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Charlotte28
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3,0
Publiée le 7 avril 2026
Remercions le titre français qui divulgâche le twist (certes devinable)... Usant habilement de l'ambiance malaisante d'une maison de cire où art et réalité se confondent dans des représentations parfois glauques voire malsaines, figures d'une fascination pour le macabre, la mise en scène instille une tension latente, davantage par son décor que par son intrigue. Car la démence démiurgique est traitée avec plus de justesse que l'enquête policière (comment les inspecteurs ne peuvent-ils pas faire le lien entre les statues et les trois corps disparus?!). Cependant, ce qui maintient le mieux notre attention demeure la prestation d'une intensité retenue de Vincent Price, fascinant d'inquiétude. Inégal.
House of Wax constitue l’une des plus grandes réussites du cinéma d’épouvante foraine, toutes périodes confondues, tant par l’efficacité de son récit que par la précision de sa mise en scène, d’une impressionnante mobilité, d’un ciselage de chaque plan digne du travail d’un orfèvre. Sa construction en miroir compose deux faces antagonistes, séparées l’une de l’autre par un intermède musical, qui réfléchissent bien l’ambiguïté du protagoniste, tout à la fois passionné par son art et condamné à le pratiquer dans l’ombre, telle une malédiction s’abattant sur lui. Les premiers dialogues distinguent d’ailleurs l’approche sensationnelle, tournée vers le profit, de l’approche esthétique, dédiée à la quête du Beau : le personnage interprété par Vincent Price affirme qu’« il y a des gens partout dans le monde qui aiment la beauté », se range parmi eux en ce que chacune de ses actions, chacun de ses souffles sont consacrés à l’accomplissement d’un idéal. Dès lors, André de Toth s’intéresse à la formation de l’ombre à partir d’un corps et de son exposition particulière à la lumière ; l’un des premiers plans du film spoiler: capte d’abord l’ombre avant le mannequin d’une femme tenant un couteau, préfiguration de la métamorphose de l’artiste en monstre sanguinaire se rangeant du côté de ses créations , telles les déformations infligées à sa stature initialement raide, voutée et boiteuse ensuite. Les dialogues explicitent cette dimension, comme « she’s very real for me » ou « they are my people », que renforcent une attention portée à la matière, du feu qui détruit à la cire brûlante en passant par l’auscultation de la peau et des membres des comédiens. L’alchimie thématise le brouillage des frontières entre l’humain et l’inhumain, entre la réalité et la fiction : la reconstitution de scènes de prime abord éloignées du temps présent (Jeanne d’Arc ou Abraham Lincoln) frappe d’autant plus qu’elle s’empare de sujets d’actualité synonymes d’effroi pour le public. Nous apprécierons sur ce point la mise en abyme de l’œuvre elle-même, consciente des artifices déployés ainsi que des attentes des spectateurs : sa seconde partie s’avère bien plus ironique et mordante que la précédente, d’essence tragique, les jeux de mots et situations incongrues se suivent – spoiler: parmi les meilleures, les deux jeunes femmes prenant un vieillard au monocle pour un mannequin ou l’inverse, une dame responsable de l’accueil vêtue de bleu qui demeure quelques secondes immobile à l’écran avant de distribuer des fascicules de visite, comme réveillée d’un long sommeil . Le cinéaste s’amuse, et nous avec, anticipant la démarche d’un William Castle (notamment avec House on Haunted Hill, sorti en 1959). Tout le film questionne les notions de décence et d’indécence au regard du spectacle qu’elles font naître : une séquence dans un cabaret où l’exhibition de belles dentelles suscite des réactions confuses sert de caisse de résonnance du récit-cadre, brillant et magnifiquement photographié. Un bijou.
Ce film des années 50 est l'un des premiers en couleur que j’ai pu voir des années 50. L’histoire est assez classique, on suit la vie d’un artiste un peu loufoque qui crée des modèles de cire avec un soin presque maniaque et souhaite leur donner la vie. Suite à un désaccord avec son partenaire, ce dernier fait brûler son musée de cire et lui dedans. Il s'en sort mais il est devenu fou. Commence alors une véritable vengeance où il va trouver tous les responsables de malheur pour les tuer pour les faire participer à son chef d'œuvre, son musée des horreurs de cire !
