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jeanjean15
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5,0
Publiée le 17 avril 2011
Un film de science fiction a mille lieux des réalisations hollywoodiennes hystériques tant sur la forme, en l'absence d' effets spéciaux, que sur le fond, d'une extrême richesse. Cette œuvre philosophique et mystique aux images d'une beauté hypnotique malgré la rudesse des décors nous conte le voyage dans la zone de trois hommes à la recherche d'une réponse au sens de leur vie, de la Vie. Ne voulant pas dévoiler le dénouement, je vous conseille fortement de voir ce monument du septième art.
Menés par un stalker, leur guide mutique, deux brillants intellectuels se rendent clandestinement dans la zone car l'on prétend que la vérité la plus intime peut s'y trouver. Durant ce déstabilisant voyage, les protagonistes vont entrer en eux-mêmes et peut-être trouver au final ce qu'ils cherchent. Quête initiatique donc, Stalker est pourtant bien plus que ça, c'est un monument incroyable du cinéma. Un conte méta-physique et philosophique, lent et contemplatif, vertigineux et déroutant. La photographie y est incroyable de maîtrise, le passage du noir et blanc à la couleur constitue une admirable transition entre la réalité sinistre et ravagée et l'illumination que semble promettre cette zone retournée à l'état sauvage. Car jamais la nature ne nous avait été montrée de la sorte; elle y est dévorante, vivante et presque irréelle; un personnage à part entière. On ne peut s'empêcher alors de penser à la zone interdite de Tchernobyl. Stalker est donc un film incontournable, magnifique, exigeant et éprouvant dont on ressort exsangue. Tarkovski est bien cet immense réalisateur trop injustement oublié, à ranger sans hésiter au panthéon des plus grands du cinéma.
Envoutant, déstabilisant... Un voyage, une expérience unique qui vous entraine au-delà de la réalité en explorant les tréfonds de l'âme humaines. Le chef d'œuvre d'un grand cinéaste.
Stalker, ou l'aboutissement du travail d'un génie du Septième Art. Après avoir vu Le Miroir de Tarkovski un bon mois auparavant je me suis dit "Tarkovski, c'est le mec qui a saisi toute l'essence du cinéma" et là, bis repetita avec Stalker. Le cinéaste livre ici sûrement l'un des plus grands films jamais réalisés en matière de Cinéma, chaque image respirait le Cinéma, le visionnage de Stalker fut pour moi une expérience sensorielle exaltante et également l'occasion de contempler ( ce verbe prend tout son sens ici) la densité d'une oeuvre intense et réfléchie. Stalker est une oeuvre d'art d'une beauté tout simplement ravageuse. La photographie est une des plus belles qu'il m'ait été donné de voir, que ce soit en noir et blanc ou en couleurs ça reste un régal pour la rétine, de plus que ce changement de couleurs a une symbolique, je l'interprète comme un passage du sombre (la réalité) à la lumière (la Zone, lieu de toutes les espérances). Dans son film Tarkovski balaie l'espace de sa caméra, use de travellings somptueux, de plans séquences maîtrisés et a cette manière de zoomer sans qu'on ne se rende compte. Pourtant le film donne cette impression de rester statique, ceci étant sûrement dû à un rythme aussi lent que captivant, le temps semble suspendu, en particulier dans la Zone. Je rajouterais aussi que Tarkovski est un cinéaste qui, armé de sa caméra, balaie l'espace visuel comme personne, le transcendant et le rendant presque infini. C'est cette impression-là que j'ai eu de la Zone, elle semble banale à première vue mais infinie de par le mystère qui l'entoure, notre perception de l'espace s'en trouve modifié, c'est fabuleux! En dehors des ces innombrables qualités esthétiques dont il est d'ailleurs inutile de les décrire (le mieux étant de voir cela par vous-même), Stalker demeure aussi une remarquable fable métaphysique sur l'homme en quête du bonheur. Le guide voit la Zone comme l'Eldoardo, il est la représentation-même de l'espérance et paradoxalement, il ne connait pas les "miracles" de la Chambre qui consiste à exaucer les voeux les plus chers. Il est accompagné du professeur et de l'écrivain, deux personnages que je vois plus comme une métaphore de la raison et du doute. Ces 3 personnes se retrouveront dans la Zone, lieu de tous les possibles où toutes les lois de la nature sont modifiées, où chaque mètre carrée semble dangereux. Cette Zone c'est le quatrième personnage du film, si ce n'est LE personnage principal. C'est un lieu qui dégage une aura indescriptible, tout semble changer sans qu'on ne s'aperçoive de rien et cette impression, seul un génie comme Tarkovski pouvait le faire, Stalker c'est le film qui prouve que le Cinéma peut donner l'illusion de tout. Ces personnages sont interprétés par de grands acteurs, habitués de Tarkovski, qui offrent ici des performances sobres et intenses, ces interprètes sont juste brillants. Je soulignerais aussi la richesse des dialogues. Pleins de sens, de philosophie, ils sont formidablement bien écrits. J'ai vraiment pris une claque devant ce film, c'est une oeuvre d'art à part entière et je signe pour le revoir encore et encore. Un film qui mélange le sublime à la réflexion tout en nous proposant une expérience sensorielle hors du commun, comme on en éprouve rarement. Stalker c'est l'Art, Stalker c'est le Cinéma.
