L'Horloger de Saint-Paul
Note moyenne
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Yannickcinéphile

2 899 abonnés 4 582 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 novembre 2016
L’Horloger de Saint-Paul marque les débuts de Bertrand Tavernier, lequel, comme de coutume nous sert un film très propre, mais ici un peu creux quand même.
En effet, ce film est très réussi formellement. Très belle mise en scène, fluide, précise, avec toujours ce soin du cadrage propre au réalisateur, qui s’empare en plus fort bien des décors lyonnais. La ville est apparente, et il choisit judicieusement ce qu’il nous montre donnant une ambiance à la fois lumineuse et triste, utilisant une jolie photographie. L’Horloger de Saint-Paul est, visuellement, un film poétique, bien ancré dans son époque mais aussi atemporel, où s’entremêlent la gouaille lyonnaise et la mélancolie de l’histoire ! Je souligne aussi une bande son de qualité, qui elle aussi est tantôt alerte et plutôt joyeuse, et tantôt mélancolique.
Formellement réussi, L’Horloger de Saint-Paul est, en revanche, un film un peu tiède sur le fond. Le souci c’est le relatif manque d’action, une enquête qui n’est pas existante, ou trop peu, et une dernière partie au traitement trop abrupt. Tavernier se consacre pleinement à l’aspect psychologique du drame, et si c’est un choix audacieux plutôt bien traité par un réalisateur consciencieux, force est de constater qu’on s’ennuie parfois face aux longueurs, et que, pour le coup, en se concentrant uniquement sur Noiret, on n’a pas les points de vue qui aurait pourtant donné du relief à l’intrigue, du fils et de sa copine. Du coup, la narration reste très linéaire, et lorsque Noiret est dans l’attente, et bien on l’est aussi !
Le casting est composé d’acteurs plutôt solides, dans les premiers et les seconds rôles. Jean Rochefort est sobre mais convaincant, face à un Philippe Noiret que j’ai trouvé juste et sobre, mais parfois un poil trop théâtral. Après c’est un bon acteur, et il colle bien à ce personnage un peu quelconque, populaire, apportant sa sensibilité particulière qui le rend généralement mémorable dans les rôles dramatiques. Autour de ce duo, des seconds rôles de qualité, et on retiendra le charme délicat et triste de Christine Pascal, qui, en quelques scènes, nous perd dans ses yeux d’un bleu limpide !
L’Horloger de Saint-Paul est un joli film, c’est un fait, triste et optimiste à la fois. Dommage que l’histoire n’aille pas un peu plus loin, on aurait eu un film particulièrement marquant, mais il reste un joli premier film, et, je le crois, un prix Louis Delluc bien mérité. 3.5
ManoCornuta

367 abonnés 3 095 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 octobre 2016
Une première réalisation qui mérite qu'on s'y intéresse, la veine sociale de Tavernier s'y exprimant déjà par petites touches lancées comme autant de fléchettes. Entre réalisme des dialogues (notamment les scènes de restaurant) et contexte social évoqué en toile de fond, Tavernier s'emploie à relater un crime que l'on n'expliquera pas, et dresse surtout le portrait d'un petit artisan dépassé par les événements et ne sachant comment recoller les morceaux. C'est un cinéma encore jeune et plein de défauts, mais la direction d'acteurs est déjà efficace, bien aidée en cela par un Philippe Noiret toujours impeccable. Quelques longueurs par-ci par-là, mais une sensibilité qui affleure déjà et nourrira bon nombre des films de Tavernier dans le futur. A voir.
weihnachtsmann

1 635 abonnés 5 773 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 octobre 2016
Un homme retrouve la foi soudaine en son fils au moment de son procès pour meurtre. Le film gagne en profondeur et en intensité au moment où le père se met à ressembler à son fils. Il croit en lui même dans les moments de silence sans vraiment connaître la vérité.
JR Les Iffs
JR Les Iffs

103 abonnés 1 151 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 janvier 2016
Premier film de Tavernier. C'est l'histoire d'un homme qui prend (enfin) conscience d'une absence de communication avec son seul fils car celui-ci est accusé d'avoir assassiné un homme qui dans l'usine où travaille la petite amie de ce fils, abuse des femmes. Le fils est arrêté, et ce père essaie de comprendre et d'accompagner son fils lors du procès et ira jusqu'à le soutenir.