Vincent Price est toujours aussi magistral et effrayant; l’histoire sonne bien comme un conte d’horreur de la Hammer, vraiment sympathique à regarder, mais pas aussi bien que The House on Haunted Hill.
Des décors magnifiques qui rendent l'expérience plaisante. L'ennui n'est, cependant, jamais très loin mais les actions viennent nous reveiller régulièrement. L'histoire reste quand même assez originale.
C’est l’apparition surprise du procédé 3-D dans « Bwana Devil » (Archie Oboler en 1952) qui décide de la mise en chantier du remake de « Masques de cire » de Michael Curtiz sorti sur les écrans en 1933. Jack Warner, inquiet de la montée en puissance de la télévision, s’est en effet persuadé que là se situait l’avenir du cinéma. « Masques de cire », solide succès, reste malgré tout un film inabouti et le remettre au goût du jour via l’effet 3-D sera sans doute une bonne occasion de marquer l’entrée de la Warner Bros dans une nouvelle ère à un moment où elle se cherche. André de Toth qui vient de réaliser trois westerns très convaincants pour le studio est d’emblée intégré au projet tout comme Vincent Price dont la carrière de bellâtre doucereux et inquiétant commence à patiner et qui se cherche une nouvelle voie. Jack Warner aura vu juste, le film étant un énorme succès grâce à la nouveauté du procédé 3-D qui intrigue les spectateurs mais surtout grâce à l’énorme performance de Vincent Price qui s’ouvre grand les portes d’une seconde partie de carrière qui le verra passer à la postérité comme l’un des plus grands acteurs de l’épouvante. Le scénario écrit par Crane Wilbur évince à propos l’intrigue parallèle superflue faisant intervenir une journaliste intrépide et un peu loufoque pour se concentrer sur le personnage du Professeur Henry Jarrod (Vincent Price) qui permet au spectateur de se promener à loisir parmi les personnages de cire et le magnifique décor du musée (trop peu présents dans la version de 1933). Ainsi sont approfondis les ressorts psychologiques du professeur Jarrod sombrant dans la folie et qui a jeté son dévolu sur la fiancée (Phyllis Kirk) de son assistant (Paul Picerni, ancien comparse de Robert Stack dans « Les Incorruptibles »). Le rôle du professeur obsessionnel et vengeur constitue un formidable galop d’essai pour Vincent Price dont l’onctuosité et le sens de la dérision font merveille. Du côté de la mise en scène, André de Toth qui a bien regardé le film de Michael Curtiz a su en conserver tous les meilleurs moments qu’il reprend à son compte sans les trahir. Il ne s’est pas non plus privé de magnifier les sublimes mannequins de cire tous interprétés comme chez Curtiz par des acteurs immobiles. Allégé des scories de son prédécesseur et porté par un acteur à son meilleur, « L’homme au masque de cire » est devenu un classique incontournable du film d’épouvante.
Un classique de l epouvante qui pour moi est vraiment plus un genre des années 50 que contemporain. Les acteurs sont incroyables pour l epoque et vaut surtout pour Vincent Price une légende !
L'homme au masque de cire est un vieux film d'horreur plutôt pas mal même si malheureusement comme beaucoup de films d'horreur des années 50, il ne fait plus du tout peur aujourd'hui. Le personnage principal est un beau personnage tragique ; à la frontière entre Freddy Kruger (pour le look) et Darkman (pour la tragédie). Il est difficile de ne pas éprouver de l'empathie pour ce personnage (d'ailleurs au final, il a commis assez peu de crimes en comparaison avec les autres méchants de films d'horreur). Vincent Price est excellent dans ce film, au summum de son talent (il arrive à faire carrément flipper lorsqu'il fait la visite du musée). A noter également une apparition de Charles Bronson (dans un rôle muet d'ailleurs) dans un de ses tout premiers rôles. En revanche, on peut reprocher au film de ne pas être si terrifiant que ça (la peur repose principalement sur le talent de l'acteur principal). C'est dommage, mais sinon, c'est un classique sympa.
