Stalker
Note moyenne
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193 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 20 janvier 2020
Chef d'œuvre de tarkovsky. Les tréfonds de l âme humaine explorés comme jamais. Une leçon de photographie
Piérick
Piérick

4 abonnés 15 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 décembre 2019
Un scénario et des dialogues de haute volée (bien loin des standards de la S-F états-unienne...), un casting parfait (et sans stars !), une photographie à couper le souffle... Et, cerise sur la gâteau : le film a été tourné deux fois ! La première version a vu ses pellicules détruites accidentellement. Tarkovsky a alors retourné le film, dans l'urgence et différemment. À l'arrivée : probablement le plus grand film de science-fiction jamais tourné !!!
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 3 décembre 2019
Film immense et indépassable. Seuls la vie est belle de Capra et la Femme des sables sont à ses côtés au sommet de ma cinémathèque.
Théo Pouillet
Théo Pouillet

7 abonnés 184 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 octobre 2019
Clairement c'est long, très long, mais c'est drôlement intelligent et d'une beauté rare. Chaque plan a du sens et ne se prive pas de durer pour marquer un rythme lent voulu par le réalisateur.
Chostakovitch
Chostakovitch

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 août 2019
ATTENTION ! Chef-d'œuvre des temps modernes en vu. Tarkovski nous plonge ici dans un monde triste, morose, ou tout est désuet, un monde sans saveur. Le cinéaste promène le spectateur dans un récit philosophique, lent, et contemplatif. Le film lui-même n'est pas fait pour divertir le spectateur, mais l'amène à réfléchir sur le sens de la vie, sur la question humaine. Le film est marquant pour son ambiance jamais égalée, mais aussi pour sa mise en scène : le film pourrait se résumer à une simple balade de trois hommes dans des contrées vertigineuses, rien de plus, mais c'est ce qui contribue à la beauté du film. L'ambiance, exceptionnelle soit-elle, est construite grâce à la tension constante dans le film, et particulièrement maîtrisée par Tarkovski. C'est là tout le génie de ce film.

La bande-originale est toute aussi somptueuse.

Merci monsieur Tarkovski pour ce chef-d'œuvre, je ne peux que le recommander. Un classique du cinéma.
Jrk N
Jrk N

48 abonnés 245 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 23 juillet 2019
C'est entendu, ça ne se discute pas, Stalker (Tarkovski 79) est un chef d'oeuvre incroyablement prémonitoire sept ans avant les zones 1 et 2 (30 km) de Tchernobyl, douze ans avant la chute de l'urss, en pleine période du refroidissement Brejnev.
"C'est un monument, une oeuvre exténuante de beauté, un des plus beaux films de l'histoire." Ouf ! se dit-on en lisant tout ça sur la couverture du dvd Agnès B. On a intérêt à aimer. Alors je suis allé le voir au cinéma Filmothèque puis en dvd.
Désolé, mais ce cinéma immobile, essentiellement sonore, ultra-lent, probablement mystique, se référant explicitement à Kafka (Le Château), Bergman (probablement La Honte 68 est-il le plus proche) et paraît-il à Bresson, se concluant sur des impostures probables mais pas certaines ainsi que des (sans doute) faux secrets me laisse totalement froid. Je reconnais la maîtrise, la réflexion, l’utilisation magistrale de moyens limités, les acteurs émouvants et la dimension métaphysique mais je n'adhère à rien.
J'étais déjà passé à côté d'Andrei Roublev et de Solaris, je voulais juste confirmer cet avis que je sais très peu partagé.
pierre-of-86
pierre-of-86

14 abonnés 11 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 juillet 2019
En plus d'être une oeuvre philosophique majeure, Tarkovski repousse les limites de la frontière entre notre monde et le monde diégétique; Le spectateur tiens un nouveau statut, semble devenir lui-même non personnage témoin, mais caméra, véritable miroir perdu entre fabulation et pragmatisme. Bien entendu, à cela s'ajoute un traitement du son plus proche du subconscient que du conscient, exécuté avec une parfaite maîtrise. En avance sur son temps, le réalisateur offrira dans ce film la dernière vision d'un génie mort par le propos qu'il dénonce ici.
mlight
mlight

