Il y aurait presque deux films en un ici. L'un, sirupeux et ennuyeux, qui dépeint une romance dans laquelle il est difficile de s'impliquer ; l'autre, efficace et très prenant, jouant la carte d'une intrigue mystérieuse à rebondissements.
Ici c'est la femme qui est le centre de tous les intérêts, c'est l'héroine et elle qui manipule l'homme.
Beaucoup ont été déstabilisés par ce film qui met plus en vedette Deneuve que Belmondo.
Qui plus est que Belmondo est le héros viril par excellence, d'autant plus que le coco à l'époque est au centre de toutes les intérêt dans sa vie privée puisqu'il file le parfait amour avec Ursula Andress.
Bref l'histoire est intéressante sans être vraiment captivante, mais l'intrigue nous pousse à aller jusqu'au bout.
Un Truffaut mineur sublimé par l'interprétation de Belmondo et Deneuve.
C’est en fait une véritable sirène romanesque dont il s’agit ici, tant le récit multiplie les revirements, passant sans vergogne du mélodrame au polar, puis à la comédie, au film d’aventure et enfin au conte ! Ouf. Ce récit, tout en ligne brisé, l’un des plus surprenants de son auteur (il mêle noirceur extrême et douceur romanesque), se consume évidemment au brasier de l’amour fou, sauvage et destructeur (on peut voir l’histoire comme celle de la déchéance d’un homme aliéné à son désir), mais il est sauvé in extremis par la croyance folle en cette chose étrange : l’accord mystérieux entre deux êtres. Une forme de transcendance qui sauve miraculeusement le couple déchu. Malgré ses faiblesses (des maladresses dans les dialogues, un Belmondo pas toujours crédible en dépressif transi d'amour…), « La Sirène du Missippi » est un modèle de liberté cinématographique : Truffaut s’affranchit ici de tous les genres et de toutes les morales. Il est temps de réhabiliter ce film, certes inégal, mais traversé par une incroyable énergie vitale et par un radicalisme romanesque qui fait feux de tout bois.
Si elle n'est manifestement pas un Truffaut majeur, cette « Sirène du Mississippi » n'en garde pas moins quelques belle qualités. Une élégance, un rythme vient en effet lui apporter quelque chose d'étrange, à l'image de cette relation très complexe unissant les deux amants, joués de manière plutôt convaincante par Jean-Paul Belmondo et surtout Catherine Deneuve, ici au sommet de sa grâce et de son élégance. On a beau ne pas être totalement fasciné, l'oeuvre n'en reste pas moins intrigante et plaisante du début à la fin, d'autant qu'un Truffaut mineur reste toujours plus intéressant que le tout-venant. Attachant.
Le titre très ironique de ce film cache une histoire sombre. La descente aux enfers, dérangeante parce que consentie, sinon voulue, du personnage principal incarné par le convaincant Belmondo. Sa rencontre avec une inconnue qui se fait passer pour celle qu'il devait épouser va en effet changer le cours de sa vie. Les deux "amants" n'auront de cesse de se pourchasser, de fuir ensemble, franchissant à chaque fois un pallier vers une fin forcément tragique. Catherine Deneuve m'a fait forte impression en femme trouble, au passé sulfureux, attirée par des criminels prêts à tout lui pardonner, bref en manipulatrice perverse à souhait. Belmondo est également épatant. Truffaut a refusé les artifices : la mise en scène, jamais pompeuse, est sobre et très efficace. Revers de la médaille, il manque parfois du rythme, du tonus à ce film qui aime prendre son temps. Une réussite en tout cas.
Film sur l’amour fou, irréfléchi, il déçoit pour un Truffaut. Bien sûr il y a deux immenses acteurs et on retrouve la patte légendaire du réalisateur. Peut-être était-ce un training pour lui (il m’a paru voir dans certains passages une ébauche du « Dernier métro ») mais tout cela reste lent, peu convaincant, sans grande épaisseur — malgré la formidable présence de Belmondo et Deneuve —. Bref un tantinet ennuyeux et raté !
Un des films de Francois Truffaut les moins célèbres, et pourtant, il est tres bon ! Le tandem Catherine Deneuve/Jean-Paul Belmondo enflamme littéralement la pellicule, un couple sensuel, puissant, émouvant, classe... Exactement ce dont avait besoin cette étrange histoire de disparition, de complot, de meurtre... Un scenario tres bien ficelé, faisant se dérouler une histoire digne d'un Hitchcock (d'ailleurs ce film fait vraiment beaucoup penser a "Sueurs Froides" !), du suspens, des rebondissement, et bien sur beaucoup de mystere et d'émotions ! Un tres beau film.