Le musée de cire est un cadre horrifique qui inspirera bon nombre de cinéaste ! Ici, le film se présente plus comme une vengeance sensiblement similaire à celle du « Fantôme de l'opéra » de 1943. A noter : « L'homme au masque de cire » constitue, lui-même, un remake, le film original datant de 1933 « Mystery of the wax museum ». Un homme passionné par son art (créer des statues de cire) voit ses ambitions contrecarrées par son investisseur qui brûlent toutes ses oeuvres et son musée afin de faire fonctionner l'assurance qui lui remboursera la totalité. Le titre traduit en français spoile complètement l'intrigue : lorsque le musée brûle, l'artiste incarné par Price est laissé pour mort. Il est forcément brûlé et déformé mais bien vivant et va tout mettre en oeuvre pour obtenir vengeance. Le parallèle est incontestable : « Le fantôme de l'opéra » inspirera De Toth. Rappelons également qu'il s'agit du remake de « Mystery of the Wax Museum ». Ce film a donc énormément de sources d'inspiration et inspirera bien d'autres cinéastes par après : « Waxwork » de Hickox, « La maison de cire » en 2004, etc... Il s'agit néanmoins d'une grande réussite, André De Toth a su sublimer le genre ! Le résultat est brillant ! Vincent Price est simplement grandiose et confirmait, avec ce rôle, l'étendue de son talent. Le final est réellement effrayant, macabre à souhait ! Un grand classique !
Filmé en d par un réalisateur borgne (l'excellent artisan de série B A. DeToth), ce petit film d'épouvante échoue toutefois à composer une atmosphère vraiment prenante de bout en bout. La faute sans doute à des acteurs pas vraiment au top, hormis un V. Price qui prend un plaisir à composer ce sculpteur génial. Pour le reste, une intrigue plutôt astucieuse, une bonne mise en scène avec quelques plans remarquables, des scènes de tension parfois réussies mais aussi un paquet de plans destinés à un visionnage en 3D à l'époque, avec notamment ce plan sur le jokari qui arrive face aux spectateurs de la salle, brisant le 4ème mur avec un peu trop d'insistance, ce qui a pour effet de vous faire sortir du film et de rompre un peu le charme. Autre plan ostentatoire du genre, celui sur les danseuses de french-cancan. Fun donc, mais ça a un peu vieilli.
Davantage un thriller d'épouvante qu'un film d'horreur à proprement parler, "L'homme au masque de cire" aura encore de quoi surprendre aujourd'hui. Tout comme l'est le Docteur Moreau en matière de génétique, "L'homme au masque de cire" fait lui aussi partie de ces grands passionnés où la folie surpasse la raison. Un film qui n'a pas pris une ride !
Remake de Masques de cire de 1933, L’homme au masque de cire est un film d’épouvante dans lequel un conservateur de musée un peu trop passionné par ses poupées de cire prévoit de s’associer à de riches personnes, mais dans un délai trop long pour son associé du moment, spoiler: qui l’oblige à mettre le feu à son musée pour toucher les vingt-cinq mille dollars de l’assurance . Henry Jarrod étant passé pour mort dans l’incendie, c’est son associé pyromane qui en bénéficie pour en faire profiter sa dulcinée. Le film enchaîne ensuite les mises en scène macabres et les disparitions, Henry Jarrod étant miraculeusement de retour pour ouvrir un nouveau musée dédié à l'horreur d’assassinats, d’exécutions et de tortures célèbres ou d'actualité. Le casting comprend Carolyn Jones (surtout connue pour son rôle de Morticia dans la série La Famille Addams), et même Charles Bronson (Les Sept Mercenaires, l’homme à l’harmonica dans le futur Il était une fois dans l’Ouest, accessoirement présent comme statue de cire au musée Grévin de Paris).