Il est tout à fait concevable que le grand public puisse trouver ce film long, ennuyeux et inutile pour quiconque cherche à y voir autre chose qu'une peinture onirique et contemplative dépourvue de rythme, mais il est moins admissible que l’on se lance ainsi un film d’Andreï Tarkovski, et en particulier dans la plus métaphysique de ses œuvres, sans savoir à quoi s'attendre. Plus que la qualité graphique des images, qui oppose magistralement l’obscurité de la réalité à la lumière paradoxalement plus réaliste que génère l’espoir de la zone, la mise en scène dépouillée ou encore la splendide musique composée par Eduard Artemiev, c’est dans la teneur philosophique des dialogues des trois personnages que leur quête va se transformer en une épopée lyrique et une réflexion, certes complexe mais profonde, sur le rapport entre foi et transcendance spirituelle. Le professeur de physique, l’écrivain mais aussi le stalker qui les guide dans cette zone dont on ne sait rien de concret, vont peu à peu se découvrir, faisant de leur périple une métaphore d’une découverte de leur propre inconscient. Le fatalisme et le surréalisme allégorique du contenu de ces 150 minutes réussissent à être remis en question par une scène finale qui laisse de nombreuses interrogations en suspens. Déjà, sept ans plus tôt, le réalisateur russe nous avait offert avec Solaris une perle dans le domaine, mais Stalker parvient aisément à s’affirmer comme étant l’une plus belle exploration de l’âme humaine que le cinéma puisse nous offrir.
légerement lent et langoureux, tel le duo et la sueur des amants qui s'excite, mais ici se n'est que pour vos idées, votre cerveau et l'avancement de la vie .
Le moins que l'on puisse dire de Stalker est qu'il ouvre au spectateur un monde agréablement atypique par rapport à ce que la science-fiction anglo-saxonne peut nous présenter. L'une des caractéristiques fortes des œuvres de Tarkovski est la lenteur de l'action, qui est méliorative en ce qu'elle laisse au réalisateur le temps d'installer une tension constante et lui permet d'explorer au moyen de longs dialogues entrecoupés de silence les circonvolutions psychologiques de ses personnages. Cette lenteur peut aussi tout simplement provoquer l'ennui mortel du spectateur peu réceptif. Car dans Stalker, le plus important n'est bien sûr pas l'objectif du voyage, cette mystérieuse pièce qui exhausserait les voeux des courageux marcheurs, mais bien les caractères et motivations de ces derniers qui découvrent leurs véritables visages goutte à goutte en faisant face à l'adversité. Finalement, la "zone spéciale" est-elle véritablement régie par des règles surnaturelles ou le Stalker n'est-il qu'un escroc ? Aucune réponse n'est apportée et tout cela n'est guère assez trépidant pour nous enthousiasmer. Un film que n'apprécieront que les initiés concentrés.
quel film! film d une beauté sans nom , d une sensibilité incroyable , tout fascine dans ce chef d oeuvre magnifique : la photographie , la beauté apocalyptique des lieux emprunté de mystere et de mysticisme,... film contemplatif au possible , on reste scotché devant tant de maitrise et de virtuosité!
Pour le profane que je suis en matière de cinéma, ce genre de film, normalement, je le classe dans la catégorie "art & essai". A savoir : le réalisateur est un fou furieux sous acide qui a eu une enfance difficile et qui essaye de faire passer un message de façon aussi limpide qu'une huître tentant de retranscrire par écrit l'émotion qu'elle à ressenti en venant au monde... Et puis là non, on comprend bien et on est content parce que c'était pas si facile alors on se sent un peu intelligent quand même. Les images sont elles aussi très belles, surtout au début dans la ville. La tension est véritablement énorme elle aussi : le stalker est-il fou ? la zone semble si paisible, ou alors est-ce que finalement ce n'est pas cela qui fait justement son danger... Bref y a pas d'effet spéciaux ni de scène de bzaise et pourtant c'est palpitant. J'en profite d'ailleurs pour dire qu'il y a un jeu du même nom qui s'en inspire, même si ce n'est pas évident, y a en effet quelques rapports, et que ce jeu est génial.
Il s'agit certainement du Tarkovski le plus connu. Et c'est amplement mérité pour une oeuvre profonde, magnifiquement interprété, et surtout sublimement mis en scène.