Bon film de Tavernier. Mais le cinéaste évite de peu une certaine caricature (le salaud, le gentil gauchiste) et pose bien le problème d'une certaine justice et de la police. Encore qu'ici le commissaire apparaît comme très humain. On fait aussi allusion aux milices patronales (on est à 6 ans de 68). Le thème essentiel restant la relation père-fils, dont on ne sait pourquoi ici elle était inexistante. C'est très bien filmé (la ville de Lyon) avec des dialogues de haute qualité et des acteurs de premiers choix. Excessif néanmoins, une phrase prononcée par un communiste à la fin du film "on étouffe ici", qui montre au jour un cinéaste politisé. (à comparer avec le film de Munk : Un homme sur la voie - dit ici dans un autre pays : la Pologne communiste)
On étouffait en France en 1974 ?
maxime ...

316 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 novembre 2015
Philippe Noiret est à en pleurer. On ne peut qu’être attendrit par cet horloger qu'est Michel Descombes ( Noiret ) et par le drame qui le touche. Ce type en apparences sans histoires se révèle être une personne exceptionnel, totalement désabusé par la situation dans laquelle ils sont plongé lui et son fils. Jean Rochefort excelle aussi, ce dîner dans le train est une scène mémorable, on ne sait pas si ils sont " amis " ou " ennemis ". La puissance des dialogues est une des plus grande réussite de ce long métrage, une habitude chez Tavernier. Un travail très intelligent, les mots sont forts ! L'exemple le plus frappant à mes yeux se trouve à la fin lorsque Michel et Antoine ( Denis ) échange à la sortie du tribunal, cette scène est tout bonnement poignante. Premier film de Bertrand Tavernier et déjà premier coup de maître. Un grand moment d'émotion pour moi.
Acidus

881 abonnés 3 976 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 mars 2015
Pour un premier long métrage, Bertrand Tavernier s'en sort bien et propose une belle histoire d'un père tiraillé par l'amour de son fils, soupçonné d'homicide, et par la police/justice. Le tout est servi avec une légère réflexion sociale et politique. Le cinéaste n'en fait pas des tonnes, nuance le caractère de ses personnages, accentuant l'impact du film et son réalisme.
Loïck G.

397 abonnés 1 840 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 mars 2015
Pas mal d’originalité à l’époque dans la réalisation de ce jeune cinéaste qui casse les codes en vigueur, dont ceux de l’adaptation. L’infidélité à Simenon est notoire dans cette (re)transcription de son roman, avec un vrai travail de recherche (la manière d’aborder le procès et d’en donner le verdict) dans l’écriture. Un film révolté, qui ne cache pas son engagement politique et social à l’égard des milices patronales, par exemple et du climat général d’un pays, cinq ans après 1968. L’occasion aussi de revoir Philippe Noiret et Jean Rochefort dans un duel à distance savoureux et complice. L’horloger de Saint-Paul » est un quarantenaire qui se porte bien.
Avis bonus Tavernier, Noiret et Rochefort se souviennent, et c’est très bien.
Pour en savoir plus
cylon86

2 844 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 juillet 2014
Premier film de Bertrand Tavernier, "L'horloger de Saint-Paul" marque également les débuts de sa collaboration avec Philippe Noiret, qui deviendra son acteur fétiche. En adaptant Simenon transposé dans sa ville de Lyon, Tavernier nous montre, à travers l'histoire d'un horloger qui apprend que son fils a tué quelqu'un et qu'il est en cavale, l'intérieur d'une France bien sous tous rapports mais finalement rongée par de nombreux conflits intérieurs. L'histoire n'est donc qu'un prétexte pour une étude de mœurs (comme toujours chez Simenon) faite avec une certaine lucidité et vivacité. Philippe Noiret, absolument touchant et bouleversant dans le rôle de cet homme qui découvre qu'il ne connaît finalement rien de son fils, apporte au film une indéniable qualité. Parfois longuet, parfois un peu mou, "L'horloger de Saint-Paul" n'en est pas moins bourré de qualités (dont un excellent Jean Rochefort en second rôle) et vaut certainement le coup d’œil.
pierrre s.

