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Vinnie
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5,0
Publiée le 18 juillet 2019
Rosemary et Guy Woodhouse viennent d'emménager dans un appartement cossu d'un immeuble New-Yorkais. Très vite, leur quotidien va être dérangé par des voisins à l'amabilité encombrante et envahissante.
La caméra panote et se balade, surplombant la ville de New-York. A l'instar d'Alfred Hitchcock pour Psychose, Roman Polanski choisit cette séquence pour ouvrir son film mais l'ambiance y est radicalement différente. Mia Farrow pousse la chansonnette pendant que le générique défile en belles lettres roses. Une ouverture volontairement « guimauve » et pourtant, on sait. On aura pas affaire à Mary Poppins.
En effet, si le réalisateur prend le spectateur à contrepied avec ce générique, Rosemary's Baby n'en reste pas moins un film d'épouvante glaçant. Sorti en 1968, Huit ans avant l'Exorciste de William Friedkin et douze ans avant le Shining de Kubrick, le cinéaste Franco-Polonais réalisait là son premier film hollywoodien et choisissait donc de s'attaquer au genre fantastique. Force est de constater qu'il ne balbutiait déjà pas son cinéma et reprenait également un thème qui lui est cher, l'horreur de la vie en appartement entamée avec Répulsion en 1965.
Roman Polanski opte pour une mise en scène sobre, efficace, privilégiant les plans fixes et une photographie qui met en avant les couleurs chatoyantes à l'image des tenues criardes de Rosemary et de son inquiétante voisine, Minnie Castevet. Ce choix est pertinent car il met de côté la surenchère (hormis les scènes oniriques avec Rosemary où le metteur en scène ose les fulgurances visuelles) et renforce l'idée de l'incursion du surnaturel dans le quotidien le plus banal. L'effet fonctionne et le réalisateur instaure une ambiance malsaine et angoissante qui ne nous quitte pas. « Bercé » par le thème récurrent de la Lettre à Elise de Beethoven, son qui provient de l'appartement voisin et s'immisce insidieusement dans celui des Woodhouse, le spectateur est plongé dans cette atmosphère assurant frissons et angoisse.
Le cinéaste ajoute d'intéressantes interrogations comme celles concernant Dieu. Rosemary est en réflexion permanente sur ce sujet à l'image d'une société qui perd la Foi et dans des cas extrêmes, comme le souligne le film, se tourne vers d'autres dogmes occultes comme le Satanisme, question centrale du scénario. Rosemary dira en ce sens à Madame Castevet qu'elle est de confession catholique mais qu'elle s'interroge malgré tout. Ceci amplifié par la lecture d'un magazine avec pour titre en grandes lettres rouges : « DIEU EST-IL MORT? » .La thématique du miroir, reflet de la dualité de l'âme humaine est également très présente et participe à une cohérence scénaristique sans faille jusqu'à un climax final absolument terrifiant.
L'interprétation dans Rosemary's Baby est un point fort qui contribue à cette ambiance oppressante et sinistre. Farrow est impressionnante ; au fur et à mesure que l'intrigue avance, son état physique et mental se dégrade comme le fait de se faire couper les cheveux très courts au milieu du film, manière de faire perdre à cette figure Baudelairienne de la beauté marmoréenne toute sa féminité et au-delà de ça, la déshumaniser et rejoindre le propos du film : Rosemary, bonté et innocence incarnée va t-elle mettre au monde un monstre inhumain? On notera également la performance de Ruth Gordon et Sidney Blackmer qui interprètent le couple Castevet dont l'ombre sournoise et pernicieuse planera tout le long du film. John Cassavetes qui campe Guy Woodhouse n'est pas en reste et rend justice à l'ambivalence inhérente au personnage.