27 abonnés 356 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 juin 2019
Stalker fait partie d'une liste de films tellement renommés, tellement cités comme cultes par la majorité des gens, qu'on m'a tellement conseillé qu'en fin de compte, je ne l'avais pas encore vu. Ça ne sert pas à grand chose que je m’épanche sur le synopsis, ça a déjà été fait à de nombreuses reprises mais j'ai besoin de parler un peu de mon ressenti sur ce que je viens de voir, il a fallut que je laisse reposer un peu l'ensemble pour m'en faire une idée concrète et en fin de compte, je n'ai pas vraiment aimé ce film.

Je lui reconnais pourtant les qualités suivantes, c'est beau, la réalisation est contemplative à souhait, il a été tourné une deuxième fois par Andreï Tarkovski tant cette oeuvre lui tenait à coeur et effectivement c'est une réussite, selon la rumeur, il y aurait même laissé sa santé tant le lieu de tournage était radioactif. Je reconnais aussi que ce film est totalement dingue, on sent que le réalisateur aime la science-fiction et est passé maître dans l'art du suspense, j'ai compris aussi que ce film nous laisse le choix, le choix de l'aimer ou non, d'y croire ou non, nous avons droit à beaucoup de débats philosophiques toujours intéressants.

Les acteurs sont eux aussi à la hauteur de l’événement, surtout le stalker, son personnage est tellement bien incarné par Alexandre Kaidanovski, ça nous donne l'impression que cet homme existe vraiment. Pour ma part, même si je ne peux peut-être pas appeler ça des points des négatifs, c'est quand même bien ceux-ci qui m'ont le plus marqués durant la projection et c'est bien sûr totalement subjectif. Tout d'abord la lenteur et c'est ce qui a joué le plus dans ma perception du film, c'est beaucoup trop contemplatif à mon goût, rien que la scène d'introduction m'a semblé durer une éternité.

Ensuite, le fait que l'on nous parle de piège à plusieurs reprises mais jamais nous n'en voyons, en fait, c'est aussi le fait que je dois reconnaître n'avoir probablement pas tout compris à ce qu'on voulait me montrer, j'avais besoin d'un peu plus d'explications, comme pour le twist final,

pour moi c'est le fait que tout ce que l'on vient de voir était réel, le stalker ayant vécu tellement de temps dans cette zone que cette force a rejaillit sur sa fille, mais durant tout le film, on doit deviner cette force.

En bref, pour ne pas m'épancher plus, c'est un peu trop artistique pour moi, je n'ai jamais réussi à accrocher totalement à l'univers que Tarkovski propose, trop contemplatif, trop abstrait, j'en avais des attentes à mon avis trop grandes et probablement trop différentes, je reconnais pourtant que c'est une oeuvre tout à fait unique qui a maintenant 40 ans et ça reste bien entendu à voir.
Téo F
Téo F

