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Cyril G
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3,5
Publiée le 9 janvier 2022
Un beau film des années 70, avec Noiret et Rochefort un peu à contre-courant de leurs ou personnages habituels. C est aussi un beau voyage dans le Lyon de cette époque. Je regrette la lumière un peu blafarde qui accompagne le spectateur tout au long, je dirai même ne pas trouver le film très bien filmé, perfectible de ce point de vue
Premier film de Bertrand Tavernier, il met sa ville de Lyon en lumière (normal, pour la ville des frères Lumière). J'ai aimé les façades jaunes des maisons quai de Saone, le vert du fleuve. J'ai découvert une cathédrale toute noire de l'époque. Et la prison à l'époque encore à côté de la gare. Les personnages sont taiseux, père et fils, vestiges de la guerre de 39 qui hante encore les familles. Un peu de politique se mêle à la fiction.
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4,0
Publiée le 19 juin 2021
L'Horloger de Saint-Paul est un film techniquement bien conçu au niveau de la réalisation de l'écriture et du jeu des acteurs. Le réalisateur Bertrand Tavernier façonne une étude de caractère subtile qui s'inscrit dans le cadre d'une histoire policière l'étude d'un horloger vieillissant de la classe moyenne au tempérament abattu ou plutôt habité joué par Philippe Noiret. Cet homme banal sort de sa léthargie lorsqu'il apprend que son fils unique a été arrêté pour meurtre. Ce qui est poignant dans cette histoire et ce qui améliore le drame habituellement endormi d'un film policier c'est que Noiret vit tranquillement seul avec son fils qui est presque adulte. En d'autres termes son fils représente toute sa vie tranquille. Lorsqu'un détective joué par Jean Rochefort d'une ténacité à toute épreuve lui demande de l'aider sur une affaire Noiret se rend compte qu'il sait peu de choses de son fils et se débat avec le sentiment qu'il ne peut pas lui en vouloir. Le film s'ouvre sur une soirée avec Noiret où ses amis s'amusent des élections des gauchistes et d'une manifestation et contre la peine de mort et il s'amuse ce soir-là. Le lendemain deux policiers viennent à sa boutique et fouillent dans l'appartement attenant. Ils fouillent particulièrement la chambre de son fils avant de l'emmener au commissariat où Rochefort lui apprend que son fils est recherché pour le meurtre d'un vigile sur le lieu où sa copine a été licenciée et qu'il n'a pas été appréhendé. Tavernier nous offre un film dramatique fin et aigu...
Premier film de Bertrand Tavernier, entièrement tourné à Lyon, sur un sujet grave, prétexte à l'analyse des relations entre un père et son fils. Fils qu'on ne verra physiquement qu'à la fin du film, le scénario étant concentré sur les rapport du policier (Jean Rochefort) et du papa (Philippe Noiret). Philippe Noiret est très émouvant, ne comprenant pas les motivations de son fils, se rendant compte que son fils est un étranger pour lui, mais le soutenant jusqu'au bout, essayant en tâtonnant de reconstruire, voire de construire ce lien affectif à côté duquel il est passé. Jean Rochefort est ironique, décalé, attaché à cet homme perdu, qui ne comprend rien à ce qui lui arrive. On retrouvera avec plaisir Andrée Tainsy dans un important petit rôle, et Christine Pascal dans une partition muette. Mais surtout, on retrouvera un univers typique des années 1970, avec des villes noires et sales, des bouchons lyonnais qui regorgent de plats de viande et de charcuterie, des wagons restaurant où on vous sert du jambon et du saucisson arrosés de mauvais vin rouge... Toute une époque !