L'un des films les plus philosophiquement intense qui soit. Andrei Tarkovski maitrise a merveille son art, et a travers une mise en scène a couper le souffle il nous met face a des idées, des personnages, des évènements tous plus complexes les uns que les autres. L'atmosphère est incroyablement dense et saisissante, la photographie et la bande-originale sont extraordinaires... Une œuvre plus que marquante, qui nous plonge dans un univers indescriptiblement beau et émouvant... On ne ressort pas indemne d'un tel chef d'oeuvre, tant de force, tant de puissance, tant de virtuosité... C'est sincerement impressionnant.
Alors bon... a vrai dire... disons que... je sais pas trop comment le noter parce que le film est quand même super chiant... (Impossible de le regarder en une fois...) Bon certes c'est péjoratif, dégradant, mais par chiant j'entends plutôt "lent". Et dans STALKER la Lenteur est de rigueur! Mais tout ceci instaure un quelque chose... un je ne sais quoi qui nous ramène toujours vers ce film. Même si on a décidé de le faire cramer... Et plus on avance dans le film et plus on prend du plaisir. La réalisation est juste mortelle, certains plans sont à vous couper le souffle, l'interprétation est on ne peut plus juste, et je ne vous parle pas des questions métaphysiques... Enfin bref c'est un grand film mais faut du courage pour en venir à bout!
S'il ne devait en rester qu'un, ce serait celui là. S'il ne devait rester qu'un seul film du maitre russe Tarkovski, ce serait Stalker. S'il ne devait rester qu'un film parmi les centaines de milliers que le cinéma a enfanté depuis sa création, ce serait Stalker. A travers le voyage métaphorique et surréaliste d'un écrivain et d'un scientifique, guidé par un Stalker à travers la Zone, à la recherche de cette mythique chambre qui exauce le moindre des désirs, Tarkovski livre un chef d'oeuvre sublime, onirique et délivre un message à la portée philosophique universelle : dans un monde post-nucléaire où tout a été détruit, le dernier espoir de l'humanité passe par la destruction de la raison. Des images de la Zone au milieu de laquelle la nature règne en maitre, à la question de savoir si le Stalker est un imposteur et si la chambre possède vraiment les propriétés qu'on lui prête, en passant par le cynisme de l'écrivain, Tarkovski dresse le portrait d'un monde ravagé par la guerre qui a perdu la capacité de croire sans raison. On pourra légitimement trouver Stalker ennuyeux et soporifique, il est vrai que 2h40 pour un film où l'on parle beaucoup, ça peut paraitre l'opposé de quelque chose d'excitant, mais la beauté des images et la puissance du message font de Stalker un film difficilement oubliable et d'une richesse incommensurable.
Bouzi Bouzouf a été déconcerté par « Stalker » d'Andreï Tarkovski. Parce que ce film, censé être une adaptation du roman du même nom écrit par les frères Strougatski sept ans plus tôt, n'a pas grand-chose à voir avec celui-ci (ce sont pourtant, chose curieuse, les frères en question qui ont bâti son scénario (et il a encore moins à voir – le film – avec les trois jeux vidéo crées à partir du même support romanesque qui sont sortis ces trois dernières années (Bouzi Bouzouf est d'ailleurs en train de terminer « Call of Pripyat », là ; il vient encore de se friter avec les fanatiques relous du Monolithe))). Pour revenir au film, donc, il s'agit d'une lente promenade métaphysique pendant laquelle trois types discutent du sens de la vie en général et de la leur en particulier. Cette virée dépasse le cadre du cinéma et s'avère pluridisciplinaire : elle touche également la poésie, le théâtre, la philosophie, la théologie, les arts plastiques, le tout sur la belle musique électronique d'Edouard Artemiev. Bouzi a rapporté ici pour vous deux des réflexions du film, qui brillent par leur pertinence : « Supposons que je regagne notre ville oubliée du bon Dieu dans la peau d'un génie. Quoi, alors ? Celui qui écrit ne le fait que parce qu'il souffre, qu'il doute. Il ressent le besoin permanent de prouver, à soi et à l'entourage, qu'il n'est pas un zéro, qu'il vaut quelque chose. Mais si je sais, preuve par neuf, que je suis un génie ? Qu'est-ce qui m'inciterait à écrire dans ce cas ? Qu'en aurais-je à fiche ? » « De tous les arts, la musique procède le moins du réel, et s'il y a un lien, il n'est pas idéel, il est mécanique. Un son sans signifiant, sans... associations mentales. Et ça ne l'empêche pas d'aller toucher miraculeusement au fin fond de l'âme. Qu'est-ce donc qui résonne en nous à ce qui n'est jamais qu'un bruit harmonisé ? Qu'est-ce qui le transforme en une source de plaisir élevé, et nous fait communier dans ce plaisir, et nous bouleverse ? A quelle fin tout ceci ? »