Les plans horrifiques font toute la qualité du film, notamment lors despoiler: l’incendie du musée au début avec les poupées qui fondent, sur la fin alors que Sue s’infiltre dans la maison en pleine nuit et tout au long du film avec le visage ravagé par les flammes de la créature au chapeau. Les clichés de l’époque s’enchaînent entre l’infiltration du tueur, le cri du témoin qui le voit et la musique intense qui surgit au moment du meurtre, et ça fonctionne. Henry Jarrod a un certain charisme même si le spectateur n’est pas dupe, bien qu’on ne s’attende pas forcément à ce quespoiler: sa paralysie des jambes ne soit que comédie . L’atelier avec la cire qui bout paraît également bien authentique, et l’esthétique victorienne avec les diligences est bien réussie. Le concept ira encore plus loin avec un nouveau remake de 2005, intitulé La maison de cire, où le tueur ne sera pas seul, cachant un background intéressant, et où les personnages seront encore plus impliqués dans le scénario.
André de Toth à cela de particulier d’être un réalisateur toujours d’une grande élégance. Ses films sont rarement critiquables sur la forme, et quand il s’entoure de bons acteurs, cela donne un film de qualité. En effet le casting est brillant, et spécialement le mémorable Vincent Price ! Il truste clairement le film, son interprétation est étonnement moderne, et il impose son charisme dans un registre qu’il affectionne en plus tout particulièrement. Mémorable, il fait face malheureusement à des acteurs peut-être plus fades, qui sont imposés par rapport à d’autres interprètes plus corsés ! Phyllis Kirk se débrouille mais j’aurai mieux vu Carolyn Jones prendre le premier rôle féminin, et si Frank Lovejoy est honorable, on a du mal à ne pas voir déjà le charisme du pourtant muet Charles Bronson ! C’est là où l’on se rend compte quand même qu’un grand acteur peut se faire remarquer avec peu de choses ! Mais dans l’ensemble c’est quand même très pro et solide. Le scénario est souvent le point un peu faible du cinéma d’André de Toth qui tend à être dilettante sur ce point. Ce qui lui a d’ailleurs valu sa réputation un peu mineure, ce qui est assez injuste cependant. C’est vrai que L’homme au masque de cire manque de spectaculaire, et vivote un peu au gré de dialogues proprement écrits et de situations divertissante, mais sans magie, et peu angoissante. Le métrage est visuellement superbe, mais c’est clair que ça manque de piquant, de vigueur. Pour moi c’est très efficace, ça passe vite et bien, mais on ressort du visionnage sans grand moment de cinéma, en ayant passé 1 heure 25 sans déplaisir, mais sans bonheur particulier. Reste que le film est beau, et là c’est la patte André de Toth. Photographie de qualité, très beau travail sur les couleurs, décors sans imperfection, mise en scène soignée et techniquement sans reproche bien qu’aussi sans innovation stylistique, le tout porté par une bande son neutre mais convaincante, L’homme au masque de cire sent bon la production horrifique à budget qui ne m’a pas déplu sans pour autant avoir une ambiance envoutante comme les meilleurs de la Hammer. André de Toth signe donc un film de genre élégant, raffiné, mais assez impersonnel, qui se laisse voir grâce à Vincent Price et grâce au luxe naturel des films du réalisateur. 3
Brillant remake du film de Michael Curtiz (Hongrois d'origine comme de Toth), marquant par son atmosphère victorienne avec quelques scènes particulièrement graphiques (l'incendie du musée, la poursuite dans la brume ...). Film délicieusement macabre (pas mal d'humour, aussi) qui fit de Vincent Price une star de l'horreur.
J'apprécie beaucoup Vincent Price mais "l'homme au masque de Cire", des studios Universal, fait pâle figure par rapport aux productions de la Hammer. Cette oeuvre est trop austère sans véritable charme, sans véritable scène qui marque profondément la rétine du spectateur. Pourtant, on y trouve de bons ingrédients comme un postulat de départ intéressant sans fioritures (contrairement à son remake de 2005), des acteurs charismatiques. Hélas, ces ingrédients ne rentrent pas en osmose pour fabriquer un film d'horreur d'exception. On se retrouve avec une oeuvre banale, sans grande originalité.