Voilà un film que je découvre sur le tard, et c'est tant mieux car son rythme bien lent, aurait pu à une époque me frustrer et me perdre en chemin. Mais, Polanski installe son ambiance malsaine à petite dose, s'immisce dans dans la vie de ce couple à pas de loup, furtivement, sournoisement, pour laissez la bête s'installer. L'horreur ordinaire de personnes lambdas, de la gentille petite vieille et de son mari toujours bienveillant, offrant des gâteaux, des attentions si particulières. On ne tombe pas dans la démonstration, on ne voit jamais de rites, jamais de sacrifices, le réalisateur mise sur notre capacité à imaginer. Une seule suffit à nous prouver que toute ce petit monde est démoniaque, et cela suffit à nous pousser à regarder, à être les voyeurs de cette société dégénérescente. Mia Farrow, est extraordinaire dans ce rôle, cette fragilité qu'elle dégage nous pousse à être en complète empathie pour elle, on l'accompagne dans son chemin de croix, on maudit son fiancé, le monstre, c'est bien lui, puisqu'il troque la femme qu'il aime pour un bout de célébrité bien éphémère. Elle, elle est une survivante, manipulée de la tête aux pieds, en passant par les parties plus intimes de son corps. Mais au delà, de cette société, perverse, et manipulatrice, c'est son final qui nous glace le sang. Polanski retourne la table, on imagine, une fin plus viscérale, qui rétablira un semblant de respectabilité, mettra fin au complot, mais sans en dire plus, son choix, est de nous laissez planté avec un couteau dans le cœur, torturé, misant encore une fois sur notre capacité à imaginer la suite.
bien avant "Damien la malédiction" et "l'exorciste" le théme du malin réincarné en chère tête blonde a été mis en vedette dans "Rosemary' baby". Pour moi ce n'est peut être pas un chef d'oeuvre signé Roman Polanski mais j'avoue que ce classique réunissant John Cassavetes et surtout Mia Farrow (alors peu connue) résiste plutot bien à son plus d'un demi siècle d'existence (le bébé a vu le jour en 1968). L'angoisse transpire encore de la pellicule sans aucun effet spécial ni jump scare (comme quoi) si ce n'est un peu de talc blanc sur les joues de Mia Farrow pour lui donner mauvaise mine. Pas un chef d'ouevre donc pour moi mais un grand film. 4 / 5
On ne va pas dire film d'horreur pour qualifier "Rosemary's baby" et ceux qui espèrent du frisson et des jump scares seront fortement déçus. C'est un film qui repose totalement sur son ambiance pesante et malsaine, et sur le fait que le spectateur sait ce que Rosemary ignore une bonne partie du film. Et Polansky laisse l'imagination du spectateur travailler et imaginer ce qui se passe derrière les murs de l'appartement.
LE film pour toute femme qui souhaite se faire peur profondément et qui douterait de l’amour maternel ! Plus sérieusement, un grand film, l’un des meilleurs de Polanski, qui sait distiller la peur sans oublier l’humour. Un réalisateur au mieux de sa forme qui soigne tout (les cadrages, les lumières, la musique, le montage, les dialogues) et qui égale ici le maître absolu, Alfred Hitchcock, en suggérant le pire sans rien montrer… bref aucun point faible. N’oublions pas non plus les savoureuses descriptions de la bonne société new yorkaise de l’époque et surtout l’interprétation « habitée » de Mia Farrow, toute jeunette, qui se décompose à vue d’œil au fil de sa grossesse. Un film qui a fait date et qui ne vieillit pas.
Je suis un peu déçu, on m'avait vanté un film d'horreur exceptionnel, un chef d'oeuvre intemporel, et au final le film se révèle assez frustrant, en particulier pour un public de notre époque. En effet, une chose est sûre, Polanski est un excellent metteur en scène et l'installation de l'ambiance dans ce film est exemplaire, seulement, j'ai trouvé que le tout tournait un peu en rond au bout d'un moment et par dessus tout j'ai eu du mal à vraiment ressentir l'angoisse hormis vers quelques moments à la fin du film. J'en attendais donc beaucoup plus, malgré un excellent casting et une idée originale extrêmement intéressante. Je pense que les années ont fait du mal au film et qu'il est devenu difficile de l'apprécier à sa juste valeur. Je ne me suis pas ennuyé devant mais j'ai ressenti une certaine frustration. Beaucoup moins bien que Le Locataire selon moi, mais à voir tout de même.