7 abonnés 16 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 27 mai 2019
Un film qui malheureusement pour moi est bien trop ennuyant, je n'ai fais que bailler durant ses plans tellement long... Je ne le recommande pas sauf pour les fans...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 18 mars 2019
Je suis émerveillée de cette cinématographie d’anthologie, le mentor d’influence par une mise en scène grandiose, un vrai professeur donnant sa leçon de cinéma à apprendre par cœur. Autant de marche à faire dans ce chef-d’œuvre qui n’est simplement qu’une promenade de santé, tout doucement avec certitude que l’heure avance à grand pas. Ce sont tous des chef-d’œuvre d’excellence à de rare exception chez ce réalisateur précautionneux, ainsi était-il à son image pour exposer un résumé de la poésie russe aussi pessimiste soit elle, teinté de spiritualité comme le refrain d’une chanson dans ses films. Avec délicatesse dont lequel il vit en une époque indéfinie, la nation en question est une grosse usine à production effrénée d’idée abstraite par la restriction idéologique, l’URSS à ciel ouvert pour raconter aussi profondément la dramaturgie. Tout qui représente les désirs enfouis vers la zone de non-droit qu’est devenue, une catastrophe faisant suite à la chute d’une météorite survenue. La dureté de l’accès interdit malgré, au-delà des tremblements de terre causant des sables mouvants, cela n’arrêtera en rien les « Stalkers » irradiés sévèrement. L’enfant poète narratif intrigue les spectateurs envoûtés, on aurait dit du pouvoir psychique mais la rationalité machinale reprendra toujours le dessus sur l’esprit. Une réalisation magnifiquement maudite, avec persévérance afin de contempler ce qui finit enfin par laisser couler des larmes. Grâce à cette musique transcendante au pays du mysticisme, de même qu’un peu de classique germain pour vider le stand de boutique Russie enrichissante. Le physique fut épuisé par la contamination et terrassée aussi rapidement puisse reposer en paix son âme paisible. L’immensité géographique du paysage de carte postale soviétique se trouve sur plusieurs pôles de civilisation, ça me parle avec intérêt.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 2 janvier 2019
Deux heures et demi grandioses. Un film long, à la photographie magnifique, lent (il y a des plans d'une longueur, fallait oser !), exigeant (certains échanges philosophiques des personnages...), et qui crée des ambiances incroyables avec ces moyens-là, sans trucage et effets spéciaux.
Entendre les fanfaronnades de l'Hymne à la Joie m'a surpris et déplu, la trop longue discussion philosophique à la fin également, mais à part ça...
Un film fascinant.
Hammerstorm
Hammerstorm

86 abonnés 601 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 novembre 2018
J'écris cette critique avec le theme du film en arrière plan. Que dire, c'est juste un des meilleurs films de l'histoire du cinéma. Une œuvre indispensable pour tout cinéphile qui se respecte. Il s'agit du premier film d'Andreï Tarkovski que je vois et j'ai été scotché pendant plus de 2h40. Transcendé est le terme exact pour caractériser mon sentiment devant se film. Que ca soit les dialogues, l'esthétique, la bande son, le jeu des acteurs, l'histoire tout y est simplement parfait. Le film joue beaucoup sur la métaphore avec la Zone et ses nombreux pièges. Pour comprendre et apprécier ce film il faut savoir lire entre les lignes. Stalker n'est pas un film que le spectateur peut regarder passivement.
Le rythme du film est très lent donc il faut s'accrocher. Toutefois le film ne comporte aucune longueur, même les grands moments de silence et les plans fixes signifient quelque chose. Dans ce film, rien n'est anodin. Tout est savamment pensé par Tarkovski. C'est saisissant.
Plus de 24h après le visionnage de ce film, je suis toujours bouleversé. Stalker est un film à voir une fois dans une vie, obligatoirement.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 octobre 2018
Huit ans après son grandiose Solaris, Tarkovski revient avec un très long métrage de fantastique minimaliste, au point que l'œuvre semble être vide de tout ce dont elle parle. On y parle d'une Zone, apparue avec la chute d'une météorite vingt ans auparavant, surface désolée renfermant d'étranges pièges. La Zone est fondée sur les décors d'une Estonie toujours soviétique, et elle n'est rien de plus pour le spectateur que des friches où l'eau coule sur des ruines en béton, çà et là envahies par les hautes herbes.

Les explications ne seront pas au rendez-vous, et l'on peut en vouloir au réalisateur d'avoir fait de son film une odyssée interminable en direction de ce qu'elle n'atteindra jamais. Les mystères de la Zone resteront opaques, comme cachés par la brume peuplant cet univers sordide. Mais derrière cette privation, le génial réalisateur cache une addiction à notre égard qui ne peut que nous laisser plein de gratitude ; une contemplation au rythme de l'Univers, aussi insensible que monumentale, où chaque seconde est remplie, tantôt par un gros plan grandiose d'un acteur très compétent, tantôt par un paysage anodin auquel Tarkovski arrive à attribuer, on ne sait comment, une aura mystique plus que fascinante.