« L'horloger de Saint-Paul » fleure bon les années 1970. Les costumes, les décors, les coupes de cheveux, les dialogues, la mise en scène. C’est à la fois l’expression d’un film représentatif de son époque mais qui aujourd’hui semble un peu désuet. Avec son premier long-métrage, sorti en 1974, Bertrand Tavernier livre un drame psychologique dans lequel Philippe Noiret parvient à exprimer avec puissance les troubles affectifs qui le minent intérieurement. L’histoire de ce père qui découvre la personnalité de son fils coupable d’un meurtre présente un certain intérêt malgré la longueur du récit. Bref, une œuvre qui tâtonne malgré ses qualités.
L’Horloger de Saint-Paul démonte le mécanisme de la fabrique de l’assassin en confrontant deux quêtes de vérité : celle entreprise par la police et la justice, soucieuse de voir triompher le vraisemblable quitte à forcer le trait, à plaider le crime passionnel, à falsifier des témoignages ; celle poursuivie par Michel Descombes, qui n’a pour finalité que de raccorder un père et son fils suite à l’interruption du dialogue. À la vérité trafiquée qui doit réconforter l’opinion publique, fruit de l’activité de corps parasites qui se camouflent en revêtant une série de masques – le confident, l’ami, le père dépassé –, Bertrand Tavernier oppose la vérité intérieure et insondable de l’être humain, celle qui ne convainc pas, qui ne s’explique pas, sinon par elle-même. L’intelligence du film est d’aborder la traque d’un criminel par l’unique biais de son père, figure d’étranger dont le métier révèle bien la démarche du cinéaste : mettre à nu le fonctionnement du cœur humain et des passions qui tournent ainsi depuis toujours, en témoigne la contemplation des automates dans la cathédrale Saint-Jean qui répètent leurs mouvements circulaires depuis le Moyen Âge. Dialogue entre un père et son fils, dialogue entre les siècles, L’Horloger de Saint-Paul est enfin un dialogue avec sa contemporanéité, à commencer par la nébuleuse médiatique qui manipule selon son bon plaisir les faits et les politise à foison de sorte à schématiser le réel, à le tordre pour l’insérer dans des cases. Dès son ouverture, et jusqu’à sa clausule, les personnages gravitant autour de Michel ne parlent que de menace communiste, de vague rouge et d’insurrection, reflet des préoccupations de la France au début des années 70. L’acte de foi du père en son fils, symbolisée à l’écran par le soutien au tribunal, le recueillement dans la cathédrale et le choix de Michel comme prénom pour le bébé à venir – « si c’est un garçon » –, soit le prénom du père, achève de peindre la paternité comme un transfert d’insondabilité et d’opacité que seul un drame permet de mettre en mots. Une œuvre immense, portée par un Philippe Noiret impérial ; certainement l’une des plus belles réussites de feu Bertrand Tavernier.
Adapté d’un polar de Georges Simenon, "L’horloger de Saint-Paul" met l’accent sur la relation entre un père et son fils et comment le premier va vivre la culpabilité du second tout en apprenant à le connaître.
L'horloger de Saint-Paul, premier film de Tavernier, possède déjà ce que j'aime le plus chez lui, à savoir les petites choses de la vie de tous les jours qui viennent immédiatement donner de la crédibilité au récit... Ainsi le film s'ouvre sur un dîner qui a l'air absolument anodin, ça plaisante, on rit de bon cœur, ça parle de politique et les thèmes du film sont déjà là, dans cette conversation. Chez n'importe qui d'autre on aurait eu quelque chose de lourd, d'appuyé, montrant à quel point telle ou telle phrase est importante. Ici, c'est juste dans la conversation la plus triviale, enrobée de toute la trivialité possible qui pourrait entourer n'importe quelle conversation au restaurant entre amis.
Immédiatement les personnages sont vrais et crédibles et on a envie de les suivre pendant 1h45. Il peaufinera ça dans ses autres films, mais l'idée est déjà là et ça marche déjà rudement bien !