Il y a du bon et du moins bon dans ce film, j'ai beaucoup aimé l'intro, très belle, les voix qui se mélangent, les personnages racontant l'histoire plutôt que de la montrer, le duo d'acteur excellent. Mais j'ai quand même trouvé ça un peu longuet, il ne se passe pas grand chose et la seule chose qui fait qu'on ne s'ennuie pas est l'immense talent de Deneuve et de Belmondo.
Évidemment les projecteurs sont braqués sur le duo magnifique traqué par un monstre du cinéma. Tout ceci réalisé par Truffaut inspiré d'un bouquin laissant la part à une relation complexe et intéressante.
Une adaptation moyenne du roman de irish , le couple deneuve/belmondo ne pouvant totalement sauver les meubles. Pas le meilleur truffaut , ni le pire d'ailleurs...
Basé sur l'excellent roman de William Irish Truffaut réalise avec La Sirène du Mississipi un film oscillant entre mélo et suspense mais ne parvenant à aucun instant à restituer la noirceur du roman. Le début à la Réunion et les 30 dernières minutes sont sans doute les moments les plus réussis de La Sirène du Mississipi mais durant tout le film la mise en scène reste trop calme. Quant aux personnages si les acteurs sont irréprochables par contre ils sont peu attachants car Belmondo semble plus céder à Deneuve par faiblesse que par amour.
Un film et une histoire qui prouve que Truffaut était en admiration devant Hitchcock, beaucoup de thèmes en commun (femme fatale, mystère épais, usurpation d'identité, ...). Mais le scénario manque de rythme pour être passionnant. Plusieurs beaux dialogues entre Belmondo et Deneuve mais aussi des temps morts du à une romance parfois un peu lourde. Film qui vogue entre mélo et polar sans trop choisir.
Un an après La Mariée était en Noir, Truffaut subtilise à nouveau un roman de William Irish pour disséquer, dans un multiforme aux accès hitchcockiens, les sentiments souvent contradictoires de deux victimes consentantes de l'amour-passion. Le tandem improbable mais pourtant cohérent à l'écran formé par le ''sanguin'' Belmondo et la ''légende'' glam Deneuve prête ses traits à deux personnages antagoniques réunis en un couple ambiguë. Cette rencontre monstrueuse est marquée par un rôle à contre-emploi pour Belmondo et la sophistication de l'aura de Deneuve. Homme faible et sclérosé par ses principes, son idéalisme naif et borné, Louis Mahé croit découvrir la correspondante de nombreuses échanges épistolaires, quand il s'agit d'une usurpatrice qu'il épousera cependant. Tombant amoureux de cette femme malgré lui, ses critères initiaux et ses idées arrêtées s'en trouvent ébranlées. Sa relation versatile avec l'ambivalente Marion, qu'il suivra après une trahison, révèle des attitudes et dispositions nouvelles et destructrices. Au fil de dialogues écrit au fur et à mesure du tournage, de plans-séquences sans esbroufe voués tout entier à l'intensité et l'intelligence des enjeux dramatiques, Truffaut élabore un amour indistinct, doux et exalté à la fois. Dans un alternant avec une aisance confondante ton grave et ''fausse'' légèreté, il se permet de décerner à ses personnages des saillies spirituelles, un soupçon théâtrale en surface mais empruntes d'une grande finesse, affirmant par leur biais une attraction irrévocable pour le vertige de l'inconnu, l'abandon à une union aux frontières et composantes floues, projetant en Catherine Deneuve la matérialisation de ce fantasme.
Oeuvre un peu bâtarde dans la filmographie de François Truffaut,"La Sirène du Mississippi",suspense sentimental élaboré,ne parvient pas à trouver la bonne distance entre étalage de clichés et véritable souffle romanesque.Cela étant,on ne que louer son audace formelle.On constate que Truffaut maîtrise nettement mieux sa seconde partie(les amants en fuite)que sa première(l'ambiance pesante sur l'île de la Réunion).Ce qui l'intéresse,ce sont les tourments du couple,formé de façon insolite,sa passion amoureuse,son caractère fuyant,sa destinée fragile.Le propriétaire réservé et riche tombant follement amoureuse d'une usurpatrice à la beauté ensorcelante.En victime consentante,et dans un contre-emploi absolu,Jean-Paul Belmondo trouve quoi qu'on en dise un de ses rôles les plus aboutis,où sa tristesse dissimulée derrière sa jovialité ne fait que ressortir.A ses côtés,Catherine Deneuve est en terrain connu,en blonde diaphane,mystérieuse et semblant insensible.Truffaut a voulu rendre hommage à Hitchcock,son maître à penser.Son influence ressort maladroitement à travers des fondus enchaînés et autres symboles.Les repères sont perturbés,mais le voyage en veut quand même la peine.