Avec Rosemary's Baby, Roman Polanski signe un film limite horrifique et profondément dérangeant, filmant l'aliénation d'une femme et d'un couple comme personne. Terriblement crispant et conclu par un final renversant, ce film est un chef d'oeuvre du cinéma d'ambiance, bien que déstabilisant.
Un film qui fonctionne toujours très bien en ce 21ème siècle. La mise en scène très angoissante de Roman Polanski est absolument stupéfiante ! . Un must du genre avec une musique inoubliable et de très bons comédiens.
Malgré les conseils de leur vieil ami Hutch, Guy Woodhouse et sa jeune femme, enceinte, s'installent dans un immeuble new-yorkais vétuste, considéré par leur ami comme une demeure maléfique. Aussitôt, leurs voisins, Minnie et Roman Castevet, vieux couple d'Europe centrale, imposent leur amitié et leurs services. Si Guy accepte facilement ce voisinage, Rosemary s'en inquiète... Roman Polanski signe un film d'angoisse excellent et prenant qui tient en haleine du début à la fin avec un dénouement formidable. Mia Farrow réalise une performance incroyable et son jeu rend la scène finale absolument marquante. Un chef d’œuvre.
Ambiance glaciale et paranoïaque, ça ressemble à du Stephen King dans la façon de faire monter l'angoisse avec le quotidien, ici avec des voisins très inquiétants. L'atmosphère est oppressante et malsaine. Le film montre bien comment les pervers narcissiques utilisent la manipulation. On est tenu en haleine jusqu'au dénouement. Belle performance de Mia Farrow. (Bien)
Polanski prouve qu'il n'y a nul besoin d’effusion d'hémoglobine pour réaliser un film angoissant. Comme souvent chez lui il arrive à produire une atmosphère très particulière, ici angoissante, à ses films. Ce n'est certes pas le scénario le plus élaborer du siècle mais le talent de Polanski allié à la prestation magistrale de Mia Farrow classe ce film au rang culte.
Premier film hollywoodien de Roman Polanski, Rosemary's Baby est aussi connu pour avoir indirectement contribué au malheur de son réalisateur, en ayant soi-disant influencé Charles Manson dans le meurtre de Sharon Tate. Voilà qui ajoute un peu plus de mystère glaçant à cette histoire somme toute assez "série B" d'une jeune femme enceinte (ou pas) du diable. Un épisode d'X-Files reprendra le thème. Mais de ce scénario peu original, Planski tire un film incroyablement stressant, dérangeant, féministe. Avec peu d'effets, il se hisse au niveau d'Hitchcock ou de Kubrick. Ce malaise qui s'installe tout au long du film, et qui culmine à la fin, est à la fois dérangeant et jouissif. Peu de films d'horreur après celui-ci auront réussi à terrifier autant. Un classique.
Un chef d'oeuvre du fantastique en forme de cauchemar fiévreux et dans un style gothique adroitement modernisé. Un conte aux niveaux de lecture nombreux, aussi : sur la vie privée, la cohabitation, les relations entre hommes et femmes, la culpabilité induite par la religion, et la maternité, évidemment. Cinquante ans plus tard, ce qui étonne le plus, cependant, c'est qu'un film signé Polanski puisse sembler tenir un discours aussi radicalement féministe : car ce qui mène Rosemary à la folie, c'est finalement de voir que tout son entourage, et principalement les hommes, veut l'empêcher de disposer de son corps comme elle le souhaite.
Bien sûr le casting est exceptionnel : Mia Farrow toute en pureté tranche avec son entourage quelque peu suspect...Pour autant le scénario n'a pas très bien vieilli : l'histoire est très linéaire et manque de surprise, on se doute très vite de ce qui attend Rosemary. Ça reste tout de même un classique qu'il faut avoir vu.
Ce deuxième volet de la trilogie des appartements maudits de POLANSKI est un véritable chef d'oeuvre du cinéma fantastique. Une oeuvre remarquable et étouffante. POLANSKI réussit à nous terrifier et à maintenir la tension sans utiliser d'effets spéciaux ni de scène gore. Superbe