Je ne savais pas que LC avait un côté fellinien… Tout est dit sur le style sauf si vous aimez Fellini, ce qui n’est pas du tout mon cas c’est certain. Une monstruosité cinématographique digne de son modèle. Si vous voulez voir des clochards, allez plutôt voir l’humanité d’un certain Jugnot avec son époque formidable.
Voilà une satanée séance d'onanisme dédaigneux! Sous couvert d'exprimer une poésie urbaine qui dévoilerait un Paris méconnu et de réhabiliter les déclassés (devenus des marginaux incompris, sans réelle considération sociale ou politique), Leos Carax compose un récit terriblement ennuyeux, lesté de dialogues murmurés voulus spirituels ou didactiques, contant une romance fantasque (permettant à la mise en scène d'exprimer son onirisme - notamment lors de la scène sur le pont pendant les feux d'artifice) mais désincarnée (entre le jeu terne de Denis Lavant et le regard hagard de Juliette Binoche), pragmatique (son attirance à lui rencontre son désarroi à elle) et même toxique (alternant violences et moments d'immaturité émerveillée) entre des escrocs aux tendances délirantes. Au sein d'un récit erratique, déstructuré, incohérent, difficile de compatir, de rester attentif (malgré une excellente bande son), de vibrer...
Cinéaste peu prolixe, Leos Carax réalise en 1991 "Les Amants du Pont-Neuf" avec pour couple vedette Denis Lavant et Juliette Binoche. Celle-ci retrouve le cinéaste plusieurs années après leur première collaboration sur "Mauvais Sang". Alors que d'importants travaux sont entrepris sur le plus fameux pont de la Seine, deux SDF se rencontrent. L'une est une peintre bientôt aveugle et l'autre un jeune homme n'ayant jamais connu l'amour. Leur rencontre va permettre si l'on peut dire la guérison de ces maux. Tous deux vont rire, crier, courir sur la plage... En somme une chronique résolument erratique avec en toile de fond les commémorations du bicentenaire de la Révolution française. Un film qui à lui seul témoigne de l'univers singulier de Carax. Une expérience contemplative bien servie. Mais d'un autre côté, on ne peut s'empêcher de trouver le temps long et ne pas adhérer à un franc support hermétique. À chacun de l'appréhender.
Je ne sais pas quel but avait Leos Carax quand il a raconte cette histoire. Est ce qu'il a voulu raconter une histoire d'amour que je ne trouve pas très crédible ou est ce que qu'il a voulu dresser un statut quo sur la condition des sans abris a Paris? En tous cas il n' y a que les 15 premières minutes qui laissent entrevoir la dangerosité de cette expérience. Parce que c'est bien comme une expérience que le réalisateur décrit cette situation. Juliette Binoche ne semble pas souffrir du manque d’hygiène, ni elle elle est gênée par l'inconfort des pierres sur lesquelles elle dort, ni elle a chaud ,ni elle a froid ni elle est tenaillée par la faim. Son copain Alex encore moins! Ils semblent apprécier cette vie de clodo, ou ils ne rendent de compte a personne, vie de clodo qui n'est rien d'autre qu'une expérience épouvantable. ils profitent de Paris comme un décor devenu leur intérieur... Heureusement le film finit bien, ça donne une lueur d'espoir. Mais il y a une scène qui met en évidence la manière dont les SDF sont regardes a Paris , c'est quand le vieux Clochard désillusionne par la vie parisienne tombe et meurt dans la Seine. C'est complètement anonyme...c'est comme dans la réalité tout le monde s'en fout et personne ne tend la main.
Si cinéma doit rimer avec ennui, alors, ce film est d'une réussite exemplaire - à égalité avec celui d'un certain BHL ! A croire que c'est justement ce qu'a cultivé le réalisateur : saurons-nous rester jusqu'au bout d'une telle pantalonnade ? Ou quand les minutes s'égrènent à la vitesse de l'heure !
S'il y a une chose de sûre, c'est qu'il faut des gens comme Carax au cinéma. Parce que si on peut très bien ne pas aimer ce qu'il fait, parce que c'est complètement étrange, il a des vrais idées de cinéma, des vrais propositions à faire. Et si je n'adore pas Les Amants du Pont-Neuf comme j'ai adoré Mauvais Sang, ça reste un film important, tout simplement parce qu'il propose quelque chose de neuf, d'inédit avec une vision bien à lui. Ainsi nous retrouvons Denis Lavant et Juliette Binoche (à l'époque où elle ne jouait pas encore n'importe comment) qui s'aiment l'un l'autre. Seulement nous ne sommes pas dans un monde réaliste, on est chez Carax, ainsi, le film déborde d'une poésie un peu spéciale, un peu macabre, très triste mais en même temps plein d'espoir. Carax sait également utiliser sa caméra, le montage et offre tantôt des scènes nerveuses, tantôt des moments très calme, mais les deux sont la plupart du temps très beau. Après oui c'est un film qui a des soucis, il n'est pas parfait. Mais peu importe je dois dire, l'idée est là, elle passe. Oui ça ou ceci aurait pu être mieux d'une autre façon, mais je préfère mille fois un film légèrement bancal par moment comme celui là, plutôt qu'un film calibré sans âme. Parce que ce film a une âme, une personnalité. Carax sait filmer ses acteurs, les sublimer. Et c'est le principal. Après j'aurai aimé qu'il aille encore plus loin en posant son univers, son Paris fantasmé, un peu comme dans Mauvais Sang. En tous cas c'est à voir, par pure curiosité, se faire un avis sur ce film, se frotter à quelque chose de frais, de nouveau, d'intéressant, bourré de bonnes idées. Et je suis très content que Carax revienne au cinéma très prochainement, il est des gens comme lui ou Grandrieux qui ne sont que trop rares et pourtant leurs films sont géniaux, même si pas parfait.
