coltito

5 abonnés 237 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 mars 2026
Micheal Corleone se fait vieux, il désire se racheter aux yeux de l’église catholique et devenir quelqu’un de respectable. Tout en pensant à cela, il prend sous son aile son neveux Vincent. Et peu à peu, les deux hommes vont se rapprocher l’un de l’autre jusqu’à que Michael lui propose de reprendre les affaires de la famille.
Le troisième et dernier film de la famille Corleone moins bien que les deux premiers mais qui reste quand même plutôt agréable à regarder.
Michael78420
Michael78420

67 abonnés 1 946 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 mars 2026
[Le Parrain, 3e Partie, 3/5] Un opus de trop ? Ce troisième et dernier volet de la saga m'a paru beaucoup trop long, bien que le plus court des trois. Trop de personnages, trop d'intrigues entremêlées, trop de morts incompréhensibles. Les acteurs, principalement Al Pacino et Andy Garcia, sont remarquables. Les décors sont splendides, en particulier au Vatican et à Rome. Cependant la scène à l'opéra, malgré le cadre grandiose, m'a été fatale. Quant à la conclusion, pour un homme avec autant d'ennemis, on se demande comment Michael Corleone arrive à vivre de vieux jours. Au final, je ressors déçu de cet ultime opus sorti dix-huit ans après le premier. Comme si l'âme des débuts s'était évaporée.
NG N.N
NG N.N

1 abonné 24 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 15 mars 2026
L'intrigue est intéressante, mais je n'ai pas compris pourquoi au début Michael refusait le fils de Sony.. ça été éffleuré, puis du jour au lendemain il le nomme parrain car son fils ne le souhaite pas.. Je ne sais pas, sur certains point j'aurai aimé avoir des réponses, mais il était tout de même plus "mouvementé" que le Parrain 1 et 2.
Les plans sont super, l'intrigue avec le vatican intéressante, et comme c'est le film le moins long des 3, je ne peux que l'apprécier lol
RochéDavid57
RochéDavid57

11 abonnés 229 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 mars 2026
"Désormais, Michael Corleone (Al Pacino) est vieux, et il aspire à la rédemption en se rapprochant de Rome et de son église. Mais si le parrain a décidé de chasser ses démons, le mal reste présent partout, même au sein de la cité vaticane...
La trilogie "LE PARRAIN" de Francis Ford Coppola s'achève donc avec ce "LE PARRAIN 3", réalisé en 1990. Et cet épilogue tient toutes ses promesses. Evidemment, il est impossible de le classer au niveau de "LE PARRAIN" et "LE PARRAIN 2" (voir mes critiques), tant ces deux premiers opus font office de monuments cinématographiques, de chefs d'oeuvre, de cinéma total. Si les critiques ont souvent été assez sévères avec ce troisième volet, elles ne sont pas justifiées. Evidemment, quand on a su que Coppola s'est surtout lancé dans ce projet pour des raisons financières, et que depuis il n'a cessé de dire et de répéter qu'il aurait du rédiger une toute autre copie, on se disait que ce "LE PARRAIN 3" n'offrait pas de véritables garanties d'assister à un film digne des deux premiers. Grave erreur! La magie de l'univers mafieux de la famille Corleone opère toujours. On y découvre un Michael assagi, en quête de paix intérieure, et enfin disposé à pardonner. Pacino est comme toujours fantastique, tout comme Diane Keaton, magnifique. Coppola reprend la recette gagnante de la longue scène d'ouverture qui pose le décor, tout comme les séquences qui se terminent en même temps que se ferme une porte. Et évidemment une scène finale d'anthologie qui restera gravée dans les mémoires. La réalisation est parfaite, tout comme les comédiens (à l'exception peut-être de Sofia Coppola qui n'est sans aucun doute au casting que parce qu'elle est la fille de son père).
"LE PARRAIN 3" clôt cette tragédie en 3 actes de fort belle manière. C'est de l'excellent cinéma, plus que cela même. Merci m. Coppola pour cette trilogie parfaite. Le 7è art vous remercie!"
critiquesendeuxmots
critiquesendeuxmots

4 abonnés 14 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 mars 2026
Trilogie du Parrain CULTE !!
Dernier volet PARFAIT, à la réalisation EXCELLENTE, ACTING à la limite de la PERFECTION.
Et la musique.... GENIALE !!
UN BONHEUR.
NarnoNarno
NarnoNarno