569 abonnés 3 446 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 décembre 2020
Drame touchant et poignant sur les rapports entre un père et son fils, L'horloger de St Paul, est aussi une vision intéressante d'une France en pleine crise sociale.
Marc Daniel Genoud
Marc Daniel Genoud

4 abonnés 128 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 mars 2014
Film qui me parait un peu surestimé... je n'ai pas été emballé par l'œuvre, ca manque un peu de gniac et de mordant...c'est pas que j'ai besoin d'un Schwarzie ou d'une bombe atomique pour que je soulève un sourcil mais n'empêche je m'ennuyais un peu...
Alors bon est-ce que cela vient du fait que j'avais mal dormis la veille...j'avais naturellement les paupières lourdes ce jour là...mais pas plombée tout de même...
Un des seuls intérêts du film c'est qu'il dépeint bien cette atmosphere 70s en France...Tavernier avait bien l'intention de pointer le système judiciaire français d'un index accusateur. Il le percevait comme défaillant , voir aberrant... film assez militant, typique post-68, mais qui en dépeignant un inspecteur de police compréhensif et humain (Jean Rochefort) évite de mettre tt le monde dans le même sac... je ne suis pas un expert du tout de Tavernier, mais je sais que son travail est réputé, j'ose supposer qu'il a fait mieux par la suite...
Akamaru

3 517 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 février 2014
Un superbe premier essai pour Bertrand Tavernier,qui allait ensuite connaître la carrière à la longévité étonnante que l'on connaît. Il s'octroie les droits d'une nouvelle de Georges Simenon,pour créer un récit perturbant sur un horloger apprenant que son fils est en cavale après avoir tué un patron indigne. Culpabilité,incompréhension,recherche absolue de la vérité et d'un hypothétique rapprochement avec ce fils finalement mal connu s'emparent de Michel Descombes. Philippe Noiret,magistral, y est poignant en père acceptant les événements avec une placidité qui n'est qu'apparente. Jean Rochefort est aussi excellent en inspecteur se prenant d'amitié pour cet homme miroir de lui-même avec lequel il partage ses repas et ses promenades du chien. La ville de Lyon est magnifiquement mise en valeur,avec notamment les longs du Rhône et le centre-ville historique. Tavernier inclue également une dimension politique,en montrant que la France sous Georges Pompidou,en dépit de son opulence de surface,se teintait déjà d'une orientation gauchiste,et d'une opposition grandissante entre patrons et ouvriers. "L'Horloger de Saint Paul"(1973) reste une œuvre rigoureuse et engagée de référence.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 24 février 2014
Le premier long- metrage de Bertrand Tavernier , d' une grande maitrise . Une peinture implacable de la bourgeoisie , interprétés par les géniaux Philippe Noiret et Jean Rochefort .A voir absolument , un grand film .
Yves G.

1 875 abonnés 4 106 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 24 février 2014
J'ai regardé hier soir sur Arte "L'horloger de Saint-Paul" (1974)
Je l'avais déjà vu en février 1994 à Pékin, au ciné-club de l'ambassade.

1974-1994-2014. Comment un film vieillit-il dans la mémoire qu'on en garde ?
En 1994, je me souviens combien déjà "L'horloger de Saint-Paul" m'avait paru "daté". Le premier film de Bertrand Tavernier, tourné dans sa belle ville de Lyon, porte la marque des années Pompidou. Philippe Noiret porte des rouflaquettes et roule en Diane. Son fils a un pull jersey orange et des idées libertaires. Pour se rendre à Paris, il prend un train couchettes et dîne avec Jean Rochefort au wagon restaurant.

Bizarrement, quand je regarde aujourd'hui un film de 1994, je n'ai pas ce sentiment-là. "La cité de la peur", "Les roseaux sauvages" "Leon" ou "Usual suspects" me semblent extrêmement proches de nous - même si leurs héros n'ont ni téléphone portable ni email.

Est-ce parce que l'histoire s'est ralentie depuis 20 ans ? que les changements furent moins nombreux ces 20 dernières années que les 20 années précédentes ?
Est-ce plutôt parce que je suis devenu un vieux con nostalgique, aveugle aux changements qui m'entourent, incapable d'évoluer par rapport à l'époque bénie de mes vingt ans ?
Louis Morel
Louis Morel

63 abonnés 850 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 octobre 2013
Premier coup d’essai de Tavernier, et premier coup de génie !
Lotorski
Lotorski

27 abonnés 588 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 juillet 2013
Une bonne adaption d'un excellent roman. L'horloger de Saint-Paul, ou l'homme heureux au milieu des tics tacs, du temps qui finira par tout arranger, qu'importe ce qu'il advienne dans le présent.
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