Un film très noir écrit et parfaitement mis en scène par Leos Carax. Sur des images magnifiques de Paris et une musique très rock des Rita Mitsouko, le réalisateur Français nous propose des scènes aussi intenses que violentes. Conforme à son univers très particulier, son scénario complètement fou allie allègrement désolation tragique, romantisme passionnel et délires fantastiques. Cette Comédie dramatique nous offre également une brillante distribution. Denis Lavant démontre un charisme dingue dans le rôle difficile d'Alex, un clodo alcoolo et toxico, cracheur de feu. Juliette Binoche et Klaus Michael Gruber réalisent, eux aussi des compositions de grande classe.
Le cinéma de Carax n’est définitivement pas pour moi. Ce film m’a laissé aussi froid que les autres, parfois indifférent, parfois agacé par cette passion hystérique où la force du sentiment se mesure à la vitesse du travelling. Force est de reconnaître les performances d’acteurs et la virtuosité d’une mise en scène qui ne se refuse rien, mais cette débauche de moyens au service d’un scénario aussi pauvre m’a fait l’effet d’un beau et long gâchis.
3ème long métrage de Leos Carax, avec, encore et toujours, Denis Lavant. Ce film nous conte l'histoire d'amour dramatique d'Alex et Michele (Lavant et Binoche), SDF vivant sur le Pont Neuf. Le film, malgré quelque lenteur et errance dans l'histoire, nous montre sa beauté, bien que caché derrière la crasse des personnages et des décors. Celle-ci atteint son apogée lors des festivités du bicentenaire de la révolution, lorsque les deux amants se saoule devant le feux d'artifice. Véritable gouffre financier lors de sa production, et qui ne doit sa sortie qu'à l'argent apporté par Christian Fechner, le film s’avère être la transposition magnifique de la vision de Carax. Bien qu'ayant été boudé par le public et la critique à sa sortie, le film mérite vraiment le détour ne serait ce que pour son histoire d'amour magnifique.
La façon de remettre la nudité des personnages au niveau de l'amour et de l'économie où ils sont complètement marginalisé de la société. On ressent vraiment de l'empathie envers ses personnages et c'est ça que Leos Carax veut. J'ai trouve ce film très touchant, parce que les acteurs, le paysage, l'originalité de mettre en oeuvre un personnage qui n'a jamais vécu l'amour dans un décors propice a la beauté. C'est magnifique. Merci Leos Carax et Denis Lavant.
Un conte de la misère, dans l’ensemble imparfait mais visuellement sublime, avec des scènes d’une grâce folle, porté par l’interprétation grandiose du duo Binoche/Lavant.
Un film de génération dramatique et intense par son histoire, ses personnage et sa réalisation virtuose. Un film de génération mal dans sa peau à l'opposé (Sorti 3 ans après) "le grand bleu" que j'ai trouvé froid et artificiel. Une histoire bousculée comme l'a été la réalisation de ce film. Du grand Leos Carax.
Voilà un film qui reste largement d'actualité. A travers une mise en scène romantique, musicale, harmonieuse, Leos Carax nous montre et explique les difficultés auxquelles sont confrontés certains SDF (insomnie, alcool, solitude, perte d'espoir ...). J'ai tout de même senti quelques petites longueurs et je doute de la crédibilités d'un élément du film (affiches et radios mobilisés vers Michel). Film nécéssaire et réussi.
Le film de Carax ne m'a pas touché. Certe, les acteurs, Juliette Binoche surtout, se debrouillent très bien. On ressens clairement leurs investissements dans leurs rôles respectifs. La réalisation quoique terriblement classique n'arrive pas à donner au film un second souffle. L'ennui viens vite faire parler de lui. Les Amants du Pont neuf est pour moi clairement un film surrestimé sur sa qualité scénaristique et de réalisation...
Sur le Pont-Neuf en réfection et fermé à la circulation, comme un no-man's land au coeur de Paris, Alex et Michèle incarnent la déchéance, énigmatique pour le premier, porté à l'auto-mutilation, expliquée pour la seconde, dessinatrice malade des yeux et devenant progressivement aveugle. Leur rencontre, qui suit un préambule brutal et terrible sur la misère du clochard, pourrait être leur salut si Leos Carax, si tant qu'il soit tenté par un happy end, concevait leur relation amoureuse comme leur dernier moyen d'échapper à l'auto-destruction, de renaitre. Tellement singuliers, les amants du Pont-Neuf, qui portent sur le corps les stigmates de leur douleur et de leur détresse, sont comme deux enfants auxquels on ne peut pas ne pas s'attacher. Carax présente des scènes qui sont, indépendamment du déroulement de son histoire, de purs plaisirs de cinéma et desquelles le film tire sa grâce et sa beauté. Car, émanations contemporaines du réalisme politique (celui de Carné-Prévert en leur temps), les personnages crasseux et meurtris de Carax se fondent dans le décor féérique du Pont-neuf et de la Seine magnifiés, des beaux bâtiments de Paris et des enseignes lumineuses alentour. Le drame touche parfois à l'irréalité, sans doute en raison de cette combinaison détonnante de violence, de laideur et de romantisme, d'hyperréalisme (des corps) et d'amour idéalisé. L'implication, jusqu'à la souffrance peut-être, de Denis Lavant et Juliette Binoche, est aussi évidente qu'exceptionnelle.