Quant au reste du film, je dirais qu'il y a des séquences qui fonctionnent mieux que d'autres, mais là où l'émotion passe vraiment c'est lorsque l'on voit Madeleine, une vieille dame qui auparavant a élevé le fils du héros. La relation avec Noiret fonctionne bien, il la tutoie tandis qu'elle le vouvoie, et elle en sait plus long sur son fils que lui... voir le visage de Noiret pensif, préoccupé parce qu'il se rend compte que cette femme est plus proche de son fils que lui, c'est vraiment touchant.
Et c'est peut-être la force du film, Noiret se rendant compte que son fils est un étranger...
Après bien sûr il y a les échanges avec Rochefort, qui fonctionnent plutôt bien... D'ailleurs Rochefort est toujours abusivement élégant en commissaire (ce qui le rend assez ridicule quand il ne maîtrise pas son chien), tandis que Noiret fait vraiment artisan, ils portent chacun leur classe sociale sur la figure. On sent que Tavernier a vraiment tout fait pour que ça soit crédible, parce que c'est la première chose qui nous emporte dans le film : tout ça transpire le vrai et le vécu.
Là où je dirais que ce film fait moins fort que d'autres plus tard dans la filmographie de son auteur, c'est qu'il manque peut-être encore un peu de rythme.
Pour son premier long-métrage, Bertrand Tavernier adapte George Simenon et transpose l’intrigue qui, sous son allure policière n’en est finalement pas une, dans sa ville natale de Lyon. Critique sociale de son temps faisant négativement son âge, le film est plat à la limite de l’ennui, ne devant son salut qu’au duo Noiret-Rochefort.
C'est lent, mais c'est lent ! Pourquoi la boîte à meuh ? Pourquoi l'allusion aux élections ? Trop de hautbois. On s'ennuie, n'en déplaise aux regrettés Bertrand Tavernier, Philippe Noiret et Jean Rochefort. A éviter.
Un film qui tient surtout à l'excellence et au charisme de ses deux interprètes principaux, Noiret et Rochefort y sont d'autant plus bon qu'ils jouent essentiellement du Noiret & du Rochefort, j'entends ici que leurs performances est entendue et que les dialogues sont surtout prétexte à des monologues à deux. Sur le fond du film, la critique sociale était plus mordante dans un coup de torchon. Néanmoins, un bon film au fonctionnement un peu classique.
Premier long-métrage de ce qui allait devenir l’un des piliers du cinéma française : B.Tavernier avec son acteur fétiche P.Noiret (7 films ensemble) pour une adaptation libre de l’œuvre de G.Simenon. Poétique, sombre, encore un peu naïf mais appliqué dans les dialogues et la mise en scène ce qui fera la force de B.Tavernier. Un premier film classique à revoir.
L'enquête sur le meurtre présumé commis par son fils devient la quête de la personnalité de ce fils lui-même, que finalement il croyait connaître, à tort. C'est moins palpitant mais plus intéressant. Mais finalement cette quête elle-même s'efface pour devenir une forme de réflexion assez nostalgique et pas très gaie sur propre existence. Celle-ci se fait en partie lors des échanges avec Rochefort, le flic chargé de l'enquête. Leur duo est savoureux, et leur dialogue comporte au moins une dizaine de répliques cultes ! L'arrière plan politique, comme le décor lyonnais, sont parfaitement intégrés au scénario. Au total un film plein de qualités, qui a très bien vieilli malgré son inscription délibérée dans le climat politique de l'époque.
Revu en hommage à Bertrand Tavernier disparu cette semaine. Son premier film est un coup de maître honoré du Prix Louis Delluc, preuve de sa qualité. Film qui a certes vieilli mais montre avec justesse la société française des années 70, avec profondeur les liens père-fils et qui retranscrit parfaitement l’atmosphère des romans de Simenon et de la ville de Lyon, sinistre à l’époque.. Philippe Noiret affirme son statut de très grand comédien et Jean Rochefort lui donne élégamment la réplique.
A Lyon dans une ambiance post soixante-huitarde mise en scène avec maîtrise et réalisme, l’assassinat d’un salaud de droite amène un père à se rapprocher de son fils.