Tarkovski sait nous frustrer mais il sait aussi composer des poèmes graphiques. Les éclairages et les couleurs, pourtant toujours sépias, sont les vecteurs d'une beauté austère comme un matin d'automne, comme un accès de nostalgie privée d'elle-même. Les dialogues se font attendre, et les pauses entre deux lignes sont plus insupportables encore que les lents zooms avant et arrière. Mais il y a de la technique, de la beauté et du timing derrière ces longues images. Si l'on parvient à ne pas lui en vouloir pour les promesses qui se révèlent toujours être la carotte au bout d'un bâton, on ne pourra qu'être absorbé par ces cadrages et ce sens qui s'écoule au compte-gouttes. Ce qui est géant est toujours lent, non ? Mais bon, peut-être le réalisateur soviétique a-t-il cru que la lenteur générait la grandeur, et non l'inverse...

Ce qui fait de Stalker une création incroyable, ce n'est pas seulement la détermination de son créateur, mais surtout qu'il nous impose des réflexions servant de pile atomique à notre captivité reconnaissante ; la Zone pourrait très bien n'être que le fruit de notre imagination de spectateur et de celle des personnages. C'est un film qui se réfléchit, et de cette réflexion ne semble pouvoir naître que de l'admiration.

septiemeartetdemi.com
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 août 2018
Tarkovski s’attaque à la pensée humaine. On pénètre dans les méandres du cerveau. Le bouillonnement du fleuve, le tunnel sec des idées. Le chemin en arrière qui ne sera jamais le même qu’à l’aller. Un film qui est une métaphore de l’homme. On ne peut le comprendre totalement. « Le chemin est tantôt aisé, tantôt labyrinthe inextricable ».
Tel est l’explication probable d’un film très très mystique, ténébreux et presque insondable comme son sujet.
Le passeur serait un guide pour les fragiles. Mais peut-on guider la pensée humaine?
Chacun doit trouver la réponse dans ce film étrange.
Marc L.
Marc L.