51 abonnés 722 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 mars 2026
Avec "Le Parrain 3", la trilogie s’achève sur un film qui se distingue encore des deux précédents volets. Cette conclusion résonne comme l’heure des comptes et celle de la transmission : Michael Corleone, vieillissant, semble vouloir solder le passé et léguer autre chose qu’un empire bâti sur le sang. Désireux de se retirer et de redorer son image à travers des affaires plus respectables, il se heurte pourtant aux fantômes de ses choix passés et aux ambitions qui l’entourent. Le futur qu’il imaginait plus vertueux ne peut effacer la violence des fondations. La mécanique implacable des deux premiers films demeure, même si Michael apparaît ici plus mesuré, presque apaisé, une évolution que l’on retrouve également dans la mise en scène plus retenue de Coppola. Le récit reste dense et puissant, mais il se teinte d’une émotion plus vive : c’est désormais l’intimité même de la famille qui est mise à nu. La performance d’Al Pacino est une nouvelle fois saisissante, concluant une trilogie où chaque film affirme sa singularité tout en s’imbriquant avec les autres pour composer le portrait d’une destinée mythique, aussi tragique qu’inoubliable.
Naram
Naram

152 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 février 2026
La troisieme partie du Parrain nous fait découvrir un autre visage de Michael Corleone, plusieurs années plus tard, vieillissant et affaibli. En effet, il a totalement changé, n'étant plus obsédé par le pouvoir : il cherche désormais à se racheter, s'en voulant énormément pour ses nombreux crimes.

En effet, il fait des dons et souhaite devenir actionnaire dans une entreprise immobilière gérée par le Vatican, rentrant ainsi dans le domaine financier et religieux, s'éloignant des activités sombres et des mafieux qu'il avait l'habitude de côtoyer. Sa quête de rédemption est le thème principal du film, qui se veut moins sombre que les précédents, aussi bien dans le fond que dans les images, avec des couleurs plus vives et chaudes. C'est aussi mélancolique, avec son retour en Sicile, introspectif et contemplatif.

Il renoue avec Kay, son ex-femme, accepte que son fils Anthony se lance dans l'opéra, reflétant ce que la vie de Michael aurait pu être s'il avait suivi une autre voie. D'ailleurs, la portée nostalgique est présente, se remémorant ses moments passés en Sicile avec sa femme Apollonia durant le spectacle émouvant d'Anthony.

Michael est torturé, hanté par le meurtre de Fredo, donnant une scène où il confesse ses péchés à un cardinal pour la première fois afin de s'en libérer. Il désigne le fils de Sonny, Vincenzo, comme son successeur, ayant une histoire d'amour avec sa fille Mary, qu'il souhaite interdire par décence morale et pour la protéger.

spoiler: Cependant, il n'échappe jamais à son destin : « Just when I thought I was out, they pull me back in », amenant même dans ses affaires avec le clergé les trahisons et les différents problèmes qui vont faire échouer sa transition vers la légalité. La scène d'opéra est grandiose, rappelant le premier film dans le contraste entre l'art qu'ils regardent et les crimes effectués pendant, mais aussi tragique dans sa fin, perdant l'être qu'il aimait le plus.


spoiler: Assez étonnamment, malgré le titre "La Mort de Michael Corleone", il ne meurt pas, mais c'est bien pire : il est condamné à souffrir éternellement car, comme le dit le proverbe final, les Siciliens ne pardonnent pas. La dernière scène montre un Michael seul et brisé.
Cela clôt parfaitement la fresque familiale des Corleone et surtout celle de son personnage phare, que l'on aura suivi dès le début de son ascension à sa chute, en passant par sa soif de pouvoir et son changement de psychologie : Michael.
Mjoly
Mjoly

3 abonnés 225 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 février 2026
La trilogie s'achève à nouveau sur une oeuvre majeure, même si à tout jamais le premier volet restera le meilleur. Le scénario va très loin, puisqu'il va jusqu'à impliquer le vatican, et donner sa propre explication de la mort de Jean-Paul 1è, et tout est constamment fascinant, particulièrement Pacino, au bout du rouleau en tant que Parrain qui aimerait tant tout effacer et repartir de zéro. Toute la scène de l'opéra est un bijou de montage et de tension. Un vrai grand film!
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