68 abonnés 1 828 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 août 2018
‘Stalker’ est peut-être une des expériences cinématographiques les plus particulières auxquelles j’ai eu l’occasion de m’adonner. Peut-être s’agit-il même d’un “film-qui-n’est-pas-un-film� mais qu’on pourrait assimiler à une rêverie métaphysique pour son auteur, un support permettant d’élaborer une réflexion aléatoire pour son destinataire. Sans remettre en question le génie visuel de Andreï Tarkovski, et ses réflexes d’aller chercher sa vérité artistique non pas dans le Nouvel homme socialiste mais dans l’Ancien homme empreint de foi et d’un mysticisme dont il était lui-même un partisan convaincu (ce qui rendit ses conditions de travail de plus en plus compliquées au sein d’un système politique basé sur le matérialisme athée), il est difficile de nier qu’à l’image de ceux d’un Pasolini, dont il partage la quête d’humanisme avec une sensibilité différente, son travail cinématographique est ardu, d’une haute exigence intellectuelle, parfois à la limite de l’hermétique ; qu’ils défie la logique d’un cinéma pensé prioritairement pour le divertissement et qu’ils devrait pour cette raison ennuyer prodigieusement la plus grande partie du public. Pour résumer ce qui tient lieu d’argument de départ, le “Stalker� doit conduire “l’écrivain� et “le professeur� au coeur de “la Zone�, en un lieu qui a le pouvoir d’exaucer tous les souhaits : les personnages ne sont pas nommés, c’est déjà un signe qu’ils ne valent - peut-être - que pour ce qu’ils représentent. On pourrait en révéler plus mais, à bien y réfléchir, ce n’est aucunement nécessaire. Si traditionnellement, ‘Stalker’ se rattache au courant Science-Fiction - le roman des frères Strougatski, ‘Pique-nique au bord du chemin’, en était, très clairement - la forme que Tarkovski lui a conféré n’en conserve plus que quelques vagues références, comme la nature de cette “Zone�, peut-être d’origine extraterrestre, peut-être détruite par la radioactivité, peut-être tout à fait autre chose : on n’en saura de toute façon rien, ‘Stalker’ n’étant pas de la race des films qui daigne apporter a moindre réponse. Dans le même ordre d’idées, il ne faut pas s’attendre à des visions du futur, des vaisseaux, des armes, des costumes ou que sais-je encore : d’un bout à l’autre de ‘Stalker’, il n’y a, en soi, rien à voir, quelques acres d’herbes folles, de ruines bétonnées et de canalisations inondées : Tarkovski étant un des cinéastes formellement les plus doués de sa génération, il parvient pourtant à conférer à ces environnements d’une banalité absolue un rendu troublant, jusqu’à rendre parfois presque “beaux� dans leur décrépitude ces panoramas de terre détrempée qui lui sont si chers. Il y a surtout que ‘Stalker’ affiche une progression d’une extrême lenteur. On peut même parler d’une forme d’immobilisme narratif puisque la narration n’est en aucun cas le moteur du film, et qu’un spectateur distrait pourrait affirmer sans honte qu’il ne s’est rien passé en un peu plus de deux heures et demi. Cette lenteur relève d’une certaine logique puisque la Zone est supposée être un lieu où les contingences physiques, géographiques et temporelles du monde sont abolies, et où la ligne droite n’est le plus sûr chemin que vers la mort. A l’instar de ses protagonistes qui prendront plusieurs jours pour parcourir quelques centaines de mètres, le film décrit un voyage interminable, où il ne se passe rien : les dangers sont sans cesse mentionnés mais rien ne vient confirmer qu’ils ont une existence tangible. D’ailleurs, le terme même de “Stalker� ne fait-il pas référence à une progression prudente, précautionneuse et discrète ? Paradoxalement, la léthargie qui pourrait guetter se trouve contrariée par une forte densité conceptuelle. A de nombreuses reprises, les trois voyageurs cessent leur progression et débattent avec animation, citent poètes et philosophes, confrontent leurs visions politiques et éthiques, se réfèrent à la bible pour tenter de percer à jour les secrets de l’endroit et leurs propres raisons de s’être lancé dans une telle expédition. Ces références, ces constats, ces pensées entreront, à un moment où à un autre, en résonance avec les propres questionnements du spectateur, et alimenteront cette réflexion, ce moment à passer avec soi-même, que recherchait Tarkovski...car c’est de l’Homme qu’il s’agit au final, de ce qui l’anime, de ce qu’il cherche à tâtons tout au long de sa vie, dans la souffrance et l’obscurité, sans être vraiment capable de l’identifier. Peu importe ce que le Stalker, l’écrivain ou le scientifique découvriront à l’issue de leur périple: même quand Tarkovski juge utile de lever un peu le voile, cela n’a qu’une valeur exemplative, un appui pour transformer l’expérience en une sorte de “Film-dont-vous-êtes-le-héros�, et dont ce sera au spectateur de définir ce qu’il lui aura spontanément inspiré et ce qu’il en aura retiré. Serez-vous sensible à la possibilité d’un lieu détaché des contingences matérielles et politique, qui rend possible une introspection objective ? Moquerez-vous la foi de charbonnier du Stalker ? Plaindrez-vous au contraire les deux cartésiens trop cérébraux pour regarder le mystère de la vie en face ? Est-ce l’allégorie religieuse (en fait panthéiste, mais on repère évidemment mieux la symbolique chrétienne) qui vous marquera en premier avec ce Stalker, figure d’humilité et de relatif désintéressement, qui se désespère de la cupidité, de l’arrogance humaine et de l’incapacité de ses semblables à être raccordés à eux mêmes, à l’écoute de leurs aspirations profondes ? Ou l’allégorie politique, puisque le lieu pouvant potentiellement conduire à l’épanouissement et au bonheur humain se trouve interdit d’accès et férocement gardé par le pouvoir en place ? Peu importe, il n’y a aucune vérité unique à retirer de ce projet brut et minimaliste, et Il est donc très difficile de définir ‘Stalker’ comme un bon ou un mauvais film : c’est un film marquant, fascinant, rebutant, une expérience à part entière, pensée et conçue comme telle dans son unicité, dont la bonne marche dépendra de multiples facteurs : même si cela sonne comme une énorme tarte à la crème, la destination n’ayant ici aucun intérêt, c’est du voyage dont il faudra tirer des agréments...mais cela variera aussi énormément en fonction du moment du voyage et du